Test : Microsoft Surface, une belle promesse

Microsoft Surface - Windows 8 RT

Microsoft Surface - Windows 8 RTEntre les leaks et la stagnation des performances, dans le domaine du high-tech, les surprises sont de plus en plus rares. La tablette Surface de Microsoft était donc la bonne nouvelle de l’année, qui n’a pas manqué de nous titiller. Il est temps de la soumettre à la question, quel résultat ressort de ce test ?

Surface c’est quoi ?

2012 et 2013 seront des années phares pour Microsoft et marqueront un tournant dans son histoire. Chevalier de cette croisade, Windows 8 et plus précisément le vassal Windows 8 RT, cavalier du fier destrier qu’est la Surface. Quant à son arme principale, il s’agit de sa housse/clavier qui relègue certains ordinateurs au rang d’encombrants et d’inesthétiques.

Surface est donc une tablette tactile convertible en une sorte de PC grâce à sa housse de protection, elle tourne sous la mouture RT de Windows 8. C’est clairement le bébé de Microsoft, fabriqué par Microsoft himself pour son OS Windows 8 RT. La configuration de base propose un écran de 10.6″ (1366 x 768 pixels, 16:9), un processeur 1,3 GHz Quad Core Tegra 3 couplé de 2Go de RAM, 32 Go de stockage interne extensible via microSDXC, auxquels s’ajoutent un port USB 2.0 et une sortie vidéo HD. Dotée d’une architecture ARM, elle affiche une épaisseur de 9.3 mm pour 676 grammes ainsi que des mensurations de 27,46 x 17,20 x 0,94 cm.

Les tarifs proposés sont les suivants :

  • Surface 32Go : 489€
  • Surface 32 Go et sa Touch Cover noire : 589€
  • Surface 64 Go et sa Touch Cover noire : 694€

Attention aux capacités de stockage, d’ailleurs, on en parle ici. La Touch Cover sera déclinée en trois coloris : noir, blanc et cyan au prix de 119,99€, la Type Cover noire sera vendue 129,99€.

Surface, c’est pour qui ?

Par définition, une tablette est un dispositif luxe, un jouet agréable permettant de lire des emails dans un canapé. Elle s’adresse donc à un public aguerri, d’autant plus car à moins d’être un ermite, on a sans doute plus besoin d’un ordinateur.

Comme pour les récents dispositifs sous Windows 8, elle séduira ceux qui cherchent une alternative à iOS ou Android et bien sûr, ceux qui ne jurent que par Microsoft (et on en connait).

Aux dires de Microsoft, Surface, c’est l’avenir, la parfaite cohésion entre un appareil tactile conçu pour le divertissement et un dispositif dédié à la productivité. Bref, un savant mélange d’ordinateur et de tablette. On est à deux doigts de la disruption, du changement historique. Reste à savoir quelle est la part d’objectivité qui anime ces propos de Steve Balmer,

«Surface est un PC. Surface est une tablette. Et Surface est une nouveauté que les gens vont vraiment adorer».

Pourquoi c’est bien :

