Espace : la propulsion à antimatière possible en 10 ans

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Et si la propulsion à antimatière n'était pas qu'un délire d'auteur de science-fiction ? Et s'il était possible d'avoir un système de propulsion à antimatière dans la prochaine décennie ? C'est en tout  cas, ce que pense Gerald Jackson, un ancien physicien du Fermilab (un célèbre laboratoire de physique des particules). Et que faut-il pour y parvenir dans ce laps de temps très court ? Un financement sans limite. OK, ça, c'est peut-être plus compliqué que de fabriquer le moteur à antimatière. Mais Jackson est un homme de solution et il a déjà un plan.

Comme Gerald Jackson n’a pas de ressources financières illimitées et comme aucun état dans le monde n’est prêt à investir dans un programme de recherche de propulsion à antimatière financièrement prohibitif  dans les prochains mois, il a décidé de faire ce que toute personne censée ferait dans une telle situation : une campagne sur Kickstarter.

Ainsi, le mois prochain, Gerald Jackson et Hbar Technologies (sa société située à Chicago), vont lancer une campagne de financement participatif sur Kickstarter et demander  200 000$ pour financer la prochaine étape de ses recherches sur la propulsion à antimatière.

Ce moteur à antimatière pourrait propulser un vaisseau spatial à 40% de la vitesse de la lumière. A cette vitesse, on pourrait atteindre Alpha du Centaure, le système le plus proche de nous, en moins de 10 ans. Et on pourrait envoyer un objet aux confins du système solaire en une petite année. (Pour rappel, la sonde New Horizons a mis 9 ans pour atteindre Pluton).

Alpha du centaure

Alpha du Centaure, l’étoile la plus proche du système solaire, est bien visible avec son éclat aveuglant. Photo : Marco Lorenzi (Glittering Lights).

Pour les voyages interplanétaires ou  interstellaires, un des problèmes récurrents, c’est le poids. Il ne faut pas que le système de propulsion pèse un million de fois plus que la charge transportée. Et c’est là que Gerald Jackson arrive avec un système intéressant et qui ressemble à celui dont je vous parlais la semaine dernière.

Un système ultra-léger

Il propose d’utiliser « un système de propulsion dont la masse est comparable à la charge : une voile à antimatière. Notre financement est à sec, donc le mois prochain, nous allons essayer de repartir pour continuer ces recherches ».

Dans un article financé par la NASA et présenté en 2003, Jackson et Howe (un autre physicien) ont démontré qu’une petite sonde interstellaire à antimatière n’aurait besoin que de 17 grammes d’antihydrogène pour voyager jusqu’à Alpha du Centaure. Elle irait alors à un dixième de la vitesse de la lumière et mettrait 40 ans pour atteindre l’autre étoile.

L’antimatière n’est pas sympa

Le problème, c’est aussi pour se procurer cette antimatière première. Même si on en trouve à foison dans l’univers et dans notre galaxie, produire de l’antimatière sur Terre est une autre paire de manches. Pour l’instant, il faut utiliser des accélérateurs de particules semblables à ceux du Fermilab ou du CERN.

Depuis que le Fermilab existe, il a produit avec son Tevatron (qui ne fonctionne plus) moins d’un gramme d’antimatière qui a pu être conservé pendant une journée max.

L’antimatière, c’est comme de la matière normale, mais toutes les particules ont une charge opposée. Ce qui signifie qu’un electron d’antimatière a une charge électrique opposée à un électron de matière normale et elle a aussi la capacité de s’annihiler s’il « trouve » sa particule opposée.

Quand on travaille avec de l’antimatière, le problème, c’est de l’empêcher de toucher de la matière, et c’est très compliqué à réaliser. Mais Jackson et Howe disent qu’ils ont trouvé sur le papier un moyen de régler le problème de conservation. Le financement participatif servira à valider leurs premiers designs de sonde interstellaire robotique.

« Le financement participatif peut aider à générer de l’intérêt autour du projet quand il faudra trouver des gros investisseurs et des aides gouvernementales. On aura alors besoin d’un financement à hauteur de 100 millions de dollars pour construire un petit système d’alimentation et de propulsion. »

 

science

Jackson explique également que quand une particule d’antimatière s’annihile, elle libère 2 milliards d’électron-volts (2 GeV) d’énergie. Pour être plus clair, une fusée à antimatière, qui ne serait lancée qu’en dehors de l’atmosphère terrestre, pourrait fournir beaucoup plus de puissance qu’une fusée chimique ou nucléaire et utiliser des dizaines de milliers fois moins de carburant.

S’il a l’argent, Jackson dit qu’il pourrait tester un prototype dans l’espace d’ici 10 ans. Mais il fait également remarquer qu’il a besoin de 100 millions de dollars pour concevoir un test technologique sur Terre. Et qu’il faudra des milliards pour envoyer un vaisseau vers une véritable destination. Et pour lui, s’il y a une réelle volonté, ce rêve est réalisable dans 20 ou 30 ans.

 

Tags :Sources :Forbes
    1. Inversion de la poussée. Dans l’espace on ne ressent pas les G, donc les humains ne seraient pas écrasés comme des crêpes.

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