Jeux vidéo, violence et cerveau font-ils bon ménage ?

childs and video games

A la question, les jeux vidéo violents ont-ils une influence sur le comportement, la réponse est oui. Seulement si ce postulat tombe chaque jour un peu plus sous le sens, il y a pire.  Les jeux violents modifieraient carrément notre activité cerébrale.

Posez un peu vos manettes car l’équipe de chercheurs de l’Indiana University School of Medicine a fait une découverte intéressante. Ces scientifiques étudient les méandres des effets de la violence  issue des médias. Les experts planchent d’ailleurs sur le sujet depuis une dizaine d’années, ils connaissent leur affaire et se sont attaqués à un acteur souvent décrié : le jeu vidéo.

Au départ de cette étude … une autre étude ! En l’occurrence des travaux préliminaires avait prouvé que les zones frontales du cerveau devenaient inhibées après 30 minutes de jeu. Partant de cette constatation, les experts (Tom Hummer, William Kronenberger, Kristine Mosier, et Vincent P. Mathews) sont passés à la vitesse supérieure.

L’étude en question se base sur 22 individus, âgés de 18 à 29 ans. Les sujets ont été soumis à une IRM sur une période plus longue et de façon à obtenir un maximum de précisions. Les jeunes cobayes n’étaient pas des adeptes de jeux, disons au mieux des consommateurs occasionnels. De cette façon, leur cerveau n’était pas déjà pollué par d’éventuels effets néfastes.

Deux groupes ont donc été composés, et la procédure s’est déroulée comme suit. Le premier groupe a joué à un jeu de shoot durant dix heures sur une semaine, en revanche c’était ceinture durant la semaine suivante. Le deuxième groupe a servi d’échantillon témoin et n’a donc pas touché à une manette. En termes d’examen médicaux, même punition pour les deux groupes, une IRM avant et après la procédure.

Durant lesdits examens, les individus étaient invités à remplir des tâches simples interagissant avec les zones émotionnelles et cognitives. Par exemple, dans une liste de mots où chacun était coloré, des termes violents étaient intégrés, aux individus de les repérer et d’en donner la couleur (et non le mot pour favoriser le côté instinctif). Si pour le groupe témoin les zones émotionnelles scintillaient à la lecture de mot violent, l’effet était clairement inhibé chez les joueurs.

Un autre test visant à déterminer le degré d’attention et de concentration des individus a également été mis en place. Le but du jeu était de repérer combien de fois était apparu un chiffre précis dans une série. A test différent, même constat, chez les joueurs l’attention et la concentration sont amoindries.

Les résultats sont pour le moins surprenants puisqu’ils démontrent  une relation directe entre le fait de jouer à des jeux vidéo violents et la baisse de l’activité du cerveau. Plus précisément ce sont les zones frontales du cerveau qui en prennent un coup – c’est-à-dire les fonctions cognitives et émotionnelles. En résumé, les joueurs seraient moins concentrés et surtout plus apathiques, joli constat.

En dehors du faible nombre de sujets, d’autres remarques remettent en cause les résultats. Si les sujets n’ont pas été exposés aux jeux vidéo, rien n’indique qu’ils ne regardent pas de films ou séries violentes. De la même façon, l’étude de se prononce pas quant à la durée de jeu, si dans le cas de l’étude il s’agit de 10 heures sur une semaine, que se passe-t-il avec un quota différent. Les questions sont sans fin, les réactions du cerveau reviennent-elles à la normale ? Après quel  laps de temps ?

Voilà en tout cas de quoi alimenter le débat sur l’impact des jeux vidéo violents.

[Mashable]

© Andrey Armyagov – Fotolia.com

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