Test : les Google Glass, un coup de coeur… mais encore trop fébrile !

C’est un comble pour les Google Glass, mais tout le monde les a à la bouche. Google innove avec ses lunettes connectées, mais sont-elles si extraordinaires qu'indiqué sur le papier ? Nous avons eu la chance de passer quelques temps en leur compagnie, et voici le résultat de cette prise en main.

Tout d’abord, la séance fût assez courte (il ne s’agit que d’une prise en main), mais qui en dit long sur les capacités et les défauts du produit. Il n’en existe qu’une dizaine de paires en France et c’est dans le cadre de la présentation de l’application de l’Equipe spécialement dédiée que nous avons eu la chance de pouvoir nous les coller sur le bout du nez.

C’est quoi ?

Les Google Glass sont la dernière innovation de Google, il ne s’agit ni plus ni moins que de lunettes connectées qui ont pour but de faire interagir le monde avec leur porteur. Elles sont dotées d’un système de reconnaissance vocale, d’un appareil photo, d’un enregistreur vidéo, du WiFi 802.11g, du Bluetooth, et d’une batterie (pas plus de précision, mais l’autonomie est faible). S’ajoute un processeur TI OMAP 4430, jumelé de 1 Go de RAM et de 16 Go de stockage. Le tout est évidemment hyperconnecté avec votre compte Google+. Compter 1 500 dollars actuellement, et sans doute encore un peu plus en passant par eBay.

Google Glass

Design

De prime abord, l’effet est perturbant. Elles ressemblent à des lunettes, mais de plus près ce ne sont simplement pas des lunettes (il n’y a même pas de verre). Aussi, à certains égards, la conception est belle et élégante, à d’autres, brute et maladroite. Quoi qu’il en soit, elles attirent le regard et ne laissent pas indifférent. Les Glass sont particulièrement souples et l’ensemble respire la solidité. C’est un objet bien léché, doté de jolies loupiotes, à la fois futuriste et convivial.

Loin d’être inconfortable, le dispositif se veut léger, à défaut d’être discret visuellement. Et, le peu de temps où nous l’avons porté, étonnement confortable. Ceci étant, de par leur caractère trop souple, elles sont un tantinet difficiles à mettre sans l’aide des deux mains, et la matière fait qu’elles accrochent irrémédiablement aux cheveux (problématique, principalement pour les cheveux longs, nous le concédons).

Google Glass

D’ailleurs, lorsque vous les ôtez, remettez ou réajustez, vous tombez forcément sur le pad tactile et activez une quelconque fonction, ce qui est agaçant. Il s’agit, notez bien, de la version grimée du numéro un, qui n’est qu’un prototype.Aussi elle est encore perfectible et la plupart des premiers écueils disparaîtront dans les versions futures (car connaissant Google, versions futures il y aura).

En utilisation

Les porteurs interagissent avec les lunettes soit en leur parlant, soit en faisant glisser ou en tapant sur le pavé tactile situé sur la branche droite de l’appareil. Les lunettes répondent alors en affichant des informations sur un écran projeté grâce à un picoprojecteur et un prisme. Elles communiquent également de façon sonore en émettant des sons comme un smartphone qui envoie des notifications.

Pour profiter de l’écran des Glass, il convient de regarder dans le coin supérieur droit qui est situé relativement haut. Trop peut-être, on force pour l’observer, mais le réglage peut sans doute être fait à l’achat des lunettes. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas un geste naturel, mais le but était pour Google de ne pas polluer le champ de vision de l’usager, du moins autant que faire se peut.

Google Glass

Il existe également une application pour smartphone qui leur est dédiée, bien qu’elles soient indépendantes. Concrètement, cela signifie que vous pouvez laisser votre téléphone et vous promener, elles continueront à faire leur office.

Après quelques minutes, il s’avère que l’interface extrêmement simplifiée reste fluide, mais limitée, exactement à l’image de la Galaxy Gear de Samsung. En trente minutes, il n’y a plus grand-chose à faire, tout a été exploité.

Le tactile a du répondant et l’usage est globalement intuitif pour quiconque est familier des gadgets. Le contrôle vocal est en revanche plus capricieux et s’effectue évidemment en anglais. Disons que le combo « regarder dans le vide » et « parler tout seul » n’aide pas à se sentir à l’aise ou en confiance. Ceci dit, Google excelle dans ce domaine et si tant est que les Google Glass aient compris votre requête, les résultats sont excellents.

