Internet dans le viseur de l’Education nationale

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Cette année le Baccalauréat a énormément fait parler de lui, hélas pas pour les résultats honorifiques de nos étudiants, mais bel et bien pour la fraude via Internet. Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale a réagi et a expliqué au JDD qu’il mettrait en place une tolérance zéro.

Deux mesures à destination du net vont être mises en place : une charte déontologique et une veille internet. En dehors de la Toile, les sanctions seront plus lourdes et plus rapidement applicables, les locaux plus sécurisés et le contenu des épreuves réformé.

Une veille sera-t-elle suffisante pour détecter les fraudes, rien n’est moins sûr. Chatel table également sur la dénonciation de rumeurs persistantes. Même si le terme est un peu fort, compter sur la délation n’est guère fiable. Au delà du côté déontologique, il faut aussi prendre en compte les fausses rumeurs.

De plus il existe un nombre de sites incalculable et aux vues du tapage médiatique que le Bac a engendré cette année, les communications de sujets ne se feront plus sur les forums publics. Prenons alors le simple exemple de Facebook, certains groupes sont sécurisés et seul l’administrateur peut accepter de nouveaux membres, on doute qu’un professeur soit admis dans ce cas. Par ailleurs, un étudiant en possession d’un sujet ira-t-il prévenir une personne compétente, pas sûr …

Notons également une injustice, Internet est loin d’être le seul coupable. Les Smartphones permettent de relayer les informations à une vitesse fulgurante et à un maximum de contacts. Ajoutons à cela que la fraude, la triche, existe depuis bien longtemps, ce n’est pas Internet qui l’a inventée. Qu’il l’ait accélérée, on ne peut guère le nier, mais on peut difficilement le rendre coupable de tous ces maux.

Ainsi, de part l’ampleur d’Internet, on imagine difficilement ne pouvoir compter que sur la veille seule. D’autre part il est quasiment impossible de gérer tous les moyens de communication, démocratie oblige.

En imaginant qu’une rumeur soit fondée et trouvée, changer les sujets à la dernière minute n’est pas non plus envisageable à long terme. Si on regarde le bac 2011, ce n’est pas seulement un sujet qui a fuité, dans ce cas, il faudra changer plusieurs sujets, et pas nécessairement une seule fois. Ceci engendrera forcément un cout financier important et également une réelle contrainte de temps.

En somme il y a effectivement des mesures à prendre, c’est certain, mais il serait plus judicieux d’empêcher les fuites à la source plutôt que de vouloir scruter l’ensemble du web. De même, intégrer la technologie au lieu de la proscrire pourrait entériner certains problèmes.

Les nouvelles technologies sont ancrées dans nos vies et particulièrement dans le quotidien des jeunes générations, il devient indispensable d’en prendre conscience afin de les utiliser à bon escient.

Sinon, on peut le prendre de façon plus positive. Cette mesure est susceptible de créer de l’emploi. On verra apparaître des milliers de veilleurs professionnels pour le compte du « ministère de la Veille », des créateurs de centaines de sujets de secours, des espions infiltrés sur les réseaux … bref les possibilités sont infinies.

[AFP]

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    1. Il y a toujours de con pour tricher ( pas forcement parce qu’ils ont pas le niveau, mais surtout a cause du stress et la peur de l’echec )

  1. j’ai pas suivi ou le problème c’est qu’ils ont externalisé l’impression des sujets ?
    pourquoi ne pas surveiller le courrier, les téléphones etc ?
    ha c’est vrai le bac tout le monde l’a , il sert a rien, il est facile etc. mais seul 65% l’ont

    1. il y a 5 ans c’était plutôt entre 75% et 85% de réussite. la difficulté est de rester scolarisé en filière général assez longtemps pour l’attendre (seul ~35% d’une génération a un bac général).

      ensuite si tu ne continue pas les études tu trouvera plus de travail et mieux payé avec un CAP boucherie (par exemple) qu’avec le bac. car au niveau professionnel le bac ne sert a rien.

      le bac ne sert qu’a créer une élite faisant des études longues.

    2. à mon époque c’etait l’imprimerie nationnale je crois qui faisait les sujet du bac. si on externalise ben faut aussi accepeter les risques.
      c’est comme les marques qui delocalisent et qui se plaigne de la copie qui devient de trop bonne qualité (enfin qui ressemble de plus en plus)

  2. « Si on regarde le bac 2011, ce n’est pas seulement un sujet qui a fuité »

    Euhhh.. y’en a eu d’autre a part celui de Chaldeen ..???

