L’intelligence artificielle : une menace pour les professions intellectuelles ?

Intelligence artificielle

Depuis l’invention, il y plus de trois siècles et demi, de la machine à calculer mécanique par Blaise Pascal, en 1648 (la machine arithmétique), l’homme a toujours rêvé d’une machine qui ne serait pas seulement capable de calculer plus vite que le cerveau humain mais qui parviendrait également à raisonner de manière « intelligente », c’est-à-dire à trouver, comme l’homme, des solutions inédites face à des problèmes nouveaux.

Pendant très longtemps, ce rêve resta du domaine de la spéculation et fit les beaux jours de  la science-fiction et tous les cinéphiles se souviennent du chef d’œuvre de Stanley Kubrick : « 2001 : Odyssée de l’espace » (sorti en 1968) dans lequel HAL, l’ordinateur contrôlant le vaisseau spatial d’exploration,  se mettait à éprouver des émotions humaines et à adopter un étrange comportement…

En 1950, alors que les premiers ordinateurs sortaient à peine des laboratoires, le génial scientifique anglais Alan Turing imagina, dans la revue Computing machinery and intelligence, un fameux test consistant à confronter un ordinateur et un humain, sans que ce dernier sache s’il avait affaire à une machine ou à un autre être humain. L’idée lumineuse de ce test était que le jour où l’homme ne serait plus capable de savoir, dans une conversation en temps réel non préparée, si son interlocuteur était une machine ou un humain, les ordinateurs pourraient alors être qualifiés « d’intelligents ».

Il fallut toutefois attendre presque un demi-siècle pour qu’en 1997, après 6 parties, le champion d’échec Garry Kasparov soit battu pour la première fois dans l’histoire de ce jeu, par l’ordinateur Deep Blue conçu par IBM. Cette date marqua une grande avancée dans le domaine de l’intelligence artificielle car le jeu d’échec était considéré depuis des siècles par les scientifiques comme faisant appel à des qualités dépassant largement le simple « calcul » et mobilisant toutes les formes de l’intelligence humaine, ruse, imagination, stratégie notamment.

Après ce coût d’éclat de l’IA, certains scientifiques affirmèrent que l’ordinateur pouvait, certes, battre tous les joueurs humains aux échecs mais qu’il ne parviendrait jamais à battre l’homme au jeu de Go, un jeu d’une extrême subtilité, dans lequel non seulement  la valeur d’une pièce donnée n’est pas fixée à l’avance mais qui présente également un nombre astronomique de combinaisons possibles et dépassera toujours la puissance pure de calcul des superordinateurs.

Mais en moins de 10 ans, l’utilisation de nouveaux programmes informatiques, issus de la physique statistique, ont permis à l’ordinateur de se hisser du rang de joueur médiocre à celui de très bon joueur et aujourd’hui, personne ne parierait que les joueurs humains seront encore les meilleurs au go dans dix ans…

Une autre étape symbolique a été franchie il y a quelques semaines, quand Deep Knowledge Venture, une société de gestion qui gère des fonds à hauts risques relatifs aux biotechnologies et les médicaments contre les maladies liées au vieillissement, a pris la décision surprenante de nommer VITAL, un algorithme, membre de son conseil d’administration (Voir Globe Newswire).

Ce programme informatique d’intelligence artificielle, développé par Aging Analytics a été conçu pour croiser une multitude de données et les analyser de manière à en extraire des informations susceptibles de prévoir les potentialités de développement des entreprises.

Ce domaine éminemment stratégique de l’intelligence artificielle est en train d’arriver à maturité et fait à présent l’objet d’une compétition féroce entre les géants de l’informatique et du numérique. IBM vient ainsi de présenter à une centaine de dirigeants d’entreprises suisses il y a quelques jours une nouvelle version de son ordinateur « intelligent » Watson, spécialement conçue pour l’analyse économique, financière et commerciale des marchés.

On se rappelle que Watson avait réussi l’exploit de battre, en 2011, les meilleurs joueurs américains au jeu « Jeopardy ». Cette machine avait, en effet, réussi au cours d’une finale télévisée mémorable à répondre de manière pertinente à toute une série de questions ambiguës et complexes.

