Test : Child of Light, le RPG d’Ubisoft fait-il mouche ?

Child of Light

Quand Ubisoft se met au RPG, ça donne Child of Light, un titre développé par le studio Ubisoft Montreal à la patte visuelle unique, et au gameplay inspiré de quelques-uns des modèles du genre. Reste à voir si ce patchwork inédit arrive à atteindre son but.

Pour l’anecdote, sachez déjà que Ubisoft Montreal, un studio de développement qui comme son nom l’indique est situé au Canada, est également à l’origine de la série Assassin’s Creed, des récents Far Cry 3, Far Cry 3 : Blood Dragon, ou encore du très attendu Watch Dogs. Avec un tel C.V, on pourrait aisément donner du crédit à Child of Light, un titre au genre et au format inattendus, qui ressemblerait presque à un caprice, à une expérience.

Et pour cause : à l’origine, Ubisoft a tenté de nous vendre Child of Light comme un équivalent de jeu indépendant, un genre qui a plus que jamais la cote en ce moment !

C’est quoi ?

Child of Light est un RPG multi plates-formes, lancé sur Xbox 360, PlayStation 3, Xbox One, PlayStation 4, PC et Wii U. La démarche est plutôt étonnante de la part d’Ubisoft, on en conviendra. Néanmoins, le jeu va se différencier des RPG Japonais, de part son scénario déjà, qui relève de la fable. Dirigeant le personnage d’Aurora, une princesse coincée dans un monde qui n’est pas le sien, vous allez devoir récupérer le soleil, la lune et les étoiles, aidé par une luciole et quelques seconds couteaux de fortune. Ca nous change du sempiternel héros voué à sauver le monde, et qui découvre son destin d’un coup d’un seul.

Child of Light

Child of Light va être vendu 14,99€ dans sa version téléchargeable.

On a aimé

Qu’on soit où non charmé par le style graphique de Child of Light, impossible de ne pas souligner le soin dont il a hérité. S’appuyant sur le moteur « maison » UbiArt Framework, déjà exploité sur Rayman Origins et le plus récent Rayman Legends, il donne l’impression d’avancer au sein de peintures, établies sur plusieurs niveaux. Et oui, Child of Light a cette particularité d’avoir été entièrement réalisé en 2D. Avouez que c’est plutôt étrange (mais pas inédit) ! Aurora, l’héroïne du jeu, peut en effet se déplacer sur plusieurs plans, ce qui permet au titre de se réclamer partiellement du genre du jeu de plates-formes. Qui plus est, Aurora va également être en mesure de voler, vous donnant l’opportunité de traverser les zones de jeu à l’horizontale, mais également à la verticale.

Child of Light

Pour marquer son orientation RPG, Child of Light a décidé de réguler la progression des personnages du jeu en usant d’un arbre des compétences. Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec le concept, il est bête comme chou : à chaque fois que vous grimpez de niveaux, vous débloquez des points, pouvant être utilisés au sein d’un arbre des compétences, débloquant… des compétences (gain de force, de points de magie, apprentissage de nouvelles techniques, etc.). CQFD.

La bande-son du jeu a été réalisée par l’artiste Cœur de pirate. N’allez pas tirer à boulet rouge sur l’artiste : elle signe ici un travail soigné, qui colle vraiment à l’esprit de la production d’Ubisoft. Si vous désirez vous faire votre idée des musiques accompagnant le soft, nous vous invitons à jeter un oreille attentive à la vidéo qui suit :

Les dialogues sont très travaillés. Pas forcément nombreux (si l’on part du principe que nous sommes face à un RPG), ils ont malgré tout hérité d’un soin évident, et c’est souvent un plaisir de constater leur construction. Pourtant, on ne peut s’empêcher de penser qu’ils manquent très légèrement de spontanéité, du fait qu’ils usent des rimes à foison.

On n’a pas aimé

Le système de combat de Child of Light divise. Il exploite le principe de l’Active Time Battle, bien connu des amateurs de RPG, qui ont par exemple pu s’y frotter en jouant à la série Grandia. De ce fait, les actions des personnages sont régulées par une barre de progression, placardée au bas de l’écran. Les personnages « avancent » sur cette barre, et doivent en atteindre l’extrémité pour avoir le droit d’agir. Les ennemis ont droit au même traitement, et l’astuce va être de les toucher en premier afin de ralentir leur progression, et donc leur marge de manoeuvre. Plus vous serez rapide à agir, moins vos adversaires auront l’opportunité de répondre. C’est une approche différente, qui relèverait presque du domaine de l’action-RPG. Mais n’allez pas croire que la stratégie est absente du champ de bataille. Loin de la même ! Vous serez amené, comme dans tous RPG, à réfléchir et peser vos actions.

Child of Light

Quand bien même Child of Light n’est pas un jeu très difficile. Les développeurs ont sans doute été un peu trop généreux, en offrant un trop plein d’expérience aux personnages à la fin de chaque combat. Résultat : on peine rarement à balayer les ennemis, et les boss ne donnent quasiment jamais de fil à retordre. C’est un peu dommage, mais on peut se demander si ce choix n’est pas délibéré, pour justement ouvrir le jeu à un public large, et pourquoi pas relativement jeune ?

Child of Light

Si les dialogues du jeu sont réussis, on ne peut pas en dire autant des personnages secondaires, qui pour le coup méritent amplement leur qualificatif. Ceux là sont, à de rares exceptions près, dénués de charme, de personnalité, ce qui fait qu’on a du mal à s’y attacher, voir même à s’y intéresser. Plutôt gênant pour un RPG, dont l’un des principaux attraits est de proposer une galerie de personnages censés être marquants. Ce qui entraîne un dommage collatéral non négligeable : le caractère effacé des personnages secondaires pénalise Child of Light sur la question du rythme, et il arrive parfois qu’on s’ennuie, attendant l’action et les rebondissements !

Et alors, j’achète ?

Child of Light est une expérience. Une expérience grand public, qui pourrait s’apparenter à un baptême du feu accessible, destiné à ceux qui désireraient découvrir tranquillement le genre du RPG. Cependant, certains pourront être charmés par le style graphique réussi du jeu, et aussi par son prix, relativement accessible. Les autres, les vieux de la vieille ayant déjà plusieurs jeux de rôle au compteur, pourront être frustrés par le manque de challenge proposé ici. Au final, la dernière production d’Ubisoft Montreal n’est pas indispensable, c’est évident, mais est toutefois au moins assez décalée pour qu’on la considère.

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Je l’ai pris sur Wii U pour pouvoir y jouer off TV, et j’ai beaucoup aimé. Et c’est clair que les musiques sont superbes et collent vraiment bien avec l’ambiance du jeu.
    Et puis pour 15€, ça vaut largement le coup. Plus cher je ne l’aurais surement pas pris.

  2. Très bon article :)

    Pour ma part, j’ai bien aimé Child of Light, ça change de ce qu’on peut voir habituellement dans les jeux vidéo !

    J’ai fait un petit test moi aussi sur mon blog, pour les curieux c’est ici

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