  3. il y aura toujours un con pour dire : le bac c’est facile, regardez le niveau aujourd’hui …
    A tout ce qui disent ça, je les mets au défis de réussir le bac S sans réviser … Ey ben je vous souhaite bonne chance. Même en révisant 4h chaque cours, je suis pas sur que vous arriviez a avoir la moyenne générale alors arrété de dire que c’est de la merde

      1. Enfin pas tout a fait a blanc j’ai révisé approximativement 2 matières…
        Mais avec les autres notes que j’ai eues même sans ça je l’aurai eu. Sans mention mais eu quand même.
        La facilité est une question de point de vue et de formation… J’ai eu un excellent lycée avec des très bons profs ce qui fait que le bac était une simple formalité (après je suis d’accord avec toi, dans un lycée banal c’est pas forcement facile).

      2. Tu ne représenta pas la france mon gars ! Le bac, qu’il soit S, ES ou L n’est pas facile !
        Après certains cas sortent du lot… Quand on a Coeff 9 en maths on y va pas « à blanc »….

  4. @Psy-Koz : oui, il me semble que les sujets de plusieurs matières ont été touchés (Mathématiques, Physique et Anglais, si quelqu’un peut confirmer, je ne suis plus vraiment sûr). Enfin tout ça me stresse un peu, je passe la totale l’année prochaine, permis de conduire, Bac S, Latin (pour le coefficient, je suis un peu maso mais pas stupide) et je me demande vraiment ce qui va « sortir du chapeau ».

    Enfin, si on devait commencer à changer les choses, il faudrait revaloriser certaines filières, parce que des gens comme moi n’ont rien à faire en Term S ; je veux en effet poursuivre en fac de droit (si possible niveau Bac+5 – Master 2). Et c’est à cause des guignols qui s’incrustent en L que je suis obligé d’aller dans une série qui ne me correspond pas du tout (j’aime bien les mathématiques et la biologie, et je fais énormément d’efforts pour apprendre mon cours pour des notes moyennes, entre 11 et 14 sur 20 pts, et il est là le hic, ce pour quoi je suis doué/ce qui m’intéresse le plus – les langues, l’histoire -, je n’ai pas besoin de le bosser). Alors on va me ressortir le discours habituel « oui, L, c’est pas si terrible que ça », sans commentaires, je ne vais même pas prendre la peine de répondre à ça… Si les grandes écoles/employeurs ne demandaient pas à tout prix des étudiants en sciences, on n’en serait pas là. Demander une bardée de diplômes pour récurrer les chiottes, ce n’est tout simplement pas sérieux ! (exemple réel avec qqn qui a une maîtrise de lettres et qui va commander un docteur (!!!) en droit public – Bac +7, une paille… La personne possédant la maîtrise elle-même commandée par qqn qui a une licence d’histoire, et le monde continue de tourner rond, ces personnes sont très compétentes, et ce ne sont pas des bouts de papier qui vont changer ça)

    Moment « coup de gueule », ça détend…

    1. Je donne des cours à la fac et le net devient une calamité pour les examens. Le problème n’est pas la fuite des sujets mais les Smartphones cachés dans des endroits toujours plus insolites pendant l’épreuve, des devoirs maisons dont 70 % des copies sont très inspirées ou identiques à ce que l’ont trouve sur oboulo.com et autres. Le pire c’est que la plupart du temps il n’y à même pas besoin d’aller sur le net pour s’en rendre compte, soit que le style ne corresponde pas à un premier année, soit que ça ne colle pas exactement avec le sujet.

      @ll12 Juste pour info, les fac ne sélectionnent pas sur dossier, que tu sois en S ou en L ou même en filière non générale importe guère du moment que t’as le Bac. La sélection se fait exclusivement sur tes résultats dans les différentes années de fac et ensuite par les diplômes ou les concours pour trouver un emploi. Dans ton cas, le Bac n’est qu’une clé pour ouvrir l’accès à la fac, peut importe que sa forme soit en S ou en ES ou en L…
      Pour info je suis doctorant et charger de TD en droit public certes après un Bac S mais sans que cela n’ai rien changé…
      Donc j’ai envie de dire que ton fardeau tu le dois à toi-même et à tes mauvais choix d’orientation…

