Master Class en compagnie de Kojima et Shinkawa

Master Class Kojima

Master Class KojimaMercredi 9 mai, L'occasion nous était offerte de passer un bon moment en compagnie de 2 monuments du jeu vidéo à l'occasion de la venue sur Paris de messieurs Hideo Kojima et Yoji Shinkawa, 2 piliers de la Saga Metal Gear de Konami, pour fêter dignement les 25 ans de la saga.  C'était au cinéma MK2 bibliothèque de Paris que se déroulait une "Master Class" (Une interview en langage hipster ?) menée par monsieur Julien Chièze en maître de cérémonie, avec l'aide de Florent Gorges comme traducteur. Des débuts de monsieur Kojima aux formes sexy des dessins de monsieur Shinkawa, en passant par le spectre du nucléaire, c'était l'occasion rêvée d'en apprendre beaucoup plus sur ces deux hommes atypiques qui ont créé la légende de Solid Snake.

De cette master class, on apprendra au final beaucoup de chose sur Hideo Kojima, bien plus que sur ses jeux. Entré chez Konami comme game designer en 1986 et ayant fait ses armes sur Penguin Adventure sur MSX, il travaille sur 2 projets qui seront annulés. Dans une position délicate, il devait faire ses preuves en aidant à la conception d’un jeu de guerre, qui posait beaucoup de soucis sur le plan de la réalisation. En puisant son inspiration dans le film “La Grande Evasion”, il finira par concevoir un titre dans lequel le héros doit infiltrer une base, ce qui éliminera les problèmes de hardware : peu de sprites à l’écran sans pour autant sacrifier au thème de la guerre. Le Stealth Action était né et c’était le début d’une longue série.

Kojima nous apprenait également qu’il cherche constamment des idées, des moyens de rendre l’expérience vidéo-ludique novatrice et variées. On se rappelle ses idées géniales sur Snatcher : demander au joueur de monter le son de sa TV afin d’entendre le bip d’une bombe, indétectable sinon. Le premier Metal Gear Solid proposait également une expérience troublante : il fallait battre Psycho Mantis en jouant avec une manette branchée sur le port 2 de la console. Quand on sait qu’il pouvait coucher jusqu’à 200 idées par jour en début de carrière, on comprend un peu mieux comment il arrive à proposer autant de petits détails savoureux dans ses titres. Revenant sur son enfance, monsieur Kojima nous faisait découvrir le petit Hideo : tour à tour écrivain et réalisateur avec sa caméra 8mm, il était le seul dans son entourage à vouloir embrasser une carrière artistique quand tous les autres se dirigeaient vers des métiers jugés plus sérieux.

Entré en fac d’économie il découvre la Famicom de Nintendo, et à la même période il est très grand consommateur de films : occidentaux ou japonais, ces derniers seront une source inépuisable d’inspiration et lui apprendront beaucoup de choses de la vie de tous les jours. Savoureuse anecdote : Le maître nous confiait qu’il avait appris par les films comment embrasser les filles, sans grand succès quand il avait du passer à la pratique. Si la thématique du nucléaire est aussi présente dans la saga, Kojima nous avoue que c’est en grande partie à cause du traumatisme de la seconde guerre mondiale racontée par ses parents, mais aussi par les annonces radio d’éventuelles pluies acides suites aux essais nucléaires durant son enfance.

Puisqu’il fallait évidement parler de Metal Gear Solid quand on interview Hideo Kojima, le maitre nous avouait envisager chaque Metal Gear Solid comme le dernier de la série, il n’avait pas de feuille de route pour l’ensemble de la saga, se comparant à Georges Lucas et Star Wars. Il doit donc être extrêmement vigilant d’un épisode à l’autre pour garder une cohérence absolue entre tous les épisodes et offrir contre vents et marées une continuité parfaite. Lorsqu’il regarde ce qu’est devenue la série, il pense avoir été un peu trop avant-gardiste sur certaines thématiques, le clonage abordé dans Metal Gear Solid était un peu trop prématuré et aurait eu plus d’impact si il avait été traité plus récemment. Perfectionnisme, quand tu nous tiens.

Il était temps ensuite de passer la parole à monsieur Yoji Shinkawa, directeur artistique de Metal Gear Solid et directeur sur Metal Gear Rising, le spin-off mettant en scène Raiden. Arrivé chez Konami en 1994, sa première mission pour Hideo Kojima était de créer le Metal Gear Rex, pour lequel il avait du réaliser une maquette. Son second challenge fut de repenser Solid Snake en ayant carte blanche, seul impératif : garder le bandana, référentiel de base du héros. Pour l’anecdote, monsieur Shinkawa veut rendre les robots qu’il dessine les plus sensuels possible, s’il juge son robot sexy, c’est gagné, Il nous expliquait cependant qu’il comparait tout ça aux courbes d’une belle voiture, rien de tordu donc, bien au contraire.

Cette Master Class se concluait enfin sur quelques questions/réponses avec les fans, et quelques (trop?) rares infos sur le futur : Metal Gear Solid Rising devrait être jouable à l’E3, le moteur Fox Engine conçu par Kojima Prod sera bientôt dévoilé, il est utilisé sur un titre sobrement nommé “Ogre Project”. enfin, il semblerait que des divisions européennes et américaines de Kojima Production soient prévues aux Etats-Unis et en Europe. Merci pour votre visite messieurs Kojima et Shinkawa, et n’hésitez pas à repasser nous voir à l’occasion. Joyeux anniversaire Metal Gear, 25 ans, c’est le bel âge !

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Ce qui est dommage, c’est qu’une question très pertinente n’a pas été soulignée.
    RushSnake a trouvé des objets et armes exclusives dans MGS2 et c’est le seul à avoir trouvé de telles données. Il est aussi capable de faire des mods et des hacks, ce qui est remarquable, étant donné qu’il est le seul a le faire sur Metal Gear Solid.
    Ça serait sympa de le mentionner =)

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