Que ferez-vous le 12 novembre ? L’Histoire vous attend !

Philae

Notez bien cette date : le mercredi 12 novembre 2014. Ce jour sera peut-être celui où l’homme est écrira une nouvelle page de la toute jeune histoire spatiale. Ce 12 novembre, L’agence spatiale européenne et le CNES vont poser Philae, un robot-laboratoire sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko ! Ce jour-là, où serez-vous ?  

Pour bien saisir l’enjeu et la tension de ce 12 novembre, je vais vous rappeler quelques faits sur la mission Rosetta. Tout d’abord, cette mission est née il y a près de 30 ans quand  des ingénieurs évoquaient la possibilité de poser une sonde sur une comète et de renvoyer des échantillons sur Terre. Avec les années, l’ambition  s’est limitée à se poser sur la comète afin d’en étudier sa composition.

Une longue histoire

C’est finalement en 2004 que partira la sonde Rosetta et son atterrisseur Philae. Après plus de 10 ans de trajet et 6,5 milliards de kilomètres parcourus, elle s’est mise en orbite autour de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko. Mercredi, la sonde Rosetta larguera Philae, un robot, qui devra se poser sur la comète. Au moment de l’atterrissage, la comète se trouvera à 510 millions de kilomètres de la Terre !

Le coût total de la mission s’élève à 1,3 milliards d’euros, la France a contribué à hauteur 250 millions d’euros sur 20 ans, ce qui représente 20 centimes d’euros par an et par français. 1,3 milliards pour une mission de cette envergure est peu élevé si on réalise que c’est le prix de construction de 4 Airbus A380 seulement.

 

Les enjeux

Les enjeux scientifiques sont énormes. Si Philae parvient à se poser sur sa comète, il nous permettra d’en savoir plus sur la formation du système solaire et sur les origines de l’eau sur Terre.

C’est la première fois que l’Homme va poser un laboratoire sur un objet non coopératif tel qu’une comète. La zone d’atterrissage de Philae sur la comète s’appelle Agilkia, (c’est le nom d’une île qui se trouve sur le Nil). Ce site est normalement plat, ensoleillé mais avec une période nocturne, et l’horizon est assez dégagé pour que Philae puisse communiquer avec Rosetta qui restera en orbite autour de la comète.

agilkia philae

La descente de la mort

Philae pèse 100 kg sur Terre. Mais sur la comète, la gravité est si faible que Philae ne pèse qu’1 gramme. Si la comète se met à trop dégazer, les éjections de gaz peuvent modifier la trajectoire de Philae au moment de se descente et ça peut compromettre toute la mission… une mission de 20 ans qui a mobilisé 500 ingénieurs et scientifiques.

Et si Philae parvient à toucher le sol de la comète, il faut qu’il atterrisse sur une zone plate, si l’inclinaison du sol est supérieure à 60°, la mission est terminée. Ensuite, dès que le robot touchera le sol, des propulseurs s’allumeront pour plaquer le robot au sol et éviter qu’il ne rebondisse. Des harpons sont alors lancés pour accrocher le robot au sol. Ensuite des vis qui se situent dans les pieds de Philae viendront fixer définitivement le robot au sol… Je viens de répéter les mots « au sol » troix fois de suite alors qu’on ne sait même pas à quoi il ressemble « ce sol » !

Comme on ne connait pas la densité du sol, il y a un risque que le robot s’enfonce au moment où les propulseurs seront activés. Les experts estiment avoir une chance sur deux pour que l’atterrissage se déroule parfaitement.

philae comete

Quand se pose Philae ?

Tout commence à 9h35 du matin, heure française. Philae se détache de Rosetta. Et après quelques manipulations que je vais vous épargner, Philae entame sa descente vers la comète. Il va mettre 7 heures à parcourir les 20 kilomètres qui le sépare de la comète.

A 15h54, Philae prend des photos de sa zone d’atterrissage. A 16h34,  contact avec la surface de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. 17h (+ ou – 15 min), confirmation de l’atterrissage par le centre de contrôle de Philae. 19h, réception du panorama du paysage autour de Philae.