      1. « Donc j’ai envie de dire que ton fardeau tu le dois à toi-même et à tes mauvais choix d’orientation… »
        Je ne suis pas du tout d’accord, personnellement j’ai fait un Bac S, pourquoi ?
        En 2nd, il faudrait déjà savoir ce que l’on veut faire, haha, je pense que peu de personnes à 15 ans savent exactement. Du coup quand tu as plus de 12 on te met en S parce-que « ça ouvre toutes les portes » ca c’est clair ! 2 ans après le bac je ne l’ai pas trouvé la mienne, pourtant j’en ai ouverte plusieurs..
        J’entame un BTS en graphisme/publicité, totale rapport avec une série scientifique .. haha !
        Pour moi l’éducation en france ne résume à rien, c’est une perte de temps, et un gouffre à fric. C’est bête on a des bon exemple chez les pays voisin, mais la France est forcement diffèrente ;), c’est la France ! haha !

  5. Si la France est si naze que ça (ras le bol d’entendre ça tout le temps), allez y dans ces pays merveilleux ou tout va bien ! Rien ne vous en empêche, c’est l’Europe, c’est facile ! ce n’est pas parce qu’il y a sans doutes des améliorations à apporter qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain ! La France dans sa diversité mérite d’être aimée et appréciée pour tout ce qu’elle a de bien, et « travaillée » pour ce qui ne va pas. La politique est ouverte à tous, faites quelque chose au lieu de râler sans cesse !

  6. Si la France est si naze que ça (ras le bol d’entendre ça tout le temps), allez y dans ces pays merveilleux ou tout va bien ! Rien ne vous en empêche, c’est l’Europe, c’est facile ! ce n’est pas parce qu’il y a sans doutes des améliorations à apporter qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain !

      1. @LouH:

        En 2nd très peu d’élèves savent ce qu’ils veulent faire, c’est un fait et c’est logique, à 15 ans on n’a pas la maturité d’un élève de 20 piges, et même moi à 20 piges en prépa scientifique bien que ma filière future semble tracé je ne sais pas encore ce que je veux faire mais j’ai la chance d’être dans une filière qui m’offre une très grande variété de choix: possibilité de partir dans l’enseignement ou la recherche (fac, ENS, et même école d’ingé), de faire ingé (différents types d’ingé, plus ou moins proche des sciences techniques, ou de la vie d’entreprise), et même pourquoi pas de changer de filière en école d’ingé (architecte, commerce ect…). Donc quand on ne sait pas encore ce que l’on veut faire autant ne pas s’enfermer dans une filière avec moins de déboucher et choisir le générale, ça parait logique non ?
        Parce que tu aurais très bien pu partir en cap boucherie mais ne sachant pas si tu voulais faire boucher ça aurait peut être été un mauvais choix…
        Le bac c’est la continuité du collège, il permet de donner un minimum de niveau générale aux élèves pour qu’ensuite ils fassent vraiment le choix d’une filière.

  7. Bonjour,

    toutes ces considérations me ramènent à un certain débat pas si lointain sur le copyright et l’utilisation dans le cadre du projet de loi DADVSI. Il s’était agi d’interdire les logiciels P2P sous prétexte qu’ils étaient manifestement utilisés pour télécharger illégalement des oeuvres soumis à des droits d’auteurs. Ce qui est, reconnaissons-le, vrai, du moins partiellement.

    Mais au fond le débat n’est pas là, car en imaginant que ces logiciels soient actuellement interdits, les « vilains pirates » auraient tôt fait de trouver une autre solution…

    Le problème est ici le même, et plusieurs commentateurs l’ont évoqué, la tricherie a toujours existé, elle prend aujourd’hui uniquement une ampleur toute autre. Une ampleur que le gouvernement n’a pas vu venir, exactement comme les majors de l’industrie musicale n’avaient pas vu venir l’impact de la dématérialisation au format numérique des contenus multimédias…).

    Premier réflexe : on tape dur en interdisant les smartphones, et pourquoi pas internet quand on y est…

    La vraie problématique selon moi est : doit-on / peut-on interdire bêtement toute forme de tricherie par la loi ou plutôt sensibiliser les élèves à sa conséquence ? Ne devrait-on pas plutôt réfléchir à l’impact d’études ratées, de mauvais choix d’orientations ou de déconnexion totale avec le monde du travail ?

    En bref, le ministère de l’éducation nationale devrait plutôt songer à se rapprocher du métier de ceux qu’il est censé représenter : enseigner, éduquer, sensibiliser, orienter, …

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