Test de l’Inkling de Wacom : le stylo qui numérise ce que vous dessinez sur du papier

Voici un produit qui devrait intéresser les graphistes et dessinateurs en herbe. Il s’agit du stylo Inkling de Wacom (170€). L’Inkling s’adresse à tous ceux qui préfèrent dessiner avec un stylo bille sur du papier plutôt qu'avec une tablette graphique. Quand vous branchez  l’Inkling sur votre ordinateur, vous avez votre dessin numérisé prêt à être exploité. Pas mal ! Mais ça, c’est... sur le papier. Alors, j’ai demandé à Olivier Huette, un talentueux illustrateur de livres pour enfants, de me faire part de ses impressions.

Tout d’abord, il faut savoir que Wacom est LE fabricant de tablettes graphiques. Wacom jouit d’une expérience et d’une notoriété incroyable dans le monde über-hype des graphistes. Leurs produits ont été maintes fois améliorés et perfectionnés au cours des années. Ainsi, quand Wacom décide de sortir un stylo numérique, il ne va pas se contenter de faire comme ses concurrents, il se doit de les dépasser.

Les éléments
Comme Wacom s’adresse principalement à des graphistes, il faut savoir leur parler. Du coup, côté design et ergonomie, ils ont fait très forts. Dans la boîte, un stylet, un récepteur, un câble USB, 4 recharges d’encre. Et le tout tient dans la poche.


Le design
L’emballage est très bien pensé. On peut par exemple insérer le stylo dans la charnière de la boîte ou encore, on peut recharger le récepteur et le stylo en même temps simplement en branchant le câble USB. Wacom a été excellent jusque dans les moindres détails. Par exemple, pour retirer la mine du stylo, ils ont aussi prévu un trou dans le boîtier (sous les mines, en bas à droite) qui permet de retirer la mine de l’Inkling d’un simple geste. Bref, c’est du grand art au niveau finition.

Utilisation
C’est hyper intuitif. Il suffit de placer le récepteur sur son carnet ou ses feuilles. Pour qu’il ne bouge pas, il y a une pince en dessous et d’appuyer sur le bouton marche. L’utilisateur peut alors dessiner avec le stylo. Pour créer un nouveau calque, il faut appuyer sur le 2e bouton du récepteur. Et on peut en créer autant qu’on veut. Pour créer une nouvelle page, il suffit d’éteindre le récepteur et de le rallumer ou plus naturellement de l’enlever de la page sur laquelle vous êtes en train de dessiner et de le repincer sur une nouvelle page. Il y a un capteur en dessous qui détecte quand la pince est ouverte.

Le dessin
Là, j’ai passé le relais à Olivier Huette. « Ici, on applique la technique du dessin au stylo bille. Ceux qui sont habitués au stylet ne verront pas de différence au niveau de la prise en main. La seule contrainte par rapport à un stylo bille normale, c’est qu’il ne faut pas bloquer le signal entre le stylo et le récepteur. Du coup, certains mouvements, ceux où on casse le poignet, sont proscrits. »

La comparaison

Cliquez sur l’image pour la voir en grand.

A gauche, c’est le dessin importé dans SketchManager. Les couleurs différentes montrent les calques. Au centre, c’est le dessin quand il est exporté sur Photoshop ou Illustrator. Et à droite, c’est le dessin tel qu’il était sur le papier.

L’avis d’Olivier Huette
« Le résultat est plutôt excellent. Tous les tracés sont vectorisés et il est possible de modifier le dessin très précisément. Par contre, on peut bien voir que les tracés légers apparaissent comme des traits épais. Lorsqu’on dessine, il faut savoir adapter sa technique à l’outil. Ici, nous n’avons pas tout à fait le même résultat qu’avec un dessin au stylo bille, il n’y a pas le grain, mais c’est quand même très satisfaisant. »

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De légers décalages


A droite, le dessin original sur le carnet de dessin. A gauche, le dessin importé.