Comment suivre l’atterrissage de Philae ?

Pour suivre l’atterrissage de Philae, et vivre les moments d’angoisse, d’espoir et de joie ou de déception, vous avez plusieurs possibilités.

Tout d’abord, vous pouvez vous rendre à la Cité de l’espace à Toulouse qui, pour fêter cet évènement historique, ouvre ses portes gratuitement ! Toute la journée des experts, des scientifiques, des ingénieurs qui ont travaillé sur Philae vont expliquer ce qui se passe là-haut. Il y aura également un envoyé spécial dans le centre de contrôle de Philae à Darmstadt en Allemagne, un autre à Universciences à Paris, sans oublier que des visioconférences avec le musée de l’espace à  Houston sont également prévus.

Et pour ceux qui ne pourront pas se déplacer, vous pouvez suivre cet événement en streaming ci-dessous à partir de 10h30 :

Ensuite, pour les Parisiens, vous pouvez vous rendre à Universciences où il y aura un dispositif imposant qui comprend de nombreux invités prestigieux. Il y aura également un envoyé spécial dans le centre de contrôle de Darmstadt en Allemagne. De même, vous pouvez suivre en direct le multi-flux mis en place par le CNES à partir de 15h30 ci-dessous :

 

Maintenant, je peux reposer ma question : que ferez-vous le 12 novembre ?

Moi, je suivrai l’évènement depuis la Cité des Sciences où je commenterai ce qu’il se passe à Paris pour la Cité de l’espace à Toulouse. Vous pouvez également me suivre sur Twitter : @benazdia

Pour tout savoir sur Rosetta et Philae, je vous conseille l’excellent dossier réalisé par Olivier Sanguy du site Enjoy Space.

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Intéressant..
    Mais questions: comment peut-elle avoir parcourue 6.5 milliards de kilomètres et ne se trouver qu’à 510 millions de kilomètres??!!! ( ok il a sûrement fallu quelques tours autour de la planète afin de prendre de la vitesse mais quand même… )

  2. Il y a un petit problème dans l’article :/
    Si la sonde pèse 100 kilos, elle pèsera toujours 100 kilos, les 1g annoncés ne s’afficherait que sur une balance calibrée pour la gravité terrestre posée sur la comète :)
    Mais cela n’aurait pas aidé à la compréhension de certains d’exprimer le poids en Newton (car c’est la vrai unité du poids) j’en conviens 😉
    Très chouette article sinon 😀

    1. Ah ah Thomas, tu m’as bien eu :)
      En effet, le poids s’exprime en Newton et la masse en gramme. Et comme tu le dis, exprimer le poids de Philae sur la Comète en Newton ne serait pas très explicite.
      Pour ceux qui veulent bien comprendre de quoi on parle, j’ai trouvé cet article très clair : http://bv.alloprof.qc.ca/science-et-technologie/l'univers-materiel/l'energie/l'energie-et-le-travail/la-relation-entre-la-masse-et-le-poids.aspx

      1. A la limite on aurait pu formuler en disant que le poids exercé sur la sonde de 100 kg par la comète est le même que le poids exercé par la terre sur un objet ayant 1g de masse.

  3. Wahooo depuis le temps que je pensais quitter Gizmodo voila enfin une raison de rester un peu plus longtemps !
    Bravo pour cet article de qualité !

  4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Hayabusa_(sonde_spatiale)
    Ce n’est peut-etre pas exactement la meme mission mais il y a quelques annees l’agence spatiale japonnaise a deja ramene sur Terre quelques echantillons d’une autre comete.
    J’espere ne pas etre hors sujet mais je me permet d’intervenir car ce n’est pas la premiere fois que je constate que l’on considere cette mission comme etant tout a fait novatrice.

