En 2030, le cerveau humain sera devenu une télécommande universelle

cerveau digital (c) shutterstock

Mort quasiment dans l'oubli, il y a quatre ans, le grand scientifique espagnol José Delgado (1915-2011) fut un pionnier des neurosciences et réalisa, il y a plus de 50 ans, de nombreuses expériences remarquables dans le domaine du contrôle cérébral. Il fut notamment l'un des premiers chercheurs à implanter avec succès des réseaux d’électrodes sur des cerveaux d'animaux, puis sur des êtres humains, et à montrer qu'il était possible de contrôler certaines fonctions motrices, affectives ou cognitives du cerveau, en utilisant un dispositif électronique, et ce, de manière reproductible.

Après avoir réussi à forcer un chat à lever une patte, il devint célèbre en 1963, en parvenant à stopper un taureau en pleine course en lui implantant des électrodes commandées à distance par un émetteur radio. Mais Delgado ne s’arrêta pas là et se lança dans une série d’expériences fascinantes pour l’époque, sur des humains. Il parvint notamment à inspirer un mot précis dans les pensées et à provoquer grâce à son dispositif, baptisé « stimoceiver », certains états émotionnels, tels que la peur, la concentration ou l’euphorie.

Prolongeant les travaux de son illustre prédécesseur, Miguel Nicolelis réalisa entre 2002 et 2005, à l’Université Duke, des expériences sur des singes qui furent entraînés à atteindre et saisir des objets présentés sur un écran d’ordinateur. Leurs pensées étaient décodées et transmises à un bras robotisé dont ils ne pouvaient voir les mouvements. Les singes apprirent ensuite à contrôler les mouvements du bras robotisé en le regardant. L’interface neuronale captait l’intention de vitesse de déplacement ainsi que l’intention de force mise par le singe pour saisir les objets.

En 2004, Matthew Nagle, tétraplégique depuis 2011 à la suite d’une agression au couteau, fut le premier humain à utiliser une interface neuronale pour restaurer certaines fonctions altérées du cerveau. Cette interface neuronale, baptisée Braingate, avait été mise au point par le Professeur Donoghe de l’Université Brown et elle permettait à Nagle de contrôler un curseur de souris d’ordinateur, allumer et éteindre la télévision, dessiner sur l’écran et surtout contrôler une prothèse de main robotisée.

En 2013, un nouveau pas fut franchi par l’équipe de Miguel Nicolelis. En utilisant un implant de 32 électrodes dans le cortex moteur, ces scientifiques purent démontrer que des rats pouvaient lire dans les pensées d’autres rats afin de trouver la solution d’un problème… La même année, l’équipe du Professeur Bin He, à l’Université du Minnesota présenta un système de télécommande cérébrale suffisamment précis pour permettre le pilotage fin d’un drone, « quadricoptère » dans les trois dimensions (Voir IOP Science).

L’année dernière, des chercheurs des universités technologiques de Munich et de Berlin, étaient parvenus à piloter un simulateur d’avion par la pensée. Il y a quelques semaines, c’est un drone bien réel qui a pu être piloté plusieurs minutes sans encombre par la pensée. Cette expérience a été réalisée au Portugal par la société portugaise Tekever qui participe au programme européen Brainflight visant à introduire des outils de commande cérébrale dans le secteur aérien (Voir Euronews).

Dans cet essai, le pilote, qui était équipé d’un casque à électrodes détectant l’activité électrique du cerveau, s’est concentré sur les mouvements qu’il souhaitait faire réaliser à l’appareil. Les ondes cérébrales spécifiques correspondant à ces ordres précis étaient alors traitées en temps réel par un algorithme, puis transmises aux commandes de l’appareil.

Pour Ricardo Mendes, Président de Tekever, le pilotage cérébral dans les transports, qu’il s’agisse de voitures, de trains ou d’avions, est une perspective inéluctable et n’est plus désormais qu’une question de temps.

Outre-Manche, la firme britannique « This Place », spécialisée dans la conception d’interfaces et de programmes pour le monde médical a, pour sa part, présenté, en juillet 2014, une application étonnante, baptisé « MindRDR » (Voir Los Angeles Times).

Connectée à un capteur d’ondes cérébrales disponible pour 70 € sur Amazon, cette application permet de contrôler quelques fonctions basiques des Google Glass, comme prendre une photo et la poster sur les réseaux sociaux.

