Le futur de l’automobile se joue aujourd’hui

Une voiture autonome Google

Que peuvent bien avoir en commun Nokia, General Motors, Renault, Michelin, Apple ou encore le spécialiste du paiement Atos Worldline ? La réponse : le véhicule connecté. Tous tentent actuellement de développer leur service avec une promesse : l’automobile sera résolument l’outil multifonctions connecté du futur.

L’automobile reste l’un des premiers moyens de transport. D’après le cabinet d’analyses Ward’s Auto, le nombre d’automobiles en circulation sur la planète aurait dépassé le milliard en 2011. Ce chiffre devrait être multiplié par trois d’ici 2050, selon les prédictions des Nations Unies.

Pourtant, son modèle se ternit. L’industrie s’épuise au détriment des acteurs historiques. A l’image de Détroit, les villes qui portaient l’activité depuis toujours font faillite. Alors les constructeurs ont décidé de relever un nouveau défi. Pour le défendre, il semblerait que leur implantation stratégique se joue cette fois tout près des acteurs technologiques ou des start-up innovantes, au cœur même de la Silicon Valley.

Le secteur tourne en effet une nouvelle page de son histoire en défendant une nouvelle idée de l’automobile associée aux technologies connectées. Les dernières années, les concepts se sont suivis sans forcément se ressembler. Mais un fait avéré vient d’être confirmé à l’occasion de l’édition 2014 du Mobile World Congress : l’avènement des véhicules connectés a bien eu lieu.

Sauf que les constructeurs ne sont pas les seuls à tenter leur chance sur ce marché florissant. De l’intégration de tablettes tactiles à bord des véhicules à la présentation des premiers véhicules autonomes, voici un petit tour d’horizon du marché actuel et à venir de l’automobile connectée.

Une grande diversité des acteurs

Constructeurs

Les constructeurs restent les mieux placés sur le marché des véhicules connectés, ou du moins, les plus attendus. Spécialistes du secteur de l’automobile, il faut s’attendre à ce que leurs propositions intègrent désormais les nouvelles technologies pour faire évoluer les modèles vers l’avenir.

  • Ford nous présentait, à l’occasion du Mobile World Congress, son nouveau modèle de véhicule connecté reposant sur l’installation d’une tablette Sync 2 sur le tableau de bord du véhicule. Au programme, une fonctionnalité GPS avancée, la téléphonie mobile, les fonctionnalités MP3, le tout contrôlé vocalement grâce à la technologie Nuance.
  • Début 2014, Volvo s’est aussi engagée dans le développement de services basés sur l’utilisation d’un véhicule connecté. Le constructeur, a pour sa part, présenté un service de livraison des achats en ligne directement dans le coffre des e-consommateurs.
  • BMW met en avant le luxe et la technologie, associés à une conduite éco-responsable avec son modèle BMW i3.
  • En France, Renault poursuit le développement de son offre connectée et intégrait, en février 2014, deux nouvelles applications développées par Google (pour la gestion de calendrier) et Michelin (pour le renseignement touristique).
  • En mai 2013, General Motors signait un partenariat avec le spécialiste télécom AT&T aux Etats-Unis avec un objectif : rendre ses véhicules connectés et permettre aux passagers de visionner des films et autres contenus publicitaires en vidéo grâce à une connexion 4G.

Géants du web

L’alliance des technologies connectées et des outils de la mobilité ouvre la voie, pour les constructeurs, à une nouvelle forme de concurrence venant des acteurs technologiques, et des géants du Web en particulier. Google et Apple font ainsi figure de pionniers avec leurs offres de connectivité des véhicules.

  • Google reste un modèle sur le marché. Le groupe est à l’origine du premier véhicule autonome avec la Google Car et est cité comme un exemple par les constructeurs eux-mêmes. En matière de véhicule connecté, le groupe s’attache à imposer son système d’exploitation comme l’interface de base à partir de laquelle les conducteurs pourront vivre l’expérience de la conduite connectée.

Google Car

Google doit pour cela signer des partenariats avec les constructeurs, mais se retrouve alors confronter à son concurrent historique : Apple.

  • Car la firme de Cupertino ne reste pas déconnectée de ce marché. Au mois de mars, Apple présentait ainsi CarPlay, un système de connectivité reposant sur l’intégration d’un iPhone comme outil de pilotage de différentes fonctionnalités connectées à bord des véhicules.
  • Microsoft aussi s’est lancé sur ce marché. Tout comme Apple, le groupe présente un système basé sur la connectivité d’un smartphone sous Windows cette fois, avec un véhicule.

Apple CarPlay

Paradoxalement, les deux systèmes d’exploitation concurrents tentent donc de s’installer à bord des véhicules des constructeurs alors que ces derniers cherchent aussi à développer leur système en propre. Apple s’emploie pour le moment à imposer son smartphone comme outil de connectivité afin de pallier au manquement de connectivité embarqué et souhaite ainsi remplir le vide actuel du marché.

