Waste Landscape

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Un peu de chauvinisme, il n’y a rien de mieux pour commencer la journée. L’œuvre d’art qui fait le tour de la Toile est française. Le CentQuatre, ancien service municipal des pompes funéraires pendant plus d’un siècle, s’est transformé grâce à Élise Morin et Clémence Eliard.

Les deux jeunes femmes, respectivement directrice artistique et architecte se sont attaquées à un objet ordinaire : le CD. Les deux artistes, au lieu de voir une obsolescence, y voient un matériel souple, brillant et malléable.

Élise Morin et Clémence Eliard se sont d’abord tournées vers leurs proches pour obtenir un maximum de ces précieux CD. Force est de constater qu’ils ont une grande valeur sentimentale, puisque leurs comparses refusaient de s’en séparer.

Ni une ni deux, voilà que les deux artistes se dirigent vers Universal Music. Elles y récupéreront près de 60 000 invendus. Il a ensuite fallu les ouvrir un à un et à la main. Après tout faire de l’art est un don de soi, l’expression prend ici beaucoup de sens.

Le quartier du XIXe arrondissement de Paris s’est vu investi de dizaine de bénévoles venus aider à l’aboutissement de ce projet. Quelques bouts de ficelles ont permis d’assembler des mètres de Cd. Ils ont ensuite été disposés sur des bâches en plastique jumelées avec un système de gonflage. L’œuvre s’étend sur pas moins de 600 mètres carrés. La brillance des CD et leur façon d’épouser les courbes des bâches donnent un effet pop-up surprenant.

Élise Morin explique qu’il s’agit d’une allusion à « la glorification idiote du paysage de consommation ». Effectivement un CD contient 16g de pétrole, il n’y a plus qu’à le multiplier par 60 000 … on comprend de suite le titre de « Paysage pollué ». De même le choix du lieu est symbolique, quoi de mieux qu’un centre de pompes funèbres pour enterrer notre cher CD.

[vimeo]http://vimeo.com/27098220[/vimeo]

Les artistes ont pensé à tout, à la fin des nombreuses dates de l’exposition, les CD seront recyclés. Si vous souhaitez la voir de vos propres yeux. Rendez-vous au CentQuatre, 5 rue Curial, 75 019 Paris. L’entrée est libre, vous avez jusqu’au 11 septembre.

[Gizmodo]

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Ca fait un certains temps que le Cent Quatre n’est plus un centre de pompe funèbre.
    Ca n’enleve rien a l’ampleur du projet.
    Bien que la direction artistique de ce lieu est épouventable.

  2. Recycler les CD hum hum c’est bien dégueulasse comme opération et certainement pas neutre écologiquement mais bon je suppose que le plan c’est de les envoyer en inde ou des ptit gamin vont les « recycler » ….
    J’adore les gens qui ne font rien pour améliorer les choses mais qui font passer des messages de culpabilisation !!
    Si le but est écologique alors elle aurait pu prendre ces bénévoles et aller nettoyer la nature par contre si c pour faire du fric en surfant sur un effet de mode elle est en plein dans le mile !

  3. On va pas tourner autour du pot je fonce direct au godwin.
    Ces artistes qui se font du pognon et de la notoriété en utilisant la catastrophe écologique annoncé me font directement pensé à ces banquiers américains qui ont fait fortune grace à la montée du nazisme. Dans l’espèce humaine il y en a capable de profiter vraiment de tout!

    1. Quelques précisions sur le projet :

      Le recyclage des CD se fera dans une usine à Nice, IPM recycling, seule usine capable d’extraire mécaniquement, c’est à dire sans adjonction de produits chimiques, le polycarbonate qui constitue le CD de façon propre. Le polycarbonate sera ensuite vendu sur le marché français pour réinjecter ce plastique dans la fabrication d’autres objets en France. Cette opération de vente bénéficiera à l’usine.

      Le but de l’installation n’est pas de culpabiliser les consommateurs mais plutôt de sensibiliser les grandes entreprises et les pouvoirs publics au recyclage et à la gestion des déchets et à l’éventuelle création d’une filière de recyclage des CD en France. De telles filières existent déjà en Europe. Il existe en effet plusieurs moyens de « recycler » les CD, il est intéressant de se pencher sur cette question pour comprendre notre choix et les enjeux globaux du projet.

      Waste Landscape existe grâce aux entreprises partenaires (le 104, Universal, la Poste, Sofricel, etc…) qui ont aidé pour la mise à disposition du lieu, la collecte des CD, les transports, les gonflables…Les artistes n’ont pour le moment eu aucune subventions et ont du investir de leur propres fonds. L’installation a permis de créer des emplois, notamment via la régie de quartier du 19ème.

      L’œuvre n’a aucune valeur marchande, ne peut être ni achetée ni vendue, les CD seront détruits par le recyclage de notre choix. Cette opération permettra de faire preuve de destruction de ces invendus auprès de la SACEM, qui est l’unique contrainte qu’Universal doit respecter pour la gestion de ses invendus. 

       Le CD est une matière primaire secondaire, un déchet « riche » qui ne rentre paradoxalement dans aucune catégorie particulière de retraitement.  
      Formellement, Waste Landscape fait référence aux déchetteries gigantesques, nouveaux paysages contemporains profitables à certains de loin, nuisibles à ceux qui les côtoient de près. L’aspect précieux et clinquant raconte cette double lecture. 
      Waste Landscape est en dehors de toutes les spéculations financières qui peuvent exister aujourd’hui dans le marché de l’art.

      Elise Morin et Clémence Eliard

  4. C’eut été danois ou coréen, j’eus dit c’est nimportnawak !!
    Mais la, c’est du tricolore, alors je dis chapeau, ça en jette, on va continuer à vendre du cartier et du vuitton, c’est tout bon.

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