Le futur d’Internet me débecte ! (Partie 1)

internet futur

Voilà, c’est dit. Et je le redis : « Le futur d'Internet me débecte ». Bien sûr, je ne peux pas balancer ça sur un site comme Gizmodo sans argumenter. Et, ça va me prendre du temps pour expliquer pourquoi le futur d’Internet m’inquiète et m’énerve à ce point. Alors, allez-vous chercher un café, installez-vous confortablement et suivez-moi. 

En lançant l’application Paper pour ses 10 ans d’existence, Facebook a marqué le coup. Mais il nous laisse entrevoir ce que sera l’Internet de demain selon Zuckerberg. Et si on se contente de lire la presse spécialisée, il n’y a rien à dire, c’est un sans faute. Tous les critiques louent la vision « less is more » de l’application. Avec cette appli, l’utilisateur est captif. On peut afficher des articles, lire les statuts de ses amis sans jamais quitter Facebook. C’est chouette, il  fait bon, on est bien, on y reste. En faisant la promotion de Paper, les journalistes invitent leur lecteur à utiliser une application qui les privera à tout jamais de rémunération. Sans s’en rendre compte, ils scient la branche sur laquelle ils sont assis. Voici pourquoi…

La génèse
Au début, il y avait le Web 1.0 et on ne savait même pas qu’il s’appelait comme ça. Le web était jeune, presque bien élevé, insouciant. Il était simple, mais ça donnait déjà le tournis d’imaginer les possibilités sans limite de ce nouveau média. C’était l’internet des informaticiens et la grande majorité des sites étaient méga-nerds. Rapidement, il y a eu les prémices du web 2.0 avec, pour la France, des avant-gardistes comme Copains d’avant, Caramail… Puis, après l’éclatement de la bulle Internet, on a vu naître le fameux Web 2.0. C’est celui qui a permis à des anonymes de prendre la parole en créant des sites sans aucune connaissance en informatique ou presque. Ils ont pu fédérer des communautés et devenir des influenceurs. On a vu alors l’avènement de MySpace ou de Skyblog. Google a commencé à diversifié ses activités à un rythme soutenu, les adwords en 2000, les API en 2002, l’acquisition de Blogger en 2003 etc… (Regardez cette frise du développement de Google ). C’est alors l’avènement des géants d’Internet, les GAFA (l’acronyme pour Google Amazon, Facebook et Apple).

ogre

Rishi Bandopadhay/CC/Flickr.com

L’ogre Facebook
Je vais un peu accélérer et vous passer l’histoire de Facebook. Vous pouvez lire plein d’articles sur le sujet. Facebook est une incroyable réussite, je le sais. Et à mon échelle, en m’inscrivant, en y retournant, et même en écrivant ici, je nourris l’ogre qu’il est devenu. Car Facebook avale tout. Il récolte de manière ininterrompue vos données. Êtes connecté à Facebook maintenant ? Vous voyez le bouton « j’aime » en bas de cette page ? C’est un mouchard, il dit en ce moment même à Facebook que vous êtes ici, il enregistre même le temps que vous restez sur cette page et attend que vous cliquiez sur « J’aime ». Facebook est un goinfre ! Il absorbe votre comportement et le digère pour mieux anticiper vos besoins.

Vous avez l’application Facebook sur votre smartphone ? Super ! Facebook aime les bonnes affaires. Quand vous vous en servez, vous partagez vos données de localisation, vos habitudes de connexion. Facebook vous remercie.

Imaginez un peu, il y a quelques années, l’association Europe against Facebook a demandé l’accès à l’ensemble des données collectées sur plusieurs profils. Le résultat ? Ils avaient en moyenne 1900 pages en PDF de données collectées par profil ! Un ogre, je vous dis!

Toutes les grandes, moyennes, petites entreprises ont désormais leurs pages Facebook, leurs sites référencés sur Google. Même mon boucher du marché plein vent à sa page ! C’est normal, les spécialistes nous le répètent, si vous voulez vendre, il faut aller là où se trouvent les clients. Ils sont sur Facebook ? Ce n’est pas grave. Créez votre page, c’est gratuit.  Et chaque année, les statistiques publiées sont dingues. Facebook engloutit les records et les utilisateurs. Et les créateurs de contenus découvrent une formidable une caisse de résonance à leur production. Certaines sociétés ont dépensé des petites fortunes pour faire naître une communauté autour d’un produit, d’une marque, d’un lieu, d’une passion…

Se rendre indispensable
Puis, quand Facebook a atteint une taille critique, il a commencé à fermer le robinet. Maintenant, c’est donnant-donnant. Vous voulez des visiteurs sur vos pages ? Passez à la caisse. Après avoir investi dans leur communauté, les producteurs de contenu (entendez les marques, la presse, les blogueurs, les entreprises, etc…) n’ont pas d’autres choix que de continuer d’investir. Ils n’ont pas forcément eu leur retour sur investissement, mais voilà que les règles viennent de changer. Si voulez que que 25% de votre communauté puisse voir votre contenu, il faut payer…. Mais attention, souriez, le ciblage est hyper fin et précis.