Commerçants

Les commerçants s’attachent eux, aussi, à présenter leurs offres de véhicules connectés. Au-delà d’un modèle « classique » et « démocratisable », les expériences sont davantage ludiques et commerciales.

L’exemple type sur ce thème est celui de Zalando qui, en mars 2013, présentait son concept car baptisé Fashion Box. Aux couleurs de la marque, la voiture était équipée des technologies de réalité augmentée et d’une tablette tactile devant permettre aux utilisateurs de reconnaitre les tenues des passants, et des les commander directement depuis la plate-forme de vente en ligne Zalando. La livraison pouvait aussi être assurée directement dans le véhicule.

zalando

Des spécialistes complémentaires

Sur le marché des offres basées sur la connectivité des véhicules, d’autres acteurs moins attendus semblent vouloir se positionner. Ainsi, au mois de mars, Atos et Nokia associaient leurs filiales Worldline et Here, respectivement spécialisées dans le paiement et la cartographie. L’objectif étant ici de développer un modèle à destination des professionnels et des particuliers, intégrant différents services dédiés (notamment pour la localisation et le paiement).

Le marché de l’assurance peut aussi trouver un intérêt grandissant dans l’exploitation des technologies connectées installées à bord des véhicules. Déjà bien développées aux Etats-Unis, les offres de services d’assurance PayAsYouDrive (assurance au kilomètre associée à l’installation d’un boitier de comptage kilométrique).

Des modèles gradués sur l’échelle technologique

Les multiples initiatives dessinent actuellement les contours encore flous du futur de l’automobile. De la voiture connectée au véhicule autonome, les modèles sont variés et ne garantissent pas la démocratisation d’un système unique.

Les véhicules autonomes circulent déjà (à l’image de Google) mais des constructeurs, tels que Ford, mettent en avant les obstacles financiers et sécuritaires qui devraient encore freiner la croissance du marché pendant une quinzaine d’années.

D’après Pim Van Der Jagt :

« Il n’y aura pas de commercialisation prévue pour le moment, même d’ici 15 ans. […] Mais le concept de l’automobile autonome reste celui de l’avenir. »

Conclusion

Cet état des lieux vise à présenter la multiplication des modèles et l’investissement grandissant de nombreux acteurs. D’après Gartner Predicts, un quart des constructeurs monétiseront leurs offres connectées en 2017.

Cette tendance dessine les contours de l’avenir de l’automobile, en cohérence avec l’explosion de la connectivité des objets en général, du Big Data et des nombreuses technologiques de communication “Machine to Machine”.

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Un truc qui n’est pas clair : on veut nous rajouter des tonnes de bidules connectés dans les voitures d’un côté mais de l’autre on nous interdit de toucher notre téléphone au volant (ce qui est très compréhensible).

    Comment va-t-on vendre ces voitures qui vont potentiellement nous faire perdre des points sur notre permis de conduire ? Parce que le gars qui lit ses SMS, que ce soit sur son mobile ou sur l’écran de sa voiture pour moi c’est pareil : il n’est plus concentré sur sa conduite.

    1. Non, tu n’as pas bien compris l’article! 2 modes sembles se dessiner:

      – 1 voiture entierement connecté (google car) qui conduit toute seule, etc….

      – 1 voiture « hi tech » commandé par un smartphone/tablet/device ou c’est le device qui gère la partie hi tech et les controles du véhicules.

      ++

  2. Encore de « belles » inventions qui vont « couter un bras » en SAV.
    On connait la chanson: faut changer tout le module! ça coute 895€ HT!!
    et 6 ans plus tard…ah, ce module ne se fait plus…ça empêche le moteur de démarrer, Ah c’est embêtant! d’un autre côté la voiture à six ans…et vous tombez bien, on fait une promo de 3.75% sur les modèles neufs équipés du « googletrucmucheUSB3 android hardis connected » c’est trop top…un essai?
    Alors qu’une soudure sèche ou un connecteur oxydé est à l’origine de la panne!!
    Question concentration du conducteur, c’est pas top! mais les voitures se conduiront seules, alors?
    Tans que les constructeurs appuieront sur l’accélérateur de la « fuite en avant », les voitures resteront chez les concessionnaires, et on gardera un max nos vieilles.
    Le « consommateur est roi » ne doit pas être confondu avec « les consommateurs sont tous des rois » …avec les moyens qui vont avec! et quand bien même!

  3. Pour revenir sur les voitures autonomes il y avait un article dans Sciences & vie très intéressant qui expliquait que ce type de voiture ne sortirait pas avant un bon moment pour des questions de responsabilités. En effet si votre votre voiture autonome tue quelqu’un qui sera le responsable ?!

    http://www.terrededemain.com

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