La mission Rosetta est-elle un échec ?

Philae

Si atterrissage historique sur comète il y a eu, on ne  peut pas dire que cela s'est fait en douceur... Philae, a rebondi deux fois et a finalement fini sa course à l'ombre d'une falaise, où ses panneaux solaires ne peuvent pas emmagasiner suffisamment d'énergie. Ce qui signifie qu'au moment où sa batterie va flancher, la mission Rosetta en fera de même, mettant à mal près de 30 années de recherches.

Le problème a commencé quand Philae s’est posé sur la comète la première fois, effectivement ses harpons ne se sont pas déclenchés et il n’a donc pas pu s’ancrer à la comète. Or, la gravité y est 100 000 fois plus faible que sur la Terre, ce qui fait qu’il a atterri un demi-kilomètre plus loin que prévu. Qui plus est, les instruments télémétriques confirment qu’il a de nouveau rebondi, l »ESA pense que Philae est posé sur le côté, avec l’un de ses trois pieds en l’air, au bas d’une falaise.

Dans cette position, Philae ne profitera que d’1,5 heure de soleil toutes les 12 heures. En somme, une fois sa charge initiale épuisée, tout va s’assombrir petit à petit. Il n’a aucun moyen de se redresser tout seul, l’ESA espère trouver une solution en utilisant le système de forage ou les harpons pour lui donner une ultime (et espérons salvatrice) secousse. Seulement la manœuvre est risquée, avec une gravité si faible et sans ancrage, cela pourrait déstabiliser l’ensemble de l’appareil.

Il était censé pouvoir fonctionner jusqu’à Mars 2015, et creuser pour analyser les isotopes d’hydrogène… Le voilà limité aux échantillons de surface, pour une durée indéterminée… A l’heure actuelle, le robot n’a qu’un seul but, recueillir autant de données que possible sur les 64 heures de charge que lui offre sa batterie. Le robot Philae a tout de même tenté un forage mais le résultat n’arrivera peut-être pas sur Terre, faute d’énergie.

Il serait inconvenant de parler d’échec, réussir un atterrissage sur une comète après un voyage de 10 ans dans l’espace reste un accomplissement historique.

Tags :Sources :bbc
Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Il faut vraiment n’avoir rien compris à la mission Rosetta pour écrire un truc pareil.

    Je vais quand même détailler un peu, même si sincèrement ce genre d’article à tendance à me déprimer :
    – Rosetta représente 80% des objectifs scientifiques, Philae n’en représente que 20%
    – L’objectif initial, arriver à rejoindre une balle de tennis à 510 millions de kilomètre de la terre et se mettre en orbite autour est un succès
    – Déposer un grain de pollen sur ladite balle de tennis est également un succès, et même un exploit compte-tenu de la très faible gravité, des inconnus complets que représentaient la forme et la structure même de la comète, les sites d’atterrissage, les trajectoires d’atterrissage : Tous ces paramètres n’ont pu être récoltés que pendant 2 mois, là où les missions des robots martiens ont bénéficié de 2 ans d’analyse préalable
    – Philae s’est posé d’abord pile sur la cible, puis a rebondi pour aller se coincer. Dans tous les cas, il s’est posé, et a été en capacité de démarrer 8 de ces 10 instruments scientifiques et d’envoyer l’ensemble de ces données scientifiques via Rosetta (cette liaison même de données est là encore un vrai défi relevé et totalement réussi)
    Pour mémoire, l’ESA avait également brillamment réussi à poser Huyguens sur Titan, là où le Beagle anglais s’était écrasé sur Mars (pourtant bien connu).
    – La pile disposait de 50 à 60 h d’autonomie , descente comprise, pour réaliser l’ensemble des analyses souhaitées. A l’arrivée, elle a bénéficié d’environ 50 heures.
    – Les panneaux solaires ne devaient qu’apporter du bonus, notamment en s’approchant du soleil. Mais là encore, c’est Rosetta qui possède les principaux instruments de mesure. En clair, même si Philae ne bénéficie pas de ce bonus, sa mission est largement remplie. La seule incertitude reste la possibilité de récupérer les analyses réalisées après forage de ce jour.

