Rencontrez le premier cyborg officiellement reconnu par un gouvernement

Il s’appelle Neil Harbisson. Il est le premier cyborg au monde à être officiellement reconnu par un gouvernement. Pour lui, la technologie va être progressivement intégrée dans le corps humain « pour augmenter nos capacités, notre connaissance et notre perception de la réalité. » Et l’appareil qu’il porte sur la tête lui permet d’entendre et de ressentir les couleurs.

Si je vous parle de Neil Harbisson aujourd’hui, c’est qu’il vient de donner une longue interview au magazine Dezeen. Et comme c’est en anglais, je souhaitais vous faire découvrir cet homme passionnant et vous donner quelques extraits croustillants.

Avant de commencer, il faut savoir que Neil Harbisson est malade. Il souffre d’une maladie rare qui s’appelle l’achromatopsie. Elle l’empêche de voir les couleurs. Oui, il voit tout en gris et en basse-définition en plus. En tant qu’artiste, il a grandi en se disant qu’il ratait quelque chose. L’esthétisme de notre environnement influence nos comportements ou notre humeur.

Il a donc décidé de fabriquer l’Eyeborg, un appareil qui convertit les couleurs en onde sonore. Devant, il y a un capteur de couleurs. L’information est envoyée à une puce qui transcrit cette couleur en vibration à l’arrière de son crâne. Cette vibration est alors captée par son oreille interne via la conduction osseuse. Les infrarouges sont les sons les plus graves, les ultraviolets sont les sons les plus aigus.

neil harbisson cyborg passeport

L’exploit de Neil Harbisson est d’avoir obtenu en 2004 un passeport où sur la photo il porte son eyeborg. L’appareil est ainsi une partie indissociable de son identité, ce qui en fait le premier cyborg reconnu au monde.

Il explique que « devenir un cyborg était progressif. Tout d’abord, je sentais que l’Eyeborg me donner de l’information. Après, il me donnait de la perception, et après un moment, il m’a donné des sensations. C’est quand j’ai commencé à ressentir la couleur et que j’ai commencé à rêver en couleur que j’ai senti que l’extension faisait partie de mon organisme. »

neil harbisson cyborg

Harbisson recharge son Eyeborg grâce à un câble USB qui se fixe à l’arrière de son crâne. Dans le futur, « le but est de ne plus utiliser l’électricité mais de trouver des moyens de charger la puce [dans ma tête] avec ma propre énergie corporelle. Ça pourrait être la circulation sanguine, mon énergie cinétique, ou peut-être que l’énergie de mon cerveau pourrait charger la puce dans le future. »

« Au lieu d’utiliser la technologie ou de la porter constamment, nous allons commencer à devenir de la technologie. »

En 2010, Harbisson a fondé la Cyborg Foundation, une organisation dont la mission est « d’aider les humains à devenir cyborgs, à promouvoir l’utilisation de la cybernétique en tant que partie du corps humain et de défendre les droits cyborg tout en encourageant les gens à créer leurs propres extensions sensorielles. »

Et si on lui pose la question des droits qu’il aimerait que les cyborgs aient. Sa réponse est simple : « Les droits de l’homme, mais appliqués à ceux qui portent de la technologie intégrée à leur corps. Il y a des lieux publics dont l’accès est interdit à ceux qui portent des appareils électroniques et c’est pourquoi nous défendons les droits des cyborgs. Nous défendons leurs droits d’aller dans ces lieux. Nous ne voulons pas créer de nouveaux droits, mais simplement défendre les droits de base. »

Et pour terminer sur l’influence de la cybernétique sur le design, l’art et la mode dans le futur, notre cyborg répond que : « la bonne chose avec la cybernétique, c’est qu’elle vous permet d’avoir de nouveaux sens. Quand vous avez un nouveau sens, vous pouvez vous exprimer à travers lui d’une manière qui n’a jamais été explorée avant dans la mode, l’architecture ou n’importe quelle autre forme d’art qui existe. On pourra exprimer ce que nous sommes grâce à l’exploration de ces toutes nouvelles possibilités offertes par ces nouveaux sens. »

Pour en savoir plus, je vous invite à lire l’interview en anglais sur Dezeen. Et si l’Eyeborg vous intéresse, vous pouvez aller voir l’article sur Sciences-mag où il y a également une vidéo.

Tags :Sources :Dezeen Magazine Cyborg FoundationVia :Sciences-Mag
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  1. Pour ma part, je trouve que le passage sur la défense des droits de « ceux qui portent des appareils électroniques » est un peu maladroit. Si certain lieux refusent l’entrée aux porteurs de pacemaker je ne pense pas que ce soit de la discrimination. Ça m’a l’air d’être avant tout un problème de sécurité.
    Je comprend bien que Neil Hardisson se considere comme un artiste et il a l’air d’avoir un esprit assez.. aérien, mais je ne vois pas de grande différence avec quelqu’un qui porte un appareil auditif ou des lentilles.