Watson est qualifié de « supercalculateur cognitif », par IBM et ce système de nouvelle génération n’a pas son pareil pour exploiter de gigantesques bases de données et raisonner par inférence, ce qui lui permet notamment de comprendre remarquablement des subtilités et ambiguïtés du langage humain. Sur le plan électronique et matériel, cette nouvelle version de Watson a également été considérablement améliorée puisque la taille des serveurs nécessaires à son fonctionnement est passée en trois ans de celle d’un réfrigérateur à celle d’une boîte à chaussures…

Si Watson ne s’est pas encore véritablement implanté en Europe il a déjà su se rendre indispensable dans de multiples domaines d’activité aux États-Unis. Dans le secteur bancaire par exemple, la banque Citigroup utilise à présent Watson pour prescrire à ses clients le meilleur « paquet » de produits financiers personnalisés et parfaitement adaptés à leur situation. Watson peut ainsi prévoir l’évolution des besoins financiers d’un jeune ménage, de manière à lui proposer les meilleures solutions de placement et d’épargne en prévision de l’entrée à l’université de leurs enfants, 20 ans plus tard !

Mais Watson risque également de se substituer d’ici quelques années aux innombrables centres d’appels et plates-formes téléphoniques destinés à vendre de nouveaux produits et services ou à assurer le dépannage et le service après-vente des produits technologiques toujours plus nombreux que nous utilisons dans notre vie quotidienne.

Par exemple, le site Internet de la société « The North Face » spécialisée dans la vente de matériel de sports de montagne, a recours aux services de Watson qui est capable de répondre rapidement et efficacement aux interrogations en langage naturel les plus pointus, du genre « de quel matériel ai-je besoin pour une randonnée d’une semaine dans le sud saharien au mois de décembre ? ».

De nombreuses entreprises américaines de services commencent également à utiliser Watson pour répondre aux demandes très précises de leurs clients lorsque ceux-ci sont confrontés à un problème particulier avec leurs appareils et terminaux numériques.

Mais c’est très probablement dans le secteur médical et sanitaire que les ordinateurs « intelligents », comme Watson, vont entraîner à court terme une révolution d’une ampleur au moins comparable à celle de la vaccination, des antibiotiques ou de l’imagerie médicale par résonance magnétique nucléaire.

À l’époque de nos parents, les molécules thérapeutiques se comptaient encore par centaines mais à présent elles se comptent par dizaines de milliers et les combinaisons thérapeutiques qui en résultent deviennent proprement inimaginables et ingérables sans le recours à des systèmes d’intelligence artificielle et cela d’autant plus que ces associations médicamenteuses seront demain ajustées en fonction du profil génétique spécifique de chaque patient et modifiées en permanence en fonction des résultats obtenus et de la réponse des malades.

Cette « explosion combinatoire » touche particulièrement la cancérologie qui dispose pratiquement chaque mois de nouveaux médicaments et doit apprendre à utiliser ceux-ci de la manière la plus efficace possible. IBM a bien compris l’importance de cet enjeu médical et économique et s’est associé depuis plusieurs mois avec le prestigieux centre anticancéreux Memorial Sloan Kettering de New York pour mettre la puissance de déduction de son superordinateurs Watson au service des malades en leur proposant, après examen et analyse d’une gigantesque quantité de données scientifiques et médicales, la meilleure stratégie thérapeutique possible pour combattre leur maladie.

Confronté à la marche forcée de son rival Google qui dépense des milliards de dollars pour acquérir à tour de bras les sociétés les plus prometteuses dans le domaine de l’intelligence artificielle, IBM vise également son avenir et peut-être sa survie en investissant massivement dans ce domaine à présent incontournable : à la fin de l’année, les effectifs du géant informatique travaillant sur l’IA auront été multipliés par six en un an…

On comprend mieux ce pari quand on sait que Watson pourrait, selon certains analystes financiers, générer à lui seul 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel d’ici 2018, soit presque la moitié du chiffre d’affaires total d’IBM en 2013.

L’intelligence artificielle est également en train de s’imposer très rapidement dans le domaine du recrutement et des ressources humaines et la société américaine Knack a conçu et développé des tests sous forme de jeu vidéo interactif qui permettent d’évaluer de manière redoutable les capacités d’adaptation et la polyvalence des recrues potentielles, qu’il s’agisse de simples vendeurs, de gestionnaire de stocks ou de responsables commerciaux.

Enfin, il y a quelques jours , un programme informatique conçu en Russie et baptisé « Eugene Goostman » est parvenu pour la première fois à l’occasion d’une compétition organisée par l’université britannique de Reading, à tromper plusieurs expérimentateurs humains dans le cadre d’un test de Turing (Voir The Independent).