Google a conçu les lunettes pour qu’elles alertent les utilisateurs de nouvelles informations, mails, messages, etc. L’idée est bonne mais peut se révéler intrusive s’il y en a trop. Il s’agit alors de bien paramétrer les applications. Un nouvel mail alors que vous marchez dans la rue ou êtes à vélo pourrait avoir des conséquences fâcheuses (poteau).

Si nous n’avons pas pu essayer cette fonction, la navigation est l’une des meilleures fonctionnalités des Glass, puisque votre chemin devient entièrement et visuellement fléché. Pratique pour ceux dotés du sens de l’orientation d’Alice au pays des merveilles. Vous pouvez parler d’une adresse, trouver une entreprise ou vous appuyer sur une suggestion de Google Now et en obtenir les directions.

Malgré un processeur TI OMAP 4430, jumelé de 1 Go de RAM, les Glass sont parfois un peu longues à la détente quand il s’agit de charger une page ou bien de prendre une photo. Les impatients auront plus vite fait de sortir leur précieux smartphone.

Un détail anodin, votre obligée ne porte pas de lunettes QUE pour faire geek… Dans cette version numéro une des Glass, la correction de la vue n’est pas prise en compte (dans la 2, elle le sera), aussi, l’écran projeté était bien flou. Le design ne permet pas d’adapter les Glass sur toutes les paires de lunettes et dans tous les cas, le résultat reste globalement précaire et… ridicule.

Si ce point sera sans doute bien vite amélioré, les Google Glass ne sont pas étanches. Un enjeu délicat quand la firme s’évertue à expliquer qu’elles sont portables au quotidien, pour faire du sport ou se balader en ville.

On a aimé

Non, franchement, on se sent dans un monde futuriste, certes ça ne sert qu’à poster sur Facebook que vous les avez sur le nez. Ces lunettes intriguent, elles sont « cool » pour n’importe quel féru de technologies et piqueront la curiosité des autres.

Facebook

A l’instar de la fonction du Samsung Galaxy S4, le défilement du texte se fera désormais grâce à un coup d’oeil savamment placé. Le concept est à la fois simple et logique, votre regard indiquera au capteur qu’il doit faire défiler la page, scroller. Il en est de même pour la navigation dans les photos par exemple. La méthode demande évidemment un brin d’adaptation, mais reste très ludique.

L’affichage de l’écran est intéressant et manifestement net (si vous n’êtes pas myope…) et suffisamment précis. Il s’agit dans tous les cas d’un intermédiaire et en ce sens, la qualité est suffisante. La taille des projections est globalement adaptée et nous n’avons pas constaté de bugs sur ce court laps de temps. Google a placé l’écran dans une boîte transparente en partie pour le protéger mais surtout afin d’alerter les autres que les lunettes sont actives. Respect de la vie privée oblige. En revanche, il faut aimer Terminator. Sinon…

La recherche vocale de Google reste fonctionnelle, on appelle, on recherche, tout roule du moment où vous leur parlez en anglais et où l’environnement est calme. C’est un prototype et il y a trop peu de « beta testeurs » pour adapter toutes les langues.

La qualité d’image n’est pas aussi bonne que sur un smartphone haut de gamme de 2013, mais c’est loin d’être si mauvais.

On n’a pas aimé

La prise de photo reste assez longue et pour le coup, l’écueil est typique, en basse lumière, la qualité est tout bonnement horrible. Il en est de même pour la vidéo, mais ces lunettes n’ont pas vocation à être un appareil photo ou une caméra.

La conduction osseuse ne fonctionne pas pour le micro, seulement pour l’audio, ce qui signifie que la personne à côté de vous peut donc les contrôler à votre place. Ce qui reste relativement… ennuyeux !

Les gestes à effectuer sur le pavé tactile sont globalement instinctifs, sauf celui permettant de quitter (glisser vers le bas). Seules les personnes utilisant des casques tactiles ne seront pas dépaysées (citons notamment le Zik de Parrot, qui embrasse déjà cette fonction). L’interface elle-même est simplifiée, épurée à l’extrême. Tellement qu’elle en devient obtuse, ce qui est à la limite du frustrant.

