ITER et la fusion nucléaire dans une impasse ? L’avis de J-P Petit

soleil

Il n’a pas sa langue dans sa poche et n’a de compte à rendre à personne. Comme il est à la retraite, Jean-Pierre Petit est un de ces esprits libres qui gratte les autres là où ça fait mal.  Depuis plusieurs mois, cet ancien directeur de recherche au CNRS, interpelle l’état et les scientifiques sur les dangers d'ITER et remet en cause le développement de cette technologie coûteuse qui mène selon lui à "une impasse". Nous n'avons pas su résister à l'envie de lui poser quelques questions. Attention, ça balance !


– Gizmodo : Depuis plusieurs mois vous dénoncez sur votre site le projet ITER de fusion nucléaire civile. Vos arguments sont ils économiques ? sécuritaires ? scientifiques ? Pourquoi une telle croisade ?

Jean-Pierre Petit :  Je ne suis pas le seul à soulever une masse de critiques sur le plan scientifique. Le mot « croisade » est-il approprié ? Je ne le pense pas. La critique la plus forte que l’on peut faire sur ce projet, ce sont ses assises mensongères. Mensonge par omission. Avant que je ne publie mes articles, aviez-vous vu quelque part inscrit le mot  » disruption » ? J’en doute. Et il en est de même pour les politiques-décideurs, qui ont été, pour reprendre une expression de Michèle Rivasi « enfumés ».

(ndlr : Jean-Pierre Petit dénonce l’instabilité chronique des tokamaks,  ces chambre de confinement magnétique destinée à contrôler un plasma pour produire de l’énergie par fusion nucléaire. le terme tokamak vient du russe « тороидальная камера с магнитными катушками » (toroïdalnaïa kamera smagnitnymi katushkami : en français, chambre toroïdale avec bobines magnétiques...)

– Gizmodo : Vous pensez donc que la fusion contrôlée dans un Tokamak est une impasse scientifique ?

Jean-Pierre Petit :  Je pense que la formule tokamak est une impasse. Et je ne suis pas le seul à le dire. Lisez Wurden.

– Gizmodo : L’homme ne pourrait donc jamais contrôler l’énergie des étoiles ?


Jean-Pierre Petit : 
Le Soleil n’est pas un tokamak. Et un tokamak ne résume pas la fusion à lui tout seul. C’est la propagande du CEA qui vous a mis cela dans la tête. L’énergie de fusion fait partie de la panoplie de la physique. Affirmer qu’on ne pourra jamais extraire de l’énergie de cette façon serait absurde. Ceci étant, beaucoup de gens identifient  » fusion  » avec  » fusion deutérium-tritium ». Il existe d’autres voies « non impossibles » comme la fusion aneutronique Bore Hydrogène. Si vous consultez Wikipedia vous pourrez lire que cette filière est présentée comme « impossible » parce que l’énergie produite par fusion, à plus d’un milliard de degrés, serait inférieure) l’énergie perdue par rayonnement (Ndlr : je n’ai pas trouvé le mot « impossible » mais « difficile » dans Wikipédia). Oui, si les températures électronique et ionique sont égales. Mais dans les Z-pinches, la température électronique est 100 fois plus faible que la température ionique. Alors cette objection tombe et cette affaire se trouve relancée. Mon ami Malcom Haines, grand spécialiste de ces questions, pense qu’une possibilité existe. Un détail qui a son importance : cette fusion Bore Hydrogène a pour déchet … de l’hélium et ne produit pratiquement pas de neutrons.

– Gizmodo : Votre profil est sujet à polémiques et vos analyses ont été critiquées par le CEA qui apporte même des réponses à vos accusations. Qu’en pensez-vous ?

Jean-Pierre Petit :   Quand les critiques s’expriment à voix haute, en dévoilant leur identité, l’affaire est vite réglée. En terrain découvert, je n’ai jamais perdu un combat, et cela se sait. Maintenant si vous voulez tenir compte des avis formulés sous pseudonymes… Et je n’ai pas entendu le CEA formuler des réponses crédibles à mes accusations.