  • Son design. Commençons par l’attrait principal de cette Surface qui n’est autre que son clavier/housse de protection. La découverte ne fut pas moindre, ce gadget rendrait presque la Transformer d’Asus grossière tant le design est fin, élégant et extrêmement bien fini. La tablette est pourvue d’une béquille intégrée permettant de la poser de façon optimale pour le travail. Il n’y a pas grand-chose à lui reprocher au niveau du design, si ce n’est qu’elle est sans doute un peu lourde.
  • Elle reste cependant confortable à utiliser et dispose d’un port USB et d’un port micro SDXC, ce dernier savamment positionné sous la béquille. Le dispositif respire la solidité et la qualité, force est de le reconnaître. Si Windows 8 peut perturber de prime abord, l’OS reste intuitif et l’usage du tactile prend effectivement tout son sens. Ce ne sont finalement que quelques nouveaux réflexes à acquérir.
  • En terme de taille, c’est un juste milieu, on l’utilise tant comme une tablette que comme un ordinateur portable d’appoint. On appréciera également le ‘clip’ magnétique particulièrement efficace permettant de jumeler la tablette et son compère.
  • Si on peut difficilement comparer l’écran de Surface à un celui d’un iPad, la tablette n’a pas du tout à rougir. Les couleurs sont lumineuses et les contrastes convaincants. Sur le papier, Surface RT est un dispositif séduisant permettant de jouer et de travailler prouvant que les deux ne sont pas incompatibles.
  • Le LCD IPS remplit dûment son office, bien que manquant de densité. Cela n’est pour autant pas dérangeant à l’usage, en revanche, on le constate aisément en faisant la comparaison avec un AMOLED ou un Retina. Notons cela dit que cela permet de maximiser l’autonomie.
  • L’autonomie du joujou est également un point fort, à n’en point douter. En plein usage, les 7 heures d’autonomie seront assurées, aussi en faisant un tantinet attention à votre consommation, vous pourrez tranquillement passer la journée. Idem en termes de rechargement, la Surface offre une belle rapidité.
  • Côté multimédia, la Surface est à niveau. Comprenez que l’appareil photo n’est ni immonde, ni exceptionnel, mais quoi de plus ridicule que de photographier avec une tablette. Le son est un brin faiblard, mais reste néanmoins audible et correct. En somme, la tablette ne fait ni mieux, ni moins bien que la concurrence.
  • Appuyez sur le bouton, taper votre mot de passe et vous voilà lancé. Seul petit hic, l’obligation de passer par un compte Microsoft, que l’on n’utilise pas/plus nécessairement au quotidien (par exemple, le pseudo p_tite_floh@hotmail.com devait rester une adresse de secours …).
  • Reste que ces tuiles animées sont très sympathiques, du moment où l’on prend le temps de personnaliser la bête. C’est sans doute un peu plus long qu’un Android, mais cela vaut le coup. Mails, météo, contacts, Surface propose un maximum de personnalisation, ce qui est tout à fait appréciable.
  • On touche, on fait défiler, on utilise le clavier. C’est un très bel outil de navigation et de productivité, notamment grâce à la suite Office directement implémentée. L’interface Métro est très efficace, notamment couplée du tactile, on en oublierait presque qu’il y a un trackpad. D’ailleurs on reprend en deux secondes le réflexe du Alt-Tab. Les bases sont bel et bien là.
  • Inutile de dire que les connectiques sont une bénédiction. Il suffit de brancher une clé USB, qui sera simplement montée comme un disque et détectée par Surface. Bien à vous de modifier vos fichiers grâce à Office. Avantage auquel on ne pense pas mais qui est particulièrement agréable, il est possible de brancher une souris, ce qui renforce l’expérience PC et l’efficacité de travail.

Pourquoi ça aurait pu être mieux :

  • Concrètement, Surface promet monts et merveilles en se vantant d’être tant un PC qu’une tablette. Seulement il faut bien comprendre qu’elle ne remplacera pas votre ordinateur. Si elle fera un appoint de bonne facture, elle est encore perfectible.
  • Le clavier, si intelligent soit-il, est agencé de telle façon que les fautes de frappe sont quasi inévitables, la saisie elle-même est assez lente lors des premières utilisations. S’il reste pratique, il est encore petit et ne remplacera pas celui d’un 17 pouces ou d’un périphérique amovible. Evidemment, cela reste nettement mieux que les dispositifs Bluetooth iPad ou la saisie à même le verre.
  • Quant au trackpad, sa taille le rend presque inutile d’autant plus en comparaison de l’utilisation de l’écran tactile.
  • Si Microsoft annonce que Surface peut remplacer un ordinateur, cela reste présomptueux. Il est par exemple compliqué de l’utiliser sur ses genoux, ce qui est regrettable vu le coût du clavier qui ajoute tout de même une centaine d’euros dans la vue. Car tout l’intérêt de Surface réside dans ce clavier… vendu séparément. C’est un peu comme si on vous vendiez une voiture sans les pneus.
  • Il existe d’ailleurs deux types de claviers (visibles dans la galerie) qui nous ont fait quelque peu tiquer. L’un propose des touches physiques et en relief à l’image d’un « vrai » clavier, son utilisation est agréable et plus logique que la solution du tout aplati. Seulement, il ajoute un volume critique à Surface pour une somme supplémentaire de 130 euros. Ce qui commence à devenir très onéreux, la tablette seule n’étant déjà pas donnée.
  • N’oublions pas les chiffres récemment dévoilés par Microsoft l’espace nécessaire pour installer Windows RT sur sa tablette, 16 Go occupés par le système d’exploitation sur les 32 Go de la tablette …
  • En termes de performances pures, il n’y a pas grand-chose à redire, comme nous l’avons dit, fluidité et réactivité sont globalement de mise. Seul bémol, le lancement des applications à proprement parler semble parfois un peu longuet. Sans doute des défauts de jeunesse.
  • Justement côté applications, on est plus proche du désert que du jardin florissant. Certes ce n’est que le début, mais au prix de la Surface, tout utilisateur se sentira lésé notamment en comparaison de la concurrence. Twitter, Facebook sont encore inexistants, certes vous pouvez passer par le navigateur web, mais cela ne reste qu’une solution de secours. Même si l’écosystème se développe rapidement, il est nécessaire de se poser la question avant un achat de ce prix.
  • Autre point noir, la suite Office livrée avec la Surface RT n’est qu’une bêta, un aperçu où certaines fonctionnalités sont manquantes. Toutefois, la dernière édition – Office Home & Student 2013 RT – sera installée gratuitement dès qu’elle sera disponible. Mais quand ?
  • Microsoft s’était fait taper sur les doigts car il ne permettait pas de choix de navigateur web … IE est le seul navigateur proposé. Ceci étant, Internet Explorer fonctionne parfaitement, reste que si vous usez de Chrome d’un côté et d’IE de l’autre, vos onglets, historiques et favoris seront à reconfigurer et ce, à chaque modification.
  • En toute logique, il faudra également vous accoutumer à Bing à moins de passer par Explorer, puis Google, s’il s’agit de votre moteur de recherche de prédilection. Fastidieux.
  • Enfin, la version RT d’Office 2013 n’intègre pas Outlook, l’alternative n’est pas catastrophique, mais cela complexe la synchronisation. RT ne va pas gérer Windows Media Player, ce n’est pas la panacée, son player intégré devrait faire oublier ce manquement.