Pour l’instant, MindRDR est limité à quelques applications photos, mais le chef de projet, Dusan Hamlin, a déjà précisé que cet outil avait vocation à étendre son utilisation à de nombreux domaines, à commencer par le domaine médical. « La capacité de pouvoir piloter directement par la pensée des systèmes et appareil numériques représenterait un pas de géant vers l’autonomie des personnes lourdement handicapées par l’âge ou la maladie » souligne Hamlin, qui ajoute « Les possibilités de MindRDR s’étendent bien entendu au-delà du domaine médical et devraient également révolutionner pour le grand public les interfaces et les modes d’utilisation de nos appareils numériques d’ici quelques années ».

En décembre dernier, une nouvelle avancée spectaculaire a été réalisée dans le domaine de la commande mentale par des chercheurs de l’Université de médecine de Pittsburgh (Voir UPMC). Il suffit de regarder la vidéo disponible sur le site de ce centre de recherche pour mesurer l’ampleur des progrès accomplis en quelques années dans ce domaine des neuroprothèses.

Âgée de 55 ans, Jan Scheuermann est paraplégique depuis 2003, à la suite d’une dégénérescence spinocérébelleuse. En 2012, elle s’est portée volontaire pour ce projet scientifique révolutionnaire. Deux grilles comportant, au total, 96 microélectrodes ont été implantées chirurgicalement dans son cerveau, précisément sur la région du cortex moteur gauche responsable des mouvements de la main et du bras droits. Les signaux cérébraux ainsi récupérés sont ensuite analysés et traités par ordinateur, à l’aide d’un logiciel spécialement conçu à cet effet. Après une période d’apprentissage de seulement quelques semaines, Jan Scheuermann est parvenue à télécommander par la pensée ses deux prothèses avec un niveau de précision absolument remarquable, ce qui lui permet aujourd’hui d’accomplir facilement des gestes qui requièrent pourtant un enchaînement complexe de mouvements, comme saisir un crayon ou remplir un verre d’eau.

Récemment, Jan Scheuermann est allée encore plus loin et a réussi à piloter dans un simulateur de vol le F-35 Joint Strike Fighter, un avion de chasse américain récent. Mais au lieu de commander ce chasseur à l’aide d’une manette, comme le font les pilotes au cours de leur entraînement, Jan Scheuermann est parvenue à piloter correctement cet avion aux performances hors normes uniquement par la pensée, son cerveau étant directement relié aux commandes du simulateur de vol !

«Notre projet a définitivement établi qu’il est possible d’interpréter les signaux provenant des neurones avec un algorithme informatique relativement simple qui permet de réaliser des enchaînements de mouvements et de gestes fluides et complexes » souligne Jennifer Collinger, l’une des chercheuses qui a participé à ce projet. .

En France, à Grenoble, une équipe de Clinatec, le centre de recherche médicale du CEA, travaille depuis cinq ans sur un exosquelette piloté par la pensée grâce à une grille de ce type. Le but de ces recherches est de permettre aux personnes tétraplégiques de pouvoir remarcher mais les obstacles ne manquent pas pour pouvoir relever ce défi. Les chercheurs doivent notamment inventorier l’ensemble des signaux traduisant l’activité électrique des neurones, ce qui suppose qu’ils parviennent d’abord à isoler correctement ces signaux de très faible amplitude qui sont noyés dans le tumulte de l’activité cérébrale.

Mais en attendant que ces recherches encore très fondamentales n’aboutissent, les premiers dispositifs de contrôle cérébral arrivent déjà sur le marché. Depuis quelques semaines, la première version de Braincontrol, appelée « Basic Communicator », développée par LiquidWeb, est disponible dans le commerce, avec la certification médicale de l’Union Européenne. Ce système intègre un guide de conversation personnalisable et un sélecteur oui/non. Cet outil est destiné aux personnes qui ont des capacités cognitives intactes, mais qui ne sont pas en mesure de se déplacer et de communiquer, même avec l’aide d’autres technologies d’assistance, comme l’eye-tracking. Les prochaines versions de Braincontrol devraient comporter de nouvelles fonctionnalités de communication, comme la dictée vocale, la navigation sur le Web ou le contrôle cérébral de fauteuils roulants ou d’applications domotiques.

