Chrome OS : on fait le point

Chrome

Chrome OS est le système d'exploitation pour netbooks développé par Google. Il s'agit d'un OS dont les données sont déportées dans le cloud et non physiquement présentes sur la machine. Mais l'OS a d'autres singularités et spécificités. Tentons d'y voir plus clair.


Le Prototype Cr48 :
Pour parler de Chrome OS, il faut parler du netbook Cr48 dévoilé en décembre 2010 par la firme de Mountain View. Appelons le Chromebook Cr48 puisque c’est le terme usité pour les netbooks sous Chrome OS.
Le Cr48 a été proposé à 60 000 exemplaires à des personnes s’étant inscrites aux ‘Pilot Program’. Il s’agissait de faire un test en grand et de voir les réactions des utilisateurs mais aussi d’accélérer le développement de l’OS grâce à un retour d’informations des utilisateurs.
Cr-48 est l’isotope 48 du Chrome. Les ingénieurs de Google ont beaucoup d’humour car il s’agit d’une molécule hautement instable ayant une demi-vie d’un jour. Lorsque le netbook a été lancé, Chrome OS n’était pas parfaitement stable et de nombreuses mises à jour ont été délivrées par Google depuis lors. Voilà pour la petite histoire. Chrome OS en est à la version 12 actuellement ; c’est celle qui équipera les Chromebooks qui sortiront le 14 juin prochain.

Chrome OS a ses services déportés dans le cloud et de ce fait l’idée maîtresse est aussi de ne pas avoir besoin d’une machine de guerre pour le faire tourner. Ainsi, le Cr48 ne se caractérise pas par un hardware impressionnant. Il embarque un CPU Intel Atom cadencé à 1.66GHz et 2Go de RAM. Il est également équipé d’un port USB, d’une sortie VGA, d’une entrée jack 3.5mm (pour un casque ou un haut-parleur) et d’une webcam. Il possède également un écran de 12″ qui a la particularité d’être parfaitement utilisable à l’extérieur (même s’il ne s’agit pas d’un écran pixelQI). Avec son trackpad géant (identique en surface à celui des MacBook) et sa couleur noire mate, on est en présence d’un netbook très esthétique mais peu puissant.

Sous la batterie, on trouve un emplacement pour une carte SIM standard. Aux Etats-Unis, il était livré avec une carte SIM de l’opérateur de téléphonie américain Verizon avec 100Mo par mois. Ce qui est tout simplement ridicule pour un netbook qui doit sans cesse être connecté au net. Le netbook dispose d’un module 3G en plus d’un module Wifi b/g/n. On regrettera l’absence de prise ethernet. Produit nomade ne veut pas forcément dire qu’on l’utilise de façon exclusivement nomade ; ainsi l’utilisation de l’éthernet lorsqu’une prise est disponible permet d’économiser la batterie.


L’autonomie du Cr48 n’est pas très bonne car lorsqu’il est éteint ou même en veille, la batterie se décharge très vite. Il s’agit probablement d’un problème de power management et d’un mauvais power off (courants de fuite importants) lorsqu’il est éteint ; ainsi si on ne l’utilise pas durant plusieurs jours, on le trouve systématiquement déchargé. Rien de rédhibitoire tout de même puisqu’on est en présence d’un prototype et le mérite de Google est d’oser proposer un prototype à grande échelle (60 000 exemplaires distribués). Mais lorsqu’on l’utilise, l’autonomie est bonne.
Le démarrage de l’OS se fait en quelques secondes et la sortie de veille est quasi instantanée. On trouve quelques bugs ça et là. Le clavier est un azerty pour les Cr48 distribués en France ; en fait il s’agit d’un qwerty sur lequel des stickers ont été collés afin de le transformer en azerty. Par défaut, il est paramétré en clavier américain mais il suffit de la paramétrer en clavier azerty. Toutefois, régulièrement (apparemment lorsque le Cr48 s’est retrouvé entièrement déchargé), le settings repasse à nouveau à celui d’un clavier qwerty.
Si le hardware est suffisant pour lancer un navigateur, les lags se faisaient sentir avec des contenus flash à exécuter. « se faisaient » car les choses se sont grandement améliorées avec les dernières versions de Chrome OS. On notera tout de même que les deux chromebooks annoncés sont finalement plus puissants que ce qu’on attendait (Atom double coeur) ; mais nous y reviendrons plus tard.
Au final, le Cr48 est un bel objet, léger, pratique mais qui manque un peu de puissance malgré ses 2Go de RAM.
Il est toutefois parfaitement utilisable au quotidien et ses quelques défauts ne sont en rien rédhibitoires.

La sécurité :
Lorsqu’on parle de cloud, les craintes sont toujours présentes sur les possibilités de pertes de données, de dépendance vis-à-vis de la société qui héberge les informations (ici Google)… Les failles de sécurité sont présentes dans tous les systèmes informatiques. Mais la différence entre un bon et un mauvais OS en terme de sécurité, réside dans la quantité de failles présentées par l’OS et la rapidité de l’éditeur à les combler (patchs, mises à jour…). La société française Vupen a récemment mis à jour une faille dans le navigateur internet Chrome, ce qui lui a permis de lancer une calculatrice à distance. Chrome n’est donc pas exempt de failles mais Vupen a reconnu que le navigateur de Google était malgré tout l’un des plus fiables à l’heure actuelle.

