Amazon, un empire de la surveillance salariale ?

Amazon tient d’une main de maître sa domination sur le e-commerce. Son fondateur et actuel président, Jeff Bezos, tient la place de 13ème plus grande fortune selon le dernier classement Bloomberg et gère son empire grâce à une politique managériale à la Big Brother.

Cette année, un petit séisme a frappé la planète organisée d’Amazon en Allemagne. Les trois sites du groupe sur ce territoire ont du faire face à des grèves répétées, menées par les salariés qui souhaitaient dénoncer leurs conditions de rémunération.

En France, un témoignage plutôt gênant pour le groupe est venu faire écho à cette fronde. Ce sont les conditions de travail des employés qu’une jeune intérimaire française a souhaité dénoncer publiquement.

L’histoire se passe sur la plateforme de Montélimar. Après avoir travaillé quelques semaines sur le site, une jeune intérimaire a raconté son expérience à Libération. Son interview ressemble davantage à une dénonciation des conditions de travail qui pourraient très facilement être comparées à celles imposées par Big Bother.

Ainsi voici ce qui ressort de ce retour d’expérience.

En premier lieu, il faut savoir que chez Amazon existe un duo tout puissant : le code-barres et la caméra. Tout ce qui existe sur le site est équipé en code-barres, les produits en passant par les chariots, jusqu’aux employés eux-mêmes. Tout est filmé en permanence.

Ce système permet ainsi aux managers d’Amazon de suivre sur ordinateur toute chose et toute personne évoluant sur le site.

« Tout a une réalité physique doublée d’une existence informatique. Les managers qui sont derrière leur ordinateur savent en temps réel, grâce à ces outils, où se trouve un livre, sur quel chariot il a été enregistré, quel intérimaire pousse le chariot, où il se déplace dans l’entrepôt, à quelle heure il s’est mis au travail en scannant son code-barres personnel, quelle a été la durée exacte de sa pause, et combien d’articles il « picke » (ndlr : terme employé pour définir le rassemblement de produits commandés par heure). »

La règle ultime ? La productivité. Ainsi, l’ex-employée interviewée témoigne des messages qui ont pu lui être transmis à tout moment de la journée, de la part des managers eux-mêmes ou bien du matériel informatique l’entourant. Petits extraits :

« Il faut être plus dynamique, tu perds trop de temps en ramenant les articles à ton chariot, tu es à 85 articles par heure »

« Il est temps de picker. »

Ajoutez à cela le culte de la performance animée par l’obligation stricte du respect des horaires, la mise en place de deux pauses de 20 minutes par service ou encore l’accueil des salariés avec ce type de message :

« L’équipe de nuit a fait l’effort, comme vous l’avez vu. Nous vous demandons de le faire aussi, pour que l’équipe suivante n’ait pas une charge de travail insurmontable ! »

Au final, l’ex-employée interviewée dépeint une expérience stressante, marquée par l’ultra surveillance et « la peur organisée ». Pour consulter l’intégralité de sa diatribe et vous faire un avis, rendez-vous ici.

Tags :Via :liberation
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    1. Ca c’est clair… d’accord le management est peut être trop stricte. Mais pour le système de code-barre, je trouve ça génial.
      Au moins, on sait qui a fait une commande, qui a glissé par erreur un article, qui a pommé un article ou autre… Vous imaginez si un salarié pique 30 IPAD, les picks, et les adressent à une adresse pour qu’il puisse les récuperer ? Vive la perte derrière…

      C’est strict, mais au moins, pas de soucis. Et au moins, chacun fait son boulot. Ce qui est normal dans une entreprise… Donc le coup du flicage c’est le mal dans une société… tant qu’on fait son job, on a rien à craindre. Ce sont ceux qui aiment les posent à rallonge qui flippent le plus. Tant que ça ne touche pas données personnelles, donc lecture de nos mails perso et autres bien sûr…

      1. Et bien tu vas nous faire 25 km par jour dans un entrepôt mal éclairé et mal chauffé et tu nous diras si 2 pauses de 20 minutes durant cette te suffisent pour te remettre d’aplomb.
        C’est sûr lorsqu’on a la machine à café à 10 mètres du bureau, un RIE où l’on passe 1h le midi (+ 1 heure à faire ses courses le midi) c’est pas difficile à accepter … pour les autres.
        db

        1. j’ai commencé à bosser à 17 ans, je bossais sur les chantiers, dans le froid, l’humidité, le bruit et toutes autres sortes de désagréments et j’en suis pas mort !!!
          arrêtez de croire que tout le monde bosse le cul derrière un bureaux au chaud et confortablement installé !!!

