Hadopi : la chasse aux pirates était une erreur selon Jean-Michel Jarre

Si la mission de la Hadopi est aujourd'hui quasiment réduite à néant, les tentatives de réduire au maximum le piratage se poursuivent. Interrogé sur le partage de la valeur et la propriété intellectuelle, Jean-Michel Jarre a déclaré que si les intentions étaient originellement bonnes, la chasse aux pirates était une erreur.

Jean-Michel Jarre n’est pas uniquement un musicien de renom, il est aussi le président d’une organisation internationale réunissant plus de 200 sociétés, la CISAC (“Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs”), dont la SACEM, la SACD ou la SCAM font partie. C’est en sa qualité de président qu’il a déclaré, au Midem de Cannes :

Nous, l’industrie musicale, avons fait une grosse erreur en nous attaquant aux consommateurs. N’oubliez pas que nous avons inventé les radios pirates ! Et 30 ans plus tard, nous voulons mettre les pirates en prison… […]

Je respecte le fait que la France a été le premier pays à dire qu’il n’était pas bon de pirater de la musique et des films. Mais même si les intentions étaient bonnes, les résultats furent mauvais ! Parce qu’on s’en est pris aux mauvaises personnes : les consommateurs. […]

Les consommateurs ne sont pas les méchants, personne ne l’est en fait… Nous devons nous concentrer sur les personnes gagnant de l’argent grâce à notre travail, pas sur les personnes qui consomment !

Et qui sont ces personnes ? Jean-Michel Jarre pointe ainsi du doigt un système défavorable pour les artistes. Les géants du Net (Google, Amazon, Facebook, Apple et consort) sont, selon lui, de vrais amoureux de musique et de films, c’est avec eux qu’il convient de travailler à une répartition plus juste de la valeur.

Et Jean-Michel Jarre se montre relativement optimiste :

Nous sommes plus forts que ce que nous croyons ! Pensez à MySpace : il y a dix ans, c’était le Graal de l’internet. Aujourd’hui, ça n’existe plus ! Nous devons mettre en garde Google et Facebook qu’ils pourraient devenir les prochains MySpace, leur dire “Nous avons besoin de vous, mais vous aussi avez besoin de nous”. Parce que les artistes et les créateurs existaient avant l’électricité, nous existerons après Internet !

Espérons désormais qu’il propose un modèle intéressant…

Tags :Sources :PCInpact
Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. C’est la réflexion la plus intelligent que je n’ai jamais entendu sur le sujet. Les gens ont toujours partagé des oeuvres: les liseuses assidues se prêtaient des livres, les potes se prêtaient le dernier vinyle du groupe machin. Maintenant avec internet c’est la même chose mais en plus rapide (et avec des potes que l’on ne connait pas toujours). Qui est assez naïf pour croire qu’une offre internet à 1 Giga, c’est uniquement pour surfer sur internet ? Même avec des connections plus lentes ont peut voir du streaming legal.

  2. et moi quand je pète ca sort de moi et je tremble a l’idée de me faire incéré

    Ce commentaire a reçu trop de votes négatifs. Cliquez ici pour voir le message.
  3. Moi qui, ados, étais un amoureux de la musique de j.m.jarre, il avait baissé un peu dans mon estime car il avait pris un peu le melon mais la j’avoue qu’il est remonté très haut ! Son analyse est brillante et juste !

    1. Tout à fait exact, les quelques musiciens amoureux qui partageaient simplement leur fichier MIDI ( disons la partition ) d’une de ses œuvre ( et non pas l’œuvre elle-même ) étaient très vite menacés de poursuites par les avocats de J-Jarre.
      C’est un retournement à suivre dans les faits.

  4. J’aime bien Jean-Michel Jarre, il est sympa mais, là, en l’occurrence, il parle pour ne rien dire car où sont les solutions ?
    la seule solution reste la licence globale. Les DRM favorisent le piratage car seule une minorité de consommateurs est prête à acheter des œuvres numériquement protégées et Hadopi a montré les limites de la lutte contre le piratage. Jean-Michel Jarre a raison de dire que la lutte contre le piratage, telle qu’elle a été organisée, était une erreur, car elle combattait les clients que l’industrie du loisir est censée séduire. L’industrie du disque et du cinéma semble, enfin, s’apercevoir que son attitude est une espèce de suicide lent. Il n’est jamais trop tard pour reconnaître ses torts mais plus de 10 ans d’errements ça fait quand même beaucoup !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité