King Kizer, le robot samourai élevé par Naoki Maru

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Naoki Maru vit peut-être à Hikone, au nord de Kyoto, au pied d’une route qui mène à un château de samouraïs rempli de katanas, mais pour lui l’art japonais ancien du bushido est mieux pratiqué par les robots, et pas par les humains.

King Kizer, le robot de la famille Maru, a dominé le tournoi Robo-One ces trois dernières années, récoltant au passage environ 35.000 € de primes de combat.

La journée, Maru est ingénieur dans une usine. Le reste du temps, il le consacre a perfectionner encore et encore son robot Kizer, en employant une technique qu’il a vue de nombreuses fois pour les films d’animation: un harnais qui capture les mouvements humains, et les transpose en attaque et autres mouvements robotiques.

Découvrez après le saut notre interview exclusive de Maru et l’organisation familiale qui participe au succès de King Kizer.

Maru construit les robots, et ce sont ses fils Kenta et Ryoma qui les contrôlent lors des tournois. Le champion en titre n’est pas spécialement un colosse, puisqu’il ne mesure que 40 cm. Mais son squelette léger en aluminium, ses servomoteurs ultrarapides et ses capteurs lui permettent de maintenir son équilibre et de détecter ses ennemis. Kizer lance alors aussitôt des attaques rapides et déterminées sur ses ennemis.

Le harnais crée une connexion maître esclave avec Kenta. Lorsque le garçon bouge le haut de son corps durant le combat, des capteurs mesurent ces mouvements et les transmettent via une connexion Bluetooth à Kizer, qu’il reproduit aussitôt. Dans la vidéo, vous pourrez remarquer qu’il y a un petit délai, mais apparemment les combats de robots sont encore suffisamment patauds pour ne pas en pâtir. La partie inférieure du robot est intégralement contrôlée par une manette de jeu.

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Nous avons récemment visité le dojo Maru pour discuter technologies de combat robotiques avec le concepteur de King Kizer:

Comment fonctionne la technologie de contrôle « maître-esclave »? Comment avez-vous eu l’idée? L’avez-vous utilisée dans les tournois Robo-One?
L’idée du contrôle maître esclave ne date pas d’hier. Le concept existe depuis longtemps pour l’animation des robots, et a été implémenté dans des appareils chirurgicaux. J’utilise cette technique depuis ma première participation au Robo-One.

Le gros avantage du système est qu’il est parfait pour s’adapter aux contraintes du moment. Les autres systèmes ne peuvent fonctionner que sur la base de mouvements robotiques préprogrammés. Par exemple, dans le combat à main nues, si vous rencontrez un robot qui est plus petit que ce que vous attendiez, votre machine donnera des coups de poing dans l’air au lieu du métal. Mais avec le système maître esclave, ce n’est pas le genre de problèmes que vous rencontrez.

Le point faible de mon système maître esclave actuel est qu’il se limite à la moitié supérieure du robot. Mais je pense que c’est un problème que je peux résoudre. Je fais également des améliorations pour pouvoir utiliser le système dans des applications autres que le combat. Comme vous l’avez vu, il peut aussi manipuler des œufs!

Comment construisez-vous vos robots?
Lorsque j’ai décidé de construire mon premier robot bipède en partant de zéro, j’ai dû étudier. Le procédé de construction nécessite de fabriquer des panneaux d’aluminium (découpes, pliages et finitions), mais aussi le moulage sous vide, le coulage de résine et d’autres techniques. La conception est effectuée en CAO 2D, suite à quoi je fabrique un modèle, en imprimant la forme sur papier. Une fois que j’ai confirmé la structure mécanique sur le modèle en papier, je commence la création des panneaux d’aluminium correspondants. Dans la mesure où je n’utilise pas de CAO 3D [seulement de la CAO 2D], ce travail est vraiment critique.

J’avais déjà des compétences en programmation d’ordinateurs, donc la conception du système de contrôle du robot ne m’a pas été trop difficile.

Quel est le rôle de vos fils dans vos activités robotiques?
Ils sont plus que des opérateurs: notre équipe est comme le pilote et les mécaniciens dans une écurie de Formule 1. Mais leur rôle le plus important est le fait qu’ils entretiennent ma motivation. Je leur donne tout pour que mes fils puissent être victorieux. Je doute que j’aurais les capacités à continuer de gagner le Robo-One si je devais à la fois créer et contrôler les robots lors des tournois tout seul!

En outre, mes fils me fournissent parfois une aspiration inattendue. En tant qu’enfants, leur manière d’appréhender la construction de robots est inestimable.

En seulement trois ans de combats robotiques, vous avez remporté environ 35.000 € de prix au Robo-One. Qu’est-ce qui fait le succès de la famille Maru?

Je ne pourrais pas faire cela si nous n’étions pas une équipe familiale. La plupart des concurrents du Robo-One sont des étudiants, il y a très peu d’équipes familiales. Et je ne veux pas voir mes enfants pleurer si nous perdions le tournoi!

L’autre raison de notre succès n’est pas la puissance technologique de notre matériel et de notre logiciel, mais la manière dont nous gérons notre équipe. Il n’y a pas tant de différence que ça entre les concurrents du Robo-One. Le combat se joue pour beaucoup sur des facteurs qui peuvent paraître triviaux mais ne sont pas forcément évidents.

Pour vous donner quelques exemples spécifiques, il faut prendre en considération des choses comme les paramètres de protection lors de la conception de votre robot et la manière dont cela affectera sa performance, sa capacité à gérer d’éventuels bugs pendant le combat, ainsi que des stratégies et des entraînements basés sur l’étude de vos adversaires. Vous ne pouvez pas espérer fabriquer un gagnant en assemblant simplement un robot avec des capacités sympas.

Qu’y a-t-il de si spécial à propos des robots japonais en général?

Pour les Japonais, un robot est un humanoïde, un robot bipède. Il semble que la vision japonaise des robots soit vraiment unique au monde. Beaucoup de nos concurrents du Robo-One ont regardé des dessins animés de robots lorsqu’ils étaient enfants et cela les a grandement influencés. Les robots font partie de leur imaginaire d’enfants, et cela se reflète à la fois dans la conception de leur robot et dans leurs techniques de combat.

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