    2. Bonjour

      @Jon
      C’est pas la NASA non plus :-)
      Organisation ne veut pas dire flicage ni harcèlement.
      Je suppose que toi et Jean D. êtes confortablement installés dans un fauteuil derrière un PC pour dire cela.
      je suis même certain que vous n’avez pas le dixième des contrainte des employés d’Amazon et vous la ramenez.
      Avez-vous au moins travaillé ailleurs que dans un bureau avec un chef qui chronomètre tout ce que vous faites ?

      A+

      Olivier

      1. bah ce sont des fonctionnaires, assurément.
        Des fonctionnaires tout content de pouvoir commander des articles sur Amazon durant leurs heures de boulot (de 9h à 16h) et de les recevoir le lendemain à ce même bureau.
        Que des mecs (et des filles) se soient levés à 3h du matin et aient parcouru 25 bornes à pied dans un entrepôt mal éclairé et mal chauffé (économies d’énergie) pour que ces fonctionnaires aient tout le loisir de pouvoir jouer au bureau avec le contenu de leur colis, ils s’en moquent bien.
        db

        1. et vous, vous faites quoi de vos vies à part déblatérer sur une hypothétique vie d’autre personnes ???

    3. Ah tu trouves ça normal.
      Va donc y travailler un mois et tu viendras nous donner ton avis ici !
      Réduire la dignité humaine à une machine tout juste bonne à parcourir au pas de course 25 bornes par jour tout en étant payé au SMIC, la fliquer en permanence, ramener le CDI au niveau d’un nirvana inatteignable …
      Si c’est ça pour toi une entreprise normale, je te souhaites bien du plaisir.
      db

      1. Ce n’est pas du flicage ! Quand on est sur un boulot axé sur la productivité, il faut bien avoir les moyens d’évaluer cette productivité.
        Quant aux codes barre, il faut bien sécuriser la marchandise ! Qui n’a pas déjà été victime d’un soit disant paquet « perdu » …
        Amazon fait le job et assure par ailleurs un SAV dont beaucoup devrait s’inspirer !

        25 km à pied dans un entrepôt mal machin bidule ? Lever à 3h du mat ? OSEF !!! Chacun est libre de faire ce qu’il veut. Si le job ne plaît pas t’en change !
        Moi j’ai bossé dans une fonderie aluminium en 3×8 ! 45 degrés minimum en hiver et jusqu’à 60 degrés près des fours en été ! Ai milieu de l’aluminium en fusion, de l’huile et des copeaux d’aluminium ! Sans compter le bruit ! Avec une seule pause de 30 minutes !
        Bah quoi ! Bah j’ai taffé ! Parce que j’avais un job qui me permettait de vivre dignement ! Point barre !

        Ah les pauvres employés d’Amazon … Ah oui, moi, contrairement à eux, je n’avais pas de participation et d’interressement hein ! Ce n’est pas pour autant que je vais les plaindre comme je pourrai me plaindre . J’avais le choix ! Quand j’en ai eu assez (hein parce qu’après quelques années on est un peu abimé) bah on change …

        1. laisses tomber…c’est le genre de mec qui bosse pas en dessous de 30000 Euros par mois et maximum 3h par jour..!

      2. argument de petit étudiant qui a encore le cul vissé sur un banc de Fac…je me trompe..?
        entres dans la vie active et après tu pourras l’ouvrir..!

    4. Tout cela est fait au nom du profit. Moins ils embauchent, plus ils gagnent. La souffrance des petites mains pour les poches des actionnaires. Je vous ferais même pas l’affront de prendre position tellement c’est trivial.

