Charlie Hebdo, ça va changer quoi pour les Internautes ?

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Le gouvernement a annoncé l'arrivée d'un régime d'exception suite aux attentats qui ont marqué à vif notre pays. Le dispositif français de lutte contre le terrorisme est d'ores et déjà en place, et devrait sensiblement se renforcer... Au risque de voir nos propres libertés reculer. 

Avant Charlie ?

Pour ce faire, le gouvernement ne compte pas y aller avec le dos de la cuillère, escomptant montrer sa volonté farouche de ne pas céder aux pressions des terroristes. La France se dirige vers une législation à l’américaine, et plus précisément son Patriot Act pourtant dénigré. Ainsi, armés de Loi de programmation militaire et de son article 20, de la loi contre le terrorisme votée en novembre dernier, nos élus comptent déjouer les pièges et cibler les fauteurs de troubles, au risque de se lancer dans la surenchère.

Déjà en place, l’article 20 de la Loi de programmation militaire prévoit la collecte de données par les autorités sur les réseaux, opérateurs télécoms et FAI, sans besoin de recours judiciaires. En ce sens, les autorités peuvent obtenir uniquement les métadonnées, c’est à dire les identités de l’utilisateur ou encore les dates et heures des communications. Le texte de loi, très vague, avait d’ailleurs chatouiller la CNIL qui avait limité son application, craignant déjà les dérives.

Autre organe de ce plan de sécurité, le terrain du blocage administratif des services électroniques, ce qui se traduit purement et simplement par le retrait d’un site, à la demande de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC). S’ajoute également le déréférencement des sites faisant l’apologie du terrorisme sur les moteurs de recherche. A chaque demande, les protagonistes, comme les FAI, éditeurs ou hébergeurs, sont tenus de fournir les informations sous 24h.

Après Charlie ?

Bien que le décret d’application de ce dernier ne soit pas encore acté, le gouvernement compte déjà modifier son arsenal et ce, dans le but de le renforcer. D’aucuns crient déjà aux dérives, arguant qu’il est excessif de rechercher des solutions précipitées, qui plus est inspirées du modèle américain datant du 11 septembre. Effectivement, le tout n’est pas de supprimer tout ce qui peut avoir un lien de près ou de loin avec le terrorisme. Il ne faut pas non plus négliger les moyens humains, d’investigation, de matériels, ou encore d’éducation.

Le problème est le même aux Etats-Unis : sous couvert de lutter contre le terrorisme, ce sont les libertés fondamentales des citoyens qui sont remises en cause. Si l’on peut comprendre l’approche gouvernementale, la personne lambda ne tient pas à ce qu’on lise ses mails, qu’on le géolocalise constamment ou qu’on ne heurte ses libertés numériques. Il s’agit donc de rester vigilants face aux futures mesures qui apparaîtront nécessairement en France.

Certaines nouvelles mesures semblent justifiées, comme d’obliger les personnes condamnées pour des faits de terrorisme à déclarer leur domicile et à se soumettre à des obligations de contrôle. En revanche, nous ne pensons pas que vous vous réjouirez de savoir que pour les moyens de transport aériens, maritimes ou ferroviaires, une série de données sera récoltées à l’achat d’un titre de transport : nom, prénom, adresse, numéro de téléphone, numéro de carte bancaire, itinéraire, dates de voyage.

Ce ne sont là que le renforcement de mesures déjà en place, et le gouvernement n’a pas fini de légiférer, notamment à destination du contrôle d’internet et des réseaux sociaux. Là encore, les autorités revendiquent le fait que ce sont des vecteurs de propagande et de recrutement des djihadistes. Il sera tout de même délicat de faire dans la demi mesure et il est probable que notre droit au respect de la vie privée et à la protection des données personnelles en soit un tantinet bafoué.

Des paroles certes, mais aussi des actes, comme en témoignent les peines de prison ferme pour quiconque fera l’apologie d’un acte terroriste sur Internet… La fermeté est de rigueur, il n’est plus temps de badiner au regard des derniers chiffres, Cazeneuve a recensé 12 600 messages condamnables depuis l’attaque de Charlie Hebdo.

Et maintenant ?

Vigilance Constante, comme dirait Maugrey Fol’Oeil. Il s’agit de garder nos deux yeux bien ouverts et de ne pas laisser le gouvernement Français concevoir des lois qui mettraient à mal les libertés du tout-un-chacun sur Internet, car plus de surveillance ne protégera pas plus la liberté d’expression. La peur et la douleur peuvent conduire à des « solutions » rapides qui ont des conséquences importantes où il devient complexe de revenir en arrière.

