Dorénavant c’est votre avatar qui s’allongera sur le divan

je pense que je suis

La génération en pleine crise d’adolescence passe par des maux nouveaux et bien souvent difficiles à gérer avec les méthodes traditionnelles. Pourquoi ne pas sortir des conventions et passer par les nouvelles technologies ? C’est en tout cas l’idée de Xavier Pommereau : une thérapie par le biais de doubles numériques.

Il faut reconnaître que les approches traditionnelles de la psychiatrie sont franchement rejetées par les ados. Le pédopsychiatre Xavier Pommereau considère les procédés actuels comme clairement inadaptés à la fois inconfortables et trop longs. Ils ne permettent pas aux adolescents de s’exprimer sur leur mal-être.

Bien loin du cliché de s’allonger sur un divan, le Dr Pommereau a commencé une nouvelle expérience thérapeutique il y a six mois. D’après lui les résultats sont tout bonnement spectaculaires.

« Que peuvent-ils dire de plus que Ma vie est pourrie, y’en a marre? » « Cette génération a tout à montrer mais rien à dire tant qu’il n’y a pas d’image pour support »

A force de chercher une solution, ce docteur hors norme s’est penché vers une source inattendue. Après avoir essayé les figurines, le dessin, le modelage, il a changé de cap. Une de ses patientes était une adepte des célèbres Sims, c’est tout simplement de là que par sa solution, une technique d’autoreprésentation via un avatar numérique.

Il a donc mis en place un atelier de création d’avatars, nettement plus interactif et moderne que le bon vieux divan et bien plus adapté à la génération « y ». Les adolescents dépressifs, suicidaires ou atteints d’autres problèmes s’y rendent et ont pour mission de créer un être numérique à leur image. Rien n’est exclu dans le logiciel, que ce soit piercings, tatouages ou vêtements peu conventionnels.

Outre le côté ludique et moins lassant de cette création, ce double fait office de miroir dans un monde virtuel familier et plus sécurisant. Un rapport différent se met en place et les adolescents se libèrent. Par voie de fait, ils s’expriment également plus librement car ils se sentent moins épiés, analysés.

Le but est de dépasser les blocages grâce au virtuel, au jeu et à l’interactivité. Fort de cette expérience, le pédopsychiatre compte la développer en insérant tout un décor virtuel lors de l’été 2012. Ainsi après l’aspect physique, le comportement sera aussi pris en compte. Au final, c’est un serious game qui sera carrément développé.

Le jeune sera virtuellement placé dans des situations de vie quotidienne proches de celles qu’il vit, donc parfois très dures. A lui de s’adapter dans l’univers numérique et surtout sans risque, sans peur de blesser et avec des changements de décisions possibles.

La psychatrie entre aussi dans le monde de la virtualisation et cela semble efficace, effectivement si les générations évoluent, les méthodes d’aide ou de soutien se doivent d’en faire autant pour rester efficaces. Pour le moment cette expérience ne s’est adaptée qu’aux adolescents, il serait intéressant de la transposer aux adultes.

Voilà un sujet bien loin d’être exhaustif et dont les tenants et les aboutissants peuvent être constructifs pour tous parents et ados, donc sachez que « Nos ados.com des pistes pour les suivre », du Dr Pommereau vient de paraître chez Odile Jacob.

[LeMonde]

© DURIS Guillaume – Fotolia.com

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