Pouvez-vous accorder foi à des gens qui formulent des critiques, sur leur site, de manière anonyme, en se défilant lorsque je leur offre la possibilité d’un face à face filmé et diffusé sur le net ?

– Gizmodo : L’énergie nucléaire a toujours bénéficié d’une certaine bienveillance de la part des esprits « rationnels » ou « scientifiques ». Mais depuis Fukushima, faut-il sérieusement se résoudre, à l’image des autorités allemandes, à l’abandon de cette filière ?

Jean-Pierre Petit : L’énergie nucléaire charrie avec elle des problèmes considérables. Gestion de déchets très toxiques et dangereux, de très longue durée de vie, risques d’accident grave dès qu’une installation vieillit. Risque quand des phénomènes naturels se mêlent de la partie. Il y a que cette filière est née en France sous l’impulsion de De Gaulle qui voulait la bombe A, puis la bombe H. Le nucléaire civil s’est ensuite organisé en lobby, en complexe nucléo-industriel et financier. Les projets agités en novembre à l’Assemblée Nationale, lors d’une audition d’expert, suscitée et animée par le député (socialiste) Bataille sont de la folie furieuse. La France a 60 tonnes de plutonium dans le site de la Hague. Elle en possède 240 autres tonnes ailleurs. Le projet soutenu par bataille vise à porter ce stock à mille tonnes (de quoi tuer tous les êtres humains de la planète, avec une substance qui, antérieurement à sa production par l’homme, n’existait pas dans la nature, vu que sa durée de vie est de 24.000 ans). Grâce à ce stock on pourrait alors, en 2060, commencer le déploiement de réacteurs dits de IV° génération (des surgénérateurs à neutrons rapides), qui permettraient d’assurer 5000 années d’indépendance énergétique en « brûlant » notre stock de 300.000 tonnes d’uranium 238, issu des actions d’enrichissement du minerai. Toujours selon les conclusions de cette audition, le déploiement de ces générateurs de IV° génération s’achèverait en 2100. Comment percevez-vous le fait que des hommes se réunissent pour dresser un tableau du futur énergétique avec 90 années d’avance !  Pourquoi, en 1900, des parlementaires, s’appuyant sur des dires d’experts, n’auraient-ils pas envisagé gravement le déploiement des machines à vapeur jusqu’à l’an 2000 (en incluant des projets d’avions à vapeur). Ces gens vous paraissent-ils tenir des discours raisonnables ?

Les énergies renouvelables pourraient être exploitées à très grande échelle, à condition de s’en donner les moyens. On pourrait résumer cela en disant « nos descendant nous béniront d’avoir fait ce choix ». A l’inverse ils nous maudiront si nous persistons dans la folie du nucléaire, en priorisant le critère du coût du kilowatt-heure, sans nous soucier des conséquences gravissimes et insolubles dont hériteront nos descendants dans les décennies à venir.

Les Allemands ont tenté un stockage de déchets dans une mine de sel, à Asse. 100.000 fût on été jetés dans cette mine, sans grande précaution. A l’usage il s’est avéré que cette mine subissait des infiltrations d’eau et… se déformait (10 cm par an). Conclusion : il faudra extraire ces futs. Coût estimé de l’opération : de 3 à 8 milliards d’euros….

– Gizmodo : Qu’il faudra donc ajouter aux 20 milliards d’euro du projet ITER. En ces temps de disette, les contribuables apprécieront ! Merci pour vos réponses !

—————–

Pour info, Jean-Pierre Petit distribue gratuitement et dans plusieurs langues des BD de vulgarisation scientifique via le site de son association Savoir sans frontières.
Sa fiche Wikipédia
Son site

De plus, il est prêt à débattre publiquement avec des scientifiques et des responsables du CEA autour des questions évoquées dans cet article.

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Les russes travaillent sur la question depuis 1950 et on annonce toujours rien de concret avant 2050… un siècle !

