MàJ : Jason-3 est en orbite et vidéo de l’explosion de la fusée de SpaceX

jason-3 ocean

C'est fantastique ! Ce dimanche 17 janvier, une fusée Falcon 9 de SpaceX est parvenue à mettre en orbite le satellite Jason-3, un satellite d'observation des océans absolument incroyable. Mais le premier étage de la fusée d'Elon Musk n'est pas parvenu à se poser en douceur sur une barge au milieu de l'océan. Dommage. 

 

Un atterrissage explosif !

Le lancement s’est bien déroulé. La fusée Falcon 9 s’est élancé avec Jason-3 dans sa coiffe. Au bout de quelques minutes, le premier étage s’est détaché et la deuxième étage continué le voyage pour mettre en orbite le satellite. Pendant ce temps, des rétro-fusées se sont allumées pour ralentir et diriger le premier étage jusqu’à une petite barge au milieu de l’océan où il devait se poser en douceur.

Certains ont avancé que la mer était trop mouvementée, d’autres que la fusée était arrivée trop rapidement, et finalement c’est via Twitter que nous avons eu la réponse. Le premier étage de la fusée Flacon 9 doit se poser sur 4 pieds pour tenir debout sur la barge, seulement un des pieds d’atterrissage ne s’est pas verrouillé correctement, ce qui a déséquilibré la fusée (voir vidéo plus bas). L’atterrissage était presque parfait puisque la fusée s’est posée à 1,3 mètre du centre de la barge, un exploit.

 

Du coup, la fusée s’est techniquement posée correctement mais elle a rapidement basculé puisqu’il lui manquait un point d’appui (voir vidéo plus bas). Elon Musk, le directeur de SpaceX, reste optimiste même dans l’adversité puisqu’il a dit que cette fois, au moins, les morceaux de fusée étaient plus gros.

 

Il s’agissait de la 4e tentative de poser un étage de fusée sur une barge en pleine mer. L’objectif étant de réutiliser le premier étage pour un prochain lancement afin de réduire les coûts. SpaeX avait réussi à poser son premier étage sur la terre ferme mais cette fois, la société n’a pas eu l’autorisation par les autorités.

falcon 9 spacex

MàJ : voici la vidéo de l’atterrissage de la fusée :

 

Une vidéo publiée par Elon Musk (@elonmusk) le

Jason-3, la sentinelle des océans

56 minutes après le lancement, le satellite Jason-3 a été mis en orbite. Quelques minutes plus tard, il a déployé ses panneaux solaires. Jason-3 est l’enfant légitime d’une coopération étroite entre le CNES (Centre national d’études spatiales), l’EUMETSAT (Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologies), la NASA (qu’on ne présente plus) et la NOAA (Agence américaine océanique et atmosphérique).

Ce satellite a été entièrement fabriqué en France par Thales Alenia Space. Le déploiement du satellite et la collecte des données sont entièrement réalisés depuis le centre de contrôle de Toulouse.  

Jason-3 fait partie d’un programme de surveillance des océans qui a débuté il y a près de 25 ans avec Poseidon en 1992, puis Jason-1 en 2001 et Jason-2 en 2008. Ce programme a permis de mettre en évidence l’élévation des océans de 3 mm en moyenne chaque année.

jason-3 satellite

Pourquoi mesurer la hauteur des océans ?

Mesurer la hauteur des océans peut paraître simple mais quand on y réfléchit, c’est loin d’être évident à réaliser. L’océan n’est pas plat. Le vent et les vagues créent des rides à sa surface qui vont dans tous les sens. La lune crée d’énormes marées. L’eau se contracte ou se dilate selon sa température et peut groissir selon les courants. Tout ceci s’additionne et peut causer des variations allant jusqu’à 2 mètres. Et c’est sans parler des côtes qui s’élèvent ou s’abaissent selon les régions, ce qui rend la notion de « niveau de la mer » assez absurde.

Connaître la hauteur des océans, c’est ouvrir une fenêtre sur la dynamique des océans. En caractérisant comment la surface des océans changent, les chercheurs peuvent mieux comprendre les courants, les turbulences et les événements climatiques comme les ouragans El Niño, et La Niña.

La perspective d’avoir des données sur de nombreuses années permet aux chercheur de détecter l’élévation du niveau de la mer au niveau global, (3 mm/an). Cette donnée est facilement masquée par la variation de la hauteur des côtes. Si en plus de ces mesures, on ajoute des flotteurs qui dérivent sur les océans afin de fournir des mesures précises de la température, de la salinité et de la profondeur, les données recueillies sont alors inestimables pour comprendre la dynamiques des océans, leur réchauffement et la chimie. 

Jason-3 va aussi être utilisé à des fins plus pragmatiques. La hauteur de la surface des océans peut être utilisée pour dériver la capacité de chaleur de l’océan, ce qui est essentiel pour prévoir la force d’un ouragan (et c’est d’autant plus important dans des régions où des ouragans peuvent se former en quelques jours). Et les mesure de la hauteur des vagues va permettre à la NOAA d’envoyer des bulletins de vigilance aux armateurs et navigateurs. 

La surveillance des courant est aussi essentielle pour un fonctionnement normal de la navigation maritime. Les mises à jour quotidiennes des courants aident les bateaux commerciaux à choisir les meilleures routes. De même, elles permettent aussi d’effectuer de meilleures recherches pour prédire la localisation d’un bateau à la dérive. Et pour ceux qui travaillent sur des plateformes pétrolières ou pour les éoliennes sur mer, ils peuvent également être avertis en cas de conditions peu clémentes.

Si tout va bien, Jason-3 devrait fonctionner 3 ans, avec un objectif de 5 ans. Et il sera alors remplacé par Jason-CS/Sentinel 6 afin de continuer la surveillance permanente des océans.

Tags :Sources :CNES
  1. Comme d’hab tes articles son au top Norédine. Aussi bien sur le fond que la forme rédactionnelle. Tu n’aimerait pas tenir ton site plus à jour ? 😉

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