Test : Microsoft Band, il capte tous vos mouvements puis vous brise le coeur

Microsoft Band

Lorsque j'ai mis le Microsoft Band à mon poignet pour la première fois il y a une semaine, j'avais l'impression d'avoir obtenu un nouveau pouvoir. Le premier bracelet capteur d'activité de la firme embarque 10 capteurs dans un package très discret et ses spécifications élevées augmentaient grandement son potentiel. Je me disais, "ce gadget pourrait vraiment apprendre à me connaître et m'amener vers un meilleur moi." C'est très dommage que le Band n'y parvienne pas...

Je ne suis pas une loque complète mais je pourrais facilement être en meilleure forme. Je fais du vélo, je cours, je joue avec mes amis, mais je ne suis pas un triathlète. Mon alimentation est bonne mais si il y a du bacon au menu, j’avale tout. Je dors de manière irrégulière – je suis journaliste – et même lorsque je fais une nuit complète, l’anxiété me guette.

Mon corps est n’est qu’une expérience chimique extrêmement complexe que je réalise jour après jour sans aucune méthodologie, sans aucun contrôle, et j’aimerais bien changer cela. Je suis convaincu qu’en surveillant constamment mon activité, je pourrais trouver ce qu’il faut faire pour vivre mieux. Je n’ai pas encore trouvé le moyen d’y parvenir cela dit. Mais le Microsoft Band est censé être différent de la concurrence. Plus intelligent.

Microsoft Band

Qu’est-ce que c’est ?

Le premier capteur d’activité de Microsoft, et qui s’avère aussi être une smartwatch parce qu’il peut afficher vos textos, vos tweets et même la météo. Il coûte 200$ et embarque une impressionnante liste de capteurs. Il y a un capteur cardiaque optique, un accéléromètre, un gyromètre, un GPS, un capteur de luminosité ambiante, un capteur de température de peau, un capteur d’UC, un capteur capacitif, un capteur qui mesure la réponse galvanique cutanée et un microphone. Il mesure les pas, le rythme cardiaque et calcule d’autres données plus secondaires, comme la qualité du sommeil ou les calories brûlées.

Mais au-delà des classiques, le Microsoft Band promet aussi de rendre ces données vraiment utiles en les envoyant sur la plateforme cloud Microsoft Health. Microsoft affirme pouvoir rassembler toutes ces informations, les traiter et renvoyer des données « concrètes ». Concrètes entre guillemets pour une raison : vous êtes censé pouvoir faire quelque chose de ces informations.

Pourquoi est-ce important ?

Surveiller la santé personnelle est important. Les gadgets qui le font sont légion et Microsoft ne se contente pas de jouer contre d’autres capteurs excellents comme Fitbit ou Basis. Il joue aussi contre Apple, Google et Samsung qui sont lancés dans la course au meilleur logiciel pour utiliser toutes les données collectées par ces gadgets. Que le Band soit aussi une smartwatch ne le rend finalement que plus attrayant.

Microsoft Band

Design

Le capteur est un bracelet en plastique semi-rigide qui se ferme avec un fermoir ajustable très bien pensé. Il glisse le long d’un guide, vous permettant de serrer ou desserrer facilement le bracelet. C’est très pratique : je gardais le bracelet plutôt lâche durant la journée et je le resserrais juste avant de prendre mon vélo.

Curieusement, le Band semble avoir été dessiné pour être porté avec l’écran à l’intérieur du poignet. Je dis cela parce que c’est bien plus confortable à porter de la sorte, notamment parce que l’écran LCD de 1,4 pouce est totalement plat. Le passer de l’autre côté, ça va, mais c’est étrange, particulièrement si vous avez votre poignet posé sur un bureau.

L’écran est parfait pour regarder la moindre information, même en plein soleil, mais il paraît bien insipide comparé au magnifique écran AMOLED du Samsung Gear Fit. Je n’ai eu aucun problème à interagir avec l’écran tactile capacitif du Band.

La montre a deux boutons qui servent différentes fonctions selon l’écran affiché : démarrer un timer, répondre aux messages, c’est très variable. Si j’écrivais toutes les possibilités, ce serait très confus. Mais j’ai trouvé cela plutôt intuitif, presque élégant même.

L’interface n’est finalement qu’une pile de tuile à balayer qui ont l’air plus simples encore que celles que l’on trouve sur Windows Phone. En plus des tuiles dédiées aux SMS, emails et notifications Twitter et Facebook, il y en a aussi des spécifiques pour la course, les entraînements et le suivi du sommeil.