    Nos prix Nobel de physique Charpak et Gilles-de-Gennes ont d’ailleurs fait preuve d’un grand scepticisme sur ITER.

    ok pour faire de la recherche mais on devrait rééquilibrer les budgets entre ITER et Sphinx, notre petite Z-machine nationale http://fr.wikipedia.org/wiki/Z_machine

    1. Tu crois que les russes vont dévoiler le st graal de l’énergie alors qu’ils se font eux aussi bouffer par la chine ?
      Redescends si ils ont quelque chose ils le gardent pour eux , surtout quand on sait qu’ils se tirent toujours les pattes avec les usa .
      C’est une guerre sur plusieurs fronts .

  2. Lobby , tout est dit. Tous, nous devons comprendre, le nouveau pétrole c est le nucléaire. Il y a mille façon de faire de l’énergie propre. Le nucléaire n’est plus la seul solution. Il est temps que nous prenions les choses en mains . Nous sommes « actionnaires » de notre pays, et nous avons le droit de décider aussi.

  3. La technologie la plus prometteuse pour la fusion contrôlée, elle s’appelle : confinement inertiel par laser.

    Et les américains ne s’y sont pas trompés en investissant massivement dans le National Ignition Facility!
    Faut bien reconnaitre que ça a une autre gueule que le tokamak d’ITER…

  4. il n a pas tort. il existe plusieurs methodes de fusion et le Tokamak, n est pas vraiment la plus simple et stable. De plus cette methode produit des dechets neutroniques qui contaminent les paroies de l appareil ce qui implique traitement des elements contamines… d autres methodes comme le le focus fusion necessitent des appareils moins complexes et difficiles a entretenir.
    http://video.google.ca/videoplay?docid=1996321846673788606#docid=-1518007279479871760
    http://video.google.ca/videoplay?docid=1996321846673788606

  5. Lol, c’est pas méchant mais, je ne comprends quasi rien de tout ces termes scientifiques et ce discours, mais le site est digne d’un enfant de 10 ans. Ca discrédite le tout…

    1. Le site web d’une personne ne représente pas le savoir de cette personne. A chacun ses compétences.
      Sinon, tout ceux qui savent faire un site web classieux seraient capables de comprendre la physique des particules et autres joyeusetés de cet ordre, ce qui doit être le cas de 0,00000000001 % des webmasters !

  6. Il ne faut pas tout confondre, ITER n’a rien de commun avec les centrales nucléaires en service actuellement. Lier les deux dans un seul article n’a pas plus de sens que de considérer comme équivalents pétrole et hydrogène!

     » il faudra extraire ces futs. Coût estimé de l’opération : de 3 à 8 milliards d’euros….
    – Gizmodo : Qu’il faudra donc ajouter aux 20 milliards d’euro du projet ITER. En ces temps de disette, les contribuables apprécieront ! »

    Cette réponse du journaliste est absurde, puisque les deux choses sont rigoureusement indépendantes. Là encore, celà reviendrai à assimiler une dépense pour un nouvel hopital à l’augmentation du prix des billets d’avion.

    Enfin, dresser un plan de gestion de déchets jusqu’à 100 ans en avance est très sain puisqu’il permet d’avoir dès aujourd’hui une solution, ou au moins des idées quand à l’avenir des déchets, et qu’effectivement les progès technologiques apporteront d’autres solutions, ou même d’autres emplois pour ces matériaux. En tous cas les découvertes futures ne nous empêcheront pas d’agir comme prévu.
    Quant aux risques d’anéantir la planete avec le stock de déchets, il est infime en comparaison des risques que prend l’humanité chaque jour…

  7. D.O.K … ce serait comme comparer les dépenses de démolition d’un vieil hopital avec la construction d’un nouvel hopital ! le parallèle est légitime.

