Un spationaute nous parle de la pollution spatiale

Vous avez lu la première partie (il nous a dit quel était son gadget préféré, s’il y a un côté dans les navettes, sa première pensée en regardant la Terre, les retombées technologiques de l’ISS), puis la deuxième partie (OVNI, E.T. et une question sur l’invisibilité) des réponses aux questions que vous avez posées à Jean-François Clervoy, que j’ai rencontré mardi à la Cité de l’espace. Voici enfin la troisième partie de ses réponses. Ce spationaute français a effectué 3 missions dans l’espace et a joué avec les gadgets les plus hallucinants que l’homme a créés. Il est entré dans la station MIR, et a même attrapé Hubble pour le réparer. Il a piloté les navettes Atlantis et de Discovery. Bref, on rêve de gadgets, lui, il les connait.

Question de Pisuke
Les zones d’orbites des satellites et de la station sont elles si pollués que ça, et y a t’il un véritable danger (oui bien sur) mais la probabilité de faire une mauvaise rencontre.

Pollué est un terme que je n’aime pas trop. Car on lui associe l’idée de produits toxiques ou néfastes. Il y a beaucoup de débris. Il y a beaucoup plus de débris naturels que de débris artificiels. Mais les débris artificiels sont concentrés sur les orbites (les altitudes) où on aime bien mettre des satellites parce que ce sont les orbites les plus utiles, (les orbites géostationnaires, les orbites basses). Et c’est vrai que c’est un souci très sérieux. Beaucoup de spécialistes travaillent dessus et c’est vrai qu’il est important que l’on fasse ce qu’il faut pour que l’on n’augmente pas ce risque. Un débris qui en percute un autre peut l’éclater en mille morceaux. Si eux-mêmes peuvent percuter d’autres débris, il y a un effet exponentiel. Si on ne fait pas attention, car avant quand on larguait un satellite dans l’espace, il y avait des milliers de débris de métal, maintenant, quand on largue un satellite, c’est une séparation propre du lanceur. Maintenant, c’est très très propre. Il faut faire attention, c’est déjà arrivé plusieurs fois dans l’histoire de l’astronautique de dévier une station spatiale ou une navette pour limiter un risque de collision avec un débris. Donc, il faut que les missions spatiales soient rigoureuses dans ce respect des règles qu’ils mettent au point ensemble, lors de colloques. Mais c’est un risque réel.

Je rebondis :
« Mir a déjà été frappé par des débris ? »

Oui, Mir a été frappée par des débris. Même la navette. Ça m’est arrivé une fois, lors de mon deuxième vol, de voir sur un pare-brise, un point blanc avec des petites traces autour en étoile, comme un impact qui vient de s’écraser. J’ai pris une photo numérique, je l’ai envoyé au sol et ce pare-brise a été remplacé après l’atterrissage. Le télescope Hubble a une des ses deux antennes grand gain qui font 2 mètres de diamètre ou je ne sais plus quelle taille. Il y a une de ses 2 antennes qui a un trou de 1 centimètre de diamètre. C’est un caillou qui passait là. Si ce caillou était passé dans un scaphandre d’astronaute ou au mauvais endroit d’un équipement critique de la navette, ça aurait pu vraiment être très sérieux. Donc les débris existent, mais encore une fois, il n’y a pas que les débris artificiels, mais il y a des centaines de tonne de matériaux naturels qui entrent chaque jour sur Terre. Il faut le savoir. Mais les débris artificiels sont concentrés là où on aime bien aller. Ce sont des dangers pour les satellites et les vols habités. Donc, il faut s’en soucier, oui.

Voilà, c’est tout ce que j’ai pu poser comme question. Je suis passé devant les télés, et même l’AFP.

Pour les autres, je suis sincèrement désolé, vos questions sur la masturbation en apesanteur trouveront leur réponse une prochaine fois. Mais je peux vous avertir d’une chose, Jean-François Clervoy a lu vos questions sur notre site (bonjour Jean-François et merci encore) et il a été touché par votre intérêt. Vous trouverez de nombreuses réponses à beaucoup de questions que vous auriez pu vous poser en lisant son livre  intitulé « Histoire d’espace(s) ». Ensuite, j’ai trouvé qu’il était franchement accessible. Car pour dire toute la vérité, Clervoy est le troisième spationaute que j’interroge et c’est un de ceux que j’ai trouvé le plus souriant (avec Aldrin). Il a immédiatement compris le propos et semblait même fier de répondre à vos questions. Il a pesé chacun de ses mots. Pour finir, j’étais fier d’être votre porte-parole et j’espère ne pas vous avoir déçu.

Retrouvez vos questions, la première partie de l’interview, la deuxième et la troisième partie que vous venez de lire.

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Merci Norédine pour cette suite d’interviews, et merci à M. Clervoy, vraiment passionnant et simple d’accès.
    Par contre pour l’impact sur le pare-brise, on peut en savoir plus ? Combien de temps il a attendu avant la réparation ? La taille de l’impact par rapport à une pièce de …
    Bon, allez, je sors, bonne journée, tout le monde !

  2. « je suis sincèrement désolé, vos questions sur la masturbation en apesanteur trouveront leur réponse une prochaine fois. » xD

    Sympa cette série d’interview avec un spationaute

  3. Merci à tout les deux.
    C’est très intéressant.
    Personnellement je suis vraiment curieux de touts ces petits détails de la vie d’un astronaute.

    Tout est absolument different hors terre.
    Nous ne nous connaissons que mieux a l’extérieur. Ceci nous montre nos limites, nos essentiels pour vivre. En quelques sorte ça permet de nous définir.

    Jean-François reviens nous vite…

  4. Je confirme, Aldrin aussi est très sympathique et accessible. Ce sont tous des cracks, je n’en connais aucun de désagréable, peut-être le processus de sélection tient aussi compte d’aspects ‘sympathiques’ dans le caractère, parce qu’il faut être de bonne composition en équipe dans cet environnement hostile et dangereux qu’est l’espace.

  5. Effectivement, les tests psychologiques auquel sont soumis les astronautes sont extrêmement poussés. Sinon un grand merci à Jean-François Clervoy :)

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