Vraiment Amazon ? Des drones d’ici cinq ans ?

Des drones pour vous faire livrer vos produits Amazon, rien que ça ! Voici la dernière idée de cette entreprise. Techniquement, ces joujoux sont des octocopters, et ils pourraient être utilisés pour délivrer 86% des produits disponibles sur leur store tant qu’ils ne dépassent pas les 2,3 kilos. Mais tout ceci est-il vraiment réaliste ou juste de l’esbroufe ?

Effectivement, Jeff Bezos, le PDG d’Amazon, promet une livraison en trente minutes grâce au service Amazon Prime Air. Les drones viendront frapper à vos portes, ou plutôt fenêtres, le fondateur précisant que le service devrait être déployé d’ici 4 ou 5 ans. Toutefois, tout cela n’est pas aussi simple que de concevoir et déployer une flotte de ces dispositifs, encore faut-il mettre en place des conditions et règles de livraison.

Allons-nous réellement voir se pointer une horde de drone capable de nous livrer des Kindle sans anicroche ? Prenons le Tardis pour faire un petit voyage dans le temps voulez-vous ? Nous voilà à Noel 2018 (le cap de la trentaine fermement dépassé… Sic). Levez les yeux au ciel et essayez d’apercevoir le traineau du Père Noel qui vient vous livrer un paquet. Seulement ce n’est pas Santa, mais bien un des drones de Jeff Bezos qui vous apporte votre colis. Et pourquoi pas ?

L’homme derrière les drones

En effet, cela peut paraître aujourd’hui précoce et présomptueux mais nous disposons déjà de ces technologies. Restait à trouver un esprit novateur suffisamment fou et – force est de le reconnaître – riche, pour déployer ce type de programme à l’échelle du grand public. Bezos est un visionnaire qui souhaite révolutionner le commerce et s’il y a un homme sur cette planète, prêt à se donner les moyens de le faire, c’est bien lui.

C’est un pari risqué, mais tout ceci est étudié et surtout favorable à l’innovation, il serait regrettable de lui mettre des bâtons dans les roues (pales). C’est en prenant des risques que notre société évoluera, même si l’impact et l’intérêt ne sautent pas aux yeux de prime abord. Aujourd’hui une Kindle, demain, des organes ou encore des médicaments.

Bref, il n’y a pas d’implication militaire ou autre, mieux vaut qu’Amazon s’y colle plutôt qu’un acteur ayant des intérêts plus néfastes.

Ce n’est pas du tir au pigeon

La nouvelle n’a pas manqué de défrayer la chronique et parmi les problèmes les plus souvent cités, la disparition de drones arrive en tête de liste. On imagine bien que quelques petits malins vont s’amuser à essayer de les descendre.

D’une part, c’est un jeu d’enfants pour Amazon que de leur coller une puce ou un GPS dans le derrière. Il n’y a plus qu’à les traquer par la suite. Même votre iPhone ou Android fait ça à la perfection, alors imaginez donc dans 5 ans.

Sans oublier le fait que d’abattre un avion qui fonctionne sous les auspices de la FAA entre dans la catégorie de crime fédéral, si ce n’est du terrorisme. On réfléchit à deux fois avant de leur lancer un caillou, d’autant plus s’ils sont dotés de caméras. La reconnaissance faciale sera clairement améliorée et les données certainement transmises en direct. Ca calme.

Et pour la réception ?

On entend déjà les plus sceptiques hurler : « mais, ma fenêtre n’est pas accessible, si je ne suis pas à la maison, mes portes sont condamnées ». D’accord, d’accord. Nous avons encore 5 ans devant nous pour laisser Amazon parfaire ces détails. Entre nous, une fois que les drones seront capables de trouver leur chemin sans encombre et aptes à arriver jusqu’à chez vous, la réception, en soit, ne présentera pas le plus gros des problèmes. C’est une interaction humain/drone et non un dronounet qui doit se dépatouiller tout seul dans la nature (comprenez, jungle urbaine).

Les premières spéculations sont déjà parmi nous d’ailleurs. D’aucuns imaginent une sorte de « boîte Amazon » permettant aux drones de capter et de déposer des colis. Elles pourraient ensuite se verrouiller pour que le joujou se recharge et pour ainsi éviter les vols. Vous voyez, à tout problème, sa solution et s’il n’y a pas de solution, eh bien, c’est qu’il n’y a pas de problème.