Inutile de vouloir rester discret avec tel dispositif sur le museau, vous ne pourrez pas sortir dans la rue sans attirer les passants. Si c’est sans doute formidable pour draguer, cela doit se révéler fortement agaçant à la longue. Tout le monde n’est pas prêt pour les Google Glass. Et malgré les bonnes intentions de Google de vouloir vous connecter au monde sans perturber votre vision périphérique, force est de le constater, portées toute la journée sur le nez, c’est une barrière entre les utilisateurs, les autres individus et le monde réel. Si l’écran est conçu afin de ne pas bloquer votre ligne de vue directe, il occulte encore une partie importante de votre champ de vision.

En très peu de temps, on remarque que le dispositif se déconnecte fréquemment, il suffit certes de lui tapoter légèrement le pavé tactile pour le réveiller, toutefois cela finit par devenir fastidieux.

L’écran n’est pas exceptionnel, on a l’impression de se trouver face à un LCD avec des couleurs parfois bien sombres.

Euh… Et les gauchers ? Le pavé tactile est à droite, les gauchers peuvent aller se brosser. Encore.

Annoncée comme capable de tenir une journée, la batterie est en réalité une vaste blague si l’on en croit les betas testeurs. Elle a au moins le mérite de se recharger en microUSB, il n’est pas compliqué de dénicher un chargeur compatible.

Encore à l’état de prototype, il est normal que le nombre d’applications soit limité (saluons donc le travail de L’Equipe, qui propose déjà son application, au demeurant bien léchée). Seulement à l’heure où les smartphones profitent de pléthore de propositions, c’est le désert total pour les Glass. Frustrant, même si cela ne pourrait être que temporaire. 1 500 dollars tout de même. Inutile de préciser que la lecture d’une page web est fastidieuse, fatigante et lourde (et objectivement, écrit en trop petit, dixit une myope)

Navrée de cette remarque, mais très franchement, quiconque arbore ces lunettes passe pour un illuminé fini. Ce n’est pas gratuit. Car concrètement, vous parlez seul, regardez en l’air vers la droite d’un air pensif en vous grattouillant l’oreille. Ce qui donne l’air hagard de Luna Lovegood dans Harry Potter, totalement lunaire, à l’ouest ! En face, les individus ont l’impression que vous les regardez alors que pas du tout. Perturbant pour eux et… pour votre image. 

Glass

Et alors, j’achète ? (ha ha ha !)

Nous sommes face à un faux débat : le produit n’est encore qu’au stade de simple prototype et n’est pas commercialisé sur le marché. Concrètement, non, vous n’achèterez pas les Google Glass. Pas encore et voici pourquoi. Les Google Glass ne laissent personne indifférent, ce qui prouvent dans un sens qu’elles ont du potentiel, ces lunettes fascinent autant qu’elles alarment.

Pour l’heure, le produit subit le problème inhérent à de nombreuses innovations. Ces hybrides de dernières générations veulent synthétiser les fonctions de plusieurs dispositifs pour créer un appareil ultime (La Surface ? Tablette mais ordinateur. La Gear ? Montre mais connectée tel un smartphone). Les Google Glass sont construites pour faire la plupart des choses qu’un téléphone peut réaliser, mais elles ne les font pas aussi bien, ni même à moitié. Elles nécessitent d’être améliorées tant en terme de hardware que de software.

Ce qui est magique, c’est que Google en personne nous explique que c’est un prototype, et qu’il n’est donc pas encore parfait, et quelque peu dépendant d’une communauté de betas testeurs. La V2 sera déjà nettement améliorée en moins d’un an. Les applications et possibilités existent, bien qu’il soit sans doute trop tôt pour le grand public (qui ne portera pas constamment un ordinateur sur la tête avant des années, voire décennies), en l’état actuel des choses, elles ne font qu’ouvrir une minuscule fenêtre sur l’avenir.

Dans un sens, Google accumule les exploits technologiques et maximise toujours un peu plus la composante sociale et les interactions. Mais au-delà de chacune de ces performances, qui va utiliser ces objets, à part les acteurs des vidéos promotionnelles ?

Sportifs, journalistes, médecins, enseignants et plus encore ? Ou finiront-elles par enchanter le chaland, l’individu lambda ? Google ne lit pas l’avenir, mais ils peuvent tenter de le changer, en apportant de l’innovation et des nouveautés aux abords disruptifs, comme le sont les Google Glass.

