Faut-il s’alarmer de voir Google acheter des câbles sous-marin ?

fibre optique

Google ne manque pas de liquidités et vient d'investir dans un câble sous-marin reliant les Etats-Unis et le Japon. Coût de l'opération : 300 millions de dollars. Et - retenez votre souffle - le transfert de données se fera à la vitesse de 60 térabits par seconde. Exceptionnel sur le papier, mais il faut rester vigilants, voici pourquoi.

Voici les faits

Les États-Unis et l’Asie seront donc bientôt reliés par un câble trans-pacifique qui reliera Los Angeles, Portland, San Francisco, l’Oregon et Seattle à Chikura et Shima au Japon. Le groupe continue son effort puisqu’en 2008, il avait déjà investit dans le domaine avec 5 autres opérateurs asiatiques (Bharti Airtel, Global Transit, KDDI, Pacnet et SingTel), pour mettre au point le projet Unity, au sein duquel le débit n’était « que » de 7,68 térabits/seconde.

Aujourd’hui, cinq entreprises de télécommunications d’Asie – China Mobile internationales, China Telecom mondiaux, Global Transit, KDDI, et SingTel – et Google vont investir 300 millions de dollars dans ce réseau. Evidemment, un tel service ne sera pas opérationnel dès demain, il faudra encore patienter jusqu’au second trimestre de l’année 2016 pour espérer en tirer les premiers bénéfices.

Particulièrement impressionnant,  le projet « Faster » va tirer un câble optique sous-marin qui devrait offrir un débit maximal de 60 térabits/seconde. La pose du câble, elle, sera assurée par le du Japonais Nec, il lui faudra déployer quelques 9 000 km de câble optique.

La fierté de Google

Urs Hölzle, vice-président senior de Google sur la branche de l’infrastructure technique s’est exprimé sur Google+ :

« Chez Google, nous voulons que nos produits soient rapides et fiables, ce qui exige une grande infrastructure réseau, que ce soit pour le milliard d’utilisateurs Android ou les développeurs de produits. Parfois, le chemin le plus rapide exige de passer par un océan. C’est pourquoi nous investissons dans FASTER, un nouveau câble sous-marin qui reliera les principales villes de la côte Ouest des États-Unis à deux sites côtiers Japonais. Le câble aura une capacité nominale de 60 Tbps (c’est environ dix millions de fois plus rapide que le câble de votre modem) ».

Contrôler son propre destin

Mais le noeud de l’histoire n’est pas là. Ces pratiques commencent à inquiéter, notamment depuis que Facebook (oui, Facebook) et Google investissent massivement dans l’achat de lignes en fibre optique partout dans le monde. Pour ces firmes, les intérêts sont multiples et évident. Citons logiquement une réduction des coûts, mais aussi un moyen de minimiser les accords avec les opérateurs, sans occulter l’augmentation des performances.

En revanche, auparavant, les grandes entreprises de télécommunications étaient libres de fixer les prix, et alors que les coûts de bande passante sont en baisse constante, il n’y a aucune garantie que cette tendance se poursuive dans ce cas de figure…

D’ici une ou deux décennies, il est difficile de prévoir comment tout ceci évoluera, car seule une poignée de géants contrôleront le web. Géants qui sont dans l’obligation de fournir des renseignements sur les internautes si la NSA le demande… A l’heure où le débat sur la neutralité du net fait rage (Tout savoir sur le débat de la neutralité du net), il est nécessaire de se poser les bonnes questions, et d’avoir conscience qu’il est possible que cela nous affecte un jour.

Un peu d’objectivité

Avant de rendre l’ambiance définitivement anxiogène, dédramatisons. Pour être tout à fait objectif, à court terme, c’est une excellente chose. La dernière chose que les géants du web souhaitent,  c’est une réseau ignoble qui empêcherait un accès fluide à leurs sites. Aussi, c’est un gage de qualité assurée et d’entretien, probablement à meilleur coût.

Le tout est d’avoir conscience que Google dispose aujourd’hui de plus 160 000 km de fibre optique dans le monde ! Et ils ne sont pas les seuls, Amazon et Microsoft aussi mettent un maximum de billes dans cette affaire. Inutile de préciser que cela rend les entreprises de télécoms, qui ont traditionnellement contrôlé les câbles, très nerveuses.

Comptons sur les autorités compétentes pour rester vigilantes, afin d’éviter les dérives. Monopole, abus de position dominante, ententes sur les prix, rachats, sabotages, etc.  : elles sont aussi diverses que variées. Alors, faut-il s’alarmer de voir Google acheter des câbles sous-marin ? Pour l’heure, il suffit de profiter (60 térabits par seconde !!!), seulement, il convient de garder l’oeil ouvert. « Google is not evil », mais…

VIGILANCE CONSTANTE

Constant-Vigilance

Tags :Sources :Reuters
Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Un jour nous verrons peut être le retour du web payant a l heure comme il y a vingtaine d années. Quand ses multinationales possèderont tout le réseau notre sort sera entre leur main

    1. Les multinationales possedent tout le reseau depuis des lustres… Tu pensais peut etre qu’ avant que google ne s’interesse au infras celles-ci etaient detenues par des cooperatives ou des artisans?

  2. Faudrait savoir !?
    Qui est le plus dangereux, Google ou la NSA ?
    Google n’a jamais pointé de flingue sur quiconque. C’est du commerce entre adultes consentants. C’est pas gratuit, mais le prix ne cesse de baisser au fil des ans.
    La NSA, les Etats ? Eux sont parfaitement ruineux. Ils nous escroquent financièrement et ne nous amènent que des ennuis.
    Je vote pour les multinationales sans hésiter.

  3. « Géants qui sont dans l’obligation de fournir des renseignements sur les internautes si la NSA le demande…  »
    Bordel ça en devient lassant cette paranoia à deux balles avec la NSA

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