    Personnellement, j’était plutôt « pro-nucléaire ». Mais quand je regarde de plus près, je suis plus nuancé
    1 / l’uranium est une énergie fossile et elle ne garantit pas notre « indépendance » énergétique
    2 / les futures centrales comme l’EPR vont utiliser du mox, un mélange uranium ET plutonium, qui est vraiment très dangereux !
    3 / le coût de démantélement est systématiquement sous estimé. Enfouir quelques tonnes de combustible est une chose, mais quid des milliers de tonnes de beton irradié ? Personne n’en sait trop rien et le coût sera énorme
    4 / Le réalité est que le nucléaire de demain sera une énergie coûteuse, très coûteuse. Il faut donc arrêter la fuite en avant des surgénérateurs ou de ITER et mettre ces dizaines de milliards d’euros dans le développement durable. C’est un choix plus moral et sans doute plus pertinent sur le plan économique à long terme

  8. La maintenance coutera en france 50 millards d’euro :

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/01/03/04016-20120103ARTFIG00532-50-milliards-pour-prolonger-les-centrales-jusqu-a-60-ans.php

    Brennilis coute 482 millions pour etre démantelé ( http://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/04/18/lespagne-possede-une-centrale-nucleaire-fantome/ ) , multiplié par le nombre de celles qui sont actifs chez nous si on devait le faire … On ne peut plus retourner en arrière c’est ça le fin mot de l’histoire sinon on est ruiné plus qu’autre chose .

  9. Jean Pierre Petit… Ce n’est pas le type assurant qu’il communique par voie postale avec des extraterrestres appelés ummites ??

    Mmmmh, tout de suite, ce qu’il raconte sur ITER me parait beaucoup plus crédible…

  10. Il y a à prendre et à laisser sur son site, il est bizarre – exemple étrange sur JP Petit, sa vidéo sur les OVNI : http://www.dailymotion.com/video/x5eye6_ufoscience_tech

    Je pense que les gens avec qui il veut débattre ne veulent pas s’embarquer dans un drôle de discours.

    Maintenant s’il est vraiment un ancien du CNRS, il peut aller voir ses ex-collègues quand il veut et discuter en privé avec eux, sauf s’il s’est grillé par des déclarations abracadabrantes.

  11. 1) Il est important de noter que J-P.P. était au CNRS un expert en plasma. Peut importe ses histoires postérieures et ses convictions sur d’autres sujets.
    2) Le plasma est un gaz ionisé que l’on peut obtenir de différentes façons. Il est assez « froid » dans les TV et torches à Plasma, et chaud dans les Z-Pinch, Tokamak, et dans les systèmes à confinement inertiel.
    Les plasmas chauds sont ceux qui sont les plus à même de nous donner de l’énergie. Si les tokamaks sont les plus en vue actuellement pour donner « les centrales électriques du futur », c’est parce que c’est inoffensif, contrairement au confinement inertiel et au Z-pinch qui ont (surtout) des applications militaires multiples et variées…
    3) Le problème des disruptions est un problème majeur. S’il n’est pas résolu, le projet ITER ne fonctionnera pas, point barre. Et pour cela, il faut trouver un moyen de réguler les moultes instabilités qui déclenchent les disruptions… Et puis, il y a en plus le problème de la disparition du tritium, les problèmes d’interactions plasma d’une manière générale, la génération du tritium, le chauffage efficace du coeur du plasma, etc… En fait, le projet ITER est avant tout une aventure scientifique intéressante dans plein de domaines de la physique, un « test des technologies actuelles », mais pas un moyen d’obtenir de l’énergie rapidement.
    4) Comme ce projet ne peut pas résoudre la crise énergétique actuelle, et qu’il engloutira des dizaines de milliard d’euros, on est en droit de penser que « y’a d’autres priorités quoi… ». D’ailleurs, le CEA (commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) bosse sur le nucléaire… Pour les énergies alternatives, il ne s’agit que de « projet » de batterie pour les renault et les peugeot, et un peut de biomasse aussi pour Shell ou Esso… Le budget de la recherche publique dans les énergies renouvelables est quasi inexistant ( ZERO laboratoire sur l’éolien par exemple…). Alors, Lobby ou pas Lobby, les personnes en haut lieu qui décide des budgets ne savent pas forcément ce qu’il font (ou alors, ils le savent, et c’est encore plus grave).
    5) Je tiens à préciser que j’ai effectuer une thèse sur l’un des éléments responsables des disruptions dans les tokamaks, donc même si je ne maitrise pas tous les sujets, une chose est sure : Le projet ITER (basé sur le principe de la fusion nucléaire) n’est PAS un moyen de répondre aux problèmes énergétiques actuels. Et le nucléaire actuel (basé sur le principe de la fission nucléaire) produit des milliers de tonnes de déchets que nous sommes dans l’incapacité de gérer, et que nous allons léguer aux générations futurs, pour plusieurs milliards d’années, ou jusqu’à ce que quelqu’un trouve le moyen de tout décontaminer. (Et c’est pas gagner…)
    L’article était intéressant, même si la dernière phrase sur les 20 milliards et la disette est (peut-être) de trop.
    Si vous avez des questions, j’essaierai d’y répondre du mieux que je peux…

