La navette spatiale française Hermès ?

« Depuis le vol de la dernière navette américaine en 2011, la France est le seul pays au monde à pouvoir envoyer 3 astronautes dans l’espace à bord d’une navette spatiale. La navette Hermès lancée à partir d’une Ariane 5 a su s’imposer comme la seule alternative crédible aux Soyouz et aux navettes américaines. » Enfin…

C’est ce qu’on aurait dû lire dans les journaux après le dernier vol de la navette Atlantis en juillet 2011. Mais hélas, le projet d’avion spatial Hermès n’a jamais vu le jour. J’ai eu la chance de rencontrer Jean-Pierre Haigneré, un spationaute français qui a effectué 4 missions dans l’espace (il est resté 6 mois dans la station MIR).

Jean-Pierre Haigneré était aussi chef de la section vol habité du projet Hermès et dans cette vidéo, il nous parle un peu de cet avion spatial, de son fonctionnement et de ce qu’il a ressenti quand il a appris que le projet était annulé.

Le projet de navette spatiale Hermès était un projet entièrement français né à la fin des années 1970, début 1980. Mais plus, les années avancent et plus les budgets explosent. En 1985, la France ne peut plus gérer le projet seule et intègre des partenaires européens.

En 1986, avec le drame de la navette Challenger qui explose quelques secondes après le décollage et provoquant la mort de 7 astronautes, le projet Hermès connaît un nouveau tournant et demande de repenser son design. Le problème, la navette s’alourdit et le projet prend du retard. Elle passe ainsi d’une capacité de 6 astronautes à 3, et de 4500 kg de fret à 3000 kg. En 1991, le premier lancement test initialement prévu en 1998 est décalé à 2002. Et les performances et les coûts ne tiennent plus. Le projet est définitivement abandonné en 1992.

Pour Jean-Pierre Haigneré, c’est une véritable « déchirure ». Nous devons tout de même la fusée Ariane 5. Comme elle devait emporter une navette habitée, cette fusée est une des plus sûres actuellement en service avec une réussite à 100% sur les 56 derniers lancements. Si le projet Hermès avait abouti, la France et l’Europe seraient sans aucun doute possible, la plus grande puissance spatiale.

Pour en savoir plus sur l’avion spatial Hermès

Merci au CADMOS et au CNES pour cette belle rencontre avec Jean-Pierre Haigneré

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  1. de l’argent qui aura fait vivre des familles (techniciens, chercheurs, etc…) pendant des années mais au final le projet n’a jamais pu se rentabiliser.

    1) donc durant toutes ces années, est-ce que les dépenses faites pour notre économie par ces familles, ont pu apporter prospérité à d’autres projets sur des secteurs d’activités différents et/ou compenser la perte sèche de ce projet?

    2) et sinon peut-on supposer que son non-aboutissement est le fait que de l’argent a été dispersé dans des biens immobiliers/titres boursiers sans que cela ne se voit, vu les fortes sommes d’argent qui transites dans ce milieu? comme celui des armes à feu, il y a tellement d’argent qui transite, qu’un moment où un autre, il y a bien quelques malins qui en profitaient sur le dos des autres.

    1. 1) C’est un peu comme le New Deal, mais sans le « délivrable ». L’important c’était pas de faire des barrages ou des navettes spatiales pour récupérer des kWh ou des creds, c’était plutôt de dynamiser l’économie et l’éducation pour pouvoir sortir d’un mauvais pas à moyen terme.
      2) Quoi qu’il arrive on ne pourra jamais rien prouver. La supposition me semble un peu exagérée quand-même. De toute façon le résultat est qu’aujourd’hui l’Industrie Française est mourrante. « IL PARRAÎT » qu’on serait encore capable de faire des centrales nucléaires, des morceaux d’avions et des grosses fusées, mais à part ça tout est mort. Si à une époque une ébauche de « Nouvelle Donne » était dans les cartons, aujourd’hui en tout cas on fait tout pour retenter cette bonne expérience.

