Tout savoir sur les injections létales !

Injection

Si vous avez lu les gros titres de la presse ce matin, vous avez sans doute vu qu'en Oklahoma, un condamné à mort a agonisé pendant plus de 40 minutes à cause d'un mauvais cocktail létal. Clayton Lockett a été torturé à mort, selon Madeline Cohen, l'avocate de Charles Warner. Ce n'est pas très réjouissant, mais voici le fond du problème

La quasi-totalité des 32 États américains qui autorisent la peine de mort utilisent un cocktail chimique mortel pour tuer lentement et tranquillement le condamné. Mais le pentobarbital, ingrédient principal de l’injection, commence à se faire rare car le seul fournisseur américain a été dans l’obligation de cesser l’approvisionnement.

Au-delà du débat éthique entourant la peine capitale, comment la nation compte-t-elle tuer les 3000 détenus qui hantent le couloir de la mort ? La guillotine ? Barbare pensez-vous, en réalité, le médecin qui a développé les injections létales pense que ce procédé serait plus humain.

Que vous soyez personnellement d’accord ou non avec la pratique, la peine capitale a longtemps été une composante fondamentale du gouvernement et reste une réalité. Bien que la méthode d’exécution ait changé au cours des millénaires, son message reste le même : le gouvernement a le droit de prendre la vie de ses citoyens pour punir des actes jugés plus que répréhensibles.

Mais tandis que le nombre de pays qui maintiennent cette position a été réduit à seulement 20 et que la population mondiale soit plus que mitigée, l’Amérique reste ferme concernant la pratique et l’application de la peine de mort.

Selon les dossiers les plus récents  du ministère de la Justice américain, 3 175 détenus issus de 32 états ont été condamnés à mort. Depuis 1977, lorsque la peine de mort a été ré-établie au niveau fédéral, plus de 1200 détenus ont été exécutés, dont 43 mis à mort en 2012. Seuls la Chine (2000), l’Iran (314), l’Irak (189), et l’Arabie saoudite (90) ont exécuté plus de personnes l’année dernière que l’Amérique.

Comment en sommes-nous arrivés à cette méthode ?

Entre la mort par électrocution, pendaison, peloton d’exécution, chambre à gaz, et la décapitation, la peine capitale a toujours été sale et brutale. C’est pourquoi l’injection létale a pris de l’importance jusqu’à devenir la méthode quasi-exclusive d’exécution en Amérique. Effectivement, elle jouissait de la réputation d’être moins douloureuse et plus humaine que les autres méthodes.

Le concept a été initialement proposé en 1888 par le docteur Julius Mont Bleyer, mais son idée n’a jamais abouti. Il a fallu attendre 1977 pour que l’état de l’Oklahoma, soutenu du médecin légiste Jay Chapman, conçoive le cocktail de trois médicaments actuel, connu sous le nom de Protocole de Chapman.

En 2004, 38 des 39 États qui maintiennent la peine de mort passent par cette méthode. La pratique s’est propagée à l’étranger, devenant la méthode préférée utilisée par la Chine, la Thaïlande, le Guatemala et Taiwan.

La procédure

Une fois que les tentatives d’appel du détenu sont épuisées,  un ordre d’exécution est ordonné par le tribunal et la date d’exécution est fixée. Dans les semaines qui précèdent la date fatidique, le détenu est interrogé par un certain nombre de membres du personnel pénitentiaire, y compris les psychiatres, membres du clergé et travailleurs sociaux qui génèrent des rapports de pré-exécution en fonction de leurs interactions.

Au cours des heures frôlant l’exécution, le détenu dispose d’un droit de visite pour la famille, les conseillers spirituels et représentants juridiques. On leur fournit de nouveaux vêtements et un moniteur ECG, vient le dernier repas, puis les derniers rites religieux avant l’introduction dans la chambre d’exécution, attaché à une civière.

Deux cathéters sont ensuite placés dans son bras, ils serviront à injecter les produits (le second ne sert qu’en cas d’urgence). Une perfusion saline lente est démarrée, mais le détenu a la possibilité de dires ces dernières volontés face aux témoins de l’exécution. Une série de trois injections est nécessaire pour exécuter le condamné.

Le protocole de Chapman s’appuie sur un trio de médicaments puissants, chacun est individuellement mortel dans sa dose administrée et plus encore lorsqu’ils sont utilisés ensemble. Cinq grammes (14 fois la dose recommandée…) de pentobarbital sont administrés en premier. Ce barbiturique à action rapide est généralement utilisé comme anesthésique pour créer un coma artificiel, et généralement, plonge dans l’inconscient les détenus condamnés en moins de dix secondes.

Nouvelle perfusion d’eau saline, pour éviter les mélanges. 100 mg de bromure de pancuronium sont injectés. Ce médicament est un myorelaxant non dépolarisant qui bloque l’action de récepteurs musculaires spécifiques qui empêchent la fibre de se contracter, paralysant ainsi le détenu et arrêtant sa respiration.