Ca nous a étonné :

Ici, seuls les geeks ou les férus d’informatique pourront comprendre. On suppose que l’utilisateur lambda ne fera sans doute pas de réelle différence entre Windows 8 et Windows 8 RT, tout simplement car ils disposent de la même interface et que farfouiller dans les méandres d’un OS n’est pas au goût de tous. Personne n’est parfait. En effet, la version RT n’est qu’un écosystème destinée aux tablettes, contrairement à Windows 8. En un mot, Windows RT est destiné aux tablettes et mobiles, tandis que Windows 8 est un système d’exploitation complet pour PC. Windows 8 pour PC peut exécuter n’importe quelle application téléchargée à partir du Store. En somme, il est possible de jouer à Diablo.

La version RT, n’est qu’un environnement mobile qui fonctionne seulement sous Windows, elle gère les applications intégrées dans le logiciel, vous aurez toujours la possibilité d’accéder au bureau pour notamment transférer des fichiers sur une clé USB. En l’occurrence Surface est ici livrée avec la version RT, qui si elle est fonctionnelle, reste assez frustrante. Vous ne pourrez donc installer que les applications disponibles (en tout petit nombre) sur le Store. Comme la concurrence ? Certes, cependant Surface à vocation à remplacer un ordinateur… Reste la solution Remote Desktop permettant de contrôler un PC à distance. Bien que ce soit un système D, cela reste une alternative.

Et alors, j’achète ?

La question est délicate. Surface est intéressante avec son clavier, ce qui revient à payer environ 600€, soyons francs, ce n’est pas donné. Trop cher ? Sans doute, mais pas nécessairement plus que la concurrence et à ce tarif vous disposez de nombreuses connectiques. Toutefois, à l’heure actuelle, il faut faire une croix sur les applications, que ce soit de divertissement ou de productivité.

Si cette Surface ne convainc qu’à moitié, c’est sans doute car Microsoft la vend comme un dispositif mi-PC, mi-tablette, ce qui n’est pas le cas … actuellement. En effet, Surface a beaucoup d’arguments à faire valoir. Différenciante, il ne lui manque que peu de choses pour devenir un incontournable. A l’image de Windows Phone, si ce n’est pas cette version qui séduira en masse, il serait idiot de ne pas suivre de près les futures évolutions de ce joujou.

Nous ne jetons donc pas la pierre à Surface et loin de là. Windows 8 est clairement attractif pour les développeurs, et d’autant plus que la firme fait tout pour les aider à créer des applications, se rendant bien compte de l’intérêt d’un vaste écosystème. Nul ne peut savoir où en sera le Store dans deux mois, seulement ce peut être tout comme rien.

Windows 8 RT est fonctionnel et intuitif, c’est un fait. En revanche, il n’est pas au niveau de Windows 8, qui sera disponible sur la Surface Pro. Tout dépend de vos besoins et surtout de votre affinité avec ce système d’exploitation. Surface RT est une belle promesse et Microsoft propose ici de la belle ouvrage, une certaine perfection matérielle et un OS disruptif, toutefois les désagréments entachent un tableau à 600 euros.

Là ou Microsoft promet le remplacement de votre ordinateur et également une tablette. Nous sommes face à un dispositif qui ne fait finalement qu’un peu l’un et qu’un peu l’autre. La tablette subit le manque d’applications, quant à l’ordinateur, si le clavier est ingénieux, il est loin de proposer une productivité maximale.

Sachant qu’une surface Pro, construite sur une architecture x86 et dotée de Windows 8 sera disponible… Il vaut peut-être mieux investir 200 euros supplémentaires et jouir d’un véritable hybride PC/tablette.

En somme, Surface est un dispositif qualitatif qui correspond – encore une fois – à une belle promesse pour les versions futures. Résumée en quelques mots, Surface RT, c’est finalement un excellent hardware entaché d’un software en devenir.

no images were found

N’oubliez pas, vous pouvez suivre Gizmodo.fr sur les réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Google+ !

Tags :