Délicieuses souffrances au Darkest Dungeon

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Braves aventuriers ! La petite bourgade d’Hamlet a besoin de vous ! Le seigneur des lieux est responsable d’une malédiction qui frappe toute la contrée. Désormais, morts-vivants, pillards et monstres en tout genre déferlent dans la région. C’est à vous qu’il revient de les affronter et de neutraliser la source du mal qui réside dans le Darkest Dungeon...

Voici, en quelques lignes, comment résumer le pitch de ce jeu, signé Red Hood Studios, et sortie le 19 janvier dernier sur Steam (19,99€). Si vous êtes un adepte du retro gaming, et que vous aimez retrouver les racines de nos bons vieux RPG, vous êtes ici servi. Ajoutez à cela une direction artistique gothique inspirée de Lovecraft ainsi qu’un gameplay qui ne pardonne aucune de vos erreurs, et vous obtenez un savoureux mélange capable de mettre vos nerfs à rude épreuve.

In light we trust

Dès le tutoriel vous risquerez la mort des deux premiers héros que l’on vous attribue. Cela dit, ce sera pour vous l’occasion de comprendre le fonctionnement de toutes les aventures que vous mènerez par la suite. En utilisant une vue de profil de votre équipe, Darkest Dungeon vous propose très simplement d’avancer sur une carte composée de corridors et de salles générés aléatoirement à chaque début de quête. Pour atteindre vos objectifs (exploration, chasse aux monstres, récupération de reliques, etc.) il vous faudra entreprendre d’explorer l’endroit de long en large. Hors, à chacun de vos pas, vous serez exposé à des découvertes et rencontres plus ou moins opportunes…

La plupart du temps, vous serez attaqué par des monstres et ainsi propulsé dans un combat au tour par tour où s’enchaînent les compétences des deux groupes (classicisme du RPG oblige). Mais Red Hook Studios a su y instiller quelques originalités qui viennent pimenter la situation. Premier élément notable, la présence d’une jauge de luminosité. Dans chaque donjon, il vous sera possible d’user de torches pour y voir plus clair. Si la lumière à l’avantage de réduire les chances d’être surpris par des monstres, la nuit, elle, augmentera la quantité de butin découverte mais renforcera les monstres en plus d’angoisser vos équipiers !

Du stress, du stress et… des crises cardiaques

Oui vous avez bien entendu, en plus de la sempiternelle barre de vie de vos personnages, il faudra composer avec une barre de stress (adieu le mana). En fonction du déroulement de vos quêtes il est possible que plusieurs héros viennent à paniquer et entrent dans des états seconds tout à fait handicapant puisqu’ils auront tendance à vous en faire perdre le contrôle. Et quand bien même vous arriviez à survivre un temps dans cet état, remplir une seconde fois la barre de stress reviendrait à déclencher une crise cardiaque qui jetterait le pauvre explorateur aux portes de la mort (ben quoi on vous avait bien dit que c’est un jeu qui pardonne pas). Mais bon, pour vous consolez, dites vous que parfois (très très rarement) vos héros se découvriront un second souffle pour devenir bien plus redoutables. On touche ici l’une des caractéristiques qui fait le plus débat auprès des joueurs de Darkest Dungeon : la RNG (random number generator). Pour pousser la difficulté du jeu, Red Hook Studios a choisi de le doter de variables aléatoires en défaveur du joueur. Il n’est donc pas impossible qu’après avoir perdu sur le dernier combat du dernier donjon faute de malchance (personnages qui manque leurs attaques, monstres qui assènent des coups critiques dévastateurs, etc.) vous commenciez à ressentir un sentiment très fort de frustration. Cependant pas de panique, les options du jeu permettent de moduler la difficulté en retirant certaines composantes difficiles des combats. A vous d’opter pour une aventure extrême ou plus abordable.

Autre caractéristique importante des combats : le positionnement des héros dans votre groupe (ou de celui des ennemis dans le groupe opposé) aura une incidence très forte sur vos combats. Les différentes classes du jeu (au nombre de 14 tout de même avec son lot de soigneurs, tankers et assaillants) sont toutes pourvues de compétences conditionnant le positionnement du personnage et celui de sa cible. Par exemple, l’attaque standard du croisé vous permettra de n’atteindre que les deux premiers monstres, à la condition que lui-même soit placé en première ligne. Une variable qui vient imposer au joueur d’avoir une réflexion tactique importante lors des combats puisque ce système s’applique aussi aux compétences des monstres. Il est ainsi possible de sacrifier des tours de jeu pour modifier le positionnement des unités, voir celui des ennemis avec les bonnes compétences. En d’autres termes, si le sorcier caché derrière ses deux gros squelettes body guard vous enquiquine chopez le avec un grappin et ramenez le en première ligne pour lui asséner quelques bons coups de masse. Pigé soldats ?

