Combien coûte la publication d’un livre papier comparée à celle d’un ebook ?

Avec les ebooks on évite les principaux et plus évidents postes de coûts pour la fabrication d'un livre papier : pas d'abattage d'arbres, d'encre, d'entrepots et de stockage en librairie. Donc bien évidemment ils sont moins chers ! Ils le sont, mais est-ce que les 12,99$ qu'ils coûteront aux Etats-Unis ne sont pas encore trop ? Le New York Times a justement fait l'analyse pour nous.

Voici ci-dessous un tableau reprenant les différents coûts et le prix d’un livre papier et de son avatar (non ça ne veut pas forcément dire plus grand et bleu !). Donc on voit qu’au final les éditeurs se font (ou feront ?) bien un peu plus d’argent avec les ebooks qu’avec les livres traditionnels. Reste à savoir si les volumes de vente vont grimper et donc permettre aux prix de baisser et si les éditeurs vont désormais faire face aux même problèmes que ceux rencontrés par l’industrie du disque… [NYT]

Petite traduction non littérale pour les non anglophones

Ebook : livre dématérialisé pouvant se lire sur des engins du type Kindle, iPad, …
Hardcover : livre papier
Price you pay : prix du livre
Printing, storing, shipping : impression, stockage et livraison
Design, typesetting, copyediting : conception, edition et correction
Marketing : publicité
Author payment : revenu de l’auteur
Bookseller : revendeur
Publisher’s take : ce que l’éditeur se met dans la poche

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  1. M’ouaip, en effet, l’auteur ne gagne rien dans cette histoire.
    Je vous parie en plus que l’eBook ne vous fera pas économiser plus d’arbre.

  2. C’est clair qu’on est bien loin des bons résultats de l’itunes store pour la musique… Mais je me dis qu’un type comme Dan Brown ou J.K. Rowling (des auteurs de bouses commerciales, pour les bibliophobes) pourrons se passer de maisons d’édition et rafler quasiment tout le gâteau…

    Cela dit, je ne connais pas quelle est la politique d’Apple concernant la diffusion des auteurs sans maison d’édition…

  3. Super, chouette des chiffres,

    Voyons voir cela …. tiens il font payer un prix unique pour le travail de mise en page du livre ….. bizarre, normalement celui-ci devrait être dégressif proportionnellement au nombre d’ouvrages publiés, non ?

    Le truc le plus marrant, moche, bizarre (comme vous le sentez) pour moi c’est qu’ils arrivent à vois faire payer la publicité pour le bouquin. Et oui vous participez à la promotion commercial du bouquin en l’achetant, pas en discutant de celui-ci à votre entourage (c’est sur que si celui-ci ne vous plait pas, il n’y aura guère de publicité) mais en vous taxant d’une part du prix en général pour sa promotion. Whaouh, mais j’ai demandé pour lire ce bouquin, pas pour payer un encart dans un magazine.

    Et la cerise sur le gâteau est certes la rémunération des auteur qui est encore inférieure aux éditeurs …… C’est qui qui a pondu le texte, l’auteur ou l’éditeur ???

    Aux auteurs, j’aimerai leur lancer l’appel qu’ils se libèrent du joug des éditeurs. A présent vous avez la possibilité de faire connaître vos ouvrages sur un support qui ne vous coûtera plus aussi cher qu’avant et surtout vous pourrez garder une plus grande libertés d’expressions.

    Un bon bouquin se fera toujours connaître par ses lecteurs et vous pourriez augmenter votre revenus en restant plus accessible à tous … qu’en pensez-vous chers amis auteurs ?

  4. @Snip

    « Le truc le plus marrant, moche, bizarre (comme vous le sentez) pour moi c’est qu’ils arrivent à vois faire payer la publicité pour le bouquin. Et oui vous participez à la promotion commercial du bouquin en l’achetant, pas en discutant de celui-ci à votre entourage (c’est sur que si celui-ci ne vous plait pas, il n’y aura guère de publicité) mais en vous taxant d’une part du prix en général pour sa promotion. Whaouh, mais j’ai demandé pour lire ce bouquin, pas pour payer un encart dans un magazine. »

    Mais quelle partie de ton cerveau utilises-tu pour nous pondre des âneries pareilles?