  5. Bon article c’est cool d’avoir ça à lire de bon matin plutôt que le 20min. ..
    Pour info au niveau de l’ESA la mission Philae est une mission secondaire d’ ailleurs nous avoir qu’une chance sur deux serait trop peu pour une mission principale.
    La dite principale est déjà en partie accompli par le réveil de Rosetta et de ses instrument qui ont déjà permet de connaître beaucoup de chose sur la comète ; Philae c’est un peu comme la cerise sur le gâteau, c’est un plus fort agréable !
    Donc quoiqu’il arrive le 12 soyons déjà contents de cette mission !

    1. Oui, de quoi être content, surtout quand on sait que Philae n’est en fait qu’une mission secondaire, l’objectif principal de la mission est Rosetta qui va tourner autour de la comète pendant un moment.
      Au point que l’équipe Philae aurait aimé que Rosetta reste à proximité plus longtemps lors du largage, alors qu’en fait, dés que Philae est largué, Rosetta va retourner sur son orbite éloignée et un peu plus sécurisée.
      Mais Philae est un sacré coup de pub pour l’ESA ! Et je suis fier de voir que l’Europe peut se lancer dans des mission innovantes sans rester accroché aux Américains.

  6. Merci pour cet article fort agréable à lire!
    Seulement 4 airbus pour une mission aussi longue et avec des enjeux non négligeables, une très bonne manière de relativiser le coût de cette recherche spatiale 😉

    Je ne serai sans doute pas dispo le 12 mais je suivrai l’info autant que possible :)

  7. Le 12 novembre je ne sais pas, mais le 22 je fête mon anniversaire…
    Bon pour les cadeaux, Mr Gizmodo contactez-moi par mail, je suis sur que vous aurez à coeur de faire un geste puisque je dois bien être un de vos plus anciens lecteurs…

  8. Question bête : Comment définit-on si l’inclinaison du sol est supérieure à 60° sur une comète ? Quel est le référent qui donne le 0° ?

    Question bis : est-ce qu’une telle sonde (pas forcément celle-ci) posée sur la comète aurait la faculté de la détourner de son orbite et si non pourquoi ?

    1. Pour ce qui est de l’inclinaison du sol, je ne suis pas sûr que ce soit définissable, il s’agit surtout de son angle relatif à la trajectoire de Philae (son angle « d’incidence » au moment du contact, 0° étant la perpendiculaire de la trajectoire)

      Dévier une comète doit être possible, car elles subissent les mêmes lois physiques que les astéroïdes et quelconque autre corps céleste, cependant cette comète pèse environ 1,0*10^13kg.
      Donc même en y accrochant un gros réacteur (qu’il faudra envoyer dans l’espace d’abord, et avec son combustible…) il faudra pousser longtemps avant d’avoir un résultat probant (déviation d’orbite).
      Après recherches, la masse moyenne des comètes (quelles qu’elles soient) oscille entre 1,0*10^11 et 1,0*10^17. Nous ne sommes donc pas près de les brancher à l’ISS 😉

    2. Fainycs répond bien:

      l’inclinaison sera l’angle de l’approche de Philae par rapport à la surface d’attérissage.

      Ca peut aussi être definit par l’angle entre le plan du sol avoisinnant la zone de posée ( supposé plat localement) et la ligne contruite entre le centre de ce plan et le centre de gravité de la comète…

      Quant à la deviation, même si un reacteur n’est pas puissant, il peut être efficace tant que celui-ci reste allumé longtemps ( par exemple avec la propulsion plasmique sur satellite articficiel, de l’ordre de 0,1N de poussée mais allumé en continue: ca a son effet dans le long terme…)

      1. Je suis d’accord B0ris, j’aurai du écrire « déviation conséquente d’orbite dans un temps acceptable (à l’échèle humaine) ». Car pousser du 10^13kg avec un moteur de 0.1N risque de nous prendre quelques décades pour ramener la comète à la maison.

