Les robots s’invitent au Musée du quai Branly (Et certains font peur !)

Le Sweet Harmonizer II de Yanobe Kenji

La passionnante exposition Persona au Musée du quai Branly franchit les frontières floues et inquiétantes entre nous, les humains, et d'autres entités qui nous ressemblent étrangement: fantômes, robots, statues, intelligence artificielle, zombies .

Le musée s’est attaqué avec brio à un vaste sujet d’étude au croisement de la robotique, de la technologie, de l’histoire et de l’anthropologie. Qu’est ce qui existe en dehors de nous, les humains ? Qui sont toutes ces entités à travers le monde auxquelles notre cerveau décide, ou se prend au jeu, d’y voir une personne, un être vivant, que ce soit des statuettes rituelles au pouvoir divin ou des robots ménagers ?

Des hallucinations aux robots humanoïdes

Man Homo Luminoso de Roseline de Thélin - fibres optiques

Man Homo Luminoso de Roseline de Thélin – fibres optiques

On le sait, le cerveau travaille en permanence et traite continuellement de l’information. Même quand il n’y en a pas. Dans le documentaire de la BBC, dont un extrait est diffusé au début de l’exposition, les personnes enfermées dans une pièce, seule, sans rien à faire, ni à voir, commence à imaginer des choses et des êtres. A halluciner, tout simplement. Car, à un moment, en l’absence de matière, le cerveau créé l’information.

Cette information peut aussi se trouver dans les intentions que l’on donne aux choses, alors qu’il n’y en a pas. Une manière de gérer le chaos du monde. Une petite salle de l’exposition est consacrée à l’expérience de Heider et Simmel en 1994 sur ce principe de l’attribution. Un rectangle, un rond et deux triangles bougent sur l’écran de manière aléatoire mais nous ne pouvons nous empêcher de donner un sens à leur déplacement.

Vue de l'exposition Persona au Musée du quai Branly. A gauche l'automate de Matsya avatar du dieu Vishnu conçu par Ankush Bhaikar fibres de verre et acier

Vue de l’exposition Persona au Musée du quai Branly. A gauche l’automate de Matsya avatar du dieu Vishnu conçu par Ankush Bhaikar, en fibres de verre et acier.

Uncanny Valley

Un peu plus loin dans le parcours, il est possible de dialoguer avec le programme ELIZA, première « intelligence artificielle » conçue dans les années 1960. A l’aide de phrases courantes et de réponses toutes faites que nous prononçons très régulièrement intégrées, ELIZA semble répondre effectivement à son interlocuteur. Il faut faire le test sur ce vieux modèle d’ordinateur. La conversation n’est aussi aisée et rappelle parfois SIRI. « Oui, je bien discuter avec toi ? Réponse: « Je ne suis pas sûre de comprendre »…

La suite se passe dans la « Vallée de l’étrange », un terme imaginé par le pionnier de la robotique au Japon, Masahiro Mori, dans les années 1970. Cette vallée apparaît sur une courbe qui dessine les degrés de proximités entre l’humain et les entités anthropomorphiques, du robot humanoïde au zombie (qui est lui au creux de la vallée), calculant ainsi les effets d’empathie ou de répulsion, selon ce qui se tient devant nous.

Intelligence artificielle… et sensualité des robots

Love Doll ©Doll Story

Love Doll ©Doll Story

On retrouve ces différents effets dans la dernière partie de l’exposition qui pose la question des entités qui nous entoureront dans un futur proche. Et en qui, en quoi aurons-nous confiance? Qui nous aidera à faire le ménage, les courses, à prier et même se glissera dans nos lits. Le futur n’est pas si loin comme en témoigne la Love Doll derrière sa vitrine. Plus impressionnant encore, Nøøt et le Nøøscaphe-X, une créature artificielle et sa carapace doté de 6 membres, 6 six mains et un corps avec une queue aux accessoires interchangeables pour une expérience sensuelle et sexuelle.

Le Nøøscaphe-X de Nøøt - Prototype de dispositif immersif cybersexuel haptique

Le Nøøscaphe-X de Nøøt – Prototype de dispositif immersif cybersexuel haptique

Les robots: ces nouveaux dieux

Il n’y a pas que le sexe dans la vie, il y a la religion aussi. Bappa est une interface de parole qui ressemble au dieu de l’hindouisme Ganesh. Grâce à une webcam sur un casque et rétroprojection de son visage sur un masque blanc au-dessus de la trompe, n’importe qui peut devenir ce dieu. Son créateur, Zaven Paré, et l’anthropologue, Emmanuel Grimaud, co-commissaire de cette exposition, l’ont emmené en Inde pour voir comment il pouvait être adopté. Entre rejet, doute et adhésion immédiate, le robot permet de comprendre l’humain en venant sur le terrain de l’anthropologie. Les frontières floues entre l’humain, le dieu et la machine créant presque une entité nouvelle et à part entière.

Berenson le robot amateur d'art conçu par Denis Vidal et Philippe Gaussier

Berenson, le robot amateur d’art conçu par Denis Vidal et Philippe Gaussier, se balade de temps en temps dans le Musée du quai Branly.
En immergeant un robot au sein de nos espaces de collections, ce projet de recherche interroge le regard que l’on peut porter sur les collections du musée d’un point de vue anthropologique. Il permet aussi de travailler sur un modèle d’apprentissage de l’émergence d’une forme d’Esthétique Artificielle (EA) dans une machine.

 

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