      1. Pour le passeport britannique, c’est la même chose qu’en France. Il explique dans l’interview qu’il a dû se battre pour faire accepter la présence de l’Eyeborg sur la photo du passeport. Il a insisté lourdement, écrit une grande quantité de lettre pour expliquer qu’il s’agissait d’une extension de son corps.

        1. En gros il à tellement fais chier l’administration qu’à un moment ils en avais marre et on laissé la photos.

          Un casse couille quoi

      2. J’ai mes lunettes sur ma photo de passeport francais. Je suis donc aussi un cyborg car elles sont un dispositif technique et optique qui me permettent de ne pas voir flou.

  2. La cybernétique existe déjà avec les pace-makers mais ça ne fait que commencer. Il y a eut il y a quelques mois en France, un homme qui fut le premier à se faire greffer une main artificielle pour une somme toute fois très onéreuse.

    1. Exactement de la même manière qu’on t’as dit que le rouge ben c’était la couleur que tu voyais. Finalement tu met un mot sur une perception.

  3. Mouais……. au lieu de continuer de développer nos aptitudes, on devient fainéant en remplaçant notre développement par des puces… ca risque surtout de faire plaisir aux vendeurs de puces…

    Ce n’est pas parce que l’on a un super ordi que l’on est plus intelligent.

  4. Moi qui suis dyschromate je comprends son calvaire même si pour moi c’est beaucoup moins grave.je m’imagine dans son cas cela doit être très dur. Et c’est super pour lui cet oeuil sachant qu’aucun remède n’existe ni pour lui ni pour moi

  5. Non mais n’importe quoi. Avoir une caméra branchée sur sa tête n’en fais pas du tout un cyborg … Plutôt un mec complètement barré …

  6. premier c’est vite dit. Il y a pas mal de temps que des prothèses, fort rares hélas, peuvent non seulement remplacer un membre disparu mais en plus être vaguement contrôlées par la pensée.

    Oh rien de bien fabuleux comparé aux séries de SF, mais depuis 2005 et « Jesse Sullivan », on trouve régulièrement des news de « première prothèse contrôlée par la pensée ».
    Mais dans tous les cas il s’agit de fusion entre un humain et la machine. Et je reste sur ce qui est.. euh… habituel des séries de SF car techniquement, un peacemaker c’est aussi une fusion homme machine.

  7. C’est pas croyable le nombres de conneries que les gens peuvent écrire sur Internet, sans faire au préalable la moindre recherche, juste pour faire des pageviews !!

    Les technologies implantées permettant de garantir la santé d’une personne ou d’améliorer ses facultés sensorielles existent depuis bien longtemps : Puces micro-dosée, pacemaker, implant auditifs,…

    Pour ce qui est de l’interdiction d’accès à certains lieux publics c’est aussi une connerie… Les personnes implantés sont muni d’une carte de porteur d’implants leur permettant de ne pas avoir à passer sous les portiques de sécurité qui peuvent parfois s’avérer dangereux pour leur santé…

    1. Vous prenez surtout des bons gros raccourcis et citez des exemples à coté de la plaque ^^

      Un Pacemaker etc… n’a aucune comparaison avec le sujet.
      Ce que je comprends par là :
      -Effectivement c’est pas le 1er « cyborg »…
      -La subtilité de l’histoire n’est pas le fait de greffer un implant ou une prothèse sur un corps humain dans un but palliatif, c’est de « rajouter » un implant qui vous donnera des facultés supplémentaires donc par définition « surhumaines » (dans le sens ou aucun être humain ne peut imaginer la sensation et les nouvelles infos que l’implant va apporter -> d’où apprentissage et parfaite inconnu sur la réaction du cerveau face à des signaux électriques totalement nouveaux qu’il devra donc apprendre à interpréter…)

  8. C’est n’importe quoi. Ce qu’il prédit n’arrivera pas avant un certain temps et sera réservé à une élite. Ce type de matériel est onéreux. Une minorité d’individus privilégiés pourront s’offrir des implants cybernétiques. Pendant ce temps, une bonne partie de la population mondiale continuera à crever la faim et à être exploités. C’est formidable : cela accentuera encore davantage les inégalités entre les plus aisés et les plus vulnérables qui sont déjà très marquées. Et comme nous serons toujours sommées d’être plus performants et plus productifs, les moins riches seront forcés de s’endetter pour ne pas être dépassés. Quand ils ne pourront plus payer leur traites les REPO MEN feront leur travail. Les droits des cyborgs seront les droits des plus riches et des plus puissants qui ont déjà énormément de droits en comparaison aux autres. Si la technologie semble évolue rapidement, dans les faits elle ne sera jamais à la portée de tous.

    1. Alors détruisons leur système de merde pendant qu’il est encore temps!
      Nous sommes combien de « pauvres » comparé à tous ses « riches »?
      Comme dans « Fight Club » nous intégrons tout leurs domaines. Alors
      que nos infiltrations servent à détruire un système axé sur le capitaliste,
      le me, myself & i. Créons nous (Par demande de Gaïa) une armée (Un peu
      comme les Droits Divins) avec laquelle nous libèrerons enfin les esclaves
      de la sale argent & redonnerons les droits à la Planète.

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