    L’argent injecté dans la communication ne tombe pas du ciel, il est donc remboursé sur les ventes du produit, et c’est vrai pour TOUS les produits que tu achètes, du paquet de céréales au steak haché du boucher en passant par le dernier film que t’es allé voir au ciné.

  5. Question : pour un eBook, pourquoi rémunère t’on l’éditeur ? Non parce que naïvement je croyais qu’il supportait le coût de la pub, mais là en fait c’est pas le cas. Il produit rien, rien de chez rien avec un grand R. il n’imprime pas. Il fait quoi ? j’ai besoin de savoir …
    Parce que si c’est juste pour mettre son nom en première, deuxième, troisième et quatrième de couverture, ça avait un sens sur un livre papier (fallait payer le coup de l’impression et de la distribution) mais là … je vois pas trop.

  6. « J.K. Rowling […] pourrons se passer de maisons d’édition et rafler quasiment tout le gâteau… »
    Paradoxalement, J.K.R est completement opposee au principe et refuse d’etre publiee sur Kindle ou E-reader. C’est bizarre comme logique (la sienne hein, pas la tienne).

    Moi ce qui me choque c’est qu’on n’economise presque rien pour le papier, l’encre, les entrepots, le transport (3,25$) et que 70% de l’economie realisee (par le client) se fait sur les librairies. C’est dommage: ca me gene de couper des arbres mais ca me derange de fermer les librairies.

  7. Bonjour

    @joneskind
    L’argent ne tombe effectivement pas du ciel.
    Il provient exclusivement des clients !!!
    L’argent investi dans la publicité est de l’argent qui ne servira pas à faire baisser le prix de vente.
    Moins de pub c’est, en théorie, un prix de vente réduit.

    Tu vas me dire que plus c’est vendu et plus le prix baisse.
    C’est parfois exact. Mais pas dans le monde de l’édition !!!
    Le prix est fixé pour pas mal de temps. La preuve, il est imprimé sur la couverture :-)

    A+

    Olivier

  8. Bel argument en faveur des lois liberticides comme Hadopi (la 3ème) qui doivent, je cite à peu près : « permettre de mieux rémunérer les auteurs dans un monde numérique ».
    Là l’auteur perd 0,65 USD par ouvrage et l’éditeur gagne 1/2 dollar.
    Bravo pour la démonstration les gars !

    Le pire c’est qu’ils s’en fichent tellement de l’auteur qu’ils n’ont même pas peur du ridicule de l’afficher et de le reconnaître ! Normal, ils ont les parlementaires dans leur poche.

    db
    PS : en France, il faut ajouter l’affaiblissement du Syndicat du Livre.

  9. Plus que simpliste cette analyse du New York Times, pourtant réputé pour son sérieux.

    Moi tout çà me pose tout un tas de soucis :

    1°) Comment le stockage et la livraison sont nuls ??? Je travaille dans le domaine du stockage et de la sauvegarde de données informatiques. Et j’aime autant vous dire que çà va couter quelque chose. Des baies de disque, des serveurs pour piloter l’archi, des ingés pour l’administrer, une seconde archi de secours en cas de panne de la première, donc de la maintenance, de la bande passante, du service, de l’énergie, du temps et bien sûr des metres carrés pour installer tout çà! Bon que çà revienne moins cher, pourquoi pas, m’enfin zéro c’est nous faire prendre des vessies pour des lanternes …

    2°) Conception/edition/correction. Le travail pour un ebook ou un livre physique est exactement identique. Quant un éditeur a fini de transformer un texte brut en livre prêt à imprimer on a peu ou prou un ebook! Ou le travail est réduit, et donc baclé, et le résultat est donc une différence qualitative entre les livres physiques et virtuels mais je n’ose y croire!