  2. Le type de lancement qui me parait avoir de l’avenir, c’est l’allumage en mouvement : suivant une rampe de 10 km finissant relativement à la verticale, un super canon magnétique accélèrerait des fusées « relativement sveltes », c’est à dire sans boosters. On s’éviterait pas mal de tracas si les engins étaient déjà à 6 000 m d’altitude et à mach 10 au moment de la mise à feu des moteurs (sans largage aéroporté aléatoire). Dans cette situation, un équipage aurait un plan B en cas de défaillance du moteur. Les engins arriveraient à l’horizontal, sur rail. Il faudrait un site qui s’y prête (latitude, dénivelée). Le pic Uhuru serait pas mal. A la sortie du canon, il faudrait préparer le fût et conditionner la bouche de sortie en tirant quelques ogives établissant progressivement le vide devant la fusée. C’est pas le truc politiquement correct ou qui se conçoit en deux minutes, mais pour mettre en orbite du modulaire très lourd rapidement, on aura du mal à trouver mieux. Encore faudrait-il savoir quoi en faire : vous savez, vous, pourquoi on va dans l’espace aujourd’hui ? Il manque quelques avancées en recherche fondamentale et en ingénierie avant qu’on puisse dire qu’on a quelque chose à y faire.

  3. Les navettes c’est comme le Concorde. C’est mignon et ça fait rêver. Malheureusement la réalité est que ça coûte excessivement cher, que c’est dangereux et que les services offerts ne sont pas à la hauteur des efforts consentis.
    2 projets qui étaient des aboutissements de la course technologique du XXème siècle mais qui n’ont pas de sens au siècle actuel.

    1. Bonjour

      @Fastbear
      Oui, c’est dangereux !
      Et alors ?
      Personne ne te force à monter dedans !
      Celui qui est volontaire connait les risques.
      Ça n’a pas de sens car cela ne devait être qu’une étape sur un long chemin vers le système solaire entier et on en a fait un but ultime donc forcément on est déçu.
      Ça ne coute pas cher !!!
      C’est un mensonge honteux.
      Ça coute largement moins cher que certains programmes dangereux (le nucléaire pour ne pas le nommer).
      Devons-nous toujours faire quelque chose qui a un sens ?
      Quel est le sens de la guerre en Irak, en Afghanistan,…?
      Quel est le sens d’accueillir des ROMs chez nous ?
      Etc…

      A+

      Olivier

  4. +1
    En théorie les navettes sont les engins spatiaux idéal car réutilisables, en pratique la technologie actuel ne permet pas de concevoir des véhicule spatiaux réutilisables à 100% et qui ne nécessiteraient qu’un entretien de routine après chaque atterrissage. On la vu avec les navettes américaines : à chaque retours de mission la navette était entièrement démontée, chaque pièces inspectée avec minutie, le bouclier thermique en partie remplacé. Au final cela coûtait énormément d’argent.

  5. Me font marrer les gens qui disent que ça ne sert a rien …
    Vous ne voyez pas à quoi cela sert a votre échelle mais les technologies et techniques que l’on invente pour le spatiale, revient 10-15 ans plus tard dans le civil.
    Et pour ceux qui pensent que l’ingénieurie n’est pas au niveau aujourd’hui, comment pourrait elle l’être plus tard si personne ne s’y intéresse?
    Enfin bon l’aérospatiale et l’aéronautique sont des secteurs porteurs en Europe, alors que les autres industries c’est pas trop ça en ce moment :/

  6. Personne n’a dit que cela ne servait à rien (en tout cas pas moi) au contraire je soutiens à 100% l’industrie spatial. C’est juste que dans l’état des technologies actuelles, un lanceur entièrement réutilisable n’est pas encore envisageable.

  7. Au-delà de toutes les spéculations financières, techniques, ergonomiques et autres, j’me dis quand même un truc : elle est vachement moche :x…

  8. @fiduce

    Une des perspectives d’aller dans l’espace est la mise en place d’usines de matières et d’énergies autonomes qui puiseraient les ressources dans des météorites, pourraient construire des infrastructures gigantesques dans l’espace et produire l’énergie nécessaire à la fabrication ou le puisement des molécules nécessaires au maintien de la vie dans l’espace. Apportant donc énergie et ressources illimités qui pourrai être rapatriés sur terre. Ou même l’installation d’ infrastructures de taille et disposant d’énergie illimités permettrai aussi l’installation d’un super ordinateur d’une puissance relativement illimité permettant ainsi des avancés technologies de plus en plus rapides.