  9. Encore un super article de Noredine. Merci!

    Fait chier! Mercredi je bosse toute la journée. Mais je vais essayer de m’échapper pour venir à la cité de l’espace. Je bosse juste à côté. Ça serait dommage de louper sa…

  10. merci pour cette info. 10 ans de travail qui vont hélas passer inaperçu dans les médias grâce à une escort girl qui a planté un escort boy et à des politiciens qui jouent à « tu me tiens par la barbichette »..

    question hs: quelqu’un saurait combien l’Europe investit dans la lutte contre le cancer, l’ebola, le sida (par exemple)?

    je dis ça, car en ce qui concerne le cancer, on nous berce tout les ans avec des campagnes publicitaires de depistages ou de demandes de dons (campagnes qui doivent couter très chères au passage) et c’est tout.. personne dans les médias ne parle des avancées faites (traitements et autres). y’en a t-il vraiment ou l’on tourne en rond?

    depuis +10 ans j’ai vu des proches, des amies, des membres de ma famille lutter en vain.. dans les hopitaux, l’ambiance fait comprendre que les patients se résument à de simples numéros de sécu, les docteurs sont comme des ouvriers d’une chaine de montage, ils appliquent des traitements (très onéreux) qui sont les mêmes depuis +10ans.
    et si ça marche tant mieux, sinon on propose aux patients sans le dire d’être un « cobaye » de labo.

    on investit des milliards dans l’infiniment loin pour des chiffres, des statistiques, des photos de poussières, de cailloux et de roches.. de la « masturbation de scientifiques » à nos yeux,
    autant pour l’infiniment petit, la santé, on ne semble investir que dans des campagnes publicitaires. c’est moche.

    1. Je n’ai pas les chiffres concernant les maladies que cous citez, mais le problème avec la filière de la santé, c’est que les tests sont très longs (et les résultats moins « sensationnels »). La médecine avance pas à pas mais à chaque étape, c’est des mois voire des années de test.
      – 1) Il faut d’abord trouver une souche qui soit efficace (cellule souche ou molécule active pour des médicaments) => des années de recherche
      – 2)Une fois la base faite, il faut tester et repérer les effets non voulus => beaucoup de tests (donc de temps)
      – 3) A chaque fois que des effets trop gênants sont repérés, il faut modifier la formule (et re-tester à chaque fois) => encore plus de tests et de temps
      – 4) Quand la formule semble acceptable, on peut enfin commencer quelques tests sur des volontaires, et examiner leur réaction sur le long terme avec des batteries de tests en tout genre.
      – 5) S’il y à des problèmes, retour à l’étape 3) (et c’est reparti pour des années de recherche).
      Si tout se passe bien, on élargie les tests graduellement (de plus en plus de monde)
      – 6) Chaque organisme réagissant différemment, il est facile de retomber à l’étape 3) si les cas sont trop nombreux. Sinon, tout se passe bien, on peut industrialiser le nouveau médicament, ce qui prends encore un peu de temps.
      Bonjour, nous sommes en 2028.

      1. Bonjour

        @Fainycs
        Mais pourquoi s’acharner avec une approche purement chimique ?
        Le cancer ce sont des cellules qui ont une enveloppe.
        Il n’y a que la chimie qui peut détruire cette enveloppe ?
        C’est comme si on essayait depuis des années de détruire des chars d’assaut en utilisant exclusivement de l’acide !
        On verrait que ça serait inefficace mais on persévérerait sans jamais financer une autre voie de recherche !!!
        Cette attitude n’est pas scientifique et est totalement aberrante.

        A+

        Olivier

  11. sympa d’avoir penser à des dessins animés et des animations explicatifs pour les petits et les grands durant le live.

    moche que le rétro-propulseur de Philae ne fonctionne pas. ça aura une grande incidence sur le déroulement de sa mission? ou les crampons suffiront?

    concernant mon ancien commentaire, à ceux qui mettent des moins, je faisais surtout allusion que l’on entend jamais parler de l’avancée des recherches médicales sur les virus comparer à la conquête spatiale.
    à nous faire croire que les dons faits depuis des dizaines années ne servent qu’à financer des compagnes de dons (pubs vidéo sur le ton de la peur, prospectus, sites web..). et pendant ce temps dans les hôpitaux rien n’a changé en plus de dix ans. bref l’espace c’est « tout est super génial » et la biologie c’est la dépression.

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