Vivez les JO de Sotchi avec les photographes

Les JO de Sotchi avec les photographes

Les Jeux Olympiques sont chaque fois un énorme événement, demandant des moyens colossaux, notamment pour assurer la couverture médiatique. Les photographes y sont légion et ils vivent durant ces quelques jours à une vitesse ahurissante. Plongez dans l'envers du décor, avec les pros de la photo.

Le but du « jeu », vous l’aurez compris, et de couvrir le moindre événement, la moindre course, et de livrer les clichés le plus rapidement possible. L’AP et Getty Images, deux des plus grosses agences de photos en place, ont une mécanique très bien huilée.

Lorsque le snowboardeur américain Shaun White défend son titre dans le half-pipe, il tente une énorme figure. Malheureusement pour lui, il rate son atterrissage et il n’aura fallu que trois minutes pour que ces deux clichés de sa planche presque pliée en deux se retrouvent sur les serveurs et soient déjà à disposition des directeurs artistiques et autres rédacteurs.

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Ken Mainardis, vice-président sport chez Getty et Denis Paquin, directeur de la photographie chez AP nous explique comment la chose est possible.

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« Tout est question de vitesse » déclare Denis Paquin, « C’est vraiment important d’avoir les images presque aussi vite que si on regardait la télévision. » Et pour cela, il faut un nombre incalculable de clichés, 2 000 par jour pour AP. Pour Getty Images et Reuters, les photographes prendront pas moins de 1 million de photos.

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Heureusement, tout ceci est possible grâce au numérique. Avant son avènement, il fallait passer par la case développement en chambre noire et là, pendant une grosse journée, Getty fournissait 100 à 150 photos.

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Gérer des volumes aussi impressionnants nécessite de fait une infrastructure adaptée, soigneusement élaborée des mois, parfois des années, à l’avance. Getty avait tenu sa première réunion lors de JO de Vancouver il y a quatre ans. L’AP avait fait un premier repérage il y a deux ans. Un mois avant l’ouverture des jeux, des équipes s’attelaient à tirer les câbles Ethernet.

Pour Getty par exemple, ce sont pas moins de 27km de câbles qui ont été déployés pour connecter les 11 sites et les 37 photographes en place, si tant est qu’ils soient dans un endroit « sûr ». Si ce n’est pas le cas, ils sont connectés sans fil à la base la plus proche.

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Et il ne faut pas croire que ces photographes ne font pas de sport. Chaque jour, ils emmènent, parfois à ski, leur paquetage : 16-35mm f/2.8, 24-70mm f/2.8, 70-200mm f/2.8mm, f/300mm F2.8 et quelques boîtiers – Canon et Nikon pour Getty, Canon entièrement pour l’AP, principalement les Canon 1DS et Nikon D4S -.

Dès qu’une photo est prise, une version JPEG haute qualité – et non un fichier RAW non compressé – est envoyée par Ethernet au bureau d’édition. Là, trois personnes sont chargées de la traiter : la première sélectionne le meilleur cliché, la deuxième corrige les couleurs, la troisième ajoute les métadonnées, le tout en 30 ou 40 secondes. Il faut quelques 90 secondes pour envoyer la photo via les lignes dédiées de 100Mbit/s sur les serveurs aux Etats-Unis. L’AP procède sensiblement de la même manière, préférant cela dit laisser les éditeurs sur site, au plus près des photographes pour les informer de leurs attentes.

Le résultat est en tout cas toujours le même, la photo est disponible dans le monde entier en moins de trois minutes. Autant dire que la marge d’erreur est extrêmement faible. Heureusement, les équipes techniques sont là si un tracteur venait à rompre un câble.

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Avec le nombre de photographes et d’appareils sur le site, chaque événement important est immortalisé. De fait, les clichés de l’AP et de Getty se ressemblent souvent énormément. Pourtant, leurs cibles ne sont pas les mêmes. L’AP sert des médias nationaux, l’emphase est donc mise sur les héros nationaux. Getty aussi mais est surtout l’agence officielle des Jeux Olympiques, choisie par le Comité International Olympique. Ils se doivent donc de documenter chaque épreuve et chaque athlète de ces jeux.

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Aussi, s’ils utilisent le même matériel, les résultats sont bien différents. Les clichés de Getty seront recadrés, retouchés pour être véritablement sensationnels, pour faire les pleines pages des magazines. Ceux de l’AP, en revanche, préfèrent raconter l’histoire des jeux, laissant une (petite) place à l’imperfection naturelle.

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Cela étant dit, l’innovation et l’originalité ne sont absolument pas oubliées. Chaque photographe espère bien réaliser le cliché unique, celui qui fera sensation… Il ne s’agit pas de couvrir un saut, une victoire, une émotion, il faut aller chercher le petit détail, le truc en plus qui fera la différence.

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Les équipes techniques planifient déjà leurs prochains JO, ceux de 2018. Au programme ? Davantage de clichés, toujours plus vite, toujours plus beaux. Comme les Jeux en somme.

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Tags :Sources :Gizmodo
Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Et bah voilà !
    Si seulement il pouvait y avoir plus d’articles de ce niveau sur Gizmodo, ce serait génial. Ok, c’est une traduction mais elle est très bien faite.
    Une seule petite remarque, qui n’engage que moi : ça aurait été intéressant de garder les légendes des photos car elles sont intéressantes.

  2. Article intéressant, merci.

    Au passage, histoire de faire mon chieur : « Vive » ne prends pas de S. A la rigueur « Vivent » et encore, je ne suis pas sûr que ça s’écrive.

    1. Marie Marchand-Arvier des Contamines-Montjoie qui s’entraîne pour les JO de Pyeongchang en 2018 à la future épreuve olympique de trampoline acrobatique en ski…
      Il faut tourner la photo d’un quart de tour

  3. Article intéressant, merci Morgan ! (C’est sûr que c’est pas Ben ou Flo qui feraient ça…)

    PS : c’est bien une française sur la dernière photo, Marie Marchant-Arvier lors de la descente 😉

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