  12. Après les extraterrestres et les essais militaires nucléaire militaires secret à Marseille monsieur petit nous parle d’ITER voici l’adresse du site de ce monsieur :
    http://www.jp-petit.org/

    A chacun de juger.
    Pour ce qui est de ITER le principe même du réacteur est : pas de déchet de combustion
    Enfin le renouvelable n’a rien de renouvelable, la géotermie refroidie des sols qu’il a fallut des millénaires pour chauffer et détruit leur écosystème.
    Les panneaux solaires contiennent de l’arsenic et des métaux lourds
    La fabrication des panneaux solaires et des éoliennes produit plus de carbone que celui qui serait éjecté en brûlant du pétrole pour produire la même quantité d’énergie qu’il produiront en une vie. Ceci est tellement vrai que pour faire les calculs de coût carbone les écologistes estiment leur production en France où l’énergie est nucléaire plutôt qu’en Chine où ils sont réellement fabriqué et ou l’énergie est basée sur le charbon.

    1. Les énergies « renouvelables » ne sont pas parfaites, les panneaux solaires commencent à peine à fournir plus d’énergie qu’ils n’ont coûtés, mais on peut vivre sur le site où une énergie renouvelable a fonctionné, exemple le plus parlant : les moulins à vent, qu’on appelle aujourd’hui « éoliennes ».
      Les centrales produisent des dangers et des déchets ingérables, les exemples les plus criards étant celui Fukushima et celui des actinides nucléaires radioactifs mortels pendant plus de 24000 ans.
      Par contre recycler ou neutraliser les poisons chimiques tels que l’arsenic et les métaux lourds, ça on sait faire depuis plus d’un siècle au bas mot. Mais le radioactif nous échappe toujours, sur la durée, allez conserver correctement des centaines de tonnes de déchets radioactifs pendant 24000 ans, c’est du délire.

  13. Il serait quand même préférable de trouver un autre interlocuteur sur le sujet, J.P. Petit s’étant largement décrédibilisé par ses lubies extra-professionnelles. Et c’est bien dommage car ses BD de vulgarisation m’ont passionné il y a 30 ans.

    Je trouve également cette réponse de sa part plus que douteuse :
    « Quand les critiques s’expriment à voix haute, en dévoilant leur identité, l’affaire est vite réglée. En terrain découvert, je n’ai jamais perdu un combat, et cela se sait. Maintenant si vous voulez tenir compte des avis formulés sous pseudonymes… »

    Ce n’est pas l’identité de la personne qui fait la qualité d’une critique … c’est la qualité et l’argumentation de la critique. Une analyse juridique de Me Eolas aura exactement la même valeur aux yeux des connaisseurs qu’elle sorte sous son vrai nom, son pseudo de Me Eolas ou complètement anonymement.