La Quadrature du Net, la CNil et d’autres acteurs seront là pour veiller au grain, mais nous autres, Internautes, ne devons pas nous endormir ou nous laisser endormir par de belles paroles ou discours de politiciens. L’attentat de Charlie Hebdo ne doit pas servir à justifier les programmes de surveillance existants, ni leur accentuation. La surveillance de masse ne viole pas seulement ​​notre vie privée, mais aussi notre capacité à parler librement, sous la pression qu’elle induit. Liberté d’expression et vie privée ne sont pas incompatibles, espérons que malgré le tragique de la situation, le gouvernement ne fasse pas… D’amalgames.

Tags :Sources :gizmodoitespresso
Dernières Questions sur UberGizmo Help
    1. Sauf qu’en France c’est loi ne prendra en compte que les sites terroristes et non le reste, on est pas américains…

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  1. Personellement je n ai aucun probleme avec le fait que les autorités collectent mes donnees personnelles pour la simple raison que je n ai absolument rien a me reprocher.au pire ils constateront que je mate un peu de porno et je ne crois pas que ce soit une affaire d etat

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    1. Je n’ai rien à cacher gnagnagna…je n’ai rien à me reprocher gnagnagna…
      Putaing mais c’est pas possible des moutons pareils qui voient pas plus loin que leur petite vie personnelle !

  2. Une surveillance, un flicage de + en + important.
    Donc une liberté d’expression limitée à la pensée de nos seigneurs, saigneurs et maîtres.
    L’autocensure à déjà commencée, de la part des sites et blogs, mais aussi de la part des internautes.
    Seb, Lol se trompent, leurs libertés sont en danger !
    Le climat social va changer.
    Dorénavant je vais utiliser TOR pour surfer sans être espionné.

    1. Ce n ai pas parce que le gouvernement aurait accès a toutes ces données qu ils vont les éplucher de A à Z . Et de toutes façons il y a des organismes qui défendent nos libertés. On sera toujours libre de dire ce que l on pensent

      1. « de toutes façons il y a des organismes qui défendent nos libertés. »

        et une constitution qui protège nos droits fondamentaux aussi, mouarfff …

        un bout de papier et une institution présidée par un larbin à la solde de la classe dirigeante ne te protège de rien du tout mon pauvre.

  3. Ce dimanche 10 janvier …

    ce jours là on a enterré la liberté d’expression dans ce pays. point final.

    vous vouliez le rêve libéral américain désormais vous l’avez en intégralité.

    1. On a surtout enterré les valeurs de respect d’autrui dimanche dernier.

      Autant je veux bien être AVEC Charlie pour le soutien des familles des victimes et la condamnation ferme de la barbarie, autant je ne SUIS PAS Charlie car je ne m’identifie nullement à l’esprit des provocations et insultes gratuites.
      Prétendre que son système de valeurs est meilleur que celui des autres sur lequel on peut s’essuyer les pieds, je ne trouve pas ça drôle et ça ne mérite pas ma considération.

      1. tu confonds la satire & les insultes … donc oui pour toi c’est intolérable quand on s’arrête toujours au premier degré des choses :p & ou tu as vu ou qu’ils prétendaient avoir un système de valeur meilleur ?

        1. J’ai lu le dernier numéro. C’est évidemment un hommage, et les dessins inédits sont gratinés.
          « Pour voir », j’ai essayé d’imaginer un texte de Loi interdisant la Une de ce Charlie hebdo (puisque c’est de ça qu’on continue de parler).
          Si j’arrive sans problème à interdire le premier dessin de la page intérieure (quasiment sans effet collatéral 😉 ), je n’arrive pas à choper cette Une sans citer une religion nommément dans le texte et sans interdire des films comme don Camillo, Josephine ange gardien ou Dogma. Je me souviens qu’à une époque des films comme « la passion du Christ » avaient généré pas mal de commentaires négatifs … mais ceux qui voulaient le voir ont tout de même pu le voir.
          Et Kim Jong Un, s’il ne veut pas apparaitre dans un film satirique (dont le thème me choque : l’élimination d’une personne réelle nommée), il fait quoi ?

  4. Le difficile équilibre entre la liberté d’expression attaquée soit par des terroristes, soit par les autorités…
    Dans tous les cas, la liberté d’expression est la grande perdante: Les terroristes ont gagné.

  5. « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »
    Benjamin Franklin

    1. On peut aussi revoir l’épisode 3 de Star Wars, ou les nombreux films présentant le détournement de moyens de surveillance d’Etat à des fins criminelles.
      Mais quelle alternative y a-t-il ? La politique, c’est pas que de la philosophie, c’est aussi de l’actualité.
      Enferme Gandhi, Martin Luther King, John Lennon et Le Pen (on va dire Julien, l’anarchiste) dans une pièce. Donne leur toute la documentation qu’ils demandent. Laisse leur 8 jours pour proposer un texte commun de mesures. A leur sortie, tout le monde les traitera de fossoyeurs de la liberté.

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