Formater une mémoire sur Mars ? C’est possible !

Opportunity

Pendant que vous êtes tranquillement assis dans un fauteuil (ou debout dans le métro, pas de bol), le rover Opportunity explore encore la surface de Mars. Seulement, son logiciel – comme qui dirait – s’enlise. La NASA doit donc faire une sauvegarde complète, nettoyer le tout et redémarrer la bécane. Exactement comme un nettoyage de routine de votre ordinateur, sauf qu’eux le font sur une lointaine planète.

Que ce soit pour Spirit ou Opportuny, chacun dispose de 256 Mo de mémoire, utilisée pour stocker les données qui sont ensuite envoyées sur la Terre. Après des années d’écriture, il semble que les cellules de mémoire commencent à cruellement fatiguer, bref le joujou rame. La raison est que les écritures nécessitent l’application de tensions plus élevées que la simple lecture, qui endommagent peu à peu la zone écrite.  

Tout ceci fait que le système a redémarré spontanément une dizaine de fois juste pour le mois dernier. Ce n’est pas dramatique pensez-vous, pourtant, cela prend quasiment une journée complète pour que le processus ne se réinitialise.

Nos astronomes zélés vont donc pratiquer la méthode préalablement testée sur le jumeau d’Opportunity, Spirit, qui avait subi le problème en 2009. On sauvegarde les données et on reboote la mémoire avant de ne trouver une solution plus définitive. Bref, les scientifiques doivent littéralement remettre les compteurs à zéro pour espérer repartir du bon pied.

Le formatage d’une mémoire flash ne présente qu’un faible danger, sauf que le dispositif se trouve à environ 55,758 millions de kilomètres  de la Terre… Même mesurés, les risques et la complexité de la manœuvre sont plus impressionnants que l’entretien de votre ordinateur portable…Alors que nous nous émerveillons du Cloud, la NASA formate des disques depuis la Terre, jusque Mars. Ca calme.

Tags :Sources :NASAVia :slashdot
Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1.  » Après des années d’écriture, il semble que les cellules de mémoire commencent à cruellement fatiguer  » –> Je ne pense vraiment pas que ce soit le problème : avant de poncer une puce avec des cycles de lectures/écritures, il faut y aller. Par contre des rayons cosmiques (SEL, SEU et autres …) qui viennent taper sur les puces en l’absence de protection de l’atmosphère terrestre par exemple, oui ça doit beaucoup plus jouer. Rien que dans les calculateurs d’avions ce sont des choses prises en compte, alors au niveau spatial …

     » bref le joujou rame.  » –> Sans doute pas, c’est de la Flash pour stocker des données pas de la RAM …

    1. En effet, les erreurs transitoires (SET) ou permanentes (SEU, SEL) induites par les particules fortement énergétiques (source: vent solaires, rayons cosmiques, éruptions solaires) perturbent le fonctionnement des composants électriques et particulièrement les mémoires. La corruption de donnée numérique (SEU) est particulièrement sensible en radiations spatiales. D’ailleurs le rover a subit un black out total en décembre dernier qui a nécessité un reboot complet:

      http://spacetravelfoundation.blogspot.fr/2013/12/curiosity-mars-rover-is-back-after.html

    1. Je me suis fait la remarque inverse : ils ont de la place !
      256 Mo c’ est plutôt conséquent pour un système embarqué qui reste loin du monde du multimédia avec des Go à revendre…

      1. Oportunity a atterri sur la planète Mars le 25 janvier 2004 (wikipedia)
        Curiosity par contre s’est posée le 6 août 2012, pour ce rover, la mémoire se compte en Giga

  2. C’est pas la première fois que la NASA (JPL?) reprogramme des sondes « à la volée », il me semble que ça déjà été fait sur la vielle sonde Voyager (1 ou 2 je sais plus). Et plus récemment sur Hubble, mais peut-être par la main de l’homme au passage dans les stands…

    En tout cas faut pas se gauffrer! Parce qu’il y a personne pour aller appuyer sur le reset, bouger un cavalier ou encore booter avec un CD! :)

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