Dans cette épreuve, les participants humains formulaient, comme le prévoyait Turing, des questions à l’aide de l’ordinateur en ignorant si celles-ci étaient traitées par un autre être humain par une machine. À l’issue de ce test d’une durée de cinq minutes, un tiers des interlocuteurs étaient persuadés qu’ils avaient conversé avec un autre humain alors que c’était un ordinateur utilisant ce logiciel étonnant qui leur avait répondu. L’université de Reading a précisé, par la voix du professeur Kevin Warwick, que ce test de Turing était le premier à avoir été organisé sur la base d’un dialogue réellement libre, sans que les questions et sujets abordés aient été connus avant l’expérience.

Reste à présent à mesurer l’impact, sans doute considérable, que vont avoir d’ici quelques années ces irrésistibles montées en puissance de l’intelligence artificielle sur la croissance économique, l’emploi et plus largement sur le fonctionnement global de nos sociétés. Selon une étude récente du bureau américain de recherches économiques, la demande d’emplois qualifiés, après avoir fortement augmenté au cours du dernier quart du XXe siècle, diminue depuis une quinzaine d’années. Même si les économistes ne sont évidemment pas tous d’accord sur les raisons de ce phénomène, les auteurs de ce rapport sont persuadés que cette évolution est essentiellement liée à l’accélération des ruptures technologiques majeures, notamment dans le domaine de la robotique et des technologies numériques. Pour l’Institut McKinsey, la disparition d’emplois qualifiés pourrait atteindre jusqu’à 140 millions de postes au niveau mondial à l’horizon 2025 …

Parmi les nombreux secteurs qui risquent de connaître, en seulement quelques années, un bouleversement radical lié à cette évolution technologique, on trouve par exemple le secteur de l’assurance. Comme le souligne Georges-Edouard Dias, chargé d’enseignement à HEC : « Le métier de l’assureur, c’est d’estimer le risque, de lui donner un prix et de le mutualiser. Demain, grâce à l’intelligence artificielle qui pourra exploiter d’immenses gisements de données, le mode d’estimation actuelle deviendra obsolète car on saura mesurer directement un risque précis pour chaque individu ».

Cet irrésistible et fulgurant triomphe de l’intelligence artificielle est d’autant plus ambigu et paradoxal qu’il va en même temps entraîner des gains considérables de productivité et d’efficacité économique, améliorer notre qualité de vie et provoquer une réduction massive et sans doute définitive du nombre d’emplois disponibles au niveau planétaire, y compris dans des domaines hautement qualifiés.

Dans son dernier et remarquable essai, intitulé « L’innovation destructrice », Luc Ferry, s’appuyant sur les travaux visionnaires de Schumpeter, révèle de manière saisissante la face cachée et obscure du processus d’innovation qui, de simple outil de développement économique, s’est transformé, sans que nous en soyons vraiment conscients, en finalité dans l’ensemble des pays développés. Luc Ferry montre également que l’innovation, de plus en plus rapide, ne se limite plus au domaine scientifique et technique mais touche également les sphères sociales, politiques culturelles et artistiques.

Il reste que chez l’homme, contrairement à la machine, les nombreuses formes d’intelligence sont inséparables de son imagination, de sa sensibilité et de sa dimension affective et corporelle. Cette singularité humaine peut être considérée comme une faiblesse, si on la compare au mode de fonctionnement d’un système informatique utilisant toutes les ressources de l’intelligence artificielle. Mais cette spécificité de l’intelligence humaine, non réductible au seul calcul, reste sans doute notre meilleur atout pour continuer à découvrir demain et à explorer, loin devant des machines les plus évoluées, de nouveaux chemins insoupçonnés de créativité et de découverte.

Initialement publié sur RTflash, cet article est reproduit sur Gizmodo.fr avec l’aimable autorisation de René TRÉGOUËT, Sénateur Honoraire et fondateur du Groupe de Prospective du Sénat de la République Française.

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  1. Pas d’accord sur un point: « L’innovation destructrice ». L’innovation a toujours été destructrice, la tronconeuse a tué la hache, la tondeuse éléctrique a éradiqué celle manuelle, etc…

    C’est le principe même de l’innovation et de l’évolution. On arrive ou un stade ou on sait qu’en continuant ainsi il n’y aura – quasiment- plus de travaille pour les hommes et on anonce ca comme la fin du monde. Au contraire, il s’agira d’une évolution ou travailler ne sera plus synonyme de revenue. Le capitaliste sera venu à se maturité, laissant sa place à un système économique qui sera plus proche du communiste, ou on imagine l’Homme au centre de l’attention dans un monde robotisé et autonome.

