Rachat d’SFR, les raisons du choix de Vivendi

Points d'interrogation dans le brouillard

Certains n'ont pas été surpris de la décision de Vivendi de choisir Numericable pour la vente de la filiale SFR. Pour d'autres, ce fût l'incompréhension. Pourtant telle décision ne peut être prise à la légère et voici pourquoi Vivendi a opté pour Numericable plutôt que Bouygues.

Vivendi a précisément étudié quatre critères pour faire son choix :  le projet industriel, le cash, le financement et la concurrence. Et la décision ne fût pas difficile puisque Bouygues ne l’emportait que sur le seul point du projet industriel… 3-1, un score sans appel.

Bouygues se dit surpris, Numericable est ravi et Vivendi délesté du poids d’SFR. Mais quels ont été les éléments qui ont influencé la décision du Conseil de surveillance de Vivendi ?

Sur l’offre en numéraire (le cash), après plusieurs offres de part et d’autres, Bouygues a proposé 11,3 milliards et Numericable 11,75 milliards. Soit 50 petits millions de mieux… Suffisant pour l’emporter. Notons que Vivendi a privilégié le cash au détriment de la participation capitalistique (43% pour Bouygues, contre 32% pour Numericable.

Concernant le financement, Numericable table sur une acquisition par emprunt auprès de neuf établissements bancaires. Bouygues ne voulait compter que sur HSBC. Des approches somme toute différentes, et Vivendi a ici opté pour la vision de Numericable).

Concernant la concurrence, une alliance SFR-Bouygues aurait été un lourd acteur en termes d’abonnés, trop lourd sans doute, au point que Bouygues voulait céder des fréquences et antennes à Free. Pourtant, l’entité SFR-Numericable risque d’être largement étudiée – sur le secteur du fixe – puisqu’elle détient Numericable les deux tiers des foyers français en très haut débit.

Dernier point, le projet industriel. Celui de Bouygues a séduit les membres du conseil de Vivendi, à savoir, donner les moyens de développer son réseau 4G et d’apporter le déploiement de la fibre optique en France, mais ce n’était manifestement pas suffisant pour contrer l’offre de Numericable.

Vivendi doit encore valider son choix à l’issue de trois semaines de négociations. Les syndicats sont aux aguets concernant l’emploi, le gouvernement reste dans l’expectative et surtout, SFR-Numericable, se retrouvera avec 17 milliards d’euros de dettes… Rien n’est joué et entériné dans cette affaire, espérons que ce ne soit pas le consommateur (nous…) qui en fasse les frais.

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  1. Non, c’est comme d’habitude, c’est le choix qui rapportera un max de blé peut importe les conséquences du moment que la douche de pognon y soit !

  2. « Certains n’ont pas été surpris de la décision de Vivendi de choisir Numericable pour la vente de la filiale SFR. »

    Vous avez un sérieux problème chez Giz…. Sur chaque article à se sujet, vous Validé la ventre entre numéricable et Vivendi alors qu’ils ont juste une période de négociation exclusive de 3 semaine. Vivendi peut très bien dire non à la suite de ces trois semaines et choisir Bouygues

    1. Numéricable était quand même en négociation avec Vivendi depuis près d’un an, la ou BT s’est attelé à une idée de rachat de SFR il y a seulement quelques semaines comme seule « bouée » de survie.

  3. Le PDG de Numéricable vient de faire une conférence de presse (BFM Business) et celui ci est très clair sur la complémentarité des deux entreprises fibre pour Numéricable et ADSL/Mobile pour SFR, donc avec un risque de casse sociale moindre que dans deux entités identiques comme BT/SFR

    1. Oui il est clair que Montebourg travaille pour Bouygues (qui entretient beaucoup de relations privilégiées avec les politiques je trouve).
      Quand on y réfléchit un peu, Numéricâble n’est absolument pas implanté dans le domaine du mobile et les quelques offres qu’ils proposent font appels à des partenaires (Bouygues ou SFR d’ailleurs) pour de l’itinérance.

      Si Numéricâble rachète SFR, il vont conserver la majeure partie des compétences qui sont actuellement chez SFR afin de conserver un réseau actif et un maximum de clientèle. Si au contraire c’est Bouygues qui rachetait SFR, il seraient alors à la tête de deux entité de téléphonie mobiel et donc avec énormément de postes en double.
      Le résultat au niveau emploi serait très certainement plus catastrophique avec des licenciements et des fermetures de boutiques en grand nombre.

      Si Montebourg était vraiment objectif et impartial dans cette affaire, il verrait que du point de vu de l’emploi c’est bien Numéricâble qui offre le plus de garanties …

  4. Amusant les naïfs qui croient que la décision de Vivendi a le moindre rapport avec l’emploi.
    Vous tombez des nues ou quoi ?
    Vous croyez que ce genre de transaction n’a rien à voir avec l’argent ?

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