Pousser une tuile vers le bas ouvre ce que l’on pourrait qualifier d’application mono-fonction. On peut en ouvrir jusqu’à 13 simultanément, ce qui signifie qu’il faudra peut-être parfois en fermer. Il est aussi possible de configurer leur ordre, la couleur d’affichage et même le fonds d’écran, grâce à l’application Microsoft Health. Et en début d’année prochaine, Microsoft publiera un SDK pour les développeurs, leur permettant de jouer avec les capteurs de l’appareil.

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Le Band est légèrement flexible, donnant l’impression de pouvoir bien résister, mais l’écran devrait être davantage à la peine, attention. La plus grosse critique du Band serait peut-être qu’il n’est pas étanche. Il résistera à un lavage de main mais pas à une douche.

À l’usage

Lorsque vous ne l’utilisez pas, le Band fait ce que fait toute bonne montre : il affiche l’heure et la date. Appuyez sur l’écran et vous verrez apparaître une série d’écrans vous renseignant sur votre activité : les pas de la journée, les calories brûlées et votre rythme cardiaque. Il est aussi possible de définir l’une de ces informations pour apparaître aux côtés de l’heure, parfait pour garder l’info à portée d’yeux en toutes circonstances.

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Le Band évalue de nombreux paramètres et le fait plutôt bien pour les plus classiques : le podomètre est très précis, et ne prend pas en compte les faux positifs. Le suivi du sommeil, qu’il faut activer chaque nuit, enregistre exactement les mêmes données que le Samsung Gear Fit. Il est même possible de prendre la mesure des UV du lieu où vous êtes, même si le soleil était le cadet de mes soucis, à l’automne à New York…

Avoir un moniteur cardiaque toujours à disposition est plutôt réjouissant. J’ai été surpris de découvrir qu’écouter de la musique pouvait emballer mon cœur tandis qu’écrire sur un scoop ne me fait absolument rien.

Microsoft Band

Jusque là, rien d’impressionnant, mais lorsque l’on s’en sort pour suivre l’exercice physique que l’on fait, le Band commence à révéler tout son potentiel. Vous avez trois tuiles au choix : course, entraînement ou entraînement guidé.

Quand on lance la tuile course, on se voit proposer le GPS intégré, principale différence entre la fonction course et les deux fonctions entraînement. Dans les deux modes, l’application analyse votre rythme cardiaque du début à la fin ainsi que les calories brûlées, mais le GPS peut aussi suivre votre trajet. Par contre, c’est plutôt dommage de devoir allumer et éteindre le GPS manuellement.

Les entraînements guidés sont probablement le concept le plus intéressant du Band. Avec l’application Microsoft Health, on peut charger des entraînements préétablis – par Shape ou Men’s Fitness par exemple -. Par exemple, le premier jour du « Beginner Home Workout » vous fait faire une alternance de sauts en ouverture-fermeture et de flexions. Chaque fois qu’il faut changer d’exercice, le bracelet vous alerte. Les séances d’entraînement ne sont pas non plus statiques, elles sont développées pour vous faire travailler sur plusieurs semaines, de la manière qu’un plan de remise en forme dans un centre spécialisé.

Microsoft Band

Ces entraînement sont vraiment bien pensés, et ils sauront séduire les débutants – comme moi ! – qui n’ont aucune idée de ce qu’ils font. Mais ce n’est vraiment pas intuitif de se retrouver à regarder son poignée toutes les 30 secondes pendant un entraînement.

Les mesures du Band sont précises, à une exception près : après m’être retrouvé à court de batterie un Mardi soir, l’application Microsoft Health a tout simplement perdu deux jours complets d’activité. Totalement évanouis de l’application. Ce n’est pas juste étrange, c’est un sérieux problème de confiance. Le but du Band et de la plateforme est bien de récupérer et de stocker des données… quel est l’intérêt s’il n’y parvient pas tout le temps ?

Mais le Microsoft Band souffre aussi du gros problème de l’œuf et de la poule : il n’a pas les données nécessaires pour offrir des idées « concrètes ». « Un sommeil reposant » en est le parfait exemple. Pendant une nuit vraiment mauvaise, j’ai été surpris d’apprendre que je n’avais effectué que deux heures de sommeil reposant. Mais en y repensant, je n’avais absolument aucune idée de ce que signifiait ce chiffre. J’ai dormi durant sept heures et selon l’application, je suis resté pratiquement immobile. Ce chiffre est-il élevé ou pas ? Microsoft Health ne m’a rien dit de plus utile que cela.

Il est peut-être trop tôt pour attendre ce genre d’informations parce que la plateforme n’a pas encore collecté suffisamment de données – et le SDK ne sera pas publié avant l’année prochaine – mais c’est assez étrange de dépenser 200$ sur une promesse que Microsoft ne peut pas tenir sans l’aide de nombreux autres porteurs du bracelet et constructeurs.