Après un dernier rinçage à l’eau saline, le détenu reçoit une dernière  injection de 100 mEq de chlorure de potassium. Le potassium est un électrolyte utilisé par notre corps pour aider à transmettre des signaux électriques entre nos neurones et nos muscles. Alors que le sodium et le chlorure, deux autres électrolytes primaires, existent principalement dans le liquide extra-cellulaire, 98% du potassium dans notre corps réside dans nos cellules.

Cela dit, quand on injecte de grandes quantités de potassium dans le sang, il rompt l’équilibre électrolytique de l’organisme et provoque une hyperkaliémie. Cet état réduit le repos électrique des cellules du muscle cardiaque. Dans l’incapacité de réamorcer le cœur, cela engendre un arrêt cardiaque. Une fois l’électrocardiogramme plat, un médecin prononce l’heure officielle du décès.

En résumé,

  • Un barbiturique, du thiopental sodique ou du pentobarbital, est destinée à anesthésier le condamné. Il provoque l’inconscience en trente à quarante-cinq secondes à dose normale et en dix à forte dose.
  • Un curare, du bromure de pancuronium, est destinée à paralyser les muscles, ce produit n’est pas nécessaire pour que l’exécution soit effective, il sert juste à rendre la mort plus digne pour le condamné et les témoins en évitant qu’il ne bouge dans son inconscience ;
  • Du chlorure de potassium, provoque un arrêt cardiaque.

C’est horrible à écrire, mais comment construire une meilleure machine à tuer ?

Ce cocktail de médicaments, bien que présenté comme plus humain que les autres méthodes d’exécution, n’est pas sans détracteur. Un certain nombre d’études ont laissé entendre que, si l’anesthésie est insuffisante, les détenus restent conscients et ressentent les souffrances de l’arrêt du cœur et des poumons.

La combinaison de trois médicaments peut aussi être difficile à gérer si le détenu a de graves dégénérescences cardio-vasculaires. Après la tentative ratée de l’exécution du kidnappeur / violeur / assassin Rommell Broom, le système pénal État de l’Ohio a laissé tomber le pancuronium et potassium. Ils ont opté pour l’injection de 5 g de sodium thiopental seulement, ce qui est encore bien assez pour tuer. Un certain nombre d’autres pays ont depuis également opté pour l’injection d’une drogue unique.

Le problème avec ce protocole, c’est que la seule entreprise américaine qui la fabrique, Hospira, a récemment déménagé son siège social en Italie. Dans le droit italien, la société a été interdite d’exportation de produits chimiques aux États-Unis, à moins qu’ils ne puissent prouver qu’ils ne seraient pas utilisés dans les injections létales…

Les 11 États qui continuent à utiliser cette méthode ont commencé à opter pour le pentobarbital, que les vétérinaires utilisent pour euthanasier les animaux, comme alternative.

Ironie du sort

Même le Dr Chapman est lui-même en faveur de l’arrêt de l’utilisation de son protocole. Comme il l’a déclaré à CNN en 2007, « La chose la plus simple que je connaisse est la guillotine et je ne suis pas du tout opposé à la ramener ». Instantanée, fonctionnant du premier coup. De plus, elle évite tout le bourbier entourant le serment d’Hippocrate qui met à mal l’implication du personnel médical, n’importe qui peut utiliser une guillotine, mais tout le monde ne peut administrer une perfusion.

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. personne n’a le droit de décider de vie ou de mort sur un homme ! s’octroyer ce droit, ça reviens à être l’égal du condamné et de ce fait ne pas valoir mieux que lui !
    de plus, une vie de souffrance dans un bagne comme ça se faisait avant, est bien plus terrible qu’une mise à mort !

    1. Ah ouais, et t’en connais des condamnés qui vont au bagne toi? Être l’égal du meurtrier est très bien, justement, oeil pour oeil, c’est comme ça que la justice devrait être rendue.

    2. Bonjour

      @Kermit la grenouille
      personne n’a le droit de décider de condamner au bagne un homme !
      Et pour info ce n’est pas une personne qui condamne mais un tribunal qui est l’incarnation de la Nation.
      Pourquoi aurions-nous le droit d’enfermer des personnes pour des années ou pour toujours et pas les tuer ???
      La mort, comme la prison, est une sanction. Rien de plus.
      Le seul argument valable et solide contre la peine de mort c’est l’erreur judiciaire.
      Le reste c’est de la foutaise.

      A+

      Olivier

      1. Première constatation, les Américains sont des nuls ! Un médecin devrait vérifier que les produits injectés successivement ont bien fait effet (en particulier celui qui fait perdre connaissance au condamné).
        Seconde constatation, le condamné est mort étouffé, comme sa victime qu’il avait enterrée vivante. Aussi horrible qu’ait été cette exécution, on ne peut s’empêcher de se dire que tout se paye.

    3. oui bah le bagne consiste à jouer à la playstation toute la journée au frais du contribuable :p

      ps : le condamné a fait pire..

  2. “le gouvernement a le droit de prendre la vie de ses citoyens pour punir des actes jugés plus que répréhensibles.” Aaaaah bon?!?
    Attendez, je suis dans quel pays, là?

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