    Si pour répondre à des critiques J.P. Petit a besoin de connaître l’identité réelle de son auteur, c’est qu’il pratique l’attaque ad hominem et autres forme de détournement du débat (ce que l’utilisation du terme combat laisse également entendre).

  14. Pour tous ceux qui essayent de faire passer Jean-Pierre Petit pour incompétent, je précise qu’il reprend les éléments de la thèse de Cédric Reux, qui sont les mêmes que Wurden et Thornton. Je trouve dommage le fait de remettre en cause dès lors la thèse de trois personnes qui ont démontré que les disruptions sont présentes dans les petites installations et qu’à une échelle industrielle cela aura des dommages catastrophiques ( coût réparation, fuite tritium, remplacements pièces dans la chambre contaminée donc utilisation robots pour sortir les pièces soudées, tordues…). Et que il est qu’il faut régler le problème des disruptions avant ITER car on ne connaît pas les effets à cette échelle massive. Mais vous pouvez refusez tous les discours et faire les sophistes, les disruptions sont une réalité. Donc ITER n’est pas rentable surtout s’il faut remplacer les pièces chaque année. Conseil: lisez les trois thèses avant de parler, plus la synthèse de 113 pages de JPP.

  15. Gizmodo, la prochaine fois essayez de préparer un peu mieux l’interview avec un journaliste connaissant le sujet (autrement que via Wikipédia) et étant capable de critiquer un peu M. Petit pour le mettre devant ses contradictions.

    Quand à l’histoire que ITER coute de l’argent, cet argent sert à l’innovation, pas à enrichir les banques, à créer de l’emploi, des connaissances, du savoir faire (qu’on pourra réutiliser dans d’autres domaines). Pour rappel, la France a perdu son triple A, parce qu’une politique de rigueur exclusive n’est pas la solution pour sortir de la crise. Les journalistes de Gizmodo doivent être à la fois expert en économie et en physique expérimentale pour proposer de tel conclusion.

    Pour info : la supra-conductivité a 100 ans, les premières applications sont apparus après 50 ans de recherche expérimentale. Nous avons le temps pour faire de la fusion contrôlée une réalité, mais clairement elle ne doit pas être la base de notre projet de société pour les 50 ans à venir.

    Pour info 2 : 20 milliards de dollars = 15 jours de guerre en Irak (est ce que ITER est si cher ?).

    Sinon, il serait temps à M. Petit de profiter de sa retraite pour s’occuper de son potager, ses petits enfants et autres petit plaisirs qui lui restent avant la fin du monde en décembre (du coup le débat du nucléaire n’a plus trop d’intérêt).

    1. Nono, je ne suis pas contre le principe de faire de la recherche. Je suis même pour, mais faire de la recherche via un projet massif industriel et international, c’est mettre la charue avant les boeufs. Le problème des disruptions doit être réglé avant de mettre en route de manière industrielle à grande échelle la fusion. Dites-moi comment vous compter contrôler le plasma dans ITER alors qu’il est soumis à une instabilité. Vous parlez de fusion contrôlée, or il n’est pas, mais n’est-il pas plus prudent résoudre ce problème avant de le lancer à grande échelle? Ne lance-t-on pas un projet indutriel quand on a résolu les problèmes? Commercialise-t-on un avion de ligne sans avoir fait des tests et résolu les problèmes? Réfléchissez , il y a des étapes qu’il ne faut pas sauter sinon l’échec est inévitable. C’est ce que révèle les thèses. Merci de les lire.

      1. Effectivement, il y a encore beaucoup de points bloquants (et pas que les disruptions : ELM, flux neutronique sur les parois…), si on ne parle que de disruption, c’est un problème sur lequel travaille beaucoup de monde, à la fois pour les éviter et le cas échéant les mitiger (avec des systèmes dédiés et un contrôle temps réel du plasma en autre). ITER n’est que pour dans 10 ans (voir plus avec tout le retard que ça prend) et ne sera pas qu’une machine servant à démontrer la possibilité (ou non) de contrôler un plasma de fusion, il ne s’agit donc même pas d’un prototype d’un réacteur industriel mais une des étapes pour y arriver. Je ne crois pas qu’il sera démarrer à puissance maximale avec un mélange deutérium tritium. On aura le temps d’apprendre à gérer le problème.

