Pourquoi les voitures autonomes ne sont toujours pas lancées sur les routes ?

Les voitures autonomes, capables de se conduire seules, représentent sans doute le futur sur les routes. Et pourtant, à l'heure actuelle, impossible d'en tirer partie, bien que des modèles soient déjà potentiellement prêts. Pourquoi ?

Le « Eno Center for Transportation » a récemment publié un rapport sur les voitures autonomes. Rédigé par Daniel Fagnant et Kara Kockelman de l’Université du Texas, elle table sur un futur où si seulement 10% de véhicules autonomes circulaient sur les routes américaines, cela pourrait éviter 211 000 accidents chaque année. Si vous faites passer ce pourcentage à 90, le nombre de collisions évitées passe alors à 4 220 000. Et c’est sans parler des économies qui pourraient être réalisées par l’utilisation de ces véhicules, qui pourrait économiser 756 000 heures de conduite, et près de 400 000 litres de carburant, dans le scénario des 10% de ces véhicules peuplant les routes. Ce qui ramènerait une économie supplémentaire de 16.8 milliards de dollars par an, ou 1 320$ d’économie pour chaque véhicule. Ces chiffres concernent les Etats Unis, comme précisé précédemment, et au total, l’étude table sur une économie globale de 37.7 milliards de dollars par an, là encore dans l’hypothèse des 10% de véhicules autonomes mis en circulation.

Malheureusement, nous sommes encore loin de pouvoir espérer un avenir où un véhicule sur dix en circulation sera un véhicule autonome. En fait, ce sera plus compliqué que prévu, la faute à la réglementation en place, mais pas que.

La technologie n’est pas encore totalement maîtrisée

Le plus gros barrage au développement des voitures autonomes est la technologie qui leur permet de se conduire seules. De grands progrès ont été réalisés ces dernières années vis à vis de 2004, quand aucune voiture autonome ne pouvait encore effectuer un trajet DARPA de 11 km. Malgré cela, nous n’avons toujours pas créé de véhicule autonome capable de gérer des conditions d’utilisation normales dans des villes au trafic compliqué (un exemple : Paris ?), où de gérer des conditions météorologiques extrêmes. Les véhicules autonomes actuellement développés ont bien du mal à gérer la neige : ils ne peuvent plus voir les lignes au sol, et s’emmêlent les pinceaux. La même faille se retrouve lorsque ces véhicules passent des zones de travaux, d’accidents, des déviations, etc. Dans ces cas là, les véhicules sont littéralement perdus.

Mais les constructeurs impliqués dans le secteur sont optimistes, et Nissan pense pouvoir proposer un véhicule autonome fonctionnel d’ici à 2020. Volvo est également dans les starting-blocks.

Ces véhicules sont onéreux

Les voitures autonomes, c’est bien… mais c’est cher. Le modèle de Google coûte entre 75 000$ et 85 000$, en équipement seulement. C’est plus qu’une Tesla, et si vous ajoutez tous les coûts annexes d’assemblage du véhicule, vous arrivez à une facture dépassant les 100 000$. Les véhicules les plus vendus aux Etats Unis étant proposés entre 16 000$ et 27 000$, les prix ont intérêt à fondre pour espérer une adoption en masse.

Mais Nissan, par exemple, affirme que ses véhicules autonomes seront vendus 1 000$ de plus que ses modèles classiques. En attendant, une étude souligne qu’il faudra entre 20 et 22 ans pour que le prix des voitures autonomes soit de 3 000$ supérieur à celui des véhicules classique. A cela, peut-être faudra t-il ajouter le coût d’une assurance, plus onéreux. On devrait donc gagner de l’argent grâce aux véhicules autonomes, mais pas lors de leur sortie, et pas non plus lors des premières années suivant leur mise en service.

La question du respect de la vie privée

Du fait de son jeune âge (moins de 10 ans), cette technologie n’est pas encore très bien régulée. Ca ne devrait plus durer longtemps, et les états de Californie et du Nevada ont déjà légalisé les voitures autonomes sur leurs routes, tandis que la Floride et que Washington DC ont autorisé les tests. Avec le risque que les standards puissent varier d’état en état (et de pays en pays, en ce qui nous concerne), on peut croire qu’il devrait encore couler de l’eau sous les ponts avant qu’une législation nationale soit décidée et actée.

Il existe aussi un problème en rapport avec la vie privée. Car ce genre de véhicule va nécessairement collecter des données en rapport avec vos trajets, avec vos habitudes de conduite, etc. Comment ces données seront stockées, gérées ? Fagnant et Kockelman, à qui l’on doit l’étude dont il est question dans cet article, pensent que sans gardes-fou, rien ne pourrait empêcher le gouvernement (américain) d’exploiter ces données, et de s’adonner à un nouveau « flicage » des concitoyens encore plus poussé, plus précis.