    1. La fin du travail c’est l’impossibilité, définitive, de sortir de sa condition sociale…

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        1. Le fait qu’il n’y ait plus de travail ne signifie pas que tu auras un revenu. Là ce sera au bon vouloir de ceux qui décident. Et dans un monde où les ressources se réduisent à vue d’œil, le choix le plus logique serait de laisser végéter les 99%.

        2. Quel manque d’imagination en effet, mais il ne faut pas en vouloir à ceux qui en ont preuve. Ils ont été conditionné pour cela. Cela commence dès le berceau et on réalise que toute la vie d’un individu est déterminée par cela : sa profession. Il n’y a rien d’autre et la majorité des individus ont été formatés pour se penser en termes économiques. L’imagination n’intéresse personne et ne sert à rien. On ne demande pas aux gens d’être imaginatifs (cela comporte de risques importants qu’ils sont peu souvent prêts à prendre) mais simplement d’être conformes à ce qui est attendu d’eux et c’est ce qu’il font. L’imagination reste le privilège de quelques-uns et ne rapporte généralement rien excepté dans des cas bien précis. Il n’y a que le travail en tant que travail productif dont dépend la survie de l’individu et rien d’autre.

  2. « UNE MENACE POUR LES PROFESSIONS INTELLECTUELLES ? »

    le fait de donner à des crétins le droit d’accéder a des professions intellectuelles a été plus préjudiciables que ne le seront jamais toutes formes d’IA (qui du coup n’ont aucune difficulté à dépasser des médiocres)

    la servilité intrinsèque présente chez trop d’individus leur seront par contre fatale quand l’IA sera communément mise en avant et exploitée.

      1. Oui, c’est de la culture mais il a bien le droit de les utiliser puisqu’ils sont adaptés. Ne tient qu’à toi de les apprendre.
        Et puis ces mots servent à gagner du temps, si on doit être la définition plutôt que le mots, c’est long et on perds du vocabulaire.
        On utilise pas du vocabulaire pour se tenir en supérieur, seulement pour exprimé au plus juste sa pensée.

      2. « Utiliser des mots compliqué ne te rend pas plus intelligent pour autant… »

        faire ce genre de réponse c’est faire la démonstration de votre indigence intellectuelle et culturelle.

        mais avec tous ces mots plein de syllabes ça risque d’être difficile à comprendre pour vous et tous ceux qui vous ont topés.

        par ailleurs comme le dit FloPomPom on exprime pas des idées précises avec 200 mots de vocabulaire.

        la caste politique pourra nous traire longtemps avec des comportement pareils.

  3. De trop nombreuses imprécisions rendent cet article bon à jeter.
    Pour « Eugene », je laisse la valse des critiques opérer (les biais cognitifs liés à la présentation d’Eugène comme un enfant de 12/13ans suffisent à préparer l’interlocuteur à l’indulgence).
    Pour les possibilités thérapeutiques liées au développement des molécules, les limitants sont surtout des biais de R&D (recherches financées par les labos qui passent outre les résultats qui n’arrangent pas…) ainsi que de recherche fondamentale.
    D’autant plus que niveau « combinatoire des interactions moléculaires », même les supercalculateurs sont largués rapidement.

    Je passe sur Schumpeter, lisez-le lui pour commencer. Destruction de secteurs d’activités = création de secteurs d’activités. Rien ne présume là dedans que les professions intellectuelles sont bonnes pour disparaitre. A moins qu’on maîtrise une centaine de variables avant, comme par exemple l’extinction des possibilités d’extraction de métaux rares nécessaires pour le fonctionnement de nos jolis superordinateurs.