L’argent, le nerf de la guerre

Ne soyez pas dupes, Bezos a de grandes ambitions et souhaite faire évoluer et moderniser la livraison, certes. Mais nous vivons dans un monde capitaliste ou le but du jeu est d’être un leader et de gagner beaucoup d’argent. Amazon ne s’est pas monté en un jour et croyez bien que l’homme a les dents longues.

Amazon Air ne serait pas seulement une excellente publicité pour l’entreprise, améliorant de facto son image et sa notoriété. Les drones vont fonctionner grâce à l’électricité plutôt qu’à l’essence, ils seront guidés par GPS plutôt qu’un humain, une fois réellement mis au point, un tel système permettrait d’économiser des millions de dollars par an. C’est clairement un investissement sur l’avenir, une capitalisation.

D’ailleurs nous ne comptons même pas les frais supplémentaires que la société pourrait percevoir pour le service. Obtenir un paquet par drone devrait vous coûter certainement plus que quelques dizaines d’euros de frais de port…

Et dernier point mais non des moindres, attestant de l’avenir imminent d’une flotte de drones ? Ils sont déjà été utilisés pour livrer des pizzas au Royaume-Uni...

Bien. Ne soyons pas aussi dithyrambiques, il y a énormément d’aspects à prendre en compte et il serait bien délicat de vous certifier que nous verrons ces drones faire leur cagole dans les cieux d’ici 5 ans. Amazon a dévoilé par surprise ses futurs drones à Charlie Rose, journaliste vétéran de la technologie… Et Rose n’a même pas eu une démonstration du joujou en action. C’est à peine une minute de vidéo YouTube qui a mis le web en émoi, autant dire que nous ne sommes pas à l’aune de voir une meute de drones. Il est temps de recentrer le débat.

Le trafic de drones

Avec une valeur estimée à cinq chiffres (notez que les quadricoptères Octane de Volt coûtent pas moins de 10 770 dollars l’unité), les drones d’Amazon pourraient devenir des cibles somme toute irrésistibles pour les criminels ou les tireurs amateurs. Allez donc savoir sur quel type de marché ils seraient revendus, mais croyez bien que de telles technologies trouveront bien facilement acheteur(s).

Le piratage

Qui dit software dit possibilité de piratage. Au prix d’un seul de ces appareils, ils représentent du pain béni pour les hackers. Car ce n’est pas une mince affaire que d’établir et de maintenir une connexion sans fil sécurisée. Ces drones contrôlé par GPS peuvent facilement faire l’objet de « spoofing », il suffit d’indiquer d’autres coordonnées et de récupérer le drone en toute impunité.

De plus, comme dans la magic box, ils auront même droit au paquet surprise, comme une Kindle ou une Kindle Fire. Du deux en un.

Le danger inhérent aux drones.

Les cas de blessures engendrées par des drones ne font certes pas légion, toutefois ils ne sont pourtant pas inexistants. Imaginez alors avec des centaines, au moins des dizaines de ces dispositifs parcourant les cieux.

En effet, bien qu’accueilli avec enthousiasme par le public, l’opinion a commencé à tourner court quand un drone a dévié et percuté le pare-brise d’une voiture, provoquant un carambolage de 16 voitures et plusieurs décès.

En supposant maintenant qu’un drone ne soit pas piraté, il pourrait faire face à des obstacles imprévus aussi bêtes qu’un oiseau… ou un humain. Ces dispositifs ne sont pas aussi véloces que dans les films de science-fiction et pourraient avoir du mal à échapper aux apparitions inopinées. Outre la casse matérielle, se prendre un de ces joujoux sur le coin du museau pourrait gravement blesser. Homme versus carbone… devinez donc qui emporte le morceau…

L’administration se méfie des drones volant dans les zones urbaines déjà saturées, surtout quand ils ne sont pas guidés par un pilote à distance. Les autorités compétentes soulèvent fréquemment l’importance du contrôle par un pilote, ce qui n’est pas le cas des drones autonomes d’Amazon.

Sur un plan technique

Objectivement, ce n’est pas que la proposition de Bezos soit impossible, au contraire. Mais ce système de livraison de colis par drones soulève de véritables questions techniques qu’il semble délicat de résoudre dans les cinq prochaines années.