Une autre équipe de recherche associant des scientifiques américains, coréens et Singapouriens a conçu et développé un « kit de commande télépathique » (Voir PNAS) plus léger et plus sophistiqué que les casques traditionnels de mesure de l’activité électrique du cerveau. Ce dispositif tient en effet entièrement dans un microfilm plastique recouvert d’électrodes en or, de 300 nanomètres d’épaisseur et 30 micromètres de large, qui se fixe sur l’extérieur de l’oreille et la mastoïde ; il fonctionne par interaction électrique avec la peau.

Comme le souligne John A. Rogers, chercheur à l’Université de l’Illinois, qui a dirigé ces travaux, « la version actuelle de notre appareil reste encore reliée à l’ordinateur par un câble, mais la prochaine version utilisera un système de transmission sans fil des données ». A l’aide de ce système, les volontaires participant à l’expérience ont réussi à « écrire » un texte sur l’ordinateur, uniquement en pensant aux lettres qui le composaient…

Il faut également évoquer le projet Brainwriter-BCI (Voir Daniel Goodwin), un projet « open source » destiné à permettre une utilisation facile et bon marché des signaux électriques induits par l’activité des neurones du cerveau, pour contrôler toutes sortes d’appareils et de dispositifs électroniques, numériques ou robotiques.

Dans ce projet amorcé en 2011, des développeurs ont conçu une plate-forme matérielle basée sur un microcontrôleur Arduino et un processeur Texas Instrument et reliée à huit électrodes qui se fixent sur la tête. Le signal neuronal ainsi récupéré est converti en information numérique, puis transmis à un ordinateur par liaison sans fil Bluetooth. OpenBCI est à présent suffisamment avancé pour être mis sur le marché et il devrait être prochainement commercialisé pour la modeste somme de …375 euros, électrodes comprises ! Ce projet étant ouvert et collaboratif, on peut tabler sur l’énergie et l’ingéniosité de ses participants toujours plus nombreux pour continuer à l’améliorer, tout en en diminuant le coût…

Mais ces extraordinaires avancées en matière de neurosciences et de neuroprothèses recèlent également une face sombre qu’il ne faut pas éluder et qu’il convient de souligner. Il y a deux ans, des scientifiques néerlandais, de l’Université Radboud, à Nijmegen ont ainsi créé un logiciel de reconnaissance de forme qui analyse les images IRM du cerveau pour décoder ce que les sujets observaient. Pendant les essais, les chercheurs ont montré aux participants les lettres B, R, A, I, N et S à l’écran et ont pu identifier exactement à quel moment un participant à cette expérience regardait chacune de ces lettres (Voir Radboud University).

Il y a quelques semaines, une étude française menée par l’équipe de Karim Benchenane et regroupant des chercheurs de l’Ecole Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de Paros (ESPCI et de l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC) a montré pour la première fois qu’il était possible de modifier le comportement de rongeurs en implantant de faux souvenirs complexes dans l’esprit de souris endormies… (Voir Nature).

D’autres travaux sur la manipulation des souvenirs avaient déjà montré qu’en utilisant des outils optogénétiques il était possible d’activer sélectivement par la lumière certains types de neurones et de déclencher chez des souris des sensations fictives, agréables ou désagréables.

Mais cette fois, l’équipe française est allée bien plus loin en implantant des électrodes dans deux régions précises du cerveau de souris. D’une part, dans les « cellules de lieu » de l’hippocampe, qui sont des neurones associés à un endroit particulier et, d’autre part, dans un faisceau de fibres nerveuses impliqué dans le « circuit de la récompense », une région du cerveau associée à la sensation de plaisir.

Ils ont ainsi pu établir un nouveau lien cérébral contrôlable entre ces neurones de lieu et le circuit de la récompense. Les chercheurs ont alors observé que le fait de penser à l’endroit correspondant à cette sensation agréable provoquait un plaisir intense chez ces souris. Celles-ci, après leur réveil, se rendaient d’ailleurs spontanément dans les endroits qui avaient été programmés par les chercheurs. Pour Karim Benchenane, ces résultats montrent « qu’il est possible de fabriquer puis d’implanter un souvenir complexe qui peut être perçu consciemment par la souris, qui l’utilise dans un comportement dirigé vers un but ». On imagine bien entendu sans peine les dérives et les dangers qu’un tel dispositif pourrait entraîner s’il était utilisé hors de tout contrôle médical ou de toute finalité thérapeutique, pour conditionner les individus et modifier leur personnalité.

