Comment reproduire l’apesanteur avec un avion de ligne ?

airbus a300 zero-G

Saviez-vous qu’il est possible de reproduire la même apesanteur que celle des astronautes avec un avion de ligne ? J’ai rencontré Jean-Claude Bordenave, commandant de bord de l'A300 Zero-G de Novespace, une filiale du CNES. Il est pilote d’essai et il est capable en réalisant une manœuvre particulière d’annuler les effets de la gravité. Dans la vidéo ci-dessous, il nous explique tout à propos de cette manœuvre qui consiste à réaliser une parabole au cours de laquelle tout le monde à bord de l’avion se retrouve en état d’apesanteur.

Jean-Claude Bordenave nous présente son lieu de travail : un Airbus A300 modifié pour réaliser des campagnes de vols paraboliques. Dans sa vie de pilote, Jean-Claude a réalisé entre 7000 et 8000 paraboles ! Autant dire qu’il sait de quoi il parle.

Dans la vidéo, il nous présente brièvement l’extérieur de l’A300 Zero-G, l’intérieur de la cabine avant de nous montrer le cockpit et de nous expliquer en détail la manière dont il réalise la parabole.C’est le seul avion où les deux pilotes manœuvrent en même temps. Il y a un pilote qui s’occupe de la trajectoire de la parabole, pendant que le deuxième s’occupe de maintenir l’assiette. Il y a même un mécanicien navigant qui s’occupe de la manette des gaz.

Pour résumer, pendant la phase de vol, c’est un avion avec un parcours de vol tout à fait normal. Quand l’avion se cabre, tout le monde à l’intérieur est soumis à 1,8g, c’est-à-dire tout le monde à l’impression de peser près de 2 fois son poids pendant 20 à 25 secondes. Puis vient la phase de la parabole en elle-même au cours de laquelle tout le monde est en apesanteur pendant 22 secondes. Et à la sortie de la parabole, la phase de ressource, quand le pilote tire de nouveau sur le manche, tout le monde pèse de nouveau près de 2 fois son poids.

Airbus  A300 zero-G

Un vol parabolique scientifique dure environs 3 heures et se déroule le plus souvent au-dessus de l’océan, car le ciel est moins encombré. Mais il peut se dérouler au-dessus de la méditerranée  ou même de la France si besoin. Un vol comporte 31 paraboles : une parabole « 0 » pour s’habituer aux effets de l’apesanteur, et 6 séries de 5 paraboles.

J’aimerais attirer votre attention sur Jean-Claude Bordenave. Il faut savoir que parfois quand on réalise des interviews, on rencontre des personnalités. Et quand je dis « personnalités », je ne parle pas de personnes connues, mais de belles personnes, avec une personnalité forte, des personnes qui vous marquent. Jean-Claude Bordenave, fait partie de ces personnalités dont on se souvient longtemps après les avoir rencontrées. Son sourire, sa gentillesse, son professionnalisme et sa simplicité ne s’oublient pas une fois le matériel rangé. Et j’espère qu’en regardant cette vidéo, vous verrez vous aussi la lumière qui brille dans son œil, c’est la lumière de ceux qui font un métier qu’ils aiment et qui les animent au plus profond de leur être.

Merci au CNES et à Novespace pour leur accueil. Dans le prochain article, je vous parlerais du vol en  apesanteur que j’ai vécu. 

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Ba il a ete cool le pilote 😉 une bonne ressource comme dans les bouquins c’est 3g sinon elle est pas “valide” et le 0-3G ça piquotte ^^

  2. loin de moi l’idée de critiquer tes articles qui sont, pour ma part, supérieurs à d’autres, mais il me semble que tu te répète un peu depuis que t’es allé faire joujou dans 1 de ces avions 😉

  3. On ne se retrouve pas en apesanteur mais en micro-gravité… L’apesanteur est l’absence de pesanteur, alors que là, au même titre que les satellites vis à vis de la terre (Lune comprise), il s’agit d’une chute libre commune à l’avion et ses passagers.

