Mauvaise presse pour la 3D

3dD

Le dernier Harry Potter soulève encore une fois le débat de l’utilisation de la technologie 3D au cinéma. Le billet du célèbre critique de cinéma Roger Ebert est explicite, c’est non pour la 3D

C’est un débat ouvert, bien qu’en toute généralité les cinéphiles ne soient pas pour l’utilisation de la 3D. Les arguments restent principalement les mêmes qu’il y a 6 mois, pourtant on ne nous propose quasiment que des films en 3D.

Du côté pour, il est vrai que sur certains types de film la 3D est intéressante. Les films d’animation sont les plus sujets à cette utilisation. Grâce à cette technologie, on nous plonge dans un univers différent, avec une immersion dans le film plus profonde. Le problème de la 3D c’est qu’il y a souvent confusion, le spectateur s’attend à voir sortir des objets de l’écran alors que le but est de créer de la profondeur. De ce fait, il y a forcément déception.

La faute en revient principalement aux publicitaires qui créent des bandes annonces en trois dimensions qu’on pourrait désigner comme « mensongères ». Ils utilisent cette technologie pour surprendre le spectateur, en faisant sortir des objets de l’écran par exemple. Finalement c’est le principe même de la publicité dite push. C’est à dire un envoi intrusif dans le but d’attirer l’attention.

Au delà de cette confusion, il y a quand même une véritable effusion d’arguments contre la troisième dimension. Cette dernière a tendance à dénaturer les oeuvres, il est vrai qu’en sortant du cinéma on se dit rarement, « Sans la 3D, le film n’a aucun intérêt ».

Cette technologie est devenue quasiment systématique, à croire qu’un film sans elle ne peut pas fonctionner. Elle devient un argument commercial au lieu d’inspirer la qualité.

La 3D a tendance à assombrir l’image, et une adaptation visuelle est souvent nécessaire. En gros il ne faut pas vouloir observer l’arrière-plan ou certains détails, le retour au premier plan pourrait vous réserver des surprises.

Dans les contres, on trouve également une référence récurrente, celle du prix, la sortie en famille pour un film en 3D représente une sacrée dépense. Autant dire qu’il vaut mieux oublier le pop-corn.

Une autre notion de poids entre en ligne de mire. Le confort ! Les lunettes ne sont pas encore totalement optimisées et deux heures de film finissent par faire mal au nez (et parfois au crâne). Sans compter que si vous portez des lunettes de vue, l’association des deux est souvent chaotique.

L’ajout de profondeur au cinéma ne semble donc pas plaire à tout le monde, et pourtant, cette technologie est déjà intégrée aux téléviseurs, aux portables, aux Smartphones, aux consoles de jeux …

La 3D n’a certes qu’un an et demi, mais manifestement il en est fait un surusage. À moins de voir apparaitre un progrès spectaculaire, le spectateur semble déjà se lasser de cette expérience interactive et les critiques professionnels ne sont pas plus tendres.

[Gizmodo] via [Chicago Sun Times]

 

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