    3°) Marketing : Heu quand ils font de la pub pour un livre, ils n’en font que pour un support? Pas pour les deux simulatanément? Genre on va investir 100k€ dans la promo du livre papier et 25 dans celle de l’ebook ? Bah non ils font la pub du livre et on l’achete au format qui nous plait ? Les budgets marketing étaient différents pour les k7 video et dvd? Bah non dans la pub ils disaient qu’on pouvait trouver le film sur le support qui nous plait … Et comment un budget marketing (et c’est valable pour le point précédent également) peut être fixe pour un livre et pas dégressif en fonction du nombre vendus ?

    3°) De la même façon quand une maison d’édition achète les droits d’un texte à un auteur, ah bah oui il y a quand même une partie fixe qui est d’ailleurs le gros du revenu d’un auteur, comment diable calculent-ils comment ce prix est réparti entre version papier et électronique? Ca n’a aucun sens …

    @joneskind : JK Rowling ou Brown sont des auteurs pas des éditeurs, ils peuvent toujours mettre leur texte disponibles sur des plates-formes de téléchargement ils n’auront aucun succès, moi lire un texte brut sans aucun travail d’édition, faudrait me payer cher !!

    @snip,pedro14 : Heu plusieurs membres de ma famille bossent dans l’édition donc j’ai une idée assez précise de leur apport, le travail d’édition est capital pour transformer un texte en livre. Un auteur fournit un manuscrit, pas un livre, tout le processus de transformation est réalisé par la maison d’édition. Bien sûr si l’on ne pense qu’aux livres de poche le travail d’édition est minimal, mais aucune maison d’édition ne vit pour ses poches, ils ne sont qu’un moyen de faire vivre son fonds! Le travail commence même en amont, puisque vous vous intéressez au Livre, vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi tous les auteurs dans la partie remerciements ont toujours une pensée pour son éditeur qui l’a accompagné dans la rédaction, soutenu, payé en avance, conseillé, relu, corrigé, mis en page ….

  10. Vous avez vu la claque que prend le revendeur ? L’ebook c’est la disparition de ce métier.

    Alors dans notre beau pays où personne n’est capable de se remettre en question, ceux qui ont les 2 pieds dans le même sabot vont se faire un plaisir de saboter le livre électronique.

    Rendez-vous donc dans 10 ans, quand les éditeurs français ne seront plus capables de concurrencer les autres et en mourront. On aura fait de l’industrie du livre ce qui se passe aujourdhui dans l’industrie du disque. Mêmes causes, mêmes effets.

    Moi j’en pleure, parce que j’aimerais avoir des livres électroniques.

  11. Mouais,
    Bon, d’un coté je suis halluciné de voir que l’éditeur ose s’augmenter, et qu’à contrario il réduis le salaire de l’écrivain, mais même si j’aime lire des trucs sur internet, j’aime apprendre plein de nouvelles choses, je n’aime pas lire des livres !
    Et je suis pas le seul hein, je pense que beaucoup de ma génération (76) ne lisent pas, soit par manque de temps, soit par flemme, ou comme moi, par inintéret. Le livre va donc de toute façon mourir, le rendre numérique n’y changera rien.

    Et pour terminer, je pense que ça va faire exactement comme pour les MP3 et l’industrie du disque, les éditeurs, même si ils aimeraient arriver à suivre la technologie vont se ramasser..

  12. Pathétique Guillaume !
    Passer ta vie sur Internet, Facebook ou autres attrape-couillons te donne l’impression d’en savoir plus sur le monde mais tu confonds quantité et qualité, abondance et connaissance , buzz et savoir, chat anonyme et communication… et, malgré tout ça, tu te crois citoyen de la vie alors que tu n’es, au final, qu’une toute petite IP égarée sur la toile.
    Faut se réveiller et arrêter de vivre par procuration des autres et, pour ça, faut commencer par rencontrer des vrais gens, lire de vrais auteurs et essayer un peu de penser par soi-même.
    Je ne me fais pas de souci pour le livre, il te survivra.