        Il n’y a rien de secret sur les points bloquant de la fusion. M. Petit a l’air de découvrir ça comme si il s’agissait d’un complot pour provoquer la polémique. Peut être que certains minimisent les problèmes, mais les thèses et les articles sont tous publics.

    2. Le coût de l’expérience ITER (15 à 20 milliards d’euros sur 3 décennies) équivaut à moins de 2 années de chiffre d’affaire de la Française des Jeux. Eh oui !

  16. Complot? Non, juste les gens du CEA qui refusent de le rencontrer avec Michèle Rivasi pour parler de ce problème. Etonnante attitude pour des gens se disent professionnels. La polémique est que « ces professionnels » le traitent d’incompétent intellectuel et qu’il a besoin d’aller dans un centre psychiatrique. Dès lors si c’est le cas, alors Cédric Reux, Wurden et Thorton aussi puisqu’il reprend juste leurs éléments. Ce n’est pas cohérent. Surtout si c’est connu, pourquoi le traiter ainsi? C’est un citoyen comme un autre qui rassemble des thèses et met le doigt sur le risque révélé dans les 3 thèses. Et vous dites que c’est un problème connu, oui mais pour les gens qui donnent les bugdets, non, et ils doivent être mis au courant de tous les éléments du projet. J’appelle ça être honnête.

    1. C’est vrai que l’affaire a été mal géré par le CEA. A ce que je sais, il n’était pas contre l’idée de la rencontrer, mais plutôt contre les conditions de cette rencontre (à tort ou à raison ?). Le nucléaire venant au départ d’activité militaire donc secrète, les mauvais réflexes ont la vie dure. Mais je crois que lorsque Kennedy a lancé le programme Apollo genre « dans 10 ans on fait la nique aux soviets sur la lune », je pense pas que la technologie était au point et qu’ils étaient sur d’y arriver. Par exemple, pour les moteurs de la fusée Saturne, ils en ont fait exploser quel que uns avant que les moteurs tombent littéralement en marche. On est en démocratie, heureusement qu’il y a des gens pour s’interroger sur ce que fait les scientifiques, mais le faire sur le ton de la polémique ça ne rend service à personne.

    2. JP Petit n’est plus crédible. Les anti nucléaires devraient mieux choisir les gens qu’ils mettent en avant. Ca n’empêche pas que les thèses citées sont peut-être justes actuellement, si je comprends bien, elles soulignent les problèmes non résolus à ce jour. Je remercie « Michel de Roussac » pour les liens très intéressants qu’il donne ; la critique qui vient du laboratoire de Los Alamos est la plus incisive (http://advprojects.pppl.gov/ROADMAPPING/presentations/MFE_POSTERS/WURDEN_Disruption_RiskPOSTER.pdf), l’aspect réparation d’ITER après disruption non contrôlée semble être un problème lourd, sachant que ça peut se terminer en petites explosions qui casseraient ITER pour quelques mois à chaque fois !

      La fusion c’est l’espoir d’une énergie nucléaire sans les déchets. Je ne sais pas s’ils vont réussir ou rater leur coup avec l’expérience ITER mais je suis pour la recherche d’abord. Et ensuite, au vu des résultats, que le peuple et les politiques décident de la suite, dans vingt ou trente ans. Ca n’empêche pas de développer le plus possible le renouvelable. Pourquoi devoir choisir ? On trouve bien facilement des milliards pour faire la guerre, je veux bien croire qu’ITER représente 15 jours de guerre en Irak ! (et la Libye, ça a coûté combien ?)