    Donc en clair : c’est un exploit technique, pour une solution imaginée il y a 20 ans et envoyée dans l’espace il y a 10 ans (et donc avec les technologies éprouvées de l’époque, soit celles du début des années 1990).
    C’est également une très grande réussie scientifique, le couple Rosetta-Philae aillant à ce jour recueilli la grande majorité des informations que les scientifiques espéraient relever. Et Rosetta est encore en poste pour la suite.
    C’est enfin une merveille d’ingénierie étant donné la complexité phénoménale de la mission dans son ensemble et les montagnes d’incertitudes qui l’entouraient.
    Ne boudons pas notre plaisir, et évitons ce genre d’article totalement réducteur : c’est ça qui est inconvenant en la circonstance.

    1. Ce qui est aussi fabuleux, c’est que :
      1) l’ESA ne donnait une probabilité que de 50% au succès de l’atterrissage de Philae
      2) la mission Rosetta a su passionner un public très large, faire la une des journaux télévisés, avoir des lives sur certains chaines (BFM) et radios diffusant en direct les nouvelles les plus fraiches avec des reporters au centre de contrôle de la mission, tout cela alors que ce n’est pas une mission habitée !

      C’est clairement un succès énorme !

  2. J’aime pas critiquer, mais, franchement, Florence, laissez les thèmes spatiaux à Noredine, il est incommensurablement plus pertinent que vous sur le sujet.
    Merci à TizBee pour avoir fait en commentaire un article bien plus pertinent que l’original.

  3. des fois les commentaires sur se site me font peur, quel rapport en la tete de qq’1 et cet article? A part vouloir dénigrer qq’1.

    Ce commentaire a reçu trop de votes négatifs. Cliquez ici pour voir le message.
  4. Juste comme ça, certes la sonde s’est posée à l’ombre d’une crevasse sur cette comète mais dans quelques temps l’illumination du site où s’est posé la sonde sera de nouveau propice à la continuation des expériences. Et comme la sonde sera soumise à une lumière moins forte que ce qui était initialement prévu, la sonde pourra travailler beaucoup plus longtemps que dans leurs prévisions initiales (mars 2015). En effet, n’étant pas soumise à une pleine exposition au soleil, la sonde n’aura pas de problème d’évacuation de chaleur qui était censé « abîmer » petit à petit la sonde.
    A court terme cela peut sembler un échec, mais sur le long terme c’est un succès plus grand que ce qui était prévu!

    Je trouve dommage, sur un site comme celui-là, de trouver des articles aussi peu informés…

  5. Les 10 instruments ont été finalement utilisés (et non pas seulement 8), pendant un temps inférieur, certes, à ce qui était prévu (notamment l’analyse gazeuse), mais le forage a réussi qui est l’expérience la plus prometteuse en matière de recherche de molécules organiques.
    La sortie de l’hibernation est susceptible d’intervenir cet été, mais se heurte à plusieurs inconnues, notamment : la poussière sur les panneaux exposés, le dégazage qui risque d’éjecter Philae. Quoiqu’il en soit, la part du contrat de Philae est largement remplie en effet en ce qui concerne l’aspect scientifique.
    Curieux article en effet, qui semble avoir été rédigé pendant la période d’incertitude sur le fonctionnement de Philae, mais publié après que l’aterrisseur ait commencé à transmettre en quantité les données scientifiques !

  6. Il n’empêche que le concepteur du système d’arrimage de Philae doit avoir un sommeil agité en ce moment car c’est un très gros bug système comme concevoir un A380 sans trains atterrissage fonctionnels..

    1. C est vrai c est balo mais que dire des allégations de la presse qui affirme que c est du a des tests non réalisés avant le départ de la sonde.

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