Mi-vache, mi-machine, ceci est le tout dernier cœur artificiel !

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Annoncé sur le site de l’Agence spatiale européenne et après 15 ans de développement, ce cœur artificiel a obtenu l’autorisation d’être testé sur des humains. L’appareil, qui est construit à partir de tissus biologiques et d’éléments miniatures d’équipement satellite, renferme les dernières avancées en médecine, biologie, électronique et matériaux scientifiques. Et cocorico, ce cœur est français !

Fabriqué à Paris par Carmat, ce cœur est le fils spirituel d’Alain Carpentier, le chirurgien cardiaque. Ce cœur a pu voir le jour grâce à la collaboration du géant de l’aérospatial Astrium, la filiale spatiale d’EADS, et avec le soutien du gouvernement français.

Pour que ce cœur puisse être testé sur des humains, les développeurs devaient créer un cœur qui puisse supporter les exigences du système de circulation humain. Le cœur doit être capable de pomper 35 millions de fois par an pendant au moins 5 ans… et sans erreur. C’est pourquoi l’équipe de Carpentier s’est tournée vers la technologie spatiale connue pour sa solidité et sa taille réduite.

Pour Matthieu Dollon d’Astrium : « l’espace et l’intérieur du corps ont beaucoup en commun. » Les satellites de télécommunication doivent durer au moins 15 ans et fonctionner à 36.000 km de la Terre. « Dans l’espace, échouer n’est pas une option. Ni la maintenance sur site. Si une pièce se brise, on ne peut pas y aller pour la réparer. C’est pareil dans un corps humain. »

En plus de la technologie spatiale, le cœur artificiel associe des matériaux biologiques et synthétiques, ainsi que des capteurs et un logiciel pour détecter le niveau d’effort du patient afin d’ajuster le flux selon les besoins.

coeur artificiel carmat

Dans Technology Review du MIT, on peut lire :

Dans le design de Carmat, chacune des deux chambres a une séparation faite avec une membrane qui retient le fluide hydraulique d’un côté. Une pompe motorisée pousse le fluide hydraulique dans et en-dehors des chambres, ce qui a pour effet de faire bouger la membrane. Le sang circule de l’autre côté de chaque membrane. Dans le but de rendre l’appareil plus biocompatible, le côté de la membrane qui est en contact avec le sang est fabriqué à partir d’un tissu qui provient d’une poche  entourant le cœur des vaches. « L’idée était de développer un cœur artificiel où les parties mobiles en contact avec le sang sont fabriquées à partir de tissus qui sont [plus adaptés] à l’environnement biologique. »

Ceci pourrait permettre aux patients d’être moins dépendants des médicaments anticoagulants. L’appareil de Carmat utilise aussi des valves fabriquées à partir de tissus cardiaques de vaches et intégrant des capteurs qui peuvent détecter la pression à l’intérieur de l’appareil. Cette information est envoyée au système de contrôle interne qui peut ajuster le flux en réponse à une demande soutenue quand, par exemple, le patient fait de l’exercice.

Carmat espère terminer les essais humains avant la fin de 2014 et avoir l’autorisation de lancer son cœur artificiel l’année suivante. Les essais humains ont été approuvés en septembre et le cœur va être testé sur 4 patients dans 3 hôpitaux français.

Il y a quelques temps, j’écrivais un article pour vous montrer à quel point la technologie spatiale pouvait avoir des applications variées qu’il était difficile d’imaginer. Encore une fois, l’espace peut contribuer à sauver des vies et nous fait gagner des années de recherche dans de nombreux domaines.

 Photos : Carmat

Tags :Sources :ESATechnologie Review
Dernières Questions sur UberGizmo Help
    1. Dans un autre article Florence s’efforçait de mettre en avant les capacités cognitives des femmes, Caroline vient d’annihiler ses efforts en un commentaire de la niaiserie la plus totale.

  1. Super article comme toujours!!!
    Sa ouvre des perspectives quand même ! Plus de liste pour les organes !
    Et sans parler des possibilités que sa peu apporter pour surpasser les limites du corp humain !

    1. Toujours en train de vous caresser sur un article de Norédine, hein ?
      Le gars corrige mieux les traductions google, je vous l’accorde.

      Ce commentaire a reçu trop de votes négatifs. Cliquez ici pour voir le message.
      1. Si trouver quelque chose super provoque immanquablement en toi une envie de te tripoter, il serait judicieux d’envisager de consulter pour traiter ces troubles psychiatriques rapidement.

  2. Il y a quelques temps, j’écrivais un article pour vous montrer à quel point la technologie spatiale pouvait avoir des applications variées qu’il était difficile d’imaginer.

    Ahh la la… il s’acharne sur moi, le bougre. 😉

  3. Encore une fois, l’espace peut contribuer à sauver des vies et nous fait gagner des années de recherche dans de nombreux domaines.

    Je trouve la conclusion fausse.
    C’est pas l’espace qui y contribue, c’est l’humain en utilisant ce qu’il a dev pour l’espace. Mais même si il n’était pas allé dans l’espace, il aurait très bien pu développer cela.

    1. En effet, il aurait pu développer cela, mais l’espace a des champs d’application qui touchent toutes les disciplines. Et si chaque chercheur devait trouver un ingénieur pour développer sa technologie équivalente, il faudrait des années de recherches. La technologie spatiale nous a permis de gagner des dizaines d’années de développement dans des centaines de domaines.

      1. On est d’accord.
        C’était une remarque plus sur la manière de tourner la phrase que sur le fond. 😉

        C’est du partage de compétences, et cela ne peut être que bénéfique. Comme les framework en programmation, pas obligé de réinventer la roue a chaque fois.

  4. Super article ! Incroyable qu’on arrive à faire ça grâce aux technologies spatiales et surtout en France ! Comme quoi on est pas aussi nul que les médias voudraient nous faire croire !

    Merci en tout les cas c’était très intéressant !

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