Même s’il est difficile de prévoir à quelle échéance une technologie fiable permettra de lire, au moins en partie, dans nos pensées, il ne fait plus de doute aujourd’hui que cette perspective, qui relevait encore de la pure science-fiction il y a 10 ans, adviendra bien plus vite que prévu. Notre société va donc être confrontée simultanément aux effets bénéfiques d’une immense avancée scientifique et technologique, qui va permettre à la commande cérébrale et mentale de se banaliser et d’entrer dans notre vie quotidienne, et aux risques redoutables que peuvent entraîner ces nouveaux dispositifs neuro électroniques en matière de manipulation mentale et d’atteinte à l’intimité et aux libertés individuelles.

Nous devons donc, dès à présent, ouvrir un grand débat social et démocratique pour réfléchir au cadre législatif, juridique et éthique indispensable que nous souhaitons mettre en place pour permettre l’utilisation, dans l’intérêt général, de ces fabuleux outils technologiques qui émergent. C’est en menant ce travail de réflexion que nous pourrons faire en sorte que ces instruments aux possibilités extraordinaires ne puissent jamais être utilisés pour nous asservir et restent au service de l’homme, de sa liberté et de sa dignité.

 

Initialement publié sur RTflash, cet article est reproduit sur Gizmodo.fr avec l’aimable autorisation de René TRÉGOUËT, Sénateur Honoraire et fondateur du Groupe de Prospective du Sénat de la République Française.

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Dernières Questions sur UberGizmo Help
  1. c’est bien pour la télé dans le canapé : on pourra changer de chaine en appuyant sur sa copine.
    Surtout si elle a de l’acné, elle a alors des boutons comme une télécommande.

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  2. merci pour cette article !
    ça fout un peu la trouille quand même, car comme vous le dites à propos du contrôle neuronale, on ose imaginer les dérives que ceci pourrait engendrer..!

  3. Moi J’adore lire tout ces articles au sujet de nouvelles avancées, car je m’intéresse un peu à certains domaines (notement l’aérospatiale, les neurosciences et la biologie). Et ba franchement plus le temps passe, plus les recherches avancent, et plus je me dis qu’on est pas dans ma merde…
    Deus ex human revolution in real life pour dans 20 ans qui sait…? blague à part (qui n’en ai une qu’a moitié) ok chaque avancées apporte son lot de choses bénéfiques pour l’homme. Mais ce genre de chose c’est pas du tout à prendre à la légère.

    J’imagine bien un mec du style Manuel Valls avec sa loi sur le renseignement la, appliquez ça avec ce genre de technologies et c’est bon c’est la misère. Y’a des trucs qui ne devraient jamais voir le jours… Et pourtant c’est un féru de nouvelles tech qui parle :/

    1. Je bouge pas du tout le petit doigt et pourtant je suis pas obèse.
      on peut être flemmard sans être un gouffre à viande incapable de contrôler son alimentation. Surtout si des programmes la contrôle à notre place.

  4. J’espère qu’aucun animal n’a été maltraité pendant toutes ces expériences (on se doute que c’est faux), lesquelles étaient, pour la plupart, très « prématurées » au regard de l’état de l’art en matière d’instrumentation non-destructive du cerveau.
    Je préfère les scientifiques qui cherchent ce qu’ils peuvent raisonnablement trouver, à ceux qui s’amusent à trépaner des singes et leur plantent des électrodes grossières dans la tête.
    Dans ce domaine, le progrès passe surement par la miniaturisation des points de mesure/excitation.
    Un saut qualitatif sera probablement fait s’il arrive des nano-automates, capables de se déplacer « sans dommages » dans un nerf ou un lobe cérébral (même à 0.1 mm/heure …), et capable d’y implanter un capteur-effecteur parfaitement neutre à l’état de lecture. Les nerfs optiques et auditifs (et les zones situées derrière ceux-ci) seront les premiers endroits à cibler, dans le sens où ces choses là sont encore relativement standards d’un humain à l’autre. Ensuite, il serait intéressant d’essayer de voir plus haut, en cherchant l’endroit où s’opère le rebouclage conceptuel : i.e. le point d’introduction des « concepts remplaçant le vécu » (le souvenir du vu/entendu qui remplace le vu/entendu par les sens) : car, quand « je pense à une chanson », je suis quasiment sûr qu’une partie de mon cerveau « se comporte comme si je l’entendais réellement » … c’est donc que je réintroduis du son dans le circuit. C’est cette zone privilégiée de connexion sonore pirate (située à un endroit précis) qu’il faut trouver.
    Une fois cette zone découverte, une communication bidirectionnelle pourra être envisagée (on doit par exemple pouvoir implémenter une « calculatrice » permettant à celui qui pense à une opération d’une certaine façon, par exemple dans un couplet de chanson précise, de « se rappeler » du résultat comme s’il l’entendait dans le couplet suivant).

