Les applications mobiles taclées pour leur indiscrétion !

Carton rouge

A chaque fois que nous installons une nouvelle application, c'est sempiternellement le même cirque : celle-ci a besoin d'accéder à vos contacts, photos, messages. Entre nous, à quel moment la RATP a-t-elle besoin de regarder nos photos de week-end ? La CNIL dénonce la tendance des éditeurs d’applications mobiles à collecter les données personnelles alors qu'ils sont loin d'en avoir la légitimité.

La CNIL a pour mission d’évaluer la conformité des applications mobiles vis-à-vis des réglementation, grâce à une étude menée entre juin et septembre 2014 avec l’Inria dans le cadre du projet Mobilitics.

Le verdict est sans appel : l’accès à nos données personnelles est jugé trop massif et fustigé pour son manque de visibilité auprès des utilisateurs. Dans le 8ème numéro de sa lettre « Innovation & Prospective » (document PDF), la CNIL dénonce les pratiques abusives des développeurs d’application.

Le process est simple, des agents se sont infiltrés sur les boutiques virtuelles avec un smartphone équipé d’un logiciel qui a examiné le comportement de 121 applications « parmi les plus populaires en France ». Plus de la moitié des applications accèdent au moins à un identifiant technique, matériel ou logiciel, elles sont 34 % à récupérer l’ID du terminal, 20 % consultent l’IMEI, 23 % vérifient le nom de l’opérateur réseau et même 5 % jettent un coup d’œil à l’identifiant de carte SIM (ICCID).

Les données les plus prisées restent globalement la géolocalisation… Et attention, ce n’est pas dans une moindre mesure. Selon la CNIL, une appli de réseau social se connecte toutes les minutes en moyenne et plus d’un million de fois en trois mois pour le Play Store de Google !

 » 17 % des applications accèdent aussi au carnet d’adresses ; 3 %, au calendrier ; 6 %, au numéro de téléphone. Des éléments à mettre en parallèle avec ceux relevés sur iOS entre novembre 2012 et janvier 2014 : 46 % des applications avaient accédé à l’identifiant de l’iPhone ; 31 %, à la géolocalisation ; 8 %, aux listes de contacts ; 2 %, à l’agenda. »

La parité est de mise : la donne est la même sous iOS ou Android, personne n’échappe à cette dérive. Alors, souvenez-vous, si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit ! Mesures d’audience, statistiques d’utilisation, monétisation et publicité…  le choix ne manque pas ! Bref, un système des plus douteux puisqu’il reste globalement très difficile de corréler les accès aux données à une quelconque valeur ajoutée pour l’utilisateur.

Tags :Sources :cnil
Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. C’est bien beau tout cela mais il faut bien que les développeurs des applications totalement gratuites gagnent leur vie. Ou alors on aura des applications respectueuses mais toutes payantes (et beaucoup grogneront).

  2. +1 letsgroove37

    C’est le sempiternel débat du tout gratuit…
    Autant les sociétés qui ont d’autre modèle économique comme la RATP, ne devraient pas abuser, autant les autres applications, qui font de vous le produit, c’est tout simplement parce que si c’était payant vous ne l’achèteriez pas, ou en tout cas dans une moindre mesure, et le modèle économique ne serait pas viable.

    De la même manière les blog / site de news qui mettent de la pub pour vous fournir un service gratuit. Si tout le monde install un Ad Block, ou une restriction des permissions sur Android pour les App, ne venez pas vous plaindre si ils ferment leur porte les uns après les autres.

    Ces services demande de la main d’oeuvre, la main d’oeuvre coûte de l’argent, sans parler des coûts serveurs… et tout ça devrait être a perte ?

    De toutes façon vous êtes déjà le produit à votre ainsi pour beaucoup chose autres que les App Mobiles… La mairie qui vend des encarts publicitaire, la télévision avec sa réclame, la radio, et même dans le metro !! Faut vous y faire, la publicité est partout, alors pourquoi pas dans les App.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité