Le chemin de croix de Google+

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Plus de 10 millions d’individus ont créé un compte Google+ en quelques semaines. On dénombre également près d’un milliard de données envoyées et reçues dans la même journée. Cela suffira-t-il pour se faire durablement une place dans l'univers des réseaux sociaux ?

Puisque la comparaison est inévitable, mettons les deux pieds dans le plat. Ces chiffres, bien qu’impressionnants sont loin derrière ceux de Facebook qui comptabilise 750 millions d’utilisateurs. À noter cela dit que Facebook a été créé en février 2004 contre juin 2011 pour Google+, laissons donc aux choses le temps de se faire.

Une autre statistique fait le tour du web, il y a confirmation des 550 000 comptes Android activés chaque jour. Ça fait également un paquet de petits hommes verts.

Comment Google a réussi ce tour de force, comment en si peu de temps a-t-il pu se greffer dans l’arène des réseaux ? Est-ce que son ascension est durable ? Difficile de statuer au bout de si peu de temps.

Pour perdurer, Google va devoir se différencier de son concurrent principal, Facebook. Si dans l’esprit des deux entreprises la différence est limpide, qu’en est-il dans l’esprit des utilisateurs ? La question est simple, a quoi bon Google+ si j’utilise Facebook. Ajoutons à cela qu’accepter le changement n’est pas facile, particulièrement si on se sent bien avec ce que l’on a.

Google+ a utilisé une version bêta et a restreint le nombre d’utilisateurs. Ainsi, ils ont créé un buzz et ont incité les gens à vouloir s’inscrire. Parfait, mais passer l’effet de surprise que reste-t-il ? Limiter le nombre d’utilisateurs sur un réseau est à double tranchant, le but d’un réseau est avant tout l’interaction. S’il y a peu de personnes, il y a peu d’interaction. Quel est alors l’intérêt de rester sur un support de relations sociales si vous êtes « seul ». Quoi de plus difficile que de recréer une communauté.

Et puis franchement combien de réseaux sociaux vont-ils encore nous pondre, il semblerait que même Microsoft veuille s’y mettre. Il y a de quoi tuer la poule aux œufs d’or.

Google+ arrive et toute la difficulté réside dans le fait d’innover constamment et d’apporter une plus value à l’utilisateur. Problème, l’univers des réseaux commence à tourner en rond, à s’essouffler. Facebook a intégré Skype, qui existait déjà, et il était déjà possible de dialoguer dans l’interface de base. Finalement ce n’est pas une innovation exceptionnelle, juste une amélioration. Quant à Google, le démarrage est bon avec la vidéoconférence, les flux d’actualité thématique et les cercles d’amis, le plus dur sera de garder le cap.

Google+ doit favoriser l’exode des « Facebookiens », les utilisateurs ont un réseau de prédilection, en avoir deux et les entretenir représente trop d’investissement personnel. Il faut généralement en choisir un au détriment de l’autre. Google veut jouer sur le côté professionnel, Facebook sur le loisir (pages de fans, applications, associations, groupe…), reste à savoir si les consommateurs de réseaux veulent les associer à la détente ou à un aspect professionnel nécessairement plus strict. Voilà un pari délicat.

Reste encore le problème du financement, les réseaux, pas un en particulier recherchent encore un modèle économique viable. La publicité est décriée par les utilisateurs et les gouvernements, actuellement il n’y a pas de solution miracle. Même si Google se porte plus que bien financièrement, un projet « à perte » n’est pas envisageable.  Le consommateur est tellement volage et difficile à fidéliser que c’est dans une véritable croisade que se lance Google.

Google peut aussi profiter de la haine que portent certains individus à son concurrent, être une alternative ne suffira pas, mais cela peut être un début. Le problème reste que les anti-Facebook sont généralement anti réseaux.

Ceci n’est pas une liste exhaustive, il y a tellement d’arguments à envisager. Quoi qu’il en soit, au pire des cas, Google n’en est pas à son premier échec (Google buzz), ils ont donc de l’expérience. Le temps nous dira ce que ce cyber monde deviendra. Il s’agit d’un monde où tout va extrêmement vite, nous devrions être fixés dans très peu de temps. Google n’a pas abattu toutes ses cartes et de toute façon ce sont les utilisateurs les arbitres de cette compétition, sans nous, les réseaux n’ont pas d’existence.

En résumé « C’est nous qu’on décide ! »

[Gizmodo] et [the sociable]

 

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. « Difficile de statuer au bout de deux petits mois. »

    De quoi parlez vous ? Cela ne fait que 2 semaines et demi que Google+ est disponible…

    1. Les spéculations autour de Google+ ont commencé avant son lancement officiel, et donc les premières analyses également. Mais effectivement deux mois semblent excessifs, je modifie cette phrase immédiatement.

  2. @dismuter c’est vrai…surement une erreur

    Sinon l’article est super, très complet contrairement a bien d’autre.

    (en attendant je vois toujours pas en quoi google+ est mieux ^^)

  3. Je fais partie de ceux qui n’aiment pas facebook. Entre l’ambiance générale qui règne, les kikoos, les statuts-pubs débiles, les statuts débile tout court, les multitudes d’invitation à des jeux complètement idiots, sans parler de l’usine à gaz qu’est la gestion de la confidentialité, c’est lourd très lourd!

    J’espère voir dans ce google+ un allègement de tout ça, des outils pour partager du contenu intelligent entre gens intelligents. Le système de cercle est très bien pensé et permet une gestion assez intuitive de ce que l’on souhaite montrer à qui. C’est le gros point fort à mon avis, ce qui pourra faire de ce service un bon mélange entre loisirs et activité professionnelle, pourquoi pas.

    La petite touche à la twitter qui permet de suivre des gens sans forcément qu’on soit « amis » m’intéresse aussi, ça ouvre le réseau à plus de possibilités de manière générale et peut pousser les gens à partager de l’information un peu plus correct que ce que l’on trouve sur facebook.

    J’attends impatiemment de voir la suite.

  4. En parlant du coté pro et coté loisir, pourquoi ne pas associer les deux.

    Faire en sorte que notre profil visionné par telle personne (mon patron, collègues de boulot, associé) ne sera pas le même si il est visionné par une autre personne (me femme, mon fils, ma sœur, mes amis,..).

    En gros, présenter plusieurs facettes de notre personne, de notre vie et de notre personnalité. C’est encore plus complet qu’une combinaison de linkedIn+FB

  5. Car au fond, c’est ce que nous faisons dans la vraie vie

    On ne montre pas le même visage face à des collègues de boulot, qu’avec les plus intimes, et de même avec les moins intimes

  6. Tiens, au passage, va falloir trouver l’équivalent de votre login avec facebook pour les coms.
    J’ai abandonné fb pour diverses raisons, la plus grande étant l’impossibilité de séparer les amis du reste et le coté kikoolol.
    Je regrette juste l’impossibilité de laisser des messages directement sur le profil de qq1, masi cela entraînera surement moins de dérives !

    He puis bon, suivons les tendances : fb ne recrute plus et commence à être déserté, au moins G+ permet-il une alternative plus contrôlée.

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