      1. Les abus de langage apparaissent, même chez les pros.

        Pour rappel: l’apesanteur n’est que théorique et arrive sur un certain point entre deux astres, dans un vol 0-G, on est en impesanteur: l’attraction terrestre est toujours là mais on est dans un référentiel qui tombe à la même vitesse que nous.

        Pourtant, je t’avais déjà fait la remarque sur d’autres articles mais tu persistes ici…

        1. Wikipedia (qui a en source le CNES):

          Le terme « apesanteur » est le terme fréquemment utilisé en français pour désigner cet état d’absence (a-) de pesanteur ; cependant les confusions orales fréquentes entre l’apesanteur et « la pesanteur » ont conduit à utiliser le terme « impesanteur » en lieu et place1. Le dictionnaire de l’Académie française constate cependant que le terme ne s’est pas imposé et ne le référence donc pas, mais il est officiellement préconisé par l’arrêté du 20 février 1995 relatif à la terminologie des sciences et techniques spatiales en notant que « le terme apesanteur est déconseillé pour éviter, dans le langage parlé, une confusion entre l’apesanteur et la pesanteur »2.

          Le terme « microgravité » est également mal utilisé pour désigner l’état d’impesanteur, en particulier par beaucoup de professionnels. On ne devrait parler de microgravité que très loin de la Terre et tout autre astre générant un champ gravitationnel, ou bien aux points de Lagrange où les champs de gravité « s’annulent », entre Terre et Lune par exemple1.

          Les termes correspondants en anglais sont weightlessness (absence de poids), zero gravity (gravité zéro), et zero-g1 (formule mathématique universelle signifiant « 0 x g » et donc utilisable en français: « zéro-g »)

        2. JF Clervoy dit que les termes d’apesanteur ou d’impesanteur sont la même chose. Et comme le texte que tu cites ne dit pas le contraire et que l’Académie française ne référence pas le terme d'”impesanteur”, je peux donc utiliser le terme “apesanteur” qui sera compris par le plus grand nombre, surtout à l’écrit. (puisqu’il n’y a pas de “confusions orales”)

        3. Selon l’arrêté, il est préconisé d’utiliser le mot impesanteur, apesanteur signifie littéralement “sans pesanteur” (le “a” est privatif), or on est toujours soumis à l’attraction terrestre. Les deux mots ne veulent donc pas dire la même chose.

          Enfin, c’est pas moi qui écrit les articles mais si c’était le cas, je ferais pas dans l’à peu près

        4. Je ne fais pas “d’à peu près”. Dans l’Arrêté que tu cites : « le terme apesanteur est déconseillé pour éviter, dans le langage parlé, une confusion entre l’apesanteur et la pesanteur”. Les mots importants sont : “langage parlé”. Ici, jusqu’à preuve du contraire, j’utilise du langage écris.
          De plus, les termes impesanteur et apesanteur désignent exactement la même chose. Et ce n’est en aucun cas l’absence d’attraction terrestre. Pour citer Wikipédia : “L’impesanteur est ressentie lorsque l’accélération subie égale la gravité, ce qui recouvre aussi le cas où le champ de gravité serait quasiment nul (loin de toute matière).”
          Pour finir, Novespace et le CNES utilisent indifféremment les termes d’impesanteur ou d’apesanteur pour décrire les mêmes phénomènes.

  4. Heu… le process n a rien de nouveau… j adore les news pas news que vous publiez. C est tellement pas nouveau que ca repose le cerveau…

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  5. J’adore la vidéo… Alors oui, comme certains le disent… on connais le principe… mais je me demande combien savent qu’on pilote un avion pareil avec des corde par exemple… donc désolé, j’ai peut-être pas tout appris car je connaissais beaucoup… mais j’ai appris plein de détails (spécialement sur le pilotage mais comme c’est la partie qui m’intéresse le plus tant mieux ! Et merci pour cette vidéo)

  6. Félicitation Norédine, tes articles sont systématiquement intéressants. Même si pour ma part je connaissait le principe de celui-ci.
    Félicitation aussi, car tu prends le temps de lire les commentaires, et d’y répondre, car c’est quelque chose qui manque habituellement sur Giz.

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