  13. Je ne retiens qu’une seule chose : le prix auquel un auteur est prêt à vendre son livre dématérialisé (3$90). Tout le reste (disons au delà de 5$) est du vol qualifié de l’auteur (sans doute avec sa bénédiction, mais sans la mienne).

  14. Bernardo t’es qui pour critiquer ma façon de vivre ? On dirais que t’en sait plus que moi sur mes préoccupations et sur mes connaissances, sur mon niveau scolaire, sur mon métier, sur mes fréquentations et sur les sites que je consulte…

    Toi tu lis des livres, c’est bien, mais on dirais que ça te rend insultant et que ça te permet de juger la vie d’autrui sans pour autant en connaitre la moindre once.

    AH ah t’es beau tiens !

  15. @Cochetto

    « JK Rowling ou Brown sont des auteurs pas des éditeurs, ils peuvent toujours mettre leur texte disponibles sur des plates-formes de téléchargement ils n’auront aucun succès, moi lire un texte brut sans aucun travail d’édition, faudrait me payer cher !! »

    Je pense qu’un type qui est capable d’écrire un bouquin est capable de l’éditer lui-même. C’est d’ailleurs le cas des musiciens d’aujourd’hui. Je ne connais pas beaucoup de musiciens aujourd’hui qui préfèrent confier leur musique à des producteurs (indépendants ou non) plutôt que de faire leurs enregistrements eux-mêmes, avec l’aide d’un bon ingénieur du son.

    Le travail de l’éditeur est en fait un rôle de critique pré-publication. C’est-à-dire qu’il est là pour faire le tri de ce qui est publiable ou non, bon ou mauvais. De fait il exerce une censure. Quand je vois comment la critique a traité des artistes comme Van Gogh, je ne peux m’empêcher de penser aux nombreux chefs-d’oeuvres dont les éditeurs nous ont privé.

    Parallèlement, ça veut aussi dire que sans critique, il est plus difficile de choisir entre un livre ou un autre. Et les gagnants sont ceux qui font la meilleure communication. Reste le bouche à oreille, pour les plus talentueux, ou les plus consensuels.

  16. @Guillaume

    « je pense que beaucoup de ma génération (76) ne lisent pas, soit par manque de temps, soit par flemme, ou comme moi, par inintéret. Le livre va donc de toute façon mourir, le rendre numérique n’y changera rien. »

    Tu ferais mieux d’arrêter de penser que tu es le nombril du monde, et que si toi tu arrêtes de lire parce que tu trouve ça chiant, le reste du monde doit forcément penser la même chose.

    Soit dit en passant, tu écrirais probablement moins de conneries si tu lisais un peu plus.

    T’as peut-être Bac+40, tu n’en es pas plus malin, au vu de l’inconsistance de ton discours

    @Brenardo

    « Pathétique Guillaume ! »

    +1

  17. Le souci est qu’il y a des ebook qui sortent de plus en plus vers 150 € depuis cette année .
    Que les prix des ebook vont régresser encore et encore .Qu’arrivés à 50 € les gens sauteront dessus .Que par conséquence ca va enterrer le livre papier .Qu’il n’ y aura plus besoin de bibliothèque municipale , donc des coûts moindres pour les mairies , les locations se faisant par internet ( je peux déja avoir accès à certains livre d’étude avec ma bibliothèque municipale avec le numéro de ma carte d’abonné ) .Que l’écologie n’existe pas car les ebook se démocratisant ne seront pas conçus pour durer donc seront jetable et pollueront plus qu’un livre papier .Qu’avec les drm nous ne pourront plus les prêter .
    Bref je crains qu’il y ai plus d’inconvénients à long terme .