Chrome met en oeuvre un système de sécurité dit de ‘bac à sable’ (‘sandbox‘ en anglais). Il permet d’exécuter des logiciels sans prendre de risque pour l’OS : l’isolation permet de cloisonner les tâches ce qui s’avère très sûr en cas de présence d’un bug ou d’une activité malveillante. Pour faire simple, il s’agit d’un système où l’isolation des softs ou des onglets du navigateur, est prédominante. Si un problème affecte une partie, le reste n’est pas affecté du fait de cette « quarantaine ». Chrome OS ne nécessite pas d’antivirus. Les seuls problèmes qui peuvent être rencontrés seront des problèmes d’hameçonnage (phishing) mais il s’agit là d’escroquerie (scam) via le net et non de virus ou de trojans.
De surcroît, dans la mesure où Chrome OS relève presque du service puisque les services qu’il emploie sont déportés sur les serveurs de Google, la société américaine assure également les mises à jour. L’utilisateur n’a plus à le faire lui-même ou bien à l’oublier lui-même ce qui laisse alors des trous béants sur n’importe quel autre OS dans ce dernier cas.
L’autre crainte réside dans la sécurité des données lorsque ces dernières ne sont plus « chez vous » présentes sur votre machine. Ce qui semble être un problème de prime abord, est en fait un sacré atout. Car sur un laptop ou netbook « classique », si votre disque dur tombe en panne ou bien si vous vous le faites voler, tous vos logiciels et applis, settings de votre OS… sont perdus. Il ne vous reste plus qu’à réinstaller votre OS, à reconfigurer votre machine et à réinstaller vos applis, ce qui s’avère fastidieux. Ici, rien de cela, votre netbook s’apparente plus à un terminal. A ce titre, il est interchangeable et vous reprenez les choses là où vous les aviez laissées quel que soit le chromebook utilisé. Ce qui peut s’avérer très pratique si on utilise plusieurs chromebooks par exemple : un à son domicile, l’autre au travail…
Indissociable d’une connexion à internet :
D’aucuns pensent que c’est le bémol de Chrome OS. C’est le fil à la patte de trop, en l’occurrence les ondes à la patte si l’on peut dire puisque la connexion à internet, qu’elle soit 3G ou bien Wifi, se fait donc sans fil. Toutefois, si l’on prend le temps de réfléchir à l’usage que l’on fait d’un ordinateur, on se rend compte qu’en l’allumant, on est automatiquement connecté à internet chez soi par exemple et que dans la grande majorité des cas, le premier logiciel qu’on lance est… le navigateur internet. Bien entendu, on peut aussi utiliser son laptop pour le multimédia et il n’est pas nécessaire d’être connecté au net. Quoique, si l’on utilise un service comme Spotify ou bien si l’on regarde la VOD, c’est encore une fois connecté à internet.
Reste que dans les zones d’ombre 3G ou bien hors de portée d’un Hotspot Wifi, point de salut avec un Chromebook. La machine peut encore être utilisée mais reste limitée dans son usage. On peut toutefois avoir des fichiers en local ou sur une clef usb.
Les Chromebooks qui vont être proposés en juin seront déclinés dans une version 3G et dans une version Wifi. Concernant la 3G, on ne peut s’empêcher de penser que pour un appareil qui sera sans cesse connecté au net, avec la limitation data des forfaits 3G (data limitées à 100Mo, 500Mo… suivant les offres), on risque de se retrouver face à des forfaits non adaptés à l’usage de Chrome OS.

Le Chrome Web Store :
Accessible depuis votre navigateur web, le Web Store de Chrome OS est très bien achalandé et si les choses allaient piano jusqu’à présent en terme de nombre d’applis, elles vont aller crescendo avec les sorties des chromebooks. D’autant plus que le développeur d’une appli pour le Web App Store touche 95% des revenus de ses applis alors que sur d’autres stores, c’est 30% qui sont prélévés (iTunes App Store, Android Market…). L’intérêt d’un OS basé sur le navigateur Web est que le trait d’union est tout trouvé entre Chrome OS et les ordinateurs (entendez basés sur d’autres OS) que vous pouvez utiliser. Les applis installées depuis votre Chromebook peuvent être lancées depuis Chrome (ou tout autre navigateur internet) depuis n’importe quel OS. Le navigateur Chrome de Google devient alors le cheval de Troie de Chrome OS sous n’importe quel autre OS. C’est très bien vu de la part de Google.
A qui s’adresse-t-il ?
Un petit sondage (non représentatif puisque concernant 17 personnes mises face au Cr48) montre tout de même que les réactions si elles sont différentes, ont des similitudes sur certains points. Le “trackpad est vraiment sympa” et le temps de démarrage « génial » (même pour un utilisateur de MacOS X qui est pourtant relativement rapide à démarrer). Chassez les vieux démons et ils reviennent au galop. Si vous êtes déjà allé aux Etats-Unis, vous avez peut-être eu l’occasion d’y conduire une voiture. Pour qui n’est pas habitué aux vitesses automatiques, le réflexe tout pavlovien consiste à chercher la pédale d’embrayage, ce qui vous fait freiner brutalement puisque la pédale de frein est d’autant plus large qu’il n’y a donc que deux pédales. Mais rapidement, on s’habitue à cela et on oublie nos anciennes habitudes. Face à Chrome OS, les utilisateurs se sont retrouvés déboussolés : « où se trouve le bureau » ou encore « il manque quelque chose » ou bien « c’est seulement limité à un navigateur! »… Mais, on peut presque tout faire via l’interface (le navigateur de Chrome) de Chrome OS.
Les particuliers qui utilisent leur netbook à 90% (ou plus) pour « aller sur le net » seront les premiers concernés. Ceux qui emportent leur netbook partout pourront choisir un Chromebook puisqu’il est parfaitement destiné à un tel usage nomade. Les gamers oublieront bien entendu cet OS. Mais enfin et surtout, il peut aussi parfaitement répondre à des usages professionnels. On pense à la gestion ou plutôt à l’absence de gestion d’un parc de Chromebooks au sein d’une PME ou d’une plus grosse entreprise. Fini le casse-tête des mises à jour sur des dizaines de postes via des logiciels souvent complexes.

Une version Open Source :
Chromium OS est la version Open Source de Chrome OS. Elle vous permettra de tester l’OS. Mais Chromium OS n’est pas Chrome OS. Il s’agit d’une “photo” d’une version de Chrome OS qui a évolué distinctement depuis sa sortie. Elle ne bénéficie pas des mises à jour automatisées de Chrome OS.
Chromium OS existe car Google a publié la source de Chrome OS en licence BSD depuis le début du développement de Chrome OS en 2009. Il ne faut pas s’y tromper, Chrome OS n’est pas un pas système d’exploitation Open Source.
Il existe plusieurs versions de Chromium OS (Cherry, Flow, Vanilla) qu’il est possible de télécharger et d’installer sur certains ordinateurs.
Quant à Chrome OS, l’OS ne sera pas vendu séparément et sera uniquement disponible sur les Chromebooks.

Les premiers chromebooks :
Gizmodo a largement parlé des Chromebooks qui seront lancés le 14 juin prochain. Vous pouvez aller sur les liens suivant afin d’en savoir plus :

Deux Chromebooks feront donc rutiler Chrome OS dès le 14 juin : le Samsung Série 5 et l’Acer ZGB.

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Erreur quand tu dis  » Il s’agit d’un OS déporté dans le cloud et non physiquement présent sur la machine », l’OS, c’est tout ce qu’y a, mais c’est inévitablement présent sur la machine, ce sont les données qui sont dans le cloud. Si y’avait pas d’OS, elle booterait sur quoi la machine ??

    1. @ravaged, c’est toi qui te trompe ; le boot est bien présent sur la machine mais l’OS se trouve déporté sur les serveurs de Google. C’est la base même de Chrome OS.

    2. @ravaged : Chrome OS est bien déporté et c’est pour ça que les Chromebook n’auront pas à être remis à jour. C’est un de leurs gros avantages. Les mises à jour système se font par Google sur ses serveurs. Le boot du kernel Linux est juste présent sur la machine.

  2. très bon article ( gizmodo redevient vraiment bon apres une grosse perte de regime)
    cependant ici, je ne vois pas l’interet de regarder le materiel, parce qu’il etait clairement pas le produit google. C’etait une plateforme de test/un prototype UNIQUEMENT pour tester l’OS et pour les developpeurs de créer des applications avant que l’OS sorte pour le grand publique. Ils ont vraiment été distribué aux developpeurs! et je pense que c’est pour ca que le forfait 100Mo/mois qui etait donné. ce n’etait que pour des tests ( un developpeur test son truc dans son bureau/sa grotte , donc avec du wifi)

    mais ca a l’air vraiment un bon produit ! je suis certain que je vais m’en procurer un, avec comme but la navigation sur internet ( et pas pour jouer ou vraiment travailler … ca , c’est pour les pc puissants)

  3. Je me posait une question, puisque nos données sont stockées sur le cloud, combien Google nous offre t-il de place sur ses serveurs pour y stocker nos données personnelles ? Je pensais a un truc du genre, t’achète un ordi sous chrome os, le compte google principal lié a cet ordi est crédité d’une certaine place (200Go par exemple).
    Enfin, c’est une idée que j’ai eu, mais je ne connais pas comment il vont procéder…si vous savez…

  4. @ravaged : tu mélange pas tout….

    Plus sérieusement, ce qu’il me plait c’est l’utilisation d’un logiciel en mode de quarantaine.
    C’est ce qui risque de plaire le plus, un autre avantage c’est l’accès à son OS via n’importe quel PC google un avantage certains pour ceux qui aime travailler à la maison…
    C’est le futur pour chacun….

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