Faut-il avoir peur du papier ?

papier peur

papier peurEn 2013, le web fait encore peur. Il fait tellement peur que les magazines, les livres se sentent obligés de rassurer leur lecteur en leur disant : « c’est bon, chers lecteurs, vous pouvez surfer sur Internet, tout n’est pas si mauvais ». Et du coup, je me suis demandé pourquoi le papier se sent obligé de voler au secours d’Internet. C’est pourtant l’imprimé qui meurt aujourd’hui, non ? Alors, avec mon sabre au clair, je me suis dit que j’allais aider la presse et les livres en répondant à cette simple question : Faut-il avoir peur du papier ?

Il parait que la presse papier est en train de mourir. En 2 ans, plus de 2000 kiosques ont disparu en France et ce n’est pas près de s’arrêter. Des titres historiques comme France-Soir ont disparu des rayons. Les librairies résistent mieux mais l’arrivée des tablettes a changé la donne dans de nombreux pays et ça ne devrait pas tarder chez nous.

Ceci étant dit, la presse est passionnée d’Internet. Il n’y a pas une semaine sans qu’un article ventant les bienfaits du web ne soit écrit dans un grand quotidien, hebdo, magazines… Parler du web fait-il vendre ? Il faut le croire. Et est-ce que ça marche si je parle du papier sur le web ?

Bien sûr, on peut expliquer ce changement de consommation avec moult études et réflexions. Mais, je vais plutôt vous lister l’ensemble des avantages à acheter des choses imprimées sur du papier.

C’est anonyme
Paradoxe : vous êtes plus anonyme dehors loin de votre clavier, que chez vous devant votre ordinateur. Sur Internet, tout ce que vous faites est tracé. Soit directement sur votre ordinateur, soit chez votre fournisseur d’accès, soit sur les serveurs des sites que vous êtes allés visiter, soit via un logiciel espion installé sur votre machine. Bref, vous n’êtes pas anonyme sur le web, c’est un lieu public avec une mémoire. Par contre, quand vous allez dans un kiosque, une librairie et que vous achetez un magazine ou un livre, le nombre de personnes qui détient cette information est incroyablement réduit. Et il y a très peu de chance qu’elles connaissent votre nom, votre lieu de résidence, vos centres d’intérêt…

C’est payant
Là, vous vous dites que ce n’est pas un avantage. Pourtant, le temps de l’Internet gratuit est déjà révolu. Un nombre croissant de journaux installent des paywalls, ou des options payantes. Les livres que vous achetez sur Internet sont souvent verrouillés et ne peuvent être lus que sur certaines machines. Et même s’ils ne le sont pas, comment pouvez-vous revendre ces objets dématérialisés ? Finalement, chaque euro dépensé dans des objets concrets peut être en partie récupéré. Soit en énergie, si vous brûlez un journal pour allumer votre cheminée, soit sur le marché de l’occasion pour les livres, sans oublier la possibilité de faire des dons. Bien sûr, vous pouvez télécharger des livres, mais je sais d’avance, que si vous aimez ce livre, vous aurez envie de l’avoir près de vous. Je ne veux pas mettre dos à dos le web et le papier. Je dis simplement que le web vous permet d’essayer gratuitement avant d’acheter.

C’est émouvant
On oublie souvent l’émotion. Je veux bien sûr parler d’émotions durable. Sur le web, je suis travers épar un tas d’émotions, je m’énerve quand je croise un troll, je rigole avec une vidéo de chat, je m’indigne devant les actus, je pleure devant une vidéo émouvante. Mais toutes ces émotions sont fugaces. On ne revient pas dessus. Il y a tellement de choses à découvrir. D’autres rires, pleurs, énervements. Pourtant, un livre, un magazine permet de revenir sur ses émotions, de les revivre. Elles se transforment, renaissent, troublent… Mettez-vous face à votre bibliothèque et tendez la main au hasard, ouvrez un livre que vous avez déjà lu. Retrouvez le passage que vous aviez aimé. Aujourd’hui, sur Internet, il y a de moins en moins de hasard. Il y a une impression de liberté et de hasard alors qu’en réalité, votre navigation est entièrement soumise à des algorithmes étranges qui conditionnent vos découvertes. Entrez dans un kiosque à journaux, partez à la découverte d’un premier numéro, regardez les couvertures, faites-vous surprendre ! Mieux encore, essayer de trouver un libraire, et parlez-lui, demandez-lui son avis personnel. Ça change des 250 avis qu’on trouve sous chaque livre dans Amazon. Spoiler not included.

C’est écolo
Une des dernières raison que j’ai envie d’évoquer est l’écologie. Aujourd’hui, les journaux, les magazines sont en partie imprimés sur du papier recyclé. Si ce n’est pas le cas, il faut savoir le papier ne détruit plus les forêts. Chaque arbre coupé est remplacé. Et vous pouvez vous même recycler votre papier. Votre livre peut servir à caler une armoire et votre journal peut servir pour une après-midi papier-mâché avec vos enfants. Par contre, quand vous utilisez votre ordinateur, que vous faites une recherche sur Google, que vous accédez à un serveur… vous n’aidez pas franchement la planète.

Il y a certainement plein d’autres raisons de ne pas avoir peur des trucs imprimés sur du papier. D’ailleurs je vous laisse compléter les avantages du papier en laissant un commentaire. Mais, d’après vous, le papier a-t-il encore un avenir ?

Photo : Wikimedia

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  1. Pour débuter j’ai trouvé cet article très intéressant! Les papiers et les encres ne doivent pas disparaître… Pourquoi? Car nous sommes prisonniés de notre époque, mais aussi de notre futur… La course a la technologie est une bonne chose mais ne pensez vous pas que nos arrières arrières arrières… Petits enfants seraient heureux de voir nos photos ou lire nos écrits? Alors stocker sur un disque dur, un serveur, ou le cloud… c’est bien mais que se passera t’il le jour ou l’ont ne pourra plus lire ces formats? Comme aujourd’hui avec le magnétoscope ou les cassettes audio? Le fait de garder une trace « physique » (pas digital ou technologique) ne notre passé permettra à nos descendants de nous connaître simplement. D’ailleurs les hommes préhistoriques, l’époque égyptienne, la culture Inca et Maya… Tous avaient compris l’importance d’un support visuel simple. A nous de garder cet héritage…

  2. Imprimeur de métier, non le papier n est pas mort, la roue tourne et les habitude change.
    Quand les tablettes auront fini d’impressionner les masses, la nostalgie de l imprimé s installera.

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