‘Les femmes sont comme de l’herbe, elles ont besoin d’être battues/coupées régulièrement’

Thorlaug Agustsdottir

Thorlaug AgustsdottirUne phrase choquante n'est-ce pas ? Pour le réseau social Facebook, elle n'a pas été considérée comme de l'intimidation, du harcèlement ou de la haine pendant plus de 48 heures et ce malgré de nombreuses plaintes.

Nous avons récemment vu se mettre en place une nouvelle politique de la part de Facebook, elle prohibe les discours haineux, menaçants, ou pornographiques. Egalement ceux qui  incitent à la violence ou contiennent de la nudité, violence. Parfaitement logique sur le papier, sauf que ces déclarations deviennent douteuses de la cadre de la violence faite envers les femmes.

Hélas on ne peut guère tout maîtriser sur le web et particulièrement sur les médias sociaux. Il n’est pas rare de voir de nombreux utilisateurs s’amuser à publier des images ou commentaires qui favorisent le viol et la violence sur les femmes. Si le discours de Facebook est limpide concernant ces abus, la modération laisse parfois franchement à désirer.

Une femme islandaise nommée Thorlaug Agustsdottir est tombée sur une page Facebook intitulée ‘humour controversé – les hommes sont meilleurs que les femmes’. Peu après, un utilisateur a posté une photo d’elle retouchée, de telle sorte qu’elle semblait battue, accompagnée de cette légende ‘Les femmes sont comme de l’herbe, elles ont besoin d’être battues/coupées régulièrement’.

La jeune femme s’est empressée de signaler cet abus évident à Facebook. Quelques heures plus tard, elle a reçu un avis indiquant que l’image ne satisfaisait pas aux critères d’enlèvement. Elle a réitéré sa demande à maintes reprises. Résultat identique ‘cette image n’a pas été retirée’.

Il a fallu le soutien de nombreux compatriotes et près de deux jours pour que l’image disparaisse, il est d’ailleurs impossible de savoir si l’auteur de l’image l’a retirée ou bien si l’action émane des modérateurs du réseau. Au bout de quelques heures, la page douteuse elle-même avait disparu.

Ce n’est pas la première fois que le réseau entre dans ce type de polémique. À la fin de 2011, le réseau n’avait pas daigné supprimer une page préconisant le viol. Facebook avait alors expliqué qu’il ne considérait pas la page comme pro-viol, mais comme de simples opinions (sic).

« Les groupes ou les pages qui expriment une opinion sur un état, une institution ou un ensemble de croyances – même si cette opinion est scandaleuse ou choquante pour certains – ne suffisent pas à violer nos politiques. »

Un représentant de Facebook a fait une déclaration quant à l’affaire Thorlaug Agustsdottir. Il explique à Wired :

«Nous prenons notre Déclaration des droits et responsabilités très au sérieux et nous tentons de réagir rapidement pour retirer les contenus signalés. En général, les tentatives d’humour, même les plus répugnantes et désagréables, ne violent pas nos politiques. Lorsque les menaces sont réelles ou de véritables déclarations de haine, nous allons les supprimer. Nous encourageons les gens à signaler quoi que ce soit qui serait susceptible de violer nos politiques en utilisant les liens de rapport situés un peu partout sur le site. « 

Il n’empêche, si l’image d’Agustsdottir, avec une légende explicite de violence contre les femmes, n’a pas été considérée comme de l’intimidation, du harcèlement ou des propos haineux par Facebook pendant plus de 48 heures, la Toile est en droit de se poser des questions.

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