  5. « J’espère qu’aucun animal n’a été maltraité pendant toutes ces expériences »

    non aucun Obama a même juré sur la Bible à ce sujet.

    « Une fois cette zone découverte, une communication bidirectionnelle pourra être envisagée (on doit par exemple pouvoir implémenter une « calculatrice » permettant à celui qui pense à une opération d’une certaine façon, par exemple dans un couplet de chanson précise, de « se rappeler » du résultat comme s’il l’entendait dans le couplet suivant). »

    certains cerveaux font déjà tout cela et ceux qui ne le font pas font bien d’autres choses tout aussi merveilleuses.

    les lubies des transhumanistes sont a peine plus évolués que les lubies des nazis sur la race aryenne : toujours le même culte idiot du surhomme.

    1. Idiot, pas tant que ça. Le problème est dans les dérives qui sont non seulement possibles, mais inévitables. Autrement je ne vois pas le problème à vouloir améliorer l’homme. Cela part d’un principe intéressant et logique. Cet évolution est inéluctable puisqu’à terme les machines seront aussi « intelligentes » que nous, voire davantage. Le problème est que ces technologies vont permettre à Grand Frère d’accroître son contrôle. Il suffira alors d’une loi. Tout les outils nécessaires à l’émergence de sociétés de surveillances sont prêts et il est évident que les oligarques les utiliseront à leur avantage.

      1. « Autrement je ne vois pas le problème à vouloir améliorer l’homme.  »

        en quoi l’homme est il améliorable, par apport a quoi, a qui et surtout par apport à quels critères ?

        en est toujours sur le même champs lexical du progrès, de la modernité, de l’évolution, c’est bien sauf que dans les faits je ne vois aucune évolution ni aucun progrès entre l’ancien régime corrompu sur sa fin et la Veme république tout aussi corrompue de nos jours sinon plus. Bref améliorer l’homme pour qu’il soit plus résistant, plus fort, avec des sens + aiguisés ne sert pas à grand chose si le sens critique, sa culture politique et économique sont laissés au degré zéro

        par ailleurs mécaniser l’homme, l’électroniser, moi je vois parfaitement le problème : ceux qui croient s’améliorer sont juste entrain de remplacer l’homme par la machine et elle est là l’idiotie croire que ce combat perdu d’avance sera gagné.

        Enfin je ne crois pas à la théorie de l’inéluctable et du TINA (there is no alternative), qui sert plus à démobiliser les gens qu’a autres choses, et à les démobiliser en faveur des projets d’une minorité qui est loin d’avoir le monopole de l’intelligence car elle s’est enfermée depuis 300 ans dans une idéologie dont les fondements sont juste totalement erronés et la source de bien des problèmes actuels.