Google escompte syntoniser l’être humain, son environnement et l’électronique… mais pas dans l’heure. Si la firme avait lancé les Google Glass aujourd’hui, clairement, elle courrait à l’échec et elle n’en est pas dupe. En revanche, elle peut les améliorer et en même temps en faire la promotion pour éduquer le tout-un-chacun à l’arrivée de ces technologies plus proches de la science-fiction que du monde réel. Ces lunettes représentent une véritable rupture avec les usages communs.

L’ambition et la motivation de Google est de gagner de l’argent, inutile d’être naïf, ceci étant, ils le font au prétexte de nous faciliter la vie grâce à la technologie, il est difficile de les en blâmer. Nous avons besoin de précurseurs et d’innovations, alors certes, il reste un long (très LONG) chemin à parcourir pour les Google Glass, mais sans un brouillon, il est difficile d’atteindre la perfection.

Pour l’heure, elles sont situées dans les limbes, à la frontière entre le fantasme du produit futuriste parfait et la réalité. D’aucuns diront donc qu’elles sont inutiles et décevantes et en un sens, ils n’auraient pas tort. Google ne fait qu’un pari sur l’avenir avec cette première version des Google Glass, alors soyons beaux joueurs ?

Nous allons suivre le lapin blanc.

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Promis j’suis pas un troll, loin de moi l’idée de faire mon chiard …
    Mais :
    « votre obligée ne porte pas de lunettes QUE pour faire geek »
    Moi pas comprendre :/

  2. J’aurais aimé savoir si regarder vers le haut comme ça ne donnait pas de mots de têtes a la longues quand même. J’espère que vous aurez l’occasion de les tester plus longtemps prochainement.

  3. À défaut d’avoir des lunettes parfaites, au moins l’article est intéressant.
    J’en aurais surement d’ici quelques années, google trouvera bien des fonctionnalités dont on a pas besoin mais dont on ne pourra pas se passer, et baissera les prix, très certainement.

    1. Ce qui est moche pour toi aujourd’hui sera considéré comme beau la semaine prochaine. Et tu le trouvera beau aussi, car certaines personnes considérés comme ayant du bon gout te dirons que c’est magnifique.
      Les gens ne sont que des moutons.

  4. Bizarre personne à trop tailler flo aujourd’hui… Les haters quotidiens sont sans doute trop occupés à se paluche sur leur nouveau wallpaper

  5. Florence stop écrire t’es moche et tu fais de la merde.
    PS: vive la Xbox one

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  6. depuis quan un objet peut être fébrile ?
    florence, démission. Bon quelqu’un d’autre lui dit que ce n’est qu’une pauvre conne ?

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    1. quel commentaire intelligent ! Félicitations

      C’est ironique évidemment… je préfère préciser à la vue de la pertinence et de l’intérêt de ton commentaire :)

      1. On s’en fout des états d’âmes, va dans les rues prêcher la bonne parole clochard. T’as autant d’impact qu’Hollande sur les français.

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      2. Et je te chie dans le gosier et je me torche le cul avec ta face de rat.

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  7. sur la photo tout en haut avec la tronche de florence, on dirait qu’il n y a pas de verres en fait ,
    donc c est des google glass sans « glass »
    purée que ce gadget est stupide pour l instant, j imagine la tronche des gogos avec ça dans quelques mois
    quand on y pense c est un peu comme les premier tel portable avec la grosse mallette la
    et meme jamais je porterai cette daube sur ma gueule.
    juré craché

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  8. Je regrette vraiment que ces lunettes n’offrent qu’un incrustation dans un coin et pas une superposition intégrale.
    Ça réduit très fortement l’intérêt de la bête.

  9. Ce que vous indiquez sur la montre Galaxy Gear n’est pas tout à fait exact : [ … En trente minutes, il n’y a plus grand-chose à faire, tout a été exploité …]. Une fois activée à l’aide d’une phablette Galaxy Note 3 (d’autres modèles seront compatibles normalement pour l’activation), cette montre peut accueillir n’importe quelle application Android, avec comme seule limite bien sûr sa résolution et sa taille physique.

    Exemple d’utilisation en entreprise, chez PC SOFT, pour le scan de code bar des invitations lors d’une de leur présentation (application développée avec WINDEV Mobile) :
    http://www.pcsoft.fr/pcsoft/tdfcom/2013/img/1650/montpellier/windev_mobile_19_scan_d_invitation_avec_une_application_sur_une-montre_autonome.jpg

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