« Là, sur cet exemple, on voit par exemple le trait du T-Shirt qui est légèrement décalé vers la gauche. Les yeux de l’abeille n’ont pas été pris en compte, et le ventre du dragon non plus. C’est un peu embêtant, surtout que je ne sais pas pourquoi c’est arrivé. J’ai fais d’autres dessins et je n’ai pas eu de problème. J’ai fais attention à ce que mon doigt ne soit pas trop bas sur le stylet et ne bloque pas le signal. »

Des traits plus épais et des traits fins en moins

A gauche, le dessin importé dans SketchManager.  A droite, le dessin sur le papier.

« Ici, on voit bien que certains traits fins n’ont pas été pris en compte. Et quand ils le sont, ils paraissent toujours plus épais que sur le dessin. Lorsqu’on importe le dessin dans SketchManager, on peut choisir l’épaisseur du trait. Mais, cela modifie l’épaisseur sur l’ensemble du dessin et ne va pas corriger l’épaisseur des traits les uns par rapport aux autres. »

D’autres essais

« Là, j’ai testé un peu n’importe quoi. Par exemple, je suis parti 5 minutes et je suis revenu pour voir si je pouvais reprendre le dessin après un arrêt un peu long. La réponse est oui. On retrouve les problèmes de décalage que j’ai déjà évoqués, ainsi que les traits légers qui paraissent épais. Mais quand même, le texte est tout à fait lisible. »

SketchManager

C’est le nom du logiciel d’Inkling. C’est une sorte de Bridge d’Adobe adapté aux besoins de l’Inkling de Wacom. SketchManager permet de visualiser les diverses pages enregistrées sur le récepteur de l’Inkling. On peut aussi attribuer une couleur à chaque calque et exporter d’un simple clic les pagessur Illustrator ou Photoshop. Il est très simple d’utilisation mais quand Olivier a voulu l’installer, il y a eu un conflit avec sa tablette Cintiq 12WX. Tous ses paramètres ont été effacés. Et surtout, le programme SketchManager se lance automatiquement au démarrage, même si on n’en pas pas besoin. Ceci étant dit, le support de Wacom a été très réactif et a trouvé une solution, mais celle-ci tenait plus du bricolage que de la correction.

Conclusion

L’Inkling est un produit qui s’adresse avant tout à ceux qui veulent pouvoir dessiner quand ils sont loin de leur ordinateur et qui veulent une solution pour avoir leurs tracés vectorisés en quelques secondes quand ils rentrent chez eux. Comme pour chaque nouvel outil, il faut un temps d’adaptation et malgré quelques décalages et imprécisions, le résultat est à la hauteur des attentes d’un professionnel. Les images sont en 600dpi sur un format A4. Le seul point négatif à régler est le logiciel SketchManager. La plupart des graphistes qui achèteront l’Inklling ont certainement déjà un stylet ou une tablette graphique. Les conflits matériel entre 2 produits Wacom ne devraient pas se produire. Une simple mise à jour de la part de Wacom devrait résoudre ce problème, mais quand ?

Reconclusion : C’est un excellent produit qui vous procurera très peu de déception et un gain de temps appréciable. [Wacom]

Merci à Olivier Huette pour ses remarques. Allez voir son book d’illustrations et ses travaux en tant que maquettiste. En plus, c’est son anniversaire aujourd’hui 😉

 

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Merci pour ce test complet! En tant que graphiste occasionnel je suis intéressé par ce genre de produit, mais je dessine et écris avec la main complètement recourbé… je risquerais surement de bloquer le signal fréquemment, il me faudra donc tester par moi-même…
    Mais sinon cela semble être un produit vraiment intéressant pour de la prise d’esquisse, d’idées etc.

    Question à O.Huette, si il lit (bon anniversaire au passage! 😀 ), a t’il eu l’occasion de tester la Asus Slate qui est doté d’une dalle de technologie Wacom? Son utilisation coté graphisme est apparemment très intéressante et j’envisage de me l’offrir prochainement.

