Devinette : quel est le nom de l’agence spatiale française ?

cnes

J’ai demandé autour de moi le nom de l’agence spatiale française. Et j’ai été surpris de découvrir que peu de personnes connaissaient le nom de cette vénérable agence. On m’a parlé de l’ESA, l’agence spatiale européenne. Il y en a un qui a répondu Ariane. On m'a même dit que c'était un piège, qu'il n'y en avait pas. Le pire ? J’habite Toulouse, la ville où tout le monde est censé connaître le nom de cette agence ! En même temps, on ne peut pas leur en vouloir, si on ne connait pas le nom de l’agence spatiale française, c’est parce qu’elle ne s’appelle pas l’ASF mais… le CNES.

Le CNES, c’est l’agence spatiale française, oui, oui. C’est l’acronyme de Centre national d’études spatiales. Ça signifie « agence spatiale française » mais ça ne le dit pas. Le CNES, donc, est « chargé de proposer au gouvernement la politique spatiale de la France au sein de l’Europe et de la mettre en œuvre. »

Aujourd’hui, vous le savez, tous les programmes spatiaux se font en coopération. Il est donc important que nos intérêts soient les mieux représentés, surtout quand les enjeux pour le futur sont de taille (GPS, climat, surveillance, agriculture, etc.) La Station spatiale internationale par exemple regroupe 14 pays : États-Unis, Russie, Canada, Japon et Europe avec 10 pays européens (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Italie, Norvège, Pays-Bas, Suède et Suisse)

En France, nous avons une politique spatiale autonome. Pendant un moment, nous avions même un projet de navette spatiale (si ça vous intéresse, j’ai interviewé Jean-Pierre Haigneré, qui était  chef de la section vol habité du projet). Et entre nous, nous n’avons pas de quoi rougir de la  politique menée par la France dans le domaine spatiale car si l’Europe possède aujourd’hui une base de lancement en Guyane, c’est bien grâce aux infrastructures que nous avons développés.

Notre bonne vieille agence spatiale française développe actuellement 5 axes qui sont aussi stratégiques qu’ambitieux :

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© CNES/DUCROS David, 2013

Tout d’abord, il y a l’autonomie d’accès à l’espace. Comme je l’ai dit, la Guyane est l’accès à l’Europe pour l’espace. Avec les projets Ariane V et Véga, nous pouvons lancer nos satellites militaires sans demander à la Russie ou aux Etats-Unis de les mettre dans leur fusée.

Ensuite, il y a l’observation de la Terre. La France et l’Europe ont mis en orbite un grand nombre de satellites d’observation. Ils étudient le rôle des nuages, le niveau des mers et les courants, la météo, les épidémies, etc.

Un des axes importants concerne les télécommunications, la télévision, l’Internet haut-débit, mais aussi la navigation par satellite. L’Europe est en train d’installer le système Galileo complémentaire au GPS américain. Il y a des enjeux autour du très haut débit par satellite qui pourrait avoir des retombées économiques délirantes en France, en Europe et dans le reste du monde.

L’autre enjeu concerne bien sûr la sécurité et la défense. Forcément, l’espace est un emplacement stratégique indispensable. Avant, celui qui contrôlait l’île de Malte, Hawaii ou Gibraltar pouvait gagner des guerres. Aujourd’hui, il faut être dans l’espace. Les satellites ne connaissent pas les frontières et ils peuvent observer, écouter, alerter, intercepter, détecter des activités suspectes, des lancements de missile, etc.

Et je garde le meilleur pour la fin : la science ! C’est dans l’espace, loin de la pollution lumineuse, atmosphérique, gravitationnelle, que les scientifiques peuvent disposer d’instruments permettant d’étudier l’univers. Le CNES soutient ainsi les scientifiques pour qu’ils puissent disposer des meilleurs outils possibles, que leurs expériences puissent accéder à l’ISS,  ou que leurs instruments embarquent à bord de sondes ou de rover qui arpenteront d’autres horizons.

J’ai eu la chance de rencontrer Sébastien Rouquette, le responsable des vols paraboliques du CNES, alors que je me trouvais dans les locaux de Novespace, une filiale du CNES. Sebastien nous explique à quoi servent les vols paraboliques et comment il accompagne les scientifiques ou astronautes dans leurs rêves d’espace.

Tags :Sources :CNES
Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Un petit mot pour dire que les articles de Norédine sont toujours intéressants . Je dégueulerais pas sur le site comme c’est le sport ces temps ci mais je voudrais vraiment marquer le fait que j’apprécie beaucoup la rédaction de ses articles autant que leurs contenus.

  2. Honte à mes « compatriote » Toulousain!
    Eb plus ça doit être (je suis pas sur) le deuxième plus gros employeur de la région après Airbus.

  3. Excellent article, comme d’hab avec l’auteur !

    Par contre je n’ai pas compris cette phrase : « L’autre enjeu concerne bien sûr la sécurité et la défense. Forcément, l’espace est un emplacement stratégique indispensable. Avant, celui avait l’île de Malte, Hawaii ou Gibraltar pouvait gagner des guerres. »

    Avant, celui avait l’Ile de Malte ? :s

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