    1. J’ai pas dit qu’il n’y avait pas de perspectives. J’ai juste dit qu’on pouvait passer un peu plus de temps en bureau d’étude avant de pondre un projet spatial, et qu’un projet spatial ne se passait pas forcément dans l’espace (ça peut aussi être abstrait ou se passer dans un simulateur). Certaines études pourraient nous éviter de développer des présences spatiales inutiles, qu’il faut entretenir du sol, qu’il faut complètement spécifier avant de les expédier, ou qui tombent en panne de façon prévisible sans qu’on ne puisse rien y faire : systèmes capable de se réparer tout seul (SLI ultime) ou capables de se répliquer dans un environnement donné (en l’exploitant).
      Il faudrait « envoyer moins » et considérer l’espace comme un milieu intermédiaire, que seul l’information doit traverser (fabrication téléguidée = téléportation de machines).
      Tout ce qui a un rapport avec le spatial sera, à terme, vital pour l’humanité. C’est certain. Mais vouloir tout tester en X missions est couteux (temps, argent, compétences). Il faut être capable de fixer des objectifs à des équipes sans nécessairement les faire concevoir un truc précis qui ira à un endroit précis : on perd trop de temps à faire des lancements, des missions hasardeuses avec des contrôles au sol, etc. Aujourd’hui, on a l’impression que le coté « réalisation effective » des missions accapare les budgets (lanceur, suivi). On pourrait fixer des objectifs virtuels aux équipes pendant quelques temps : il y a des challenges théoriques à relever (et même plusieurs générations de challenges) avant qu’il soit utile de mettre en pratique.
      J’ai lu qu’on pouvait fabriquer une nouvelle imprimante 3D en utilisant une imprimante 3D. Et bien peut-on le faire sans intervention humaine ? non. A-t-on conçu le pipeline de machines outils minimum auto-regénérant ? Qu’est-ce qu’une « machine » sait faire avec des ressources locales données ? Uniquement de l’exploration ? Tout ça c’est des projets « spatiaux », mais qui n’impliquent aucun tir, ni même aucune mise en œuvre immédiate.
      J’ai l’impression qu’on néglige l’étape « simulation » du crescendo expérimental spatial (simulation -> automatisme -> humain)
      L’espace est simulable. Un sol martien sans organismes vivants est plus facile à simuler qu’une prairie. Il est où le simulateur de mars (quand je dis simulateur, je dis qu’on simule tout : je parle pas d’un jeu vidéo, je parle d’un environnement dans lequel tu peux mettre un autre simulateur, qui interagira avec et te donnera un état, jour après jour) ? Des programmes d’ingénierie devraient être confrontés à des simulateurs ?
      Impression 3D (extraction de consommables), sources d’énergie … rien que sur terre (milieu proche, sur lequel on a tout pouvoir), si tu regardes comment fonctionnent les usines, tu comprends qu’on ne sait pas encore fabriquer grand chose de façon totalement automatique. Dans le textile et dans plein de domaines, c’est toujours et encore des petites mains qui doivent s’y coller dès qu’il y a une difficulté.
      Il manque de véritables missions spatiales abstraites.
      On a découvert très vite que le séjour en apesanteur entrainait une ostéoporose sévère. Et qu’est-ce qu’on a fait alors ? On a gelé le spatial habité jusqu’à la maitrise d’un moyen sûr de mettre de la gravité dans le vaisseau ? Non, on a utilisé tous les moyens, pendant des années, pour voir comment des gus devenaient des lopes.
      Certaines missions savent tellement pas quoi emporter qu’ils posent la question à des lycéens … bientôt c’est le dessin du petit dernier qui sera dans la soute.
      Stop au « spatial pour tous ». Qu’on revienne au boulot utile.
      Le problème d’Hermes était là : on ne savait pas quoi en faire (remplir un stade de foot en orbite basse ?). Pareil pour la navette.
      On utilise des technos qui ont quel age pour les lancements Soyouz ? Il est où le progrès en matière de lanceurs ?
      Transmettre plus d’énergie aux fusées depuis le sol serait un pas en avant. Arrêter d’envoyer des bombes volantes : une poussée basée sur autre chose que l’expulsion rapide du résultat d’une réaction carburant-comburant : faisceau propulseur, magnétisme terrestre.

  9. Oui mais hermes n’était qu’une extrapolation des idées américaines des années 60… voire fin 50… (voir dyna-soar)… la navette américaine a failli tuer l’aérospatiale américaine avec ses coûts exorbitants… on a finalement eu du bol.

  10. On ne me fera pas croire que les américains n’ont plus aucuns moyens d’aller dans l’espace.
    On nous cache des choses, c’est certains.

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