La fable de l’arroseur arrosé aux éditions Hadopi

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Hadopi fait peser sa menace sur le web et sur la violation de droits d’auteurs depuis un long moment. Sauf que la Haute Autorité est manifestement adepte de l’adage, "faites ce que je dis, pas ce que je fais". En effet, Guillaume Leroy a découvert que le site de l’Hadopi enfreignait ses propres règles puisqu’aucune photo n’y était créditée.

Cocasse situation que voilà. Le photographe Guillaume Leroy s’est amusé à fureter dans les mentions légales du site Hadopi en qualité de membre de la Société des Auteurs de l’Image Fixe. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant que les images insérées dans les nouvelles fiches pratiques ne contiennent aucune mention de l’auteur. Si déjà la légalité d’une telle démarche est douteuse, les complications ne s’arrêtent pas là.

L’ensemble des photographies est sensé provenir de la base du même prestataire, MasterFile France, qui propose un large panel de photos à faible coût. Seulement, ce n’est pas le cas de certaines images qui sont par exemple issues de GettyImage. Tout le problème est là, puisqu’aucune mention ne le précise, voilà qui s’appelle bafouer les droits d’auteur dans les règles de l’art.

Mauvais élève jusqu’au bout, Hadopi s’attire à nouveau les foudres des photographes. En effet, de nombreux sites proposant des photos très peu onéreuses se sont récemment vu labelliser, les photographes indépendants subissent de plein fouet cette concurrence qu’ils jugent déloyale. Hadopi s’enorgueillit de vouloir obtenir une rémunération plus juste des photographes professionnels alors qu’elle-même use des solutions de facilité.

Il s’agirait au moins de donner l’exemple et Guillaume Leroy condamne la bourde de la Haute Autorité sur son site istaota :

« Une attitude d’autant plus impardonnable et injustifiable lorsqu’elle est commise par une institution qui prétend alerter les usagers sur la circulation non autorisée d’œuvres protégées par un droit d’auteur »

[istaota] via [numérama]

© Thomas Pajot – Fotolia.com

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. çà on savait tous qu’Hadopi ne protège les droits d’auteurs que de la musique et que les photographes n’ont comme institution VASELINE pour les protéger.
    J’aimerai bien qu’un photographe qui a une photo à lui sur le site, porte plainte sur Hadopi.
    la justice demanderait la fermeture du site d’Hadopi puis la confiscation des serveurs comme megaupload!
    cela serait drole mais drôle

  2. Getty Image, iStockPhoto, Fotolia, etc… c’est pas ce qu’on appelle des photos « libres de droits », destinées, moyennant paiement, à un usage commercial ? J’ai jamais entendu qu’il fallait les créditer pour être dans la légalité.

    1. Tu es censé crédité les images quand bien même tu en possède les droits à partir du moment ou tu n’es pas l’auteur (c’est à dire le photographe). C’est le droit au nom. Tu utilise l’image comme bon ton semble, tu l’a payé elle est à toi, mais elle reste indissociable de celui qui l’a réalisée, et donc il doit être nommé.
      regarde les images libre de droit de wikipedia, il est mentionné un peu partout qu’on peut librement les utiliser mais qu’il faut mentionner la source.
      Citer ses sources c’est la base de tout travail, que ce soit un article, une photo ou autre.

      1. Merci pour ta réponse.

        A ce moment là, j’imagine que 99% des sites, et autres médias bien sûr, sont dans le même cas. Il faut avouer que ce Guillaume Leroy cherche la petite bête, même si pour le cas d’Hadopi ça tombe évidemment mal.

  3. Les journaux c’est un très mauvais exemple, dans leurs articles la plupart du temps les sources ne sont jamais mentionnés. Globalement, tous le monde s’en fout complètement.
    Les journaux, site internet sérieux et autre, achètent les droits d’une image mais ne donne que rarement la source. Pour les articles et reportage c’est pareil, normalement un article, un texte, un livre doit être accompagné d’une bibliographie et les sources doivent être mentionné dans le texte (telle théorie tiré de tel auteur ou chercheur, tel fait récupéré à tel endroit etc). Et les sources du texte doivent renvoyer à la bibliographie (sauf si on intègre la biblio dans le texte, évidemment).
    C’est les normes d’un travail de recherche et scientifique, mais dans les faits, personnes, à part les chercheurs, et encore pas tous, ne s’en préoccupe. Théoriquement c’est condamnable, dans les faits tu ne risque pas grand chose.
    Sauf si tu es connu et que tu plagie sans vergogne comme PPDA ou RAMA (et bien d’autres qui sont passés sous silence).

  4. Je suis l’auteur de l’article. Donc j’apporte quelques précisions. Je ne cherche pas la petite bête. Simplement, nul n’est censé ignorer la loi, encore moins l’Hadopi en la matière. Donc…Il me semble qu’entre poursuivre des internautes pour négligence alors que beaucoup ne sont pas informaticiens et ne pas appliquer les règles élémentaires du droit d’auteur quand on a la charge de le faire respecter…Cela ne semble pas très sérieux.

    1. Tout à fait.
      Mais globalement tous le monde se fous des droits de la source à être nommée.
      Et après ca part en guerre contre l’usage frauduleux de la culture.
      Tout ce que ça prouve, c’est qu’Hadopi est bel et bien dirigé en sous main par les majors du disque et du film. Cette histoire de défendre la photo, c’est juste pour se racheter une conscience. Dans les faits, ils s’en foutent totalement, c’est pas ça qui les intéresse. Le but est avant tout de chopper de l’internaute pour calmer les autres.
      Cette Hadopi est une veste blague.
      On en revient au modèle Megaupload. Je ne suis pas sur que nos politiques si prompt à faire la morale aient véritablement compris que Megaupload c’était le concept même de la licence globale. Le site en lui même avait les moyens de savoir ce qui était téléchargé, et combien de fois, et donc de redispatcher les éventuelles recettes en pourcentages. De fait Hadopi devient inutile. Mais même le PS s’en fous, il ne veut que « réformer » Hadopi, ce qui montre là aussi que les majors sont puissantes, et que le parti majoritaire, PS ou UMP sera leur jouet 5 ans de plus.
      La seule à avoir plutôt bien réagit me semble être Eva Joly qui je pense pourrait nous surprendre sur la question.
      Je dis ça je dis rien…

  5. Que doit-on penser des chaînes de télévisions qui coupent purement et simplement le générique des films qu’elles diffusent? je trouve que c’est un manque de respect en vers les personnes qui ont participer à la réalisation d’un film..

    1. Quand je disais que tous le monde s’en fous, je pensais évidemment plus aux politiques, ou même à la population, qui a conscience de pirater un mp3 en le téléchargeant (quoi qu’on en dise) mais par contre en ce qui concerne les images… qui foisonnent absolument partout, c’est moins évident.
      J’imagine bien que pour ceux qui en vivent, ils ne s’en moquent pas du tout.

  6. C’est ce que je dis depuis le début : les photographes, illustrateurs, peintres … ils n’en ont rien à faire ! C’est incroyablement scandaleux. Par contre, pour la musique ou le cinéma, à croire que le droit d’auteur ne concerne qu’eux ; mais l’image fixe est peut-être bien ce qui se fait le plus piraté dans l’indifférence la plus totale !

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