Les hackers pourraient détourner ces véhicules

Voilà où ça devient vraiment gênant. Les voitures autonomes sont gérées par des ordinateurs, et les ordinateurs peuvent inévitablement être hackés. De quoi soulever quelques questions de sécurité ici. Les hackers pourraient alors, sans forcément voler et exploiter les données collectées par ces véhicules, s’introduire dans le réseau empêchant les véhicules d’entrer en collision. L’un des scénario catastrophe du Eno, à côté du fait que les voitures autonomes pourraient devenir le nouvel allié de choix des terroristes, se résume comme il suit : une fois hacké, un véhicule pourrait voir son accélération gérée sur commande, à distance. Et là…

Parallèlement à cela, il faut dire qu’une cyber-attaque dévastatrice est possible actuellement. Malgré cela, elle n’a jamais eu lieu.

De ce fait, l’avenir des voitures autonome passera aussi bien par une baisse du coût des technologies qu’elles utilisent que par le renforcement de leurs sécurités intégrées. D’ici là…

Tags :Via :gizmodo
Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Une voiture autonome se conduit toute seule.
    Donc c’est elle qui conduit.
    Si on roule au bio-carburant contenant de l’éthanol, la voiture ne risque-t-elle pas de se retrouver positive à un test d’alcoolémie ?

  2. Si elles conduisent seules, il n’y a donc plus d’erreur humaine.
    On en parle de la perte financière qui en découle pour l’Etat et les assurances ? A mon avis c’est le principal frein au déploiement de ces véhicules…

    1. les programme informatique sont concu par des humain, les humain font des erreur donc on aura toujours des bug.
      Je pense que la responsabilité en cas de pepin retombe sur la boite qui a devellopé le logiciel, et le materiel si c’est un probleme materiel

    2. C’est comme les taxes sur l’essence…. De nos jours, la majorité des voitures consomment bien moins qu’il y a 20ans, du coup, la Suisse veut taxer plus fortement l’essence pour combler « la perte a gagner »….

      Donc assurances ou autres feront surement pareil …

      1. ARRÊTONS LA LANGUE DE BOIS !
        nombre de morts et handicapés divisé par 100 (au pire dans l’hypothèse de robots défaillants) voire 1000 peu de temps après, puis bien au dessus ultérieurement…
        L’envers de la médaille: les gouvernements et les grandes compagnies vont s’emparer de ce juteux, très juteux, mais alors très très très juteux marché, pour racketter les citoyens au nom d’une sécurité quasi absolue qu’ils n’auront ni créée, ni favorisée, ni construite ! en cela laissant un tas d’entreprises tirer les marrons du feu pour se les approprier sans vergogne et bien sûr sans en laisser une miette pour ceux qui auront innové…

  3. « les ordinateurs peuvent inévitablement être hackés »
    Ba tu leur donne aucune capacité de communication sans fil et problemme reglé.

    tu met le connecteur de mise a jour a coté du volant deriere une porte en metal a serure
    et un envoi de sms des que la porte est ouverte.

    Le systeme d’envoi de sms est séparé de tout et ne peut pas etre mis a jour.

    et voila.

    1. Ouais, sauf que comme le souligne l’article, c’est pas tant que TON véhicule soit hacké (pour être volé par ex. Les systèmes antivols reposent actuellement sur de l’électronique…), c’est plutôt que des vilains terroristes puissent commander à une voiture de se faire sauter sans recourir à un kamikaze.
      Veuillez saisir une destination :
      1600 Pennsylvania Avenue, Washington DC.
      D’autant que le turnover est assez important dans le métier de kamikaze, les accidents de travail sont particulièrement élevés. Là, plus de souci de recrutement de personnel qualifié et motivé.

  4. logiquement, plus besoins de permis de conduire…je pense que là aussi, ça pose un problème..!
    de toute façon, les conducteurs de voitures ou motos, sont des vaches à lait ! imaginez une voiture qui ne fait plus aucune infraction au code de la route, plus d’exces de vitesse, du coups grosse perte financière pour l’état, inutilité des radars…etc..!
    le jour où nos gouvernements arrêteront de prendre les citoyens pour des cons, alors notre société évoluera..!

      1. Qu’importe la gestion, le système monétaire en place conduit mathématiquement et inévitablement à la faillite de l’Etat.
        On a tendance à critiquer la gestion en disant qu’on vit au-dessus de nos moyens (comptablement parlant), mais jamais on ne se demande si les règles du « jeu » permettent de faire autrement.
        Décidément, Eric, tu es un champion des inepties.

  5. Un autre problème dans ce monde judiciairement impitoyable:
    On réduit le nombre de morts sur les routes de 5000/an à 1 par an. Super
    Mais si UN SEUL mort est imputable à une défaillance du système, qui sera responsable?
    Rappelez vous les rigolos qui prétextaient que leur régulateur de vitesse était bloqué sur 200 km/h, et que c’était la faute de Renault.
    Le problème de déresponsabilisation du conducteur est particulièrement important.

    Enfin, oui, le système marche bien aux USA. En même temps, faut être mongol pour se planter aux USA. Routes larges et dégagées. Maintenant, effectivement, à Paris, ou dans les petits villages italiens… Bon courage!

  6. Il n’y aura jamais de voiture autonome  » grande publique ». Car la question de la responsabilité en cas d’accident se posera toujours: qui est responsable? Le conducteur ou le constructeur de la voiture?

  7. Je précise que certaines technologies de conduite autonomes peuvent circuler en zone de travaux. D’autre part, le plus gros frein à l essor des voitures autonomes en UE reste la convention de Vienne de 1968.

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