    1. Je ne suis pas graphiste mais je peux te dire que l’ASUS ep121 est une très bonne machine. Très complète et performante. La dalle est magnifique et presque confortable en extérieur, c’est dire.
      Par contre, si tu veux investir, attends la sortie de la samsung slate. 2 machines » à peu près » équivalentes, mais il parait que la samsung aurait une meilleure autonomie (note le conditionnel partout). Mais au moins, tu pourras comparer. 😉
      Google sketch ep121 , tu devrais trouver de quoi te faire une idée côté graphisme

    2. Merci à toi Spyck2,
      Il faut vraiment faire bien attention avec l’inkling de ne jamais couper le signal entre le capteur et le stylo.
      Mon fils (de 9 ans) fait comme toi, il repli le poignée pour dessiner, la main passe devant le récepteur du stylo et l’Inkling ne peut rien enregistrer.
      Il faut vraiment une position « standard ». Au début ça le gênait, mais il s’est vite habitué.
      En plus, en dessinant avec le bras recourbé, il a beaucoup d’amplitude dans le geste.
      L’inkling offre aussi des possibilités en terme de reconnaissance d’écriture mais je ne les ai pas testé…
      à suivre…

      Par contre, je suis désolé, je n’ai pas testé l’Asus Slate, ni la samsung slate.
      Ça m’a quand même l’air d’être l’avenir.
      Des petites tablettes pratiques à tout faire, lecteur, récepteur, ardoise numérique, nomade… table à dessin… à mettre dans la poche comme un carnet de croquis qui pourrait aussi lire des vidéos et surfer sur le web… tranquillement installé en terrasse… j’en rêve…
      Il faudrait de grosses capacité pour les utiliser de façon professionnelle…
      Une autre affaire à suivre…

    3. Et…tu ne peux pas simplement décaler la feuille et le Inkling avec une rotation pour qu’il prenne en compte tes dessins à main courbée?

  2. c’est moche de faire ca !! sachant que le produit est pas disponible à la vente depuis la fin d’année !! (je rigole bien sur mais on est 3 dans mon entourage à vouloir l’acheter depuis un baille mais il a jamais vraiment été mis en vente il y avait des préco qui ont été recu avec x mois de retard mais sinon en vente direct nada T_T

    vivement qu’il soit disponible à nouveau (en espérant qu’il nous fasse pas une duke)

  3. Ce produit est super intéressant pour les dessinateurs voulant passer au numérique, voir même pour les graphistes nomade.Jusqu’à maintenant, je n’ai jamais été déçus par mes tablette Wacom (à part quelques petits défauts mais rien de méchant).
    Seul bémol, jusqu’à maintenant je n’ai toujours pas réussi à me le procurer ce fameux Inkling.

    ps:j’ai tendance aussi à casser le poignet sur mes tracés, en mettant le récepteur à gauche (pour les droitiers) sur le support, ça ne règlerais pas le problème de signal ?!
    Merci d’avance.

  4. @Remz: Merci pour ce retour sur l’asus slate. Pour ce qui est de celle de Samsung j’attendrais de voir peut être… Après l’autonomie n’est pas forcément ma grosse priorité, et je ne sais pas si samsung la dotera de la même dalle que l’Asus, qui a coup sur (étant conçu par Wacom) sera difficile à surpasser je pense en termes de précision excepté par une tablette Cintiq, vallant 2 à 3 fois le prix de l’asus, la portabilité en moins.

    @Olivier Huette: l’inkling a donc peux de chance de me convenir mais je ne m’inquiète pas, je pense que les marques commencent à comprendre comme tu le dis toi même de l’intéret que les consommateurs ont à utilisé un stylet sur les tablettes (que ce soit pour de la prise de note ou du dessin) il n’y a qu’à voir la galaxy Note, qui ressemblerait bien à ce que tu décrit comme une tablette polyvalente à mettre dans la poche, et dont le principe devrait être porté aux prochains galaxy tab à ce que j’ai pu lire. Pour ma part je ne peux me passer de Windows pour cela (je melange design, industriel et graphisme) et donc ai autant besoin de logiciel 3D que 2D.
    On vera bien ce que l’avenir nous réserve de ce coté, mais c’est bien parti pour aller (enfin) dans le bon sens.

  5. J’attend une version 2 avec un recepteur et un stylo plus fins. Tous les stylos et les crayons avec lesquels je dessine sont bien plus fin, indispensable pour une meilleurs et plus précise prise en main.

    Et puis surtout, c’est assez chère pour un tel appareil

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