SpaceX : la conquête spatiale complètement barge !

SpaceX Dragon

Il y a 12 ans, SpaceX n’existait pas. Aujourd’hui, cette société américaine a envoyé avec succès son 5e vaisseau cargo pour ravitailler la Station spatiale internationale. Et Elon Musk, son président, qui est aussi à la tête de Tesla Motors, veut sans cesse aller plus loin en relevant des défis toujours plus dingues.

Quand Elon Musk ne veut pas coloniser Mars ou faire circuler des trains à plus de 1000 km/h, il demande à ses ingénieurs de produire la première fusée recyclable.

Ce samedi 10 janvier 2015, lors du lancement de la cinquième capsule Dragon à destination de l’ISS grâce à une fusée Falcon 9, le premier étage de la fusée (qui s’est détaché du reste 3 minutes après le lancement) a déployé des ailerons mobiles pour que son atterrissage soit contrôlable. Ensuite, les moteurs se sont rallumés 3 fois pour ralentir l’engin. Pendant sa chute, il devait passer de 1 300 m/s à 2 m/s et se poser à la verticale, sur une barge de moins de 100 mètres de large, située à 300 km de la Floride. Imaginez un peu le freinage ! Surtout que le premier étage de cette fusée équivaut à un immeuble de 14 étages.

Hélas, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Le premier étage de la fusée Falcon 9 est bien redescendu, les moteurs de la fusée ont bien redémarré, le premier étage a bien touché la barge. Ce qui est en soi un exploit dont SpaceX peut être fier. Mais ce morceau de fusée est arrivé un peu trop vite, il ne s’est pas posé à la verticale et ils ont été obligés de le détruire. La plateforme flottante de récupération a connu quelques dégâts matériels qui seront remplacés avant le prochain essai.

Pendant ce temps, la capsule Dragon a poursuivi son chemin jusqu’à l’ISS avec ses 2,5 tonnes de ravitaillement. La capsule Dragon est également une des rares capsules qui n’est pas détruite en rentrant dans l’atmosphère. Après 4 semaines accrochée à la Station internationale, cette capsule sera chargée de matériel et renvoyée sur terre.  Après avoir déployée ses parachutes, cette capsule sera récupérée dans l’Océan.

Selon Elon Musk, les chances de succès de ce test étaient de 50%. L’objectif de SpaceX est de  récupérer le premier étage, puis le deuxième des fusées qu’ils envoient. Imaginez un peu, le premier étage d’un Falcon 9 est équipé de 9 moteurs super chers capables de délivrer une poussée équivalente à celle de 5 Boeing 747. En récupérant le premier étage, SpaceX pourrait réaliser d’importantes économies et ils seraient alors très compétitifs pour les vols commerciaux.

Arianespace de son côté parvient encore à tenir tête à SpaceX. La fusée Ariane 6 qui sera opérationnelle en 2020 se positionne clairement comme concurrente des Falcon 9 de SpaceX… à condition que SpaceX ne parvienne pas à réutiliser le premier étage. Mais, on sait que, de son côté, le CNES (l’agence spatiale française) travaille également sur la récupération d’éléments de ses fusées. La concurrence va pousser toutes les agences à imaginer des solutions économiques, et au final, tout le monde y gagnera

Sources :NASA
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  1. Il est clair que récupérer les fusées revient à réduire les coûts de manière importante pour l’accès à l’espace (pas comme la navette hein… la navette a été mal pensée et a en réalité freiné la NASA pour des décennies avec ses tarifs exorbitants).

    Mais réussir un atterrissage sur la barge ne sera pas tout (car il finiront par y arriver ), il faudra aussi que le matériel reste fiable… sans fiabilité pas de réutilisation possible.

    1. Certes en théorie la récupération est une bonne idée, mais dans la pratique j’ai des doutes quant à la viabilité d’un tel concept et si cela ne va pas se terminer comme pour les navettes spatiales ou chaque éléments réutilisable était démonté et révisé de A à Z, si bien qu’au final un lancement de navette coûtait trois fois plus cher qu’un lancement de fusée non réutilisable.

  2. Et mon ascenseur hypersonique alors ? (sortie à mach 5 et à 3000 m) appuyé sur le kilimangaro … le premier étage serait déjà bien sous dimensionné. Mais pour que ce genre de truc soit rentable, il faudrait un programme spatial nécessitant quelque chose comme un lancement par jour pendant plusieurs années (avec assemblage en orbite).

  3. Elon Musk n’est pas un demeuré.

    S’il tente de récupérer ses fusées, c’est qu’il y a un gain à la faire.

    La navette, c’est pas comparable. La NASA pouvait injecter des sommes faramineuses pour la retaper entre les missions.

    Mais en ce qui concerne SpaceX, c’est clair que les coûts de récupération sont moins important que celui d’une nouvelle fusée. On parle d’une compagnie privée, qui veut faire du profit, pas d’une agence gouvernementale qui pige à pleine main dans les poches des contribuable.

    SpaceX est passé d’une précision de 10km (lors du dernier essais cet automne) à une précision de 10m. Et cela avec une fusée revenant tout droit de l’espace (altitude de 240km!), en pleine nuit, et dans un épais brouillard.

    Elon Musk a déjà annoncé que le prochain essais se fera d’ici 1 mois.

    1. Personne n’a dit que Musk était un demeuré, et les ingénieurs qui ont conçu la navette ne l’étaient pas non plus. Mais parfois il y a un fossé entre la théorie et la réalité des choses. J’en veux pour preuve le programme F-35 (le chasseur dernière génération de l’armée US) qui promettait monts et merveilles, et qui se trouve être un cauchemar technique pour son concepteur Lockheed.

    2. Et autre chose, la NASA ne pioche pas à pleines mains dans les poches du contribuable mais doit se démerder avec le budget que les politiques lui accorde chaques années. Se qui implique qu’elle doit calculer au plus juste chaques dépenses, annuler ou remanier certains programmes etc.

      1. Oui et c’est d’ailleurs pour ça que le programme de navette spatiale a été supprimé… Et la porte ouverte aux sociétés privées qui savent calculer un prix de revient qui tienne la route :)

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