De son côté, la presse se retrouve à publier des articles avec des titres à clics, à like et à partager. Il faut être le premier à publier l’info. Ceux qui vérifient les sources perdent du temps, de l’argent et du clic.

google vampire

Google, le vampire
Malgré sa doctrine « Don’t be evil », Google n’est pas un Saint, mais un être de la nuit. Tel le vampire, il se nourrit du sang des autres. Invisible, il rampe le long des tuyaux et aspire tout ce qui se trouve sur son chemin. Il aspire les pages web, les photos, les vidéos, les livres de nos bibliothèques… A l’instar de Facebook, Google veut une partie des bénéfices que vous générez grâce à lui. Sans un bon positionnement sur son moteur, pas de visiteurs. Et si vous voulez être vu, il faut payer. Bien sûr, il est possible d’améliorer son référencement, mais toutes les entreprises utilisent le programme d’annonces de Google, soit pour être affiché en première position des résultats, soit pour apparaître chez les partenaires du programme. Tous les blogueurs ont installé ce programme sur leur site en espérant tirer des revenus. Entre temps, Google s’est diversifié, il est sur vos mobiles avec Android et veut capter les revenus publicitaires générés sur cette plateforme…. Mais pas seulement. Pour Google, la vie privée n’existe plus. Elle est aujourd’hui privatisée et elle appartient à Google.

Dans la deuxième partie, je vais enfin vous expliquer pourquoi l’Internet du futur tel qu’il est vu par Google ou Facebook me débecte. Et comme je suis optimiste, je vous donnerais aussi quelques pistes possibles

Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. WHAOOO enfin un éclair de conscience sur ce qu’est devenu l’internet de Google et Facebook. Perso, je suis entré en résistance depuis longtemps. Pas de compte FB et pas de compte Google.

  2. Première partie intrigante qui donne furieusement envie de lire la suite!
    J’espère que sera abordé aussi l’intrusion du politique dans cet internet « trop » libre à entendre certains.

  3. Et bah voila ! bonne analyse !
    Même si finalement on ne parle pas vraiment du FUTUR d’internet comme l’annonce le titre…
    Le Future d’internet, c’est encore pire…. et c’est bientôt sur vos écrans 😉

  4. Super article, bien écrit, avec une analyse personnelle, intelligente et argumentée. Ça change des (mauvaises) traductions d’articles et des infos/vidéos moisies et datées ! Pourquoi est-ce que Gizmodo n’est pas tout le temps comme ça ?

  5. Noredine. Comment ca, tu peux pas balancer une phrase sans argumenter?
    Ben le fait tout le temps et en plus il finit les phrases en symbole d’interrogation.

    Les lecteurs sont pris pour des prunes?
    Noredine, tu es un beau rayon de soleil parmi les articles copier/coller du site.
    Merci!

  6. « De son côté, la presse se retrouve à publier des articles avec des titres à clics, à like et à partager. Il faut être le premier à publier l’info. Ceux qui vérifient les sources perdent du temps, de l’argent et du clic. »

    Ahhhh OK je comprends mieux !!!! C’est marrant en remplacant « la presse » par Gizmodo ca peux etre marrant :

    De son côté, Gizmodo se retrouve à publier des articles avec des titres à clics, à like et à partager. (Hein qu’on les reconnait bien la ?!) Il faut être le premier à publier l’info. (Bon ca ils ont du l’oublier ou pas le voir je sait pas trop !) Ceux qui vérifient les sources perdent du temps, de l’argent et du clic. (Mais si Eux ! les journalistes, les vrais !! Mais pas de ça chez Gizmodo ! Non Madame !! pas de ça chez nous ! )

    1. Personne n’a dit que Gizmodo était différent. Nous avons des titres à like, à clic et à share.
      Mais Gizmodo laisse une grande liberté à ses rédacteurs et nous sommes libres de critiquer un annonceur.
      J’exprime donc mon point de vue, même s’il va à l’encontre de la politique actuelle du site. Et même si ça peut sembler paradoxal, j’apprécie de le faire ici.

  7. juste une remarque : il existe des plugins et des scripts pour faire disparaitre les boutons « like » « tweet » « +1 » etc …
    ça évite de se faire tracer.

  8. Ce ne sont ni Facebook, ni Google les responsables. Mais la majorités des internautes, la masse. Cette masse n’as aucun gouts, aucun esprit critique, ne fait que ce qu’on lui dit de faire et d’aimer. Des moutons, des débiles.
    La démocratisation de l’internet, comme dans toute chose, n’apporte que la médiocrité.

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