Un astronaute a failli mourir… noyé dans l’espace !

Il s’appelle Luca Parmitano, il est beau, italien, astronaute (pas nécessairement dans cet ordre) et il raconte sur le blog de l’Agence Spatiale Européenne comment il a failli se noyer dans l’espace… Souvenez-vous, le 16 juillet dernier, on expliquait qu'une sortie spatiale avait été interrompue suite à une fuite dans le casque d’un astronaute. On était loin d’imaginer son calvaire…

La NASA n’a certainement pas voulu affoler le monde entier. Et il aura fallu attendre plus d’un mois pour savoir exactement ce qui s’est passé avec le casque de Luca Parmitano ce 16 juillet 2013. Je vous raconte ici une partie de son récit digne d’un film d’horreur galactique.

Alors qu’il effectue un spacewalk pour fixer des câbles à l’extérieur de la Station Spatiale Internationale, Luca Parmitano éprouve une étrange sensation. Il sent de l’eau à l’arrière de sa nuque. Il en informe immédiatement le centre de contrôle et son copain astronaute Chris Cassidy vient le retrouver pour voir s’il peut identifier la source de cette fuite.

Pas de panique

main lucaLes astronautes pensent d’abord qu’il peut s’agir d’eau provenant de la paille qui permet de boire à l’intérieur de la combinaison, ou au pire qu’il s’agit de sueur. Seulement Luca trouve l’eau trop froide pour que ce soit de la sueur et surtout il y en a de plus en plus. Il informe le centre de contrôle qui donne immédiatement l’ordre de « terminer » la mission. Luca doit rentrer dans l’ISS pendant que Chris sécurise le matériel à l’extérieur de la station. Ils se séparent.

Sourd, aveugle et à moitié sous l’eau

Alors qu’il se dirige vers le sas de la Station, il ressent ceci :

« Je sens [l’eau] couvrir l’éponge de mes oreillettes et je me demande si je vais perdre le contact audio. L’eau a aussi presque entièrement recouvert l’avant de ma visière, elle y adhère et gène ma vision ».

Pour avancer jusqu’au sas de la Station, il doit pivoter complètement (faire le poirier) ce qui n’est normalement pas gênant dans l’espace. Mais en faisant cela, il se retrouve face au Soleil et ne voit plus rien. Pire, en apesanteur, l’eau forme comme un film souple qui recouvre tout ce qu’elle touche. Et l’eau recouvre maintenant son nez. « Une sensation terrible qui empire quand j’essaie en vain de l’évacuer en secouant ma tête. » Et voici ce que Luca pour décrire la suite :

« Maintenant, le haut de mon casque est rempli d’eau et je ne peux même pas être certain, la prochaine fois que je respirerai, de savoir si mes poumons se rempliront d’air ou de liquide. »

Désorienté et seul

L’horreur arrive ensuite. Luca ne sait même plus dans quel sens il doit se diriger. Il voit seulement à quelques centimètres devant lui, et n’arrive même pas à percevoir les poignées qu’il faut agripper pour avancer sur la paroi de la Station. Il tente de joindre Chris mais il ne l’entend pas. Il est seul. Il ne voit rien, entend faiblement des voix sans comprendre ce qu’elles racontent, il ne peut communiquer avec personne. Il a plusieurs choix : rester en attendant que Chris vienne le chercher, mais ça peut prendre du temps et il ne sait pas combien de temps il va pouvoir rester là sans se noyer dans son casque. Ou avancer.

Le fil d’Ariane

Il se rappelle soudain que le câble de sécurité qui le relie à la Station a un mécanisme pour se rembobiner avec une force d’1,5 kg environ. Et en le relâchant, ce câble le tirera faiblement vers la gauche ! Il retrouve ainsi ses repères. Alors qu’il avance à tâtons, il réfléchit à ce qu’il pourrait faire si l’eau arrive devant sa bouche.

Solution de la dernière chance

Une solution serait d’ouvrir la valve de sécurité au dessus de son oreille gauche. « Si je crée une dépressurisation contrôlée, je devrais arriver à faire sortir un peu d’eau, du moins jusqu’à ce qu’elle gèle et ça arrêtera la fuite. Mais faire un « trou » dans ma combinaison serait vraiment un dernier recours. »

Dénouement flippant

eva 23 casque lucaHeureusement, il parvient à entrer dans le sas et attend que Chris le rejoigne, ce qui finit par arriver quelques minutes après. La procédure de pressurisation peut commencer et à ce moment Luca sait qu’il est sauvé. Si l’eau vient se mettre devant sa bouche, il peut toujours retirer son casque même s’il sait qu’il perdra certainement connaissance. Finalement, les autres membres lui retirent son casque, lui donne une serviette. Il les remercie sans pouvoir entendre ce qu’ils disent. Son nez et ses oreilles restent plein d’eau pendant quelques minutes de plus.

Une frontière dangereuse

J’avais bien l’idée de vous donner une conclusion sur l’importance de la préparation des astronautes, car je sais que dans ces conditions, de nombreuses personnes auraient paniqués. Mais les mots de Luca sonnent (presque) aussi juste que le générique de Star Trek et ils se suffisent à eux-mêmes.

« L’espace est une frontière rude et inhospitalière. Nous sommes des explorateurs, pas des colons. Le talent de nos ingénieurs et la technologie qui nous entourent rendent les choses faciles quand elles ne le sont pas, et parfois nous l’oublions.

Il vaut mieux ne pas l’oublier. »

 

Photos : NASA et ESA (portrait)

Tags :Sources :ESA
Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. redacteur qui n’arrive pas à finir une histoire ! c’etait quoi la fuite ?

    Ce commentaire a reçu trop de votes négatifs. Cliquez ici pour voir le message.
    1. La NASA ignore encore l’origine de la fuite. Ils parlent d’une fuite du système de refroidissement de sa combinaison. Mais pour l’instant, ils n’en sont pas certain. A mon avis, on le saura quand la combinaison sera analysée sur Terre.

  2. Pour une fois un vrai article bien rédigé et intéressant sur Gizmodo !

    Et c’est là qu’on voit qu’astronaute et astro-touriste c’est encore loin d’être la même chose. Du peu que j’y connais, il a parfaitement réagis (et ça lui a peut être sauvé la vie !), une vraie belle histoire !

    1. Les mots Cosmonaute (Union soviétique), Astronaute (USA), Spationaute (France) étaient largement utilisés pendant la guerre froide pour bien se différencier les uns des autres. La France a voulu aussi avoir son propre terme pour affirmer son autonomie, notamment au moment du programme Hermès. Depuis, on parle également de taïkonautes pour les chinois.
      Mais on désigne aussi par cosmonaute, les spationautes français qui ont volé avec les russes. Aujourd’hui, l’agence spatiale européenne parle d’astronaute et non de spationaute. Avec la Station spatiale internationale, ces termes n’ont plus réellement de sens : http://www.esa.int/fre/ESA_in_your_country/France/Historique_des_astronautes_europeens

  3. Désormais les pailles pour boire dans les combinaisons seront faites en titane, afin que le probleme ne se réitère pas, ou alors, plus de papaille, « tu boiras quand tu rentreras » !!

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