Les monstres ne sont pas les seuls à venir habiller vos donjons. Lors de vos explorations vous serez aussi amené à découvrir de multiples curiosités (coffres, reliques, autels, livres…) pouvant vous aider dans votre voyage ou… vous nuire. En découvrant un coffre un jour, vous repartirez plus lourd de quelques pièces d’or bien méritées. Le lendemain, le même coffre se révélera piégé et empoisonnera la bonne âme qui l’aura ouvert pour la rapprocher de son trépas. Cependant, il est possible de combiner différents objets de votre inventaire avec ces curiosités afin d’en neutraliser les effets néfastes aléatoires. Une clé pourra ainsi garantir l’ouverture du coffre précité sans activer de piège, voir même découvrir plus de butin. L’idée est ici très originale, cependant il devrait être assez simple pour vous de mémoriser toutes les combinaisons et objets à éviter coûte que coûte. L’effet de surprise s’estompera donc très vite après vos premières explorations rendant cette facette de Darkest Dungeon un peu désuète. C’est pour cette raisons qu’on ne vous donnera pas plus d’exemples sur ce sujet et que l’on on vous laissera essayer (et mourir) pour votre (ou notre) plus grand plaisir !

Pas de pitié

Attention ! Si votre groupe entier trouve la mort dans les salles obscures du jeu, alors vous reviendrez bredouille à Hamlet avec pour seul désir que de rendre un dernier hommage à vos compagnons en vous rendant au cimetière… la larme à l’œil (avant de les remplacer cela va de soit). Notez toutefois que même si Darkest Dungeon ne rend la vie à personne, il vous permet d’abandonner les quêtes en cours si la situation tourne en eau de boudin. Conclure ainsi un donjon vous privera des récompenses finales mais aura le mérite d’assurer la survie de vos héros (et on sait que c’est ce qui est le plus important n’est-ce pas ?)

Si toutefois l’un des membres de votre équipe arrive au bout de sa mission, vous remporterez une récompense souvent composée d’or et de ressources utiles, mais aussi d’équipements. Comme d’habitude ici, ces derniers sont souvent pourvus de statistiques positives ET négatives. Attention donc à bien équiper vos personnages afin d’équilibrer ces aléas. Autre ressource importante : l’expérience. Comme tout RPG qui se respecte, Darkest Dungeon vous propose de faire progresser le niveau de vos sbires pour que ces derniers puissent développer leurs compétences ou s’équiper de meilleures armes et armures. Mais pour garantir que chaque donjon reste un défis, et ce jusqu’à la fin du jeu, le studio a eu la bonne idée de proposer plusieurs niveaux de quêtes. Hors, il vous sera impossible d’utiliser vos personnages les plus aguerris pour les missions de niveaux inférieurs !

Hamlet, un foyer à reconstruire

La ville d’Hamlet sera pour eux une occasion de prendre du repos. Mais pas pour vous. Car cette autre facette du jeu ne sera que l’occasion de réfléchir à une bonne stratégie pour continuer l’aventure. Les ressources glanées au gré de vos aventures vous permettront ainsi de réparer les bâtiments de la ville. Ces derniers vous serviront à améliorer l’équipement de vos héros, les détendre à l’auberge ou à l’église, et améliorer leurs compétences. Une énumération qui ne saurait être complète sans aborder évoquer l’asile. Stressés comme ils le sont en revenant de mission, vos héros seront régulièrement affectés par des traits de personnalité positifs ou déviants venant handicaper leur progression (régression de statistiques, augmentation du stress face à certains ennemis, actions incontrôlables face à certains objets…). L’asile vous permettra ainsi de faire disparaître les tares psychologiques, verrouiller les traits de personnalité positifs, ou curer les maladies.

Ces « plans d’urbanisation » sont extrêmement coûteux et il vous faudra donc anticiper vos besoins futurs pour bien choisir. Même si rénover totalement le secteur s’avère long, on regrette quelque peu qu’aucun événement négatif ne vienne ponctuer cette reconstruction. Hamlet devient ainsi un havre bien trop paisible dans un jeu où rien ne devrait l’être vraiment.

En d’autres termes, cette phase de Darkest Dungeon ne sert qu’à réorganiser vos équipes et les optimiser pour les quêtes suivantes en jonglant entre l’écran de la ville et la carte des missions disponibles. Ainsi, en tenant compte des objectifs à accomplir, des menaces en présence, mais aussi de la longueur de la quête (donnant une idée de la taille du donjon à explorer) vous pourrez choisir quels héros laisser en ville se reposer, et lesquels envoyer à l’abattoir. Ou encore investir dans les objets qui viendront vous aider à traverser les épreuves que nous avons déjà citées, vaincre les boss qui rôdent, et peut être… atteindre le dernier palier du Darkest Dungeon.

Note 18/20

Darkest Dungeon n’est pas exempt de quelques soucis d’équilibrage qui pourraient être corrigés afin de rendre plus « juste » sa progression. Toutefois, Red Hook Studios parvient avec brio à associer les principes les plus ancestraux du RPG et du Donjon Crawler à ceux des jeux d’extrême difficulté tels que Dark Souls. Il vous faudra ainsi échouer de nombreuses fois pour retenir la leçon de vos erreurs, progresser et enfin ressentir le frisson de la victoire bien méritée. Associez à cela une direction artistique et une ambiance sonore travaillées pour donner un caractère unique à Darkest Dungeon et vous comprendrez certainement pourquoi ce petit Indi Game est sorti avec brio des bancs Kickstarter.

 

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