        1. J’abonde dans le sens de ce commentaire. Je partage de manière générale votre point de vue, notamment sur la question du progrès. Je pense qu’on ne se pose plus la question de ce qu’est le progrès mais il est évident aussi que ce concept peut avoir plusieurs sens. En effet, on peut se demander quel est l’intérêt d’employer la technologie pour améliorer l’homme. Le problème est que c’est inéluctable parce que cela ne dépend ni de vous, ni de moi mais de l’oligarchie politique et financière mondiale dont le projet est très clair – et il est inutile d’imaginer une quelconque conspiration pour le comprendre- Nul n’a empêché l’invention de la bombe atomique et du train à vapeur, je ne vois donc pas comment, même si nous le voulions nous pourrions éviter la révolution qui se prépare – car il s’agit d’une véritable révolution à laquelle nous ne sommes pas encore prêts –
          Quant à moi, je ne suis pas opposé à ce que la technologie améliore nos capacités, nous rende plus forts, moins vulnérables, et qu’à terme elle nous permette de vivre éternellement, débarrassés des nécessités et enfin libres de consacrer notre temps à autre chose que notre survie. Ce serait possible si l’homme était assez évolué. Dans la réalité le risque est grand pour que seulement les plus riches aient accès au progrès. Les autres seront probablement éliminés. Il est possible aussi que nous nous décidions à construire une société plus juste, plus humaine, et qu’à terme nous réinventions le politique. Cela ne dépend que de nous. Rien ne nous empêche de reprendre le pouvoir qui nous a été confisqué par les oligarques. Il suffirait pour cela d’en avoir le courage.
          Je veux être optimiste et penser que la science et le progrès technologique nous libéreront et nous délivrerons de notre triste condition. C’est le seul espoir que j’ai et je ne crois en rien d’autre. Quitte à me tromper, je laisserai donc les sceptiques penser ce qui les arrange. Je ne crois pas plus au TINA que vous, mais la majorité des individus y croient et pour le moment, nous, citoyens, avons été trop paresseux et couards pour prendre notre destin en main et construire une alternative. C’est donc vrai jusqu’à preuve du contraire : « There is no alternative »

          Hannah Arendt a dit :

          « Il ne fait aucun doute que le mensonge, lorsqu’il est organisé de façon systématique, constitue une arme politique extrêmement efficace. »

          Il est évident que tout est fait pour nous maintenir dans l’illusion et que cela sert les intérêts d’une minorité extrêmement influente et puissante.
          La société que représente le roman d’Orwell, 1984, est une réalité depuis longtemps, c’est un truisme. « La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. Etc.
          On peut en ajouter :
          Noir, c’est blanc. La surveillance, c’est la protection. L’inéquité, c’est la justice. L’oligarchie, c’est la démocratie. Le salariat, c’est le sens de la vie. L’argent c’est le nerf de la guerre.
          La guerre, c’est la paix. Le temps, c’est de l’argent. L’économie, c’est la solution. L’homme, le maître du monde, etc.

          Noam Chomsky a dit :

          « La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature. »

          Cela me semble juste.

          La plupart des gens sont démobilisés, résignés et soumis à l’idéologie dominante. Je ne vois pas ce qu’on peut y changer à moins d’un travail militant de longue haleine. La plupart des gens n’ont pas le courage ni le temps de s’occuper de politique. Il est plus confortable de confier nos affaires aux oligarques qui eux en font un métier.
          Cela n’est pas prêt de changer car il n’y a rien a espérer de ce point de vue.
          Quant au culte du surhomme, il n’est pas propre au transhumanisme mais à nos sociétés et notamment au capitalisme totalitaire. Ce culte du surhomme ne se limite pas à vouloir améliorer l’homme par la technologie. On en retrouve des aspects dans l’inconscient collectif qu’il conviendrait d’analyser. Le transhumanisme se situe de manière historique dans une continuité logique et parfaitement cohérente. Oui, il s’agit probablement de remplacer la machine par l’homme. Quant à moi, cela ne me pose aucun problème. L’homme est imparfait et faible, sa condition est pathétique. Dans tous les cas, il serait naïf de penser que l’homme n’utilisera pas la science pour évoluer et n’être plus dépendant de la sélection naturelle. Dans quelques millions d’années, l’homme sera totalement différent de ce qu’il est maintenant et à terme peut-être que la machine l’aura remplacé parce que ce sera possible (et tout ce qui est possible d’un point de vue technologique se réalise inévitablement) et plus intéressant.
          Je n’y vois aucun inconvénient. Je préfère les robots aux êtres humains. Les machines ont bien des avantages -notamment celui de leur fiabilité- et d’ici quelques années elles seront seront bien mieux adaptées que nous à notre monde. Il est donc évident qu’elles nous remplaceront quand ce sera possible. C’est le sens de l’Histoire et nous n’y pouvons rien.