      Une recherche avec des résultats certains, ce n’est plus de la recherche mais juste un projet d’ingénierie. Clairement, ce qu’ITER va être, ça n’a jamais été fait. Ca ne veut pas dire qu’il faut abandonner toutes les autres voies. Ca sera peut-être un échec, peut-être une réussite, et certainement une source d’enseignements pour tous les physiciens du nucléaire dans le monde. En attendant, ça fait du travail pour tout ceux qui construisent ITER. A ceux qui les dirigent de faire toutes les thèses et recherches approfondies nécessaires pour que ce soit une réussite.

  17. le nucléaire c’est du passé même pour les américains,
    l’avenir c’est l’hélium 3,
    vous pensez tous qu’ils recherchaient de l’eau sur la lune?, ben non c’est l’helium 3.

  18. La condition de la rencontre était de se voir dans un bureau à l’Assemblée Nationale, filmé et avec un temps de parole équilibré. En quoi est-ce si mal, avoir un temps de parole égal, rendu public ( vidéo car ITER est un projet s’adresse aux citoyens), et dans un lieu aussi neutre que l’Assemblée? Les gens du CEA ont même voulu que la rencontre se fasse chez eux, dans leur domaine bien réconfortant. J’appelle ça le courage du CEA.

  19. La réalité est bien que le lobby neutralise toute alternative avec le projet pharaonique ITER.
    Quand bien même la disruption pourrait être amortie, qui dépensera des milliards pour installer des équipements qui s’auto-détruiront ?

    Le vrai projet énergétique de la France est de constituer des stocks de Pu pour ensuite les bruler dans des centrales à surgénérateurs. Les industriels ne s’en cachent pas.

  20. @ Nono : Durant l’été 2011, le déroulement des opérations du projet ITER était prévu avec 10 ans environ de réactions Deutérium-Deutérium pour étudier la machine et les configurations les plus propices à la fusion (en particulier la phase de chauffage initial). Au delà de cette période d’essai, un mélange Deutérium-Tritium devrait-être essayer. A partir de ce moment là, plus aucun homme n’aura accès à l’intérieur de la machine, radioactivité oblige…. Les durées ont peut-être changé depuis, mais c’est l’ordre de grandeur qui devrait rester au final.

  21. C’est bien dommage, car sur tous les sites que j’ai visité on n’est ou pas de nucléair ou tout nucléair.Nicola Tesla a trouver la réponse à une énergie infiniment renouvelable il ya cent ans .Cherché l’énergie magnétique sur google.

  22. Le coût financier des installations de recherche se chiffre en milliards d’euros sur plusieurs décennies. Ce coût est donc très important pour des bénéfices potentiels éloignés dans le temps.
    L’investissement dans le programme ITER a par exemple été évalué initialement à 5 milliards d’euros . Selon les dernières estimations du programme en 2012,
    le coût prévisionnel de construction de la machine avoisinerait maintenant 13 milliards d’euros.
    Par ailleurs, les coûts de production de l’énergie de fusion restent une inconnue tant que le procédé n’aura pas atteint une maturité scientifique et technologique ne sera atteinte
    pas avant 70 ans alors on fait quoi en attendant on continu avec les centrales atomique en fin de vie qui fabrique des déchets irradier ???

    Le réacteur est actuellement en construction. En tant que réacteur de recherche, ITER ne produira pas d’électricité,
    on ne sai pas stabiliser du plasma pendant assez de temps pour produire de l’électricité ce qui en fait un gadget,
    un gros laboratoire très coûteux et très consommateur d’électricité .. combien de kilo d’uranium faudra il pour faire
    demarer ce réacteur si jamais il demare ?? Combien de tonne de berilium et de produit hautement cancérigène il faudra pour cette machine die
    sans déchets.. sans compter sur sons carburant qui est fabriquer dans deux autres réacteurs nucléaire eux aussi avec des déchets
    et pour finir comme toute réalisation a haut risque il doit être assurer au niveau des catastrophes et bien non !
    il n’est pas assurer alors qui va payer le jours a sa va arriver !!!

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