Kalachi, le village où les habitants sont victimes de longues pertes de connaissance

Kalachi

Kalachi est un petit village au Kazakhstan. S'il a déjà reçu le surnom de "Sleepy Hollow", ce n'est fort heureusement pas parce qu'un cavalier sans tête y sème la terreur... Mais la cause de ce mal est assez étrange. Pour une raison encore inexpliquée, depuis quelques années, de nombreux habitants sont victimes de brutales, soudaines et parfois longues pertes de connaissance.

Pire, depuis Mars 2013, le phénomène semble s’être considérablement accru, selon le Siberian Times. Imaginez un peu être comme Marina Felk, cette agricultrice de 50 ans : « J’étais en train de traire mes vaches comme d’habitude, tôt le matin, et je me suis endormie. Je ne me rappelle de rien. Quand je suis revenue à moi, j’étais dans une chambre d’hôpital et des infirmières me souriaient. Elles m’ont dit : ‘Bienvenue Belle au bois dormant, tu te réveilles enfin’« . Son sommeil aura duré deux jours et deux nuits ! Et nul besoin de séjourner longtemps pour être victime. Alexey Gom, 30 ans, était venu y passer le week-end : « J’ai dormi plus de trente heures.« 

Ce genre de témoignages est de plus en plus fréquent. Pire encore, les personnes âgées et les jeunes enfants sont sujets à d’importantes hallucinations. Margarita Kolesnichenko, 4 ans, a connu un épisode délirant impressionnant  « Elle me regardait en pleurant : ‘Maman, tu as trois yeux !’, et puis elle regardait par-dessus mon épaule et disait : ‘Il y a quelque chose qui rampe sur le radiateur’.« 

Si les premiers médecins à intervenir sur place soupçonnaient les effets d’une vodka frelatée, cette théorie fut rapidement oubliée. De nombreux scientifiques se sont donc rendus sur place : tests bactériologiques et viraux, études du sol, de l’eau, de l’air, de sang, de tissus, ponctions lombaires… Rien n’y fait !

Mais la ville fantôme de Krasnogorsk, jouxtant le village, pourrait être en cause. Durant l’Union soviétique, ses 6 500 résidents y extrayaient du minerai d’uranium. Abandonnée du jour au lendemain en 1991, cette ville abrite aujourd’hui moins de 200 personnes. Mais selon le professeur Leonid Rikhanov, le minerai extrait contiendrait du radon : « Nous avons étudié des échantillons envoyés par des habitants de Kalachi. Il n’y a pas d’effet radioactif, mais une simple réaction chimique. En d’autres termes, les troubles sont causés par l’évaporation du gaz contenu dans la mine. » Problème : « quand on utilise des gaz proches du radon sur des patients, ils se réveillent au maximum une heure après l’opération. Là, on est face à des gens qui dorment entre deux et six jours. » Et deux personnes dans la même pièce ne seront pas nécessairement affectées…

Sergei Lukashenko, directeur du Centre national de sécurité nucléaire, est, lui, plus catégorique : « Cela n’a rien à voir avec le radon. La seule chose suspecte que nous pouvons signaler, ce sont les concentrations en monoxyde de carbone. Mais sans certitude qu’il s’agisse du facteur principal. » D’autant plus que d’anciens mineurs travaillaient à la mine, où le concentrations en radon étaient très fortes et « personne ne s’endormait« .

Selon le spécialiste du sommeil Pierre Philip, il s’agit davantage de pertes de connaissance et non de sommeil à proprement parler. « Il y a des chances qu’on ait affaire à un facteur toxique plus que neurologique. » Pour Mikhail Poluektov, autre spécialiste, le trouble serait d’ordre psychologique, une psychose de masse en somme… Le mystère reste entier !

Tags :Via :Le Monde
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