      1. Mais qu’est-ce qui empêche ces « petites mains » de créer leur propre entreprise et ainsi de profiter des bénéfices de leur travail ?
        Un investissement initial (avec tous les risques que cela comporte) sans doute ?
        .
        moralité : pas de bras, pas de chocolat.

  1. En Amazonie: infiltré dans le « meilleur des mondes » de Jean-Baptiste Malet, publiée en 2013 chez Fayard relate les mêmes conditions de travail et ce, dans le détail.
    L’argument-roi des managers est que si le demi-employé (ce sont tous des CDD à la base) ne fait pas son taf (ses 25 km à pied dans la journée en gros) il n’obtiendra pas le Graal à savoir un CDI.
    Amazon nous ramène 100 ans en arrière : le stakhanovisme version 21ème siècle.
    Un être humain revient bien moins cher qu’un système robotisé qui nécessite une maintenance permanente et une adaptabilité trop contraignante : les objets stockés dans l’entrepôt ne sont absolument pas rangés, ils sont posés là où il y a de la place et ça c’est très compliqué pour un système automatique. Mais pas pour un être humain.

    Et dire que le ministre du redressement productif s’est réjoui d’accueillir cet « enfer » dans son fief.
    Une insulte à la dignité humaine. Voilà ce que représente Amazon !
    Mais le PDG d’Amazon France, interviewé récemment sur France Info, réfutait, bien évidemment, ces conditions de travail.
    Et celles et ceux qui dénoncent ces conditions d’esclavagisme ne sont que des cassandres à la limite de la folie.
    Ben tiens. S’il disait le contraire il se ferait virer sur le champ.
    Nier l’évidence fonctionne toujours très bien dans notre société bien plus tournée vers l’encensement de ceux qui ont du fric que vers le respect de ceux qui font tourner ces enfers.
    db

    1. C’est VRAI que les conditions ne sont pas au top, mais:
      Le soir en rentrant, t’es vraiment plus au travail jusqu’au lendemain
      Les journées doivent passer vite
      Les objectifs sont atteignables
      T’as peu de responsabilités
      C’est pas salissant
      C’est relativement safe

      ….

      Bref,
      1 – C’est pas ce qui ce fait de mieux, mais c’est loin d’être ce qui se fait de pire
      2 – C’est pas un boulot que tu es censé faire toute ta vie
      3 – Faites des études, ça aide

      1. quelque peu d’accord avec toi, sauf sur le études, ça aide oui mais ça semble tellement bloqué partout que les diplomes servent pas forcément… aussi quand tu n’as pas le choix, un travail comme ça peut te durer à vie.
        perso je bosse sur ordi de chez moi, alors oui je devrais fermer ma bouche, mais y’a pas que des avantages. je fais plutôt 25m par jour que 25km, ça se ressens physiquement de pas bouger, le soir tu finis de bosser mais t’es toujours sur ton lieu de travail donc pas de vraie coupure, on compte pas les heures. je suis loin d’être le plus à plaindre mais y’a pas de boulot vraiment tranquille et en france on se plaindra toujours :)
        en tout cas ça me déçoit un peu de voir ça de la part d’amazon, mais ça m’empechera pas de commander chez eux toujours … alors désolé pour les employés qui se plaignent, vous me verrez encore :/

      2. bon en lisant l’article sur libération ça fait un peu plus « peur » quand même ! ils aiment la contradiction chez amazon, faut se reposer et bien manger à la pause, mais avec 2x20mn c’est tendu ! ils se sont pas encore fait taper sur les doigts c’est bizarre ça… et pas de grève ?

  2. Le directeur se justifie en disant « ont ne leur demande pas d’etre au top , juste à la moyenne »

    Faut pas etre un crack en math pour remarquer qu’avec une strategie comme ça la moyenne doit monter sans fin …
    Donc infaisable.

  3. A lire certains commentaires, c’est chaud de voir qu’aujourd’hui être épié, surveillé, chronométré au nom du rendement et du profit ne choque plus personne. Vous acceptez des conditions de travail dégradantes pour que votre patron s’enrichisse encore plus. Pas vous. C’est beau votre sens du sacrifice. Vous êtes de bons employés. :)

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