    2. Je ne m’attendais pas à moins de toi : alors que mon post localise l’endroit précis où on peut peut-être décoder une pensée (interface relativement standard, dans des cerveaux surement très différenciés par ailleurs) pour communiquer (dans les deux sens) de façon superficielle (sans entrer dans la « pensée logique », toi, en réponse, tu sors ton baratin habituel anti-tout.
      Fermer les yeux et pouvoir revivre un moment formidable en vision, audition, et peut-être aussi d’autres sensations (exactement comme on te remet une photo devant les yeux), pour moi, ce serait pas stupide comme souvenir.
      Pouvoir échanger ce genre de souvenir avec d’autres, serait sympa aussi.
      Avoir une « mémoire externe » (au même titre qu’on a sa mémoire interne), pour moi, c’est pas anodin du tout. Ça améliorerait considérablement les loisirs et la sensation de bien-être. Ça permettrait même pas mal de choses en matière de thérapeutique psy.
      Bien sûr, avec ça on peut aussi torturer/manipuler, etc … mais on peut torturer avec tout. Une prise 220 V peut te torturer.

  6. « Nous devons donc, dès à présent, ouvrir un grand débat social et démocratique pour réfléchir au cadre législatif, juridique et éthique indispensable que nous souhaitons mettre en place pour permettre l’utilisation, dans l’intérêt général, de ces fabuleux outils technologiques qui émergent. »

    Une conclusion bien française. Mais la France ne décide plus de rien en ce 3 ème millénaire. L’argent et le profit sont les seuls qui décideront du succès de ces technologies; ne soyez pas dupes.

  7. Cadre législatif ou pas , il y aura toujours des détournement (drogues) et débordement (contrôle mental) , doit ont pour autant ce priver de ses avancées technologique pouvant certainement à termes soigner la dépression l’angoisse , les phobies toujours plus nombreuses dans nos sociétés voir nous permettre d’accroitre nos capacités intellectuelle et sensorielle (hack de cerveau) et que sais-je encore ?

    Perso je ne pense pas qu’il faille s’en privé , ni que le cadre législatif soit utile ou efficace …

    On constate tout les jours l’apparition de nouvelle loi essayant de maitriser une technologie qui la dépasse invariablement et on en arrive systématiquement à des textes qui nous prive de nos libertés fondamentales allant toujours plus loin dans ce sens mais qui ne peuvent rien contre le problème qui les à fait naitre …

    Bien sur il faut formuler la nature des détournement et débordement possible mais aucune loi ne pourra nous en protéger … Nous avons besoin de moyen technologique pour ce faire et ce avant d’autoriser l’utilisation de masses de la technologie à risque concernée …

    Malheureusement les intérêts économique étant ce qu’il sont dans une société ultra capitaliste ce genre de techno à risque est vendue bien trop précipitamment … suivent les abus , débordement, détournement, accident , mort , lois stupide en réponses, panique des politique auto conditionnés, re loi liberticide , propagande TV, et encore , et encore , et re loi, et pour finir cette techno tellement prometteuse fini a la poubelle avec nos libertés pour être recyclée en flic et flicage …

  8. en clair, rien de nouveau, juste une officialisation(, avec quelque amélioration dut a l’évolution des techno et technique, )par des labos civils publique ou privée de ce qui se savait et avait déjà été fait dans les camps de la mort, après repris par la CIA , enfin bref etc. mais chute on ne dira trop rien ce n’était que des complots , attendons encore et toujours les améliorations et l’officialisation dans le civil sous couvert de nouvelle trouvaille qui ne tortura que des souries !! Sympathique ! nous vivons dans un monde formidable !

    D’ailleurs avec un gros travail d’enquête il ne serait pas étonnant de voir certains de ces chercheurs cité dans l’article soient de prés (directement eux même ou leur élèves, leur employés, etc ) ou de loin lier a oups pardon , chute chute chute ce ne fut que des complots …..

    Bon bha moi sur ce a écrire devant l’écran la tv allumée j’ai comme une petite soif. Mon temps de cerveau dispo m indique de boire du coca sympathique non ?( bien qu on aide toujours pas les malades mdr ) mais il aurait très bien pu contrôler aussi autre chose d’extrêmement grave dans ma pensé, qui sait ? Ceux au courant non pas a la masse qui étudient des stats de fait divers ? Non pas les stats de vente de coca ?

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