  4. Il faut faire attention à ce que l’on définit comme « Intelligence artificielle ». Pour cela, il est nécessaire de distinguer plusieurs concepts.
    L’intelligence artificielle n’est pas seulement un programme qui apprend,cela, on sait déjà le faire, il faut qu’il puisse apprendre en utilisant des sens, et en utilisant des mécanismes d’apprentissage similaires à ceux de notre cerveau, qui sont encore mal compris, tout en stockant l’information de la même manière, ce qui n’existe pas encore.
    L' »intelligence » humaine est intrinsèquement liée à notre nature organique, et il est difficile de reproduire artificiellement tous ces processus chimiques.De plus, les émotions font partie intégrante de la mémoire, ne peuvent en être dissociées, et sont donc à prendre en compte. Il ne faut pas vraiment parler d’intelligence artificielle mais d’être artificiel conscient.
    La vie, en elle-même, n’a aucun au but si ce n’est de se perpétuer. Nous ne dérogeons pas à cette règle. Toutes nos actions, toutes nos réflexions et nos décisions, ont pour origine des processus organiques, tout cela découle de nos besoins primaires, de nos instincts.
    Quel que soit le degré de sophistication et d’abstraction de nos objectifs personnels ainsi que des stratégies que nous mettons en place, nous obéissons à des impératifs organiques incontournables.
    La question qu’il faudrait se poser c’est, si un jour une forme d’intelligence artificielle arrive à voir le jour, elle ne sera pas « parasitée » dans sa réflexion par des considérations bassement physiques comme notre espèce. En partant du constat de sa propre existence, comment considérera-t-elle l’existence de l’espèce humaine, dénuée de tout jugement de valeur et libérée de toute contingence organique?
    Chacun peut y aller de sa théorie, mais nombre de concepts n’ont de sens que dans notre esprit, qu’en serait-t-il pour une nouvelle forme d’être conscient et intelligent?

      1. Car il s’agit du seul point de comparaison, on ne va pas inventer. L’humanité est la seule forme forme de vie assez intelligente pour arriver au stade de civilisation que nous connaissons.

        1. Et ? le but d’une IA ne sera pas de recréer une civilisation…

          Pourquoi ne pas simplement imaginer une nouvelle forme d’intelligence ? (oui je sais, le cerveau humain à beaucoup de mal à appréhender la nouveauté)

  5. Ce qui sera intéressant, ce sera le jour où un AI sera capable de concevoir et coder un programme informatique. Là, on va bien rire.

  6. Cet irrésistible et fulgurant triomphe de l’intelligence artificielle est d’autant plus ambigu et paradoxal qu’il va en même temps entraîner des gains considérables de productivité et d’efficacité économique, améliorer notre qualité de vie et provoquer une réduction massive et sans doute définitive du nombre d’emplois disponibles au niveau planétaire, y compris dans des domaines hautement qualifiés.

    Faut pas trop se bercer d’illusions, dans un système capitaliste comme le nôtre, il n’y a aucune raison pour que les bénéfices soient reversés à tous. C’est le propriétaire qui s’enrichit et c’est tout. Ça va juste faire des riches plus riches et des pauvres plus pauvres, comme pendant la dernière crise tient.
    Après, les matières premières sont effectivement de plus en plus rare. Peu être leur raréfaction mènera juste à l’arrêt du système (ça me rappelle un document de la Nasa précisant que notre civilisation avait de fortes chances de s’écrouler d’ici la fin du siècle…voir moins)
    On peut rêver, mais sans mouvement de foules, aucune chance que les ressources soient distribuées. Et puis un gamin à la mine sera toujours moins cher qu’une machine sophistiquée…

    Je me pose aussi la question du non emploi. Parce que c’est bien joli d’en rêver mais rare sont ceux qui profitent de leur temps intelligemment (moi le premier). Il est toujours plus facile de glander devant un film, série, jeux,… Que de se motiver intellectuellement, artistiquement, physiquement,… Si l’argent disparaît, soit on peut tout avoir et on tombe dans une société d’abrutis à coups de tv, soit les ressources sont rationnées et qu’elle certitude d’une juste distribution ? Et puis on aura toujours des entourloupeur qui s’enrichiront même dans un tel système.

    Enfin, c’est intéressant, on verra bien.
    ..

  7. Bonjour,
    Article intéressant.
    Quelques imprécisions dont :
    « générer à lui seul 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel d’ici 2018, soit presque la moitié du chiffre d’affaires total d’IBM en 2013. »
    cf : http://fr.wikipedia.org/wiki/International_Business_Machines « résultats financiers »
    c’est en gros 100 milliards de $ par an, donc c’est 10% qu’il faut écrire et non presque la moitié

    1. J’appelle au contraire de tous mes vœux l’arrivée prochaine d’un peu de constance et de déterminisme dans la Justice. Ça passe par la constitution de dossiers de plainte sur le web et la mise à disposition d’outils d’aide à la procédure et à la consultation des Lois (et de la jurisprudence).
      Aujourd’hui, le facteur humain en droit est excessif. Tout dépend des auxiliaires de justice.

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