  18. @fty

    Je ne suis pas loin de partager ton avis, ou du moins, tes inquiétudes.

    Mais je pense plutôt que l’avenir se trouve dans les tablettes (Apple ou pas, je connais déjà ton point de vue sur l’iPad…) qui devraient permettre de lire n’importe quel format de fichier ebook, comme c’est le cas de Stanza sur iPhone. En outre, je compte sur la communauté de hackers qui avaient en son temps fait sauter les DRM des MP3, et qui devraient en faire autant avec les ebooks, car c’est en effet rédhibitoire d’acheter un livre 15€ si tu ne peux pas le prêter.
    Le marché s’adaptera d’une manière ou d’une autre à la contrainte du piratage, et nous devrions finalement y trouver notre compte.
    Pour ce qui est du jetable, c’est au consommateur de se positionner. Moi j’ai choisi, pour du durable, mais du plus cher, la célèbre pomme californienne.
    Ne vois pas dans cette dernière remarque une quelconque provocation trollesque, je ne donne que mon avis, et je n’entends pas l’imposer à quiconque, même si je le défends parfois avec passion.

  19. Va falloir faire avec même si je trouve qu’une bibliothèque dans une maison ça meuble esthétiquement ( mon côté bibliophile peut être ) .
    Mais bon , j’ai trouvé , un panasonic thougbook ultra durci pour la durée sauf que j’ai pas d’argent pour :)) , puis au moins il sera moins limité question format et plus souple niveau évolution de ces derniers .

  20. @fty

    « Va falloir faire avec même si je trouve qu’une bibliothèque dans une maison ça meuble esthétiquement ( mon côté bibliophile peut être ) . »

    Entièrement d’accord avec toi, mais je pense que l’habitant lambda à aujourd’hui plus besoin d’un balcon de 16m2 où il pourra pratiquer l’agriculture bio-intensive que d’une bibliothèque, puisqu’il existe une alternative technologique. En tout cas, il faut réfléchir à la manière dont on occupe l’espace.

    « Mais bon , j’ai trouvé , un panasonic thougbook ultra durci pour la durée sauf que j’ai pas d’argent pour :)) , puis au moins il sera moins limité question format et plus souple niveau évolution de ces derniers. »

    http://www.toughbook.eu/FRA/page_daccueil.aspx ???

    Ça a l’air un peu lourd pour un ebook… Je ne m’imagine pas porter un bazar comme ça à bout de bras pendant 2 heures, même appuyé sur mes genoux. Tu dois avoir des pectoraux et des dorsaux de malade!