D’une part, l’autonomie. Les batteries représentent un problème majeur sur TOUS les appareils existant actuellement et nous n’attendons pas de réelles révolutions avec une quinzaine d’années. De nouvelles technologies sont efficaces et à l’étude mais encore loin d’être accessibles au grand public, sans parler de la sécurité. Il est délicat de croire qu’Amazon trouvera la solution avant tous les émérites chercheurs, sans parler du coût que cela engendrerait.

L’autonomie présente un second problème. On comprend bien que les batteries n’auront pas assez d’autonomie en 2018, pourtant Bezos parle de courses dans un rayon de maximum 16 kilomètres. De tels appareils, si gourmands, dotés de GPS et d’une multitude de capteurs ne pourront franchir que 3, voire 4 kilomètres avant de tomber en rade.

De plus, Bezos n’a pas révélé la vitesse à laquelle fileraient ces drones, mais croyez bien que pour livrer en 30 minutes, sans erreur de destination et en tenant compte de la résistance au vent ou du poids d’un paquet. Promptement résumé, ils ne vont pas encore aller bien loin.

Le gouvernement

Vous vous doutez bien que le gouvernement ne va pas laisser des drones fureter tranquillement sans avoir donné son autorisation. La Federal Aviation Administration doit d’abord permettre à ces drones commerciaux de squatter l’espace aérien américain.

Bien que la FAA prévoie effectivement d’intégrer des drones commerciaux dans l’espace aérien américain dès le 30 septembre 2015, il va encore falloir du temps afin d’en élaborer les règles, puis de les adapter à Amazon. En effet, en Février 2012, le Congrès a ordonné à la FAA d’écrire des règles qui couvriraient l’utilisation commerciale de drones en 2015, mais c’était avant un nouvel arrêt de gouvernement. Selon les experts, la certification à part entière des quads ou octocoptères n’est pas prévue avant 2020.

Tout avion sans pilote utilisé à des fins commerciales doit en faire la demande, et les demandes sont examinées au cas par cas. Jusqu’à présent, un seul drone commercial a été approuvé… et il est en Arctique.

Une flotte de drones ?

Non, Amazon ne fera chaque livraison par drone. Non seulement le secteur sera, dans le meilleur des cas, limité par la proximité des centres de distribution, mais il faut également que le colis soit léger. Au prix de la course, croyez bien que vous demanderez au facteur de s’occuper de votre paquet. Sans parler que de livrer de cette façon dans une ville remplie d’obstacles ne sera pas une sinécure.

Amazon Air ne remplacera pas UPS ou Fedex. Il y a quelques paquets qui auront toujours besoin d’un humain pour recueillir une signature, ou se faire ramener à la poste si vous n’êtes pas chez vous. (Mais qui ne voudrait pas rester à la maison pour voir son paquet descendre du ciel ?)

Le coût

Une opération de surveillance coûte entre 2 000 et 3 000 euros par heure à l’armée américaine. Les experts s’accordent à dire que pour un trajet de moins de 30 minutes cela porterait à entre 100 et 200 euros de frais pour le consommateur. Ca calme.

Et alors ? Drone ou pas drone ?

Dire que Bezos va capitaliser sur une telle flotte dans quatre ou cinq ans est… un peu optimiste. Mais, regardez les années 2000 et les téléphones de l’époque. Il a fallu 14 ans pour arriver là où nous sommes maintenant et Dieu que cela vaut le coup. Il faut un début à tout.

Certes pour l’heure, Amazon Premium Air est sous la coupe de la Federal Aviation Administration, soumis à une durée de vie de batterie limitée, à l’absence d’infrastructure de distribution et à pléthore d’autres défis allant des oiseaux aux conditions météorologiques en passant par les pirates.

Mais l’avenir est là, nous n’en doutons pas !

Tags :
Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Après la pluie, les fientes de pigeons, voilà que les piétons vont devoir apprendre à esquiver les drones et colis Amazon.
    Au moins, j’espère qu’ils livrent des pansements.

  2. Evidemment que c’est du flan.
    Il n’y a bien que les médias pour relayer une telle ânerie, et permettre à Amazon de faire une belle opération de marketing, lui donnant une image moderne et avant-garde à moindre coût.
    En clair, Amazon sait manipuler les médias, et les médias plongent dedans. C’est pathétique.

    1. Encore une remarque super pertinente de Mossieur « Preum’s »
      Aucuns arguments tentant à démontrer qu’Amazon ne peux le faire…. rien
      Techniquement, il est tout à fait possible de réaliser ce genre de livraisons.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité