Giz explique les dessous de la guerre entre Android et iPhone

La bataille Android contre iPhone semble inéluctable, et les discussions sur le sujet vont bon train entre les fanboys, les geeks et les développeurs de logiciels. Le sujet comporte tous les ingrédients requis pour en faire une véritable saga tolkienesque -y compris quelques trolls-, et l’affrontement des deux géants aura sans doute des répercussions sur l’industrie de la téléphonie mobile en général.

Nous avons interrogé les développeurs d’applications mobiles en vogue telles que Pandora, TuneWiki ou encore Instinctiv Shuffle, sachant que dans la plupart des cas les gens travaillent sur les deux plateformes, pour essayer de comprendre s’il était préférable de développer en mode sans filet sur le très ouvert Android ou s’il était au contraire préférable de s’accommoder des restrictions qui accompagnent le développement sur l’iPhone.

Version courte: Android ne sera peut-être pas un succès du jour au lendemain, mais l’iPhone ferait bien de surveiller ses arrières. Version longue après le saut:

Android: la camp des réfugiés de l’iPhone

L’approche ouverte proposée par Android a sans doute séduit d’emblée certains développeurs. Les processus d’approbation byzantins et certaines pratiques anticoncurrentielles d’Apple visant à protéger ses propres applications —Podcaster et MailWrangler étant les deux victimes les plus connues—ont sans aucun doute précipité certains développeurs dans les bras grands ouverts d’Android, sans compter ceux qui se sont longuement posés la question.

L’un de ces développeurs est l’auteur de l’application extrêmement populaire Instictiv Shuffle pour les iPhone jailbreakés. Actuellement, les applis pour iPhone n’ont pas le droit de toucher à la musique de l’utilisateur ou à iTunes en aucune manière que ce soit. Le PDG d’Instinctiv Justin Smithline nous a déclaré que « à la minute nous avons découvert les restrictions du SDK… nous avons commencé à faire porter nos efforts sur Android. » Malgré tout, il était clair à la lumière de notre interview qu’ils adoraient la plateforme iPhone, qu’ils ont décrite à plusieurs reprises comme étant « extraordinaire ».

Libres mais pas égaux
L’un des premiers faux-pas à propos d’Android a été l’attribution d’un accès privilégié aux mises à jour du SDK pour les seuls 50 finalistes de l’Android Developer Challenge, les autres développeurs n’y ayant pas accès. Même si l’on peut comprendre que Google voulait tout mettre en œuvre pour faire émerger des applications qui tuent à temps pour le lancement, cela allait dans le même temps à l’encontre de l’atmosphère ouverte d’Android.

Il semble qu’il y ait du favoritisme, même si nous ne savons pas exactement si il est dirigé vers des applications spécifiques ou uniquement vers les meilleures applis. TuneWiki est un finaliste et fait aussi partie des 10 applications Android les plus prometteuses. Malgré des protestations à propos des secrets de Google et du manque de mises à jour du SDK d’Android jusqu’à la récente sortie de la 0.9, le PDG de TuneWiki Amnon Sarig nous a déclaré: « je ne peux pas tarir d’éloges sur la manière dont [Google] nous a traité. Ils nous ont donné tout ce que nous voulions. Ils voulaient que nous réussissions. »

TuneWiki a tout d’une appli fantastique -dire le contraire serait difficile-, alors pourquoi Google ne dévouerait pas ses meilleures ressources pour les meilleures et les plus brillantes applis, celles qui valoriseront la plateforme? La logique voudrait en effet qu’ils le fassent, surtout que le succès de la plateforme dépendra in fine des développeurs. Selon la manière dont vous percevez la raison d’être d’Android, ce traitement à deux vitesses vous semblera logique ou au contraire vous choquera philosophiquement.

Détails pratiques
Il y a un point sur lequel chaque développeur auquel nous avons parlé est d’accord: écrire du code pour Android n’est pas si évident que cela. Tout le monde suppose que programmer sur Android s’apparente à du Java, mais le développeur de BreadCrumbz nous a déclaré que l’environnement de développement d’Android est en réalité « très différent » d’une pile Java habituelle, à tel point que « même des développeurs Java expérimentés ont besoin d’apprendre ». Les développeurs de TuneWiki expliquent qu’il y a une courbe d’apprentissage, mais l’un comme l’autre précisent qu’elle est relativement courte, car il s’agit tout de même de Java au bout du compte.

Instinctiv était moins enthousiaste à propos du Java Android, comparé à OS X de l’iPhone, quand il s’est agi de porter leur application. Lorsque nous leur avions parlé avant la sortie du SDK 0.9, ils disaient que « Android est un système d’exploitation pour mobile différent du système de l’iPhone, qui est vraiment comme un système d’exploitation de machine de bureau ». À cause de Java, ils se sont plaints qu’il était difficile pour Instinctiv Shuffle de faire un lifting en profondeur sans planter le système, donc ils pensaient qu’ils ne seraient pas en mesure de le personnaliser autant que la version proposée pour l’iPhone hors-la-loi.

L’accès au matériel semble bien meilleur qu’avec le SDK de l’iPhone, même si comme l’explique Amos Yoffe de BreadCrumbz, Android « ne vous permet pas d’accéder au matériel directement, vous passez par des API Java » qui sont des abstractions de la couche matérielle. Globalement il pense qu’Android est « plutôt bon ». Les développeurs de tuneWiki sont également enthousiastes: « Android ne vous contient pas dans un bac à sable comme le fait Apple, ce qui vous offre plus de flexibilité ». Les applis peuvent parfaitement tourner en tâche de fond, ce qui est parfait si l’on fait attraction du fait que les applis tirent sur la batterie. Évidemment, cette liberté ne va pas sans certains risques sur le plan de la sécurité, et il sera intéressant d’observer, surtout au début, comment les choses vont s’équilibrer entre sécurité et liberté.

La flexibilité est un énorme atout pour Android. Mais un autre de ses points forts, le fait qu’il pourra fonctionner sur une tonne de téléphones aux caractéristiques très variées, pourrait bien se révéler comme étant l’un de ses points faibles, et aussi le plus gros défi que les développeurs auront à relever. Sarig de TuneWiki nous a expliqué que dans la mesure où pour le concours de développeurs, on ne leur avait fourni qu’un seul jeu de caractéristiques, personne n’a encore eu à gérer le problème. Mais il est pourtant bien réel.

Il admet qu’ils vont devoir « réduire la voilure pour les téléphones moins puissants », même s’il ne sait pas jusqu’à quel point, dans la mesure où personne n’a encore vu les vieux téléphones rouillés qui constitueront le bas de l’échelle au niveau matériel pour Android. Yoffe de BreadCrumbz pense qu’il est « un peu tôt pour dire » si les écarts de performances entre les téléphones seront un problème, dans la mesure où personne ne le sait vraiment « tant qu’on n’a pas mis les mains sur du vrai matériel Android ».

Le cocktail d’interfaces proposées sur le G1— tactile, clavier physique et trackball— leur fournit à cet égard l’opportunité d’expérimenter avec un seul appareil les différentes manières dont l’utilisateur peut interagir avec une appli, même si le fait de devoir toutes les prendre en compte augmente la complexité de conception des applications.

Android contre iPhone: la bataille finale
Le directeur technique de Pandora, Tom Conrad, connu pour avoir déclaré: « j’ai besoin d’Android comme j’ai besoin d’un trou dans la tête », a en réalité une approche plus mesurée de la guerre des plateformes. Il nous a déclaré que généralement, « quand je regarde Android et les défis que nous avons affrontés pour proposer Pandora sur des téléphones », il ne semble pas les résoudre, « il ne fait qu’en un ajouter à la liste ».

Il est également vital pour Android de disposer d’un marché facile à utiliser et d’applis tueuses à héberger. Tom souligne que si Pandora était disponible depuis plus de deux ans sur un certain nombre de téléphones bas de gamme, leur appli pour iPhone a dépassé le nombre cumulé de tous ces utilisateurs en seulement 24 heures. Leur approche avec Android consiste à observer prudemment ce qui se passe, même s’il a souligné qu’ils « veulent absolument proposer Pandora partout où il y a des auditeurs ». TuneWiki a le même désir d’ubiquité, même s’ils sont plus enjoués à propos des deux plateformes, déclarant « nous les adorons toutes les deux ».

Quel que soit le gagnant de cette guerre des plateformes, les grands perdants seront sans doute les opérateurs. Tous les développeurs s’accordent à dire que l’iPhone a initié une révolution dans la manière dont les opérateurs fonctionnent. Maintenant Android contribue lui aussi à ce changement. Bien que concurrents, c’est donc de concert qu’Android et l’iPhone favoriseront cette révolution. Et de ce point de vue au moins, nous gagnerons tous quelque chose.

Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Trés bon texte.
    Ca va être la même guerre en fait avec les pc contre les macs.
    Architecture ouverte et multiple contre fermée mais répondant aux goûts du public.
    Et bientôt (d’ici 3 ans) ils vont nous sortir des émus iPhone pour Android et/ou iinversement…

  2. On peut espéré qu’Apple s’endors sur ses lauriers,
    Ils ont rachetés PA semi pour vraiment se différencier de la concurence
    Je crois que pendant que les autres cherchent a faire un iphone killer
    Apple a déjà la réponse qu’il faut.

  3. C’est marrant de remarquer que c’est Apple qui est aujourd’hui est le systeme fermé. Il a pris la place de Microsoft sans avoir la puissance de Google. . L’arrivée de Android crée une concurence serieuse. Mais le changement de main est interessante. Microsoft a certainement la volonté de relever le défi aussi. Cela fait beaucoup de differentes plateformes et de differentes possibilités. On verra dans quelques années qui a pris la main.

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