  21. Bonjour,
    Je suis arrivé sur ce site un peu par hasard.
    À la lecture de la réaction de Guillaume, évidemment, je déplore qu’il n’éprouve pas le besoin de lire, mais, en ce qui me concerne, je n’ai pas encore trouvé de moyen plus agréable pour faire passer les heures à bord d’un long-courrier, fût-ce en classe « Affaires » ou, plus simplement en train. Mais c’est son choix et en tant que tel il me faut le respecter.
    J’ai trouvé vos interventions très intéressantes et pertinentes, et c’est la raison pour laquelle je me suis permis de m’immiscer parmi vous.
    Je voudrais vous donner le point de vue de l’auteur. Dans ce cas précis, le mien, mais c’est celui de beaucoup d’autres.
    Pour le moment, j’ai « à mon actif » onze albums et quatre ouvrages, tous publiés chez de « grands » éditeurs ; un cinquième est en cours d’achèvement. Je n’en dis pas davantage, car je ne suis pas ici pour me faire de la publicité mais pour éclairer quelques points qui sont souvent obscurs pour le grand public. Peut-être retiendront-ils votre intérêt.
    L’édition est un monde opaque, y compris et surtout pour l’auteur, qui, soyons clair, est très souvent berné.
    En premier lieu, il remet à un éditeur, grand ou petit qu’importe, un manuscrit qui peut avoir représenté une, deux, trois voire bien plus d’années de travail (cas de livres d’histoire, par exemple). Ce qu’il importe de savoir, c’est que ce geste l’engage pour la durée de la propriété intellectuelle, c.à.d. quelque 50 ans si je ne me trompe pas.
    Normalement, l’éditeur est tenu par contrat d’exploiter le livre au mieux de ses intérêts et – éventuellement – de ceux de l’auteur. Mais rien ne l’empêche de reléguer l’ouvrage, quelle que soit sa qualité, dans un coin où il végétera sans recours. Je ne dis pas que cela est la règle, mais cela existe bien.
    Ou il peut en confier la promotion presse à une attachée de presse –certains confrères disent une « détachée de presse » – qui, salariée, se souciera comme d’une guigne de faire connaître le travail de l’auteur aux critiques, de les y intéresser pour que le grand public sache que le livre existe.
    Les bonnes attachées de presse, j’entends par là celles qui au moins parcourent l’ouvrage pour s’en faire une idée et pouvoir en parler, sont rarissimes. Alors à l’auteur, s’il a des relations dans ce milieu, de faire une bonne (grande ?) partie du travail. Ce qui n’est guère facile, car il n’entre pas dans ses attributions de faire, pardonnez-moi l’expression, de la « retape » pour que son travail ne soit pas envoyé trop vite aux oubliettes.
    Quand tout va de travers, à l’auteur encore de tenter de négocier la restitution de ses droits pour aller voir ailleurs, mais cela fonctionne rarement.
    Un point important à souligner : les éditeurs sont soumis au dépôt légal auprès de la Bibliothèque nationale. Auparavant, les réimpressions successives faisaient également l’objet d’une déclaration au même service. Ce qui permettait de suivre la vie du livre et de surveiller, autant que faire se pouvait, le décompte des droits.
    Depuis 2001, bizarrement, la déclaration des réimpressions n’est plus obligatoire. Conséquence : l’éditeur peut réimprimer un livre cinq, six, sept fois ou bien davantage sans que l’auteur n’en connaisse les chiffres. J’en parle en toute connaissance de cause.
    Résultat : d’être obligé de porter ces chiffres à la connaissance de l’auteur, l’éditeur peut très facilement lui payer en droits ce que bon lui semble. Comme l’auteur n’a aucun moyen de les connaître, il doit accepter le relevé qu’on lui adresse. La confiance n’a rien à voir dans tout cela. C’est un peu comme si un réalisateur de cinéma était tenu dans l’impossibilité de connaître les chiffres des entrées dans les salles où passe son œuvre.
    Quant au livre numérique, mais peut-être suis-je pessimiste, je pense que la situation sera encore plus opaque, car le contrôle plus difficile. à la lecture de certains articles, je crois que les éditeurs attendent beaucoup de ce fameux livre numérique. Mais pour eux évidemment. D’ailleurs dans ces longues péroraisons sur cet « e-book », je ne vois jamais qu’il soit fait mention des droits d’auteurs. Et c’est bien là une choque qui me choque, et des confrères avec moi, c’est que, comme l’a bien exprimé Jonathan Littell, l’auteur de « Les Bienveillantes », dans toute la chaîne du livre, à quelques rares exceptions près, l’auteur est justement le seul à ne pas vivre exclusivement de son activité littéraire. Ce que les éditeurs oublient, c’est que les seuls dont ces messieurs ne sauraient se passer, sauf à exercer une autre profession, il n’y aurait ni éditeur, ni distributeur, ni libraires…
    Ne pensez surtout pas que je « noircis » le tableau. D’autres pourraient vous tenir les mêmes propos que moi.
    Mais écrire, donc créer, c’est merveilleux et c’est pour cela sans doute que perdure ce marché de dupes.
    Bien amicalement à tous.

  22. Désolé, il y a dans ma réaction précédente quelques fautes de frappe (choque pour chose…) que je n’ai pas corrigées.
    Merci de votre indulgence.

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