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Parlons enfin des notifications – puisque le Band peut agir comme une smartwatch -. Appairer le Band avec mon Galaxy S5 s’est révélé facile et bien sûr, les SMS, appels entrants, tweets et mises à jour Facebook remontent bien sur le poignet. (On peut les lire, cinq mots à la fois, en se déplaçant dans les messages.) La vibration d’un appel entrant m’a sauvé vendredi dernier lorsque j’ai reçu un appel important alors que j’arpentais les allées bondées d’un salon. Je ne sentais pas mon téléphone vibrer dans ma poche mais sur mon poignet, j’ai su immédiatement que mon éditeur avait besoin de quelque chose.

L’un dans l’autre, cela dit, les notifications doivent encore être peaufinées. J’ai tenté d’ajouter la tuile du Centre de Notifications pour récupérer tout ce qui arrive sur mon téléphone, c’était un vrai désastre. Le bracelet vibrait chaque fois que le GPS accrochait une position et chaque fois qu’un nouveau réseau WiFi était à portée. En ce qui concerne les textos, c’était pratique de les avoir au poignet mais le compteur des non-lus ne se synchronisait pas entre le téléphone et le Band, il fallait les lire deux fois. Twitter m’a aussi causé quelques soucis : c’était bien de visualiser ses réponses mais chaque fois que j’envoyais un tweet depuis mon téléphone, le Band vibrait et m’informait que le tweet était en cours d’envoi. Pourquoi ?

En plus de la simple utilisation du Band avec mon Galaxy S5, Nick a appairé son Windows Phone pour tester l’intégration de l’assistant vocal Cortana. C’était lent… tellement lent. Dicter un simple message texte à un collègue a pris plus de trente secondes. Ce n’est peut-être pas important si vous êtes en mouvement par exemple et que vous laissez le traitement opérer en tâche de fonds. Mais c’est très loin de la rapidité offerte par Google Now sur les appareils Android Wear.

En tout cas, l’autonomie de la batterie est bien de deux jours, comme annoncé, à moins que vous ne couriez vraiment beaucoup.

Microsoft Band

On a aimé

Les nombreux capteurs intégrés pour mesurer tout un tas de données. Le bracelet offre une vue claire sur de nombreux signes vitaux. Les entraînements guidés sont une fonctionnalité vraiment utile pour les débutants qui souhaitent retrouver la forme. Avoir un moniteur cardiaque à portée de main en permanence est très sympa. C’est aussi plutôt appréciable d’avoir une estimation du temps de récupération après un entraînement.

On n’a pas aimé

Finalement, l’interface tactile est une grosse déception. Elle n’est pas très agréable à l’oeil et les notifications sont davantage un handicap qu’autre chose. Le bracelet n’est pas étanche, il est donc impossible de l’utiliser en nageant, et ce même si un développeur souhaitait développer cette fonctionnalité. Un gros bug a supprimé deux jours de données.

Microsoft Band

Et alors, j’achète ?

Pas maintenant. Attendez de voir ce que les nombreux développeurs sont capables de faire avec la plateforme Microsoft Health et tous ces capteurs. Il serait aussi bon d’attendre de voir si Microsoft peut éliminer les petits problèmes de l’interface utilisateur.

Le Microsoft Band essaie d’en faire beaucoup et s’en sort plutôt bien. Il est bien plus attrayant en tant que capteur d’activité que smartwatch. Mais dans le premier, le Basis Peak est un concurrent redoutable – même si son logiciel n’est pas totalement au point non plus -. En tant que smartwatch, le Band n’est pas fantastique. Vous seriez mieux servi avec une Pebble Steel (a minima) ou un montre Android Wear comme la Moto 360 ou la LG G Watch R si vous êtes prêt à la recharger toutes les nuits. Bien sûr, elles sont plus chères, mais mieux vaut attendre la prochaine paye pour avoir un meilleur appareil.

Le Microsoft Band n’est pas horrible et il y a vraiment de la place pour de nombreuse améliorations. C’est juste vraiment dommage qu’il soit livré dès maintenant, à moitié fini.

Tags :Via :Gizmodo
Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. Excellent ce test, merci.
    Compte vous en faire pour la fitbit surge et basic peak ? Ca serait parfait pour faire une petite comparaisob de ces bracelets entre tracker d’activité et (plus ou moins) smartwatch.

  2. Merci pour ce test, cependant vous concluez par un « dommage que le produit soit livré maintenant pas totalement fini ».. mais justement, il n est pas encore sorti à part aux Etats-Unis qui sert actuellement de Labo comme l a expliqué Microsoft. Il vont attendre de récolter plus d informations pour adapter le produit et le distribuer ensuite à grande échelle.

  3. BRef, faut attendre que ce produit s’améliore. Et surtout que Microsoft Health soit dispo en France